TAITI
roi Pnnian' Il IfS engagea à rcvonir à Mooroa, Pt subit de plus on plus leur inlluenco. En 1812, le souverain renonça au pnir;uii>nn' et ses sujets, en grand nombre, suivirent son excnipie. Lr ( hristiaïusnie lit alors, pendant une série d'années, des progrès continus, et dès paganisme pouvait être conaidéré comme définitivement vaincu* quoiqu'il en restât encore de nombreuses traces dans les mœurs et dans les usages. Le succès définitif semblait donc assuré lorsque l'intervention des catholiques romain? vint tout compromettre. — La société' de Picpns, fondée à Paris pour travailler à la conv(M-sion .les peuples de la mer du Sud, crut devoir, en 1830. envoyer à T.iïii deux préfres fran(.:ais, bîs pères Caret et Lavul. Les nouveaux venus s'efforcèrent d'abord d gagner la bienveillance des habitants, en leur rendant des services comme médecin». Puis, au bout de quelque temps, ils démasquèrent leurs batteries et cherchèrent p.ir tous les moyens à détourner les habitants des missionnaires de Londres qui avaient éié, jusipTaiors, leurs coiiduefeurs spirituels. La reine Pomaré, ijui gouvoruiiit le pays, crut de\<iir alors laire euiliiirqner \v> deux pèi-es sur un navire qui les d»''posa il Valparaiào. l.,e commandant de la .^talion Irançaise du Pacifique, le capitaine Dupetit-Thouars, crut devoir considérer cet acte du gouverne» ment tait en comme une* insulte à la France dont les pères expulsés étaient citoyens. A la suite de longues négoeiatiniis, où les menaces et la viiderice ne firent pas défaut, la reine Pouiaré dut se soumettre au protectorat de ]a Fr.ince, qui eut désormais à Taili un commis<aire ••xen;ant le pouvoir réel, tandis que la reim; n'eu cnii-ervait (jue l'ombre. L iiicideut le plus notable de cette entreprise lut l eujpriï-onnement etreipulsion, contraires an droit des gens, du missionnaire Pritchard, qui était revêtu du caractère de consul anglais. Le gouvernement français dut désavouer ses agents et faire au consul outragé une réparation complète; mais l'archipel n'en resta pas moins souiisis au pri>lee|i.rat frauçais. Les j>ères de Picpus purent îilors fonder à Taïti des élaMissem.'uts considérables ; mais ils ne réussirent néanmoins à grouper autour d eux que des communautés indigènes insignilianles. — Les niissifuniaires de Londres furent, de la part des commissaires firançais, Tobjel de taxations constantes qui les obligèrent à renoncer graduellement à leur (Bttvre. L'Eglise taltienne avait cependant bien besoin encore de ses coodueteurs européens; elle était organisée» il est vrai, avec des pasteurs indipèues; mais tidèles et pasteurs ne pouvaient se passer encore de la «lirection et de la discipline de eliréliens plus affermis dans la foi et dans la vie. Aussi la situation fut-elle des plus tristes jusqu'en i8G3. A ce moment, deux ecclésiastiques français, MM. Arbousset et AtgiT. vinrent tenter de reprendre la direction de cette Eglise abandonnée, et commencèrent à ramener un peu d'ordre dans son sein. Enfin, en 1866, laSociété des missions évangéliques de Paris adopta l'œuvre et y envoya des missionnaires. Elle en entretient aiijourd'hui quatre dans l'archipel, trois à Taïti même et un à Moorea. Prolilant de la liberté plus p:r.iiide qui lui était accordée, la société de Londres est également re\cuue à Taiti en 1869. Mais la longue période de trouble par laquelle a passé la mission de Tâlli a laissé dans cette jeune Eglise des traces profondes, et
TÂITI — TARBES
les maux qu'elle a foafferts ne se répareront qae lentement. Le 99 Juin IflSOyle protectorat français a été changé en possesnon complète, et le roi Poroaré V a abdiqué ce qui lui restait de souveraineté. Mais il
n'est pas possible encore de prévoir refîct qu'aura ce changemont sur l'œuvre missionnaire dans l'archip»*!. — Bibliographie : Burckhardt- GruiKleniann, M'm'ions-Biblwtht^k. IV, 2, p. 32-101, 1881; Arbousset, Tahiti et les îles adjacentes^ 181)7, etc. E. Vaucheh.
TÂNQUELDI (Tsnchelin, Tancbème, Tanquelme), né à Anvers, mort vers Tan 1125, prêcha dans la Zélande, à Utreoîit, à Anvers et dans d'autres villes de Flandre, la révolte contre Rome, son clorgA, ses doc* trines et ses rites. îl se rendit en Italie, en H05, en habit de innino, excitant partout les l'ouïes sur son passage. A son retour, il fut arrêté par Frédéric, archevêque de Cologne, et enfermé avec deu.x de ses sectateurs. S'étajit échappé de prison, il fut tué, peu de temps après, par un prêtre sur un vaisseau. D'après les récits des contemporains, Tanquelin aurait comparé TEglise à un lupanar, détournant le peuple de ses sacrements. Il aurait prétendu posséder la plénitude du Saint-Esprit et être Dieu au même titre qUf; le Christ. Pour affirmer son potivoir, il se fît donner la dîrae par le peuple et distribuait l'eau dans laqueHe il s'était baigné comme douée d'une vertu particulière. Il marchait d'ailleurs entouré, comme un souverain, d'une garde du corps, se faisant précéder de la bannière de la Yierge avec laquelle il déclarait s'être fiancé. Son principal adversaire était saint Norbert, fondateur de Tordre des prémonstrants. — Voyez Epistofa Trnjrrtennteecles, adFHderie, arûkiep. Coloniem. in Seb. Tengnagel colUctio veter. monum. contra srhismati' cns, Ingdlst.. 1612, 308 ss. ; Du Plessis d'Argentré, Cnl/crtio Jurlicforum df novis erroribus, qui ab initio duoderimi s;rcu/i iL'ifpto ad annutn 1G32 in Ecclesia proscripti sunt et notali, Lutet. Par., I, 1728, p. 11 8s. ; Hahn, Gesch, derKetxerimMittelaUer, Stuttg., 45, 1, 459 ss.; Oken, IHiêert. de priva reltg, Ar. tned. xvo inter Nederiandot progressa nnturn, Gron.. 1816, p. 13 ss. ; Baronius, Annales^ ad ann. 1126; Surius, Vie de saint Norbert; His/. Uttér. de la France, VII, 5 ss.
TARBES. La Notice dea provinrrs (h- la Gaule fait mention de la cité de Tiirim, où est le castrum de liigorra. « Il n'est pas douteiix, dit M. LuMgnon, que cette cité, habitée à l'époque de la conquête romaine par les Bigerronei, ne soit représentée par l'ancien diocèse de Terbes; mais on s'est trompé en coosidérantle nom de 'nirbes comme l'équivalent de celui de Turbo. Xu temps de Grégoire de Tours, Tarbes n'était encore qu'un vicus du Bigorre. La situation du chef-lieu de la civùat Bigrirra a été fixée, avec beaucoup d';\-propos, par M. Longnon 'a\\ village do (lieulat (canton de Bagnères-de-Bigorre), dont le seul nom Civitas mériterait de lixer ratlenlion, et que Froissart indique, en 1388, comme « une puissante cité que les Vandales détruisirent. » Tarbes a été reconnu par l'auteur que nous citons dans l'ancienne Taha^ où reposait, au temps de Grégoire de Tours, saint Misilin, confesseur {G. C, 49 et 50). Le tombeau de saint Misilin se voyait encore en 1682, dans l'égliso ,]o Tarbes. C'»'st évidemment là que fut transporté le siège épiscopal après la destruction de l'ancien chef-lieu de la cité du Bigorre.
TARDES — TÂTIEN
Tarbos. dont IV'vc^cIk'î fut supprime de 1801 h 1821, dépend de la province ecclt''si;isti(iue d'Auch. Son rglise catht'flrale est dédiée à Notre- Dame. Â côté de saint Misilin, Grégoire de Tours mentionne le prêtre saint Sever, «pii repose à Saint-SeTer-de-Riistan (canton de RabsLStens) et tnrtout )e prêtre saint Jnstinf inhumé à SexciaeuSf lieu qui n'a pu être déterminé. — Voir Gai lia rhrifttana, I; Long;non, Géographie de la G'Ttfp au sixième siècle, 1878,
TARENTAISE. province de Savoi»-, dont le chef-lieu, Moutiors {.\fovasterittm). porta d'abord le nom de Forum Claudii, puis celui de Tarenlasia, (|ui s'étendit plus tard à toute la province et sert encore à désigner le diocèse. Fondé avant 4S0, l'évéobé de Tuentaise représentait la province des Alpes Grées et Pennines, formée seulement de deux ôtés, la métropole de Tarentaîse et la cité du Valais, dont Tévéqne résidait à Octodurum ou Martigny, avant d'habiter Sion. Dès le cinquième siècle, cette province fut démembrée; la cité du Valais fut unie i\ Lyon et la Tarentaise à Vienne, Ce siè|re fut érigé en arebevéché à la fin du huitième siècle, avec Aoste et Saiut-Jean-tle-Maurienne pour sufi'ragants. Supprimé lors de la réunion de la Savoie à la France (1793), il fut, en 1835, rétabli comme simple suffragant de Ghambéry. L'archevêché de Cîhainbéry fai fondé en 1780; il préside à Annecy, Mouticrs et Saint- Jean-de-Maurienne; Aoste en a été détaché en 1860. — Voyez Gallia christlfina, XTI ; Bt'sson, Hist. cc^l. des dioc. de Genève, Tareutaisc et Maunmne, Nancy, 1759; Bima, Série cronologica deî Vescovi di Satdegna, Turin, 18 42.
TARGUM ou THARGUM. Voyez Versions de V Ancien Testament
TARSE, Tzf9<jc, Thartisy grande et populeuse ville de la Gilide, du temps des Romains, capitale de la province du même nom, dans unfe plaine fertile, baignée par le Cydnus (Xénophon, Anab., 1, 2. 23; Strabon, 14. 674; Pline, 5, 22; Actes XXII, 3). Elle était la patrie de lapôtre Paul (Actes IX, 11; XI, 25; XXI, 39; XXII, 3). Ses habitants se livraient à un commerce étendu; mais, comme ils descendaient d'une colonie grecque, ils cultivaient avec un grand zèle les lettres et les sciences et passaient pour' les Orccs les plus cultivés d'Asie (Strabon, 14. 573). Tiffse a donné le jour à un grand nombre de savants (Hermann, De claris Tarstmibus, Gotf.. 1748). Pline l'appelle (o. 12)urb8 iib>:r<i. c'est-à-dire, bien que incorporée dans l'empire romain, dotée d'une véritable autonomie, élisant cile-méiiie ses magistrats, etc. Celtp /iberiny. Tarse l'avait obtenue d'Aiitoin»' A^ipien, 5, 17). Ce n'est <iue limn plus tard qu'elle reçut le Jus coloniarum (Deyliog, Observ., 111, 3U1 ss. ; Cellaritts, Notit.t 11, 216). Ce n'est donc pas comme citoyen de Tarse que Paul possédait le Jus eivilatis. Tarse a eu vingt-deux évêques- grecs, dont le premier fut Jason (Rom. XVI, 21), deux évéques chaldéenSi cinq évêques jacobitos, deux évéques arméniens et quinze évéques latins. — Voyez Eusèbc, Ilist. ecrl., VI. 27-29; Lequien, On'nifi rbrinf., I, 1421: II, 810 ss. : III, 1182 : de Cmmanville, l^able alphabùt., p. 229; Wiuer, Bibl. HeahvœrUrb., sub voce.
TATIEN, l'un des apologistes du deuxième siècle qui de nus jours attifsnt davantage Thistorien par Toriginalité avec laquelle il s'assimile les