VELAY ET VIVARAIS
mort on lui devail GOG livres d'arrérages. Matthieu Morel dit Duveniet (1730-1739) et Pierre Peirot (1733-1771) toas deux originain» du Velay, lui succédèrent comme autorité et influence. Bn 1735, Tannée où une
assemblée fut surprise & Bruzac et les époux Fiales emprisonnés au Pont-Saint-Esprit, en attendant <|u'lsal)eau Menet fut condamnée à la Tour de Gi»nstanc"e et son mari aux galères, un autre des ouvriers do la première heure, Jean Bernard, qui avait passé en Lang^uedoc, était captif au fort de Urcscou. Peu d'années plus tard, eu ou saisissait
et tuait le courageuxet redoutable Matthieu Morel et son fidèle collègue, contemporain de Durand, J. G. Fauriel, dit Lassagne. Deux ans aprâ ce Ait le tour d'un de ceux ijui avaient exercé le ministère sans vocation avant 172"), mais qui plus tard avait fait sa soumission, Jean-l*ierre Dortial, de Clialaneon. 11 passa plus d'un an dans les prisons de Beaureiijard et Nîmes et fut pendu le 31 juillet 17-42 après s'être écrié : « Mon àuie, hénis rEterncl. » Or chacune de ces captures entraînait une série de condamnations aux galères, de confiscations et de fortes amendes pour la contrée où l'arrestation avait été opérée. Ainsi celle de Dortial coûta 3,000 livres à l'arrondissement de Baix et entraîna la condamnation aux galères de Louis Souchon et Alexandrt' Ghambon de Pranles. accusés d'avoir donné retraite au prédicant. Chamhon ne devait être délivré qu'en 17()9 après 27 ans de bagne ! — Cctlo année 17 il fut suivie d'une période de cruelle réaction couime l'indique une lacune de 3 OU 4 années dans le recueil synodal de cette époque, recueil qui, par le silence qu*il garde presque toujours sur.ces persécutions, montre à sa manière combien peu ces héros pensaient à la gloire. Un an avant l'assassinat de Morel et Fauriel l'ainé, on 17.*}8, un jeune homme de Î8ans, Matthieu Majal, né en 1720 au hameau des Uhas, près V<^rnoux, était reçu proposant et vers la lin de 1743, ayant été con>acré. il exerçait dans le haut Vivarais et Yclay le ministère du désert. Lui aussi tomba victime de son zèle et alla grossir la liste déjà longue des martyrs da Vivarais. A. la fin de Tannée 1748 qui vit la mort courageuse d'un autre enfant du pays, Louis Raac, né en 1719 à Ajoux, dans la nuit du II au 12 décembre, il fut arrêté sur le chemin de Saint-Agrène à Tenct\ Le lendemain une foule de ses paroissiens s'étant réunis pour demander sans arnu's sa liberté, le détachement de S.iint-Agrène en massacra ou blessa près do 150 à Vernoux. L'etTervescencc lut immense et de grosses difficultés furent épargnées au gouvernement parce que les collègues dit jeune pasteur de 26 ans, qui, le l"' février 1746, fut exécuté comme à regret à Montpellier, mirent tout en œuvre pour la calmer. Les assemblées qui se tenaient ordinairement le dimanche, ne tardèrent pas à rcprnndre, et de 1748 jusqu'en 1793 les représentants des églises si cruelleiuent éprouvées se réunirent régulièrement une et queiquef-'is même deux fois par an. Un état de 1731 donne le chillre de ii eghses pour toute la province, prouvant une fois de plus la grossière illusion du clergé qm', en réclamant la Révocation et les persécutions du dixhuitième siècle, s'était imaginé extirper le protestantisme. Oriln*y avait parfois pour nourrir tant d'âmes que deux ou trois pasteurs et cette pénurie fut cause que, de 1770 à 1791, le Yelay fut desservi par un