‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 2 sur 158 · TABERNACLE · texte numérisé non relu

TABERNACLE

la furmo «l'un récit, racontant la suite donnéo à cotte prescription (Ex. XXXVl. XXXVIII, XL). La constnu tion du tabernacle csl décrite do lu manière suivante. IjJI charpente en était formée par des planches d'acacia verticales, dorées, réunies entre elles par deux verrous qui s enchâssaient par des anneaux d*or et des soubassements en argent. Ces planches étaient an nombre de vingt sur les deux côtés oblongs ; leur largeur de une aune et demie (d'après les ealcub de Phénius) donne au '^anrtuaire une longueur de trente aunes ou coudées. Les doux autres côtés avaient chacun à peu près douze coudées do Iart;o. car le bâtiment n'avait dans l'intérieur qu'une largeur de dix coudées. 11 était couvert d une quadruple rangée de tapis qui dépassaient extéricurement les parois. Le premier tapis tissé de ooton fin (byssus), aveo des dessins de chérubins, était bleu foncé» ronge et cramoisi ; le second, d'un tiers plus long, était en poils de ohëvre longs et soyeux ; le troisième, de peaux do bolior teintes en ronge (maroquin); le dernier enfin, do poaux do phacha (probablement blaireaux). Les tapis de la proniière ot (le la s.H onde rangée étaient reliés entre eux par des nœuds et des agrafes d'ur; ceux des deux autres rangées devaient les protéger contre les intempéries de la température. L'entrée du tabernacle, située vers rest, était garnie d*un magnifique tapis en byssus avec broderies, qu'on suspendait à cinq colonnes en acacia plaquées d'or et reposant sur d's soubassements en airain. Le sanctuaire lui-même comprenait deux parties principales : 1"^ le lieu saint (kakôdèch), lonjj de vingt coudées et lar^e de dix coudées; 2** le lieu très saint (([('td éch haqùdàchini), ayant dix coudées de long et de large, et séparé du lieu saint par un tapis tissé avec broderies de chérubins (kàpdrëth) suspendu à quatre colonnes d'acacia plaquées d'or et reposant sur des pieds d'argent. Le bâtiment tout entier était entouré d'un parvis (khâçér), long de cent coudées, large de cinquante et formé par des rideaux en colon, suspendus à des colonnes ; le tapis de l'ontréo avait vingt coudées de largeur. Dans le lieu très saint se trouvait ])om tout meuble l arche de l'alliance; dans le lieu saint étaient placés : 1" vers le nord, lu table des pains de proposition ; 2® vers le sud, c'est-à-dire vis-àvis, le lustre à six branches; au milien se trouvait l'autel des parfums. Dans le parvis enfin se trouvait l'autel des holocaustes et le grand bassin en cuivre (kiôr), appelé aussi mer d'airain, qui servait aux pnMres. — Le plan de cette construction est emprunté certainement à celui des tentes en usaj^e à eetto cpocjuc, mais adapté à dos besoins religieux. Les tentes en Orient ont, on elfel. ordinairement deux coinpartiinonts et sont éclairées au uiuyeu d'une lampe ; l'entrée de la partie du fond est interdite aux étrangers et pouvait par&itement devenir le réceptacle de l'arche de l'alliance. Le parvis était indispensable h cause des sacrifices que les fidèles venaient offrir. Le bois employé & la construction est presque le seul qu'on trouve dans le désert et, quant aux ornements en or et en argent, aux tapis précieux qui complétaient l'ameublement, ils sont dus au désir d'oilrir à Dieu ce qu'il y avait de plus précieux et do lui consacrer un sanctuaire digne de lui. Cette explication si naturelle n'a pas satisfait les savauts, et l'on a essayé de donner à cette construction du

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tinctuaire et à ses différentes parties une explication symbolique dont Bslir (iSym^o/il) s'est fait ringénieux, nous allions dire le trop ingénieux promoteur. Nous renvoyons nos lecteurs à son ouviage ainsi qu'à Kurtz, Beitrsege zur Symbolik et Friederich, SymboHk der mo-

saUcfien Stiftahûtte. — Quand les Israélites levaient leur camp, le tabernacle était démonté soigneusement, les ditrérentes pièces qui le composaient étaient enveloppées et transportées par les lévites d'après des règlemeutâ nettement déterminés (Nunib. lY ; X, 17). Les lévites étaient aussi chargés du soin de la reconstruction à cba^e nouYclle halte. Quand, après la conquête de la Palestine, le peuple occupa des demeures fixes, le tabernacle fut établi à Silo et y resta jusqu*^ la fin de l'époque des Juges. Mais l'arche de l'alliance ne s'y trouvait pas toujours, surtout depuis qu'elle eut été reprise aux Philistins qui

jusqu'à l'époque de David, qui la fit transporter à Jérusalem. La dflfiliàre mention fidte du tahemade date de Salomon qui réunit dans le temple la bâtiment lui-même et tous les ustensiles qu'il avait renfermée ; à partir de ce rooment-Ià, il disparait de l'histoire.-- La science moderne a contesté l'existence du tabernacle à l'époque de Moïse, tel que nous venons de le décrire. On a objecté d'abord qu'il était impossible aux Israélites du désert de faire une construction aussi artistique, quand plus tard Salomon eut besoin, pour élever le temple de Jérusalem, de recourir; aux artistes et aux ouvriers phéniciens. On a fidt valoir ensuite qu'il était impossible au peuple hébreu de réunir la quantité énorme d'or et d'argent dont il est fait mention dans le Pentateuque, même si l'on fait entrer en ligne de compte les ustensiles d'or et d'argent emportés de l'Egypte. Comme dernier argument, on a fait valoir l'impossibilité de faire en si peu de temps une construction aussi compliquée et surtout de la transporter à travers le désert. A. cela on peut répondre que, sans nul doute, les Israélites possédaient, en quittant l'Egypte, des capacités artistiques très développées, puisées auprès de ce peuple si ingàiieux, et que ces capacités se sont perdues dans la suite des temps. La course de ces nomades à travers le désert était si lente, pourrait-on dire ensuite, que le transport des pièces du tabernacle ne devait pas présenter des difficultés trop grandes. Sa^is doute, il reste encore certaines obscurités quant à ce point spécial d'archéologie, et il faudra peut-être adfueltrc que cette construction si admirablement entendue au point de vue artistique est l'œuvre mm pas d'un moment, mais d'un développement lent et progressif, dont les premiers éléments remontent au grand législa^ teur du peuple hébreu, à Moïse lui-même. — La littérature spéciale sur cette question est très riche ; parmi les anciens auteurs, il faut citer: Lamy, De Tahernaculo ftrderis, etc., Paris, 17:20; Arias Montanus, dans les Critici sacri, YI, Amsterd.. 1G98; Garpzov, C rit ica .sacra; Relaod, Anliquitates sacrœ Uebraorum^ Leipz., 1724. Parmi les modernes : Ewald, Aiterthûmer des Volke$ Israël, Gcetting., 1854; Diestel, article Stiftsh&tte, dans VEneyclopidie de Schenkel, etc.

E. ScnERDLlN.

TABITHE {TabUha), mot syriaque rendu dans Actes IX, 36-42 par

s'en étaient emparés. Elle fut 1

à Kirjath Jearim, où elle resta

TABITHE — TAITI

Dorcas (giïzpllo). C'était \o nom d'nno veuvo rhrétipiine de Juppé, connue par sa libéralité, et à laquelle l'apôtro Pierre rendit la vie. TAB0BITE8. Voyes Bohème,

Tia)llOR (2 Chron. YIII, 4; cf. 1 Rois Vni, 18), vUle bàtte ou fortifiée

par Salomon pour préserver la Palestine des incursion* des Syriens et des Arabes. Située à une journée de marche de i'Euphrate et à 176 milles de Damas, elle est devenue célèbre S()u<; lo n(tm de Palmyre, la ville des palmiers (Josèphe, Ant., 8. 6-1 ; IMult inée, M, 45; Pline, ri, 21). Ville rielie, dans une oasis fertile, bien arrosée, entourée de vastes déserts de sable, elle se trouvait sur la grande route de commerce entre Babylone et Damas. Détruite par Nabuchodonosor lorsqu'il marcha sur Jérusalem, elle se releva bientôt et servit, sous les Séleucides, d'intermédiaire entre leurs deux capitales, Séieucie et Antioche. Elle eut longtemps de petits princes qui se maintinrent dans une esp^ce d'indépendance jusqu'au troisième siècle, ép(i(jue à laimolle ils devinrent tributaires de • Rome. Dès lors, Palmyre devint la sentinelle avancée de I t-mpire contre

les Parlhes et devint province romaine après la mort de Zénobie (272). Les ruines grandioses et étendues de Palmyre, connues depuis 1681 seulement et éloquemment décrites par Volney, attestent l'importance de cette ville de transit. — Voyez A. Seller, Antiquities of PalmyrUi Lond., 1696; U. Wood, The Ruimof Palmyra, Lond., 1753; Buckingham, lichen, II. 'M\) s^. : Sehultens, Index g»'ofjr.; Cassas, Vdyage pittor. de la Syrie, Par., ITS.j. tab. 24-137; Hiehter, Wnllfnhrtcn im Morgeniandy Berl., 1822; Addison, Damascus and Palmyra, Lund., 1B38; BuUet de la Soc, de yéogr.. Par., 1840, p. 321-345; Porter, fUtt years m Damascus, etc., Lond., 1855, S vol., et Texcellent article deE. Osiander dans la Real-Encykl. de Herzog.

TAJTI. L ile de Taïti et ses dépendanes, dont la principale est l'Ile de Mooren ou Ciméo. sont l»ien connues des Européens dopuis un peu plus (l'un siècle. Les rchitions des voyaj:eurs Wallis et Couk ont présenté cet arcbipel au uiunde civilisé comme une des régions les plus délicieuses de la terre. Gepeudantle grand courant de l'émigration eoutempoiaine n'a pas suivi cette route, et le nombre des Européens établis aux lies de la Société reste toujours fort restreint. La population indigène elle-même, malgré la salubrité du climat, n'échappe pas à cette action mystérieuse qui paraît s'exercer sur toutes les peuplades de la Pidynésie et les conduire à une exlinetion prochaine. Cook comptait dans l'archipel environ oO,000 individus. Le recensement que le gouv( rm aient • français y a entrepris en 1876 n'y a plus trouvé que 21,y.'{0 haluiants. —

Les récits des navigateurs ayant attiré l'attention sur ce griiu^ e d iks, les chrétiens anglais se préucupèrcnt, dès la fin du siècle dernier, de pourvoir à leur évangélisalion. 1 i >ociété des missions de Londres résolut, dès 1795. d'entreprendre celle œuvre, et ses premiers missionnaires furent débarqués en i7*J7 à Taïti et à Moorea par le capitaine Wilson. L'accueil fait aux Européens sembla d'abord leur promettre des résultats favorables de leurs lravau.\; mais les bonnes disp«jsiiiuns des indigènes s'altérèrent peu à peu, au point qu'en 1809 ils résolurent de renoncer à leur entreprise. Mais, dès l'année suivante, le

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