‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 25 sur 158 · THÉOLOGIE SPÉCULATIVE · texte numérisé non relu

THÉOLOGIE SPÉCULATIVE

II. L'histoire. — En esquissant à grands traits l'histoire de la théologie spéculative, nous nous eu lieudrous au sens indiqué en dernier lira; nous aurons donc à parler des systèmes qui méconnaissent l'importenee ou réduisent la part de l'expérience, de l'observation, de la léalité, de Thistoire, qui procèdent a priori^ dont le caractère commun est un intellectualisme plus ou moins accentué qui tend à résoudre la théoloprie en philosophie ou du moins à elTacer la limite qui sépare ces demc sciences. Il convient de mentionner d'abord l'école d'Alexandrie, dominée par l'influence de la spéculation pl.itonicienne et néoplatonicienne. D'après les Pères d'Alexandrie, le christianisme est la philosophie véritable, la révélation parfaite de la vérité absolue, puisque le logos, dont les rayons épars avaient illuminé le monde païen et le monde juif (X^ç 9nM^\umxAç), s*est incamé en Jésus-Christ, apportant à l'humanité la réponse à toutes les questions, la solution définitive de tous les problèmes. La vérité chrétienne est donc Tobjet le plus digne de l'attention et dr l étud»' du penseur, et, tandis que le simple fidèle peut se contenter d'emlirasser par la foi (Trt'fmi;) les mystères de la révélation divine, le chrétien plus avancé, le chrétien parfait, s'appuyant sur l'identité primordiale et fondamentale de la raison et du cbristianitme, tond à s'élever plus haut et à atteindre par la connaissance (yvS«i«) cette vérité chrétienne, que le simple croyant ne mesure pas ^s toute sa portée et ne pénètre pas dans son essence intime. Cette conception alexandrine était favorable au développement d\me théologie spéculative, dont nous trouvons, dans rEj;lise d'Orient, les premières manifestations et les œuvres les plus anciennes. D'un côté, en effet, le développement niéiiie du doj;ine atteste l'intérêt qu'inspiraient les doctrines relevant de la méUiphysique et de la spéculation pure (origine du monde, origine du mal, trinité, natures de Christ) ; d'autre part, les principaux ouvrages de Clément d'Alexandrie, d'Origène, d'Athanase, de Grégoire de Nysse, sans être des systèmes élaborés par une pensée rigoureusement conséquente, puisque l'imagination y a parfois autant de part que la lop;ique, n'en sont pas moins incontcstaldement des essais grandioses de théologie spéculative. — L'Eglise d'Occident se montré, au début, très hostile à la philosophie antique; Irénée et Tertullien, notannnent, qui considéraient les philosophes comme les pstriarches de tontes les hérésies, sont les représentants d'une tradition réaliste et réfiractaire à la spéculation. Augustin, par contre, fut un génie spéculatif aussi subtil que profond : qu'il nous suffise de rappeler sa controverse avec les manichéens, auxquels il opposa les théories platoniciennes et néoplatoniciennes sur le monde, le mal et Dieu ; et ses luttes avec les ariens, qu'il chercha à vaincre définitivement en donnant à la doctrine de la Irinité son couronneuienl spéculatif. Le moyen âge a produit, il est vrai, bon nombre d'esprits spéculatifs très distingués; mais la spéculation était entièrement rivée à la foi de TEglise : eipliquer le dogme, en développer les conséquences, en démontrer la v^tté, tel fût l'objet de la soolastique ; il ne s'agissait pas de chercher une vérité non encore découverte, mais de prouver une vérité définitivement acquise. Dans ces limites tracées par l'autorité de l'Bglise, quel-

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ques théologiens se signalèrent par des essais de spéculation d'une origioalité et d'une vigueur remarquables. A leur téte il fiiut nommer Jean Scot Erigène, qui par sa hardiesse et sa puissance l'emporte sur tous les docteurs du'moyen âge ot (fui, sans doute, nV^chappa aux châtiments pt aux porst'otilions de I K-^Hise que grâce à la haute protection de Charles le Chauve ; qiH'l(îiif.s-uiies de ses doctrines furent coïKlamnées aux coiifilos de Valeuc*' .Ho-') et de Langres (Ho9'. Plus orthodoxe est la spéculation d'Anselme, qui. dans sou Monolof/iui/if son Proslo'jiuin et son Cur Deus homo, applique à quelques prublënies de philosophie et au dogme de l'incaroation la méthode de déduction a priori, U ne serait pas difficile de suivre, à travers le moyen âge, une tradition spéculative qui parfois, comme chez Amaury deBèoe, David de Diuan, maître Ëckbart, s'unità une veine mystique. Quantà la scolastique,douii* née à l'origine par rinflucncc du platonisme, soumise plus tard à l'ascendant froissant d'Aristotc qu'on expliqua d'ahord «lans le sens réaliste et ensuite dans le sens <lu nominalisme, elle n'ouvrait pas une Ciirrière assez libre à la pensée individuelle pour favoriser l'essor d'une spéculation vraiment originale dans la sphère de la théologie : l'objet de la science était imposé 'à celle-ci et ne pouvait être créé par elle. — De tous les réformateurs, c'est Zwingle qui, disciple de quelques philosophes de la Renaissance, a le plus franchement appli(iué la méthode spéculative à la théologie ehrétienne; à cet égard, le traité /Je providentta (lollO. éd. Schuler et Schulthess, t. IV), présente un sérieux intérét(voy. SigwaiL, U. Zuutigli, Jjer CUarakter seiner Tlieolofjie mit ùesondrer liiicksichi auf Picus von Mirandula, 18o5). Le géuie plus réaliste de Luther se défiait des écarts d'une spéculation qui risquait d'abandonner le terrain solide des faits évangéliques, ce qui n'empêcha pas le réformateur d'emprunter à la philosophie scolastique plus d'un argument spéculatif pour étayer l'une ou l'autre de ses doctrines : la célèbre doctrine do l'ubiquité dans ses rapports avec la conception luthérienne de la présence réelle du Christ dans l'eucharistie est un emprunt fait à la scolastique, notamment au nominalisme d'Occam (voy. la dissertation de Uettherg sur Occaui et Luther, iSind. u. A'/"*/., 183U, I, et surtout la remarquable étude de H. Schults, Luthen Antickt von der Me~ thode If. den Qrenzen der dogmatùehen Auuagen ûber Gott, Brieger*s, Zeitschrift fûr Kirckengeschichie^ t. IV, 1880. p. 77 ss.). Mélanchthon qui an début de sa carrière réformatrice s'était montré hostile à la scolasli(jue et à la philosophie an général, s'engagea dans la suite à plusieurs re)>rises sur le terrain de la spéculation : sa construction spéculiitive de la Irinité lui attira les reproches des dogmatistes luthériens de l'âge orthodoxe ^voy. Ucrrlinger, Uie Théologie Slelanr.hthom^ 1879, p. 172 ss., et surtout p. 389-407, Dos philosophische Flemmi der melanehihonischen Théologie). On trouvera des éléments riches et souvent profonds de théologie spéculative dans les ouvrages d'Osiandcr. de Schwenkfeld. de Brenz, de Keckermann, bien qu'aucun de ces théologiens n'ait élaboré un système complet et entièretnent personnel. — Ni l'époque de l'orthodoxie, ni colle du piétisme. ni l'âge «le transition signalé par là lutte entre le supianuturalisuie et le ratioualisuie ne

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lurent favorables au dévclopperaont fl*unoth»>ologip 8p«'rulative vraiment originale. Col|p-ci ])rif un «fjrand essor sous l'itiipiilsion <lo la philosophie allemando renouvelée par Kiint. Lo nom de Uo'^i'l duniinc p\ inspire tciie théologie qui semblait d'abord entièrement conforme aux principes du christianiânie positif, voire même aux formules de l'orthodoxie lutliérienoe : la droite hégélienne prétendait conserver lea enseignements biMi^es et même les dogmes eeclésiastiques, mais en les interprétant dans l»»ur sens philosophique et profond ; elle pensait avoir trouvé dans les formules delà métaphysique hégélienne la clef des mystères du christianisme et avoir ainsi réconcilié pour jamais l'évangile et l'esprit moderne : ce qur la religion enseigne sous la fornu' symbolique et concrète du dogme ou du culte, la philosophie le résout en idées pures et l'élève aiusi dans un domaine supérieur et plus conforme à la nature iotiiiie de Tesprit. Une phalange de théologiens distingués, dont les systèmes et les ouvrages sont cuactérisés dans les articles spéciaux que leur consacra cette Encyclopédie, Daub, Marheinecke, Gœschel, Rosenkranz, Erdmann, Schaller, Hasse,Gonradi, Hinrichs, concoururent ainsi à une restauration spéculative de tout le système orthodoxe (voy. sur ce mouvement théologique, Schwarz, Zur (icschir/iie <hr neuestcn Théologie, 4*^ édit., p. 18 ss. ; Lichlenberger, Histoii-e des idées religituses eii Allemagney t. II, p. 315 ss. ; Landerer, Neueste Dogmen- |aeéîcA/«, p. 967 se.)* — Strauss dévoila avec une ironie impitoyable le eanetèie factice et l'irrémédiable stérilité de cette tentative de rastauration orthodoxe à l'aide de la spéculation (voy. surtout la prélSice de sa Dùgmaitque)f et des prémisses hégéliennes il tira des conséquences diamétralement opposées : ce qui, d'après lui, reste de chaque dogme après sa formation progressive et sa dis?(diition fntale à travers les siècles, c'est une idée abstraite, élément intégrant <run système de panthéisme spéculatif. Les enfants terribles de la gauche hégélienne, Feueritach, Bruno Bauer, achevèrant de mettra à néant les illusions de cet âge d'or qui devait voir se consommer l'union définitive et indissoluble de la philosophie et du christianisme, et« inaugurer une ère nouvelle, durant laquelle les loups habiteraient avec les agneaux et les léopimls avec les brebis. » Cependant la théologie biblique et l'histoire flK-rnèrae subirent l'influence de la spéculation hégélienne : Billroth {Commentaire sur les tjjitrf.'s tinx Corinthiens, 1833) et Mathies [Cornmentaire sur Vépitre aux L'/j/iési'ens, I83ij, appliquèrent aux textes nerés les procédés de la dialectique de Hegel et essayèrent d*en dégager les idées essentielles du maître, revêtues, il est vrai, de la forme populùie et imagée qui distingue la religion de la philosophie. L'histoire aossi dut sej^ierfiréqueniment aux exigmeesde la méthode spéculative. — Us historiens spéculatifs, dont Baur est le représentant le plus éminent, se piquèrent d'aller au fond des choses ; sous le chaos apparent des tdits ou des idées, ils cherchèrent et crurent trouver l'unité d'un priucipe, d'une loi générale et fixe, présidant à la marche des événe- Mti on à révolution des dogmes. Identifiant les lois de Tétra et celles de la pensée, ils eiuent trop souvent la prétention de déterminer à l'ivuiee et avee an» précision rigoureuse les phases successives de lliis-

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loire (les faits ou do3 uUoi: îl en résulta que souvent ijs dénaturèrent les fait<, méconnurent l'importance des grandes individualités historiques et ilnireat par résoudre en un problème logique le jeu infininaeot -varié et fécond de la yie. Schleiermacher semble, à première vue, avoir franchement rompa avec la méthode spéculative appliquée & la théologie. N'a-t-il pas assuré à la rrli^non un domaine indépendant de toute philosophie, un sanctuaire placé en dehors et an-dessus de toute spéculation étrang^^e? En fondant la religion sur le sentiment relig-ieux, c'est-à-dire sur une donnée primitive et irréductibli^ de la nature humaine, et en fondant la théologie sur l'expérience chrétienne, c'est-àdire sur un iait dont la certitude échappe à toute discussion, n'a-t-il pas affranchi le christianisme et la théologie de toute entrave philosophique t Sans doute; mais l'application de ce principe art-élle été rigoureusement conséquente? le philosophe n*a-t-il jamais dicté au théologien (luelques-* uns de ses résultats? le panthéisme déterministe du disciple de Spinoza ne se révèle-l-il pas dans plus d'un des chapitre? de la dogmatique de Schleiermacher? — La théologie postérieure à Schleiermacher a vu se prodiiirt' (jnchjues essais fort remarquables de spéculation religieuse. Eîn première ligne, il faut citer Y Ethique de Kotbe [Theol. £thik, 1"» éd., 1845 ss., 3 vol.; 2* éd. 186^1871, 5 vol., les trois derniers ont été publiés par M. Holtimann) : d'après Rothe, k téche de la théologie spé* culative consiste à développer systématiquement le contenu de l'idée de Dieu, en partant du sentiment immédiat que le théologien a de Diea dans sa conscience ; ainsi Uothe procède à la fois de Schleiermacher, puisque son point de départ est aussi le sentiment religieux, et de Hegel, puisque sa mé'hodc est celle di' la construction dialecti(jue (voy. les études de M. Babut, dans le Bulletin et la /iev. théoL des années 1868, 1869, 1870, 1872 ; de M. Astié, Compte rendu, 1869-1870; de H. Godet, Beoue théoL, 1874-1875. Sur Rothe et sa spéculation consulter en outre J. Millier, Die christ l. Lehre vén der Sûnde, 3« édit., I, 9 ss.; Trendelenburg, Lo;/i<<rhe Untersuchimgen, II. 400; Yoigt, /lundàmeti» taldofjmntik, 1874, p. 319 ss. ; deux études de M. lloltzmann. dans la Profrsf. Kif'chenzeitunf/, 1874 : /frlifjlon rt Sprcti/ation, n. 23 et 24; IHe hcuiirjcn Aiissagen (1er specii/atinju 1 hi.iobxjH', n. 32 et 47). — Tandis que Rothe occupe une place à part que lui assurent l'originalité de son esprit et la vigueur de sa pensée, il est toute une école qui, moins hardie et moins aventureuse, aspire à concilier les principes fondamentaux du théisme avec les notions essentielles de la religion chrétienne. Le trait commun à toii^ les représentants de ce mouvement est une réaction décidée contre le panthéisn)c et une affirmation forte et précise de la personnalité de Dieu. Quant aux miaiices particulières à chacun d'eux, il serait plus diflicilc de les démêler et de les déhnir; leur attitude à l'égard du christianisme, notamment, n'est pas invariablement la même; elle est tantôt plus positive, tantôt plus critique ou plus neutre; quelques-uns, comme Weisse, modifièrent à plusieurs reprises leur point de vue originel. Oh trouvera, dans les articles consacrés à ces philosophes et à ces théologiens, des détails sur leurs systèmes et la nomenclature de leurs ouvrages ; qu'il nous suffise dennentionner Weisse,

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THÉOLOGIK Sl^KGULATlVE

Fichte junior, Fischer, Wirlh, Clialybœus. Ruckert,Ulrici, Schwarz. — Le coryphée lo phis «^rainent de la théologie spéculative contf^mporaine est Bi*^<lerinnnii, dont la dogmatique repose sur des prémisses essentiellement hégéliennes, c'est-à-dire sur l'identité de la logique et de la métaphysique, des lois de la pensée et des lois de Tétre (Biedermann, CkriêtHcke Dogmatik^ 1869 ; cp. Baur, étude comparée sur les dogma* tiques de Sehiroiier et de Biedermann, JakMeker fSr protêtt. Tkeo^ logie, 1876; les l)elles études de Biedermann sur la dogmatique de lipsius, Protest. Kirchenzeitung, i877, n. 2-6, avec la réplique de Lip«iiis, Dnqmnthche Beitraege^ 1878, p. 126-215 : Biedermann und die spéculative Sc/iule . De Biedermann procède 0. Plleiderer i /^f-Z/y/Zonsphifosop/iie auf (jeschichtlicher Grundlaye, IHIH ; Gru/iflnss der christlichen Giaubens-und S'Utenlehre^ 1880). — A ces derniers théologiens qui sont restés fidèles à la tradition hégâienne, s*oppose unephalange de penseun distingués qui relèvent phitdt de Kant, et qui ohercheotà combiner avee les principes du critioisme les thèses de Schleiermacher sar l'indépendance de la religion à Tégard de la métaphysique et de la science. "Ritschl et son école proscrivent toute appliciition des catégories métaphysiques à la religion (llilschl, Geschic/if/ir/if Sfudii'ii zur chrt'stlir/ien Le/irc von Got(, Jahrbucher fur deutsche Theoluf/ir.\, 277- 318; XIII, 67-133, 251-302 ; Die christliche Lehre von der Jledufcrtiffung u. Versœhnungy 3 vol. 1870-1874; Unterrichi in der chrt'stUchen JkUgwn, 1875 ; Thealogié und Metaphysik^ 1881 ; Herrmann, DU Metaphysih m der Théologie, 1876 ; Die MeUgion im VerhœUniee xum Welterkennen et zur Sittlichkeit, 187U; H. Schultz, Die Lehre von der Gottheit Christi, 188i ; Kaftao^ Dos Wesen der ekrUtlichen Religion, 1881). Citons enfin la dogmatique de M. Lipsius, remarquable surtout par sa théorie de la connaissance religieuse, qui, j)ar son élément critique, dépend de Kant et qui, par l'analyse psychologiijue des phénomènes religieux, se rattache à Schleiermacher (/.eAr^ucA der evangeliscliproteetetniitekenDogmatik, iSlQ\ 2«éd., 1879; DogmatitckeBeUrœge, 1878). Consulter Fart. Dogmatique, par M. Bouvier. — Bibliographie : Les monographies les plus importantes ont été mentionnées dans le cours de cet article. Consulter les histoires des dogmes, de la théologie, de la dogmatique; Baur, Die christliche Gnosis, 1835; H. Uitter, Geschichte der christlichen Philosophie, 18 il -1851, G vol. ; l'article de Borner, Théologie {spéculative), <\iinii l'encyclopédie de lierzog, .\VI, 1-13; Tbilo, Die Wissenschaftlichkeit der modernen speculativen Théologie in ikren Prnunpien beleuehiet, 1851 ; ClialybaBus, Die spéculative Erkemir latst Gotte» mU betonderer Beùekmg mf die theohgieeke Erkenn- Umetkeorie {Jttkrb, f. deuUehe Tkeologie, 1857, p. 387-414) ; lipsius, Dogmatik^ % 4; Pfleiderer, Qrundriss der christlirhen Glaubens-und Siltenlehre, ^ 87 ; Dorner, System der christi. Qlaubenslehre, 2 vol., 1879-1881 : voyez enfin sur l'état actuel de la question en Allemagne l'ouNTa^e tout récent de 0. Fliigel, Die spéculative Théologie d>:r Gcgenwarl krttisch beleuchtet (l'auteur soumet les systèmes de rAllemagnc eentemporaine à une critique rigoureuse, entièrement dominée par les priBdpei de la philosophie de Herhart). P. LoumN.

THÉOPACHITES — THÉOPHILANTHROPES

THÊOPACHITES, }i.'r.'ti<i lies du cinquiônio sit'^cle, ainsi noniiiir*s parce qu'ils ensi'ij^naiont <jue Dieu le Père et les deux autres personnes de la sainte Trinité avaient souil'ert à la passi»jn de Jésus-Christ. Les premières traces de cette opinion se trouvent dans les épitres d'Isidore de Pélnse {Ep. 102, 124); mais l'usage de ee terme remonte à l'addition que fit Pierre le Foulon au Trishagion (Thm>pkm%$ Chronograpkia, 97, 184). Plusieurs évéques africains, tels que Fulgence Ferrand, Fulgenoe de Ruspe et d'autres s'étant prononcés pour la formule : « L'une des personnes de la Trinité a été crucifiée, n le cinquième concile œcuménique de Constantinoplc la sanctionna (.-w.S). T^es catholifiues orientaux la maintinrent ju5(|u'à ce qu elle lût rejetée et condamnée parle 6'onci/mm Quinisextum (692j, dans son quatre-vingt-unième canon. Seuls les monophysites et les monothélites la conservèrent. Expulsé de la doctrine officielle de TEgUse» le théopachitisme se trouve à la base des conceptions populaires du dogme de la rédemption dans beaucoup de pays» môme protestants, et a même pénétré dans un certain nombre de recueils hymnidogiques [Ack grosse ?io(h! Gott selbst ist todt). On confond crordinaire les tliéopachites avec les patripassiens (voy. cet article).

THÉOPHANE, surnommé Cerameus, c'est-à-dire le Potier, évéque de Tauromeniuui (Taormina), en Sicile, vers l'an 1140, d'après Léo Allatius qui, dans sa Diatriba de Simeonibus^ a justifié cette date contre le P. Scorsus, jésuite, qui fait exister Théophane au neuvième siècle, au temps de Photius, opinion d'autant plus inadmissible que Théophane cite les légendes de Siméon Métaphraste, et qu'une note des manuscrits anirinc qu'il prêcha un de ses sermons [flomil. XXVI) devant Roger II, roi fie Sicile, qui réirna de 1121) à ïlo-2y épO(jne où la Sicilo était fort menacée par les Sarrasins, circonstance à laquelle le prédicateur lait allusion dans plusieurs passages de son discours. A cette époque, il y avait encore un certain nombre de paroisses de la Sicile de la langue et dn rit grecs; aussi tous les discours de Théophane sont-ils en grec. On a de lui : ffomilia in Evangelia dom'mkatia et festa totius annù gr»ee et i latine, eum notis et prolegom., Paris, IGii, in-fol. Ces homélies sont ' au nombre de soixante-six et ont été éditées et commentées par le jésuite Scorsus. Deux autres discours, prononcés h la téte de l'exaltation de la Croix, ont été publiés par le jésuite Gretser, dans son ouvrage De erucCf II, 1209. Le style de ces homélies est coulant et agréable; l'emploi de l'allégorie, qui y abonde, n'est pas toujours heureux. — Voyes Cave, Historia Uteraria, II, 132; Wetxer, EncycL, ad vocem.

THÉOPHANIE. Voyez Rtiélation.

THEOPHILANTHROPES. Le 5 nivôse de l'an V (IG décembre 1796), dansun local dépendantde l'hospicedes Aveutjles, rue Saint-Denis, n" 34, au eoin de la rue des Loiuliards. S(^ trouvaient réunis cini] pères de iauuile qui, apriîs une <liseussion appntiondie, prirent la résolution de fonder une société religieuse dont les membres s'appelleraient théophi" lanihropes (aimant Dieu et les hommes). De ces cinq pères de famille, Chemin, Hafly, Moreau, Janes et Mander, le plus connu est certainement Haiiy ; tout le monde sait qu'il eut l'idée de remplacer les signes - de l'alpliabet par des caractères en relief afin de pouvoir apprendre à lire

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aux aveugles. Cependant ce n'est pas lui qui est le véritable fondateur dp la tliéophilanthropie. L'idée prenn>re on revient à Chomin, professeur de latin à Paris, homme d'une vio pure, aux aspirations élevées, qui. ii'uniieiité depuis longtemps, eoinme il le dit lui-même, du désir de voir â établir un culte parfaitement conforme à la religion naturelle, avait rédigé un petit Kvre qu'il avait appelé Manuel dei TMoanthropopkUet (voir le Fréeis historique placé en téte dû Code de religion et de maraie naturelles (Paris, an VII). « Mon manuel, ajoute-t-il, tomba entre les mains du citoyen Haûy, que je n'avais pas l'avantage de WDDaftre ; il lui inspira une sorte d'eittliousiasme. Il me demanda ane entrevue, me témoigna le désir le plus ardent d'établir, dans la maison qu'il dirigeait, le cullr altsolument lui que je le pnqtosais dans mon opuscule. Nous ioraiàmes avec les deux citoyens que j'ai désignés plus haut {Janes et Moreau, deux respectables sexagénaires), le premier comité de direction du culte de la religion naturelle. » Quoique la théophilantbropie ne se présentât pas comme une religion nouvelle, comme un culte nouveau, quoique ses organisateurs eussent bien soin de déclarer qu'ils éviteniient scrupuleusement tout ce qui pourrait faire regarder la société des théophilanthropes comme une secte, c'était en réalité une Eglise nouvelle qui allait s'établir, une Eglise avec son organisme complet : doctrine, morale et culte. — La dogmatique des théopbilanthropes était extrêmement simple; ils se bonaient & affirmer Texistence de Dieu et l'immortalité de l'Ame. Ces vérités n'avaient pas bwoin, selon eux, de longues démonstrations. La croyance en Dieu repose sur le spectacle de l'univers qui prouve Texistence d'un premier être, et, quant à la vie future, la faculté que nous avons de penser nous assure que nous avons en nous-mêmes un prîn- ■ cipe étranger à la matière et (jui survit à la dissolution de notre corps. Ils regardaient comme indiscret de rechercher ce qu'est Dieu, ce qu'est l'àme, connnent Dieu récompense les bons et punit les méchants ; il leur suffisait de savoir qu'il existe un Dieu; qu'on ne peut concevoir un Disn sans l'idée de toutes les perfections ; que, par conséquent, ce Dieu est bon, qu'il est juste; qu'ainsi la vertu sera récompensée et le vice puni. La morale des théophilanthropes n'est pas moins simple que leur dogmatique. Elle est liasée sur ce précepte: « Adorez Dieu, chérissez voç semblables, rendez-vous utiles à la patrie. » Adorer Dieu, nous dit le Manuel, c'est rendre lioniuiageà sa puissance, à sa bonté et le remercier de ses bienfaits; c'est surtout obéir à sa loi qu'il nous révèle par la eoDieieDce. Mais comme la conscience, toujours infoillible quand il s'agit de juger de la moralité de nos actions, peut quelquefois être égarée sur la nature du bien ou du mal en lui-même , les théophilantiiropesont une règle sûre pour ne pas se tromper à cet égard. Cette rèffle se formule dans la ma.Time suivante : « Le bien est tout ce qui teixi à conserver riioinine ou à le perfectionner. Le mal est tout ce qui t€ûd à le détruire ou à le détériorer. • Chérir ses semblables, c'est leur fiûrstout ce que nous voudrions qu il nous lût fait à nous-mêmes, c'est M iaire à personne ce que nous ne voudrions pa<: qui nous fût foit. Le troisième précepte, se rendre utile à sa patrie, dérive d'une manière

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générale du devoir de chérir ses semblablMet, d'une manière plus particulière, »1ps bienfaits dont nous sommes redevables à la patrie. En résuint^ la morale des tli»''ophilantliropes est honnête, pratiijue. à la porter (le tttut h' inonde; rVjt la nioralf de Jésus, moins Torluinalité, l'inspiration, la Iraicheur et la vie. Nous pourrions ajouter que lorsque, sur tel ou tel point, ils ont voulu modifier cette morale, ils n*ODt pa» été très hemreuz. Ainsi, an lieu à^kimorer Dieu, Jésus avait dit amter Dieu, et il y a là autre chose qu'une dhrergence dans les> termes, il y a une conceiition toute différente des rapports de l'homme avec la Divinité. — théophilanthropie, étant une religion, avait, comme toute religion, son culte et ses symboles. Pénétrons dans un des temples où se célébrait le culte des théophilantliropes, et assistons à ime de leurs cérémonies. Au centre du t»;niple s'élève un autel fort simple sur lequel on dépose, suivant les saisons, quelques fleurs ou quelques fruits, en signe de reconnaissanoe pour les bienfidts du oréateur. Au-dessus de Tautel, rinscription suivante, gravée sur un tableau, rappelle les deux dogmes fondamentaux de la religion naturelle : Nous croyons à Cexistenc0 de Dieu et à l'immortalité de l'âme. De chaque cd^té de rinscription principale on en a placé deux autres qui rappellent les principes généraux de la morale et les devoirs particuliers de chaque âge : 1 ■ Adorez Dieu, chérissez vos semblables^ rendez-vous utiles à la patrie ; 2'^ Le bien est tout ce qui tend a conserve» Chomme ou à le perfectionner, h mal eet tout ce qui tend â le détruire ou à le détériorer; 3* JSnfoHts, honores vos phres et mhret^ obéissez-leur avec afeetionf seuh^oM leur vieillesse ; pères et mères, instruises vos enfants; 4* Femmes, voyet dam vos maris tes chefs de vos maisons ; maris, aimez vos fanmes et rendes^ vous réciproquement heureux. Vis-à-vis de l'autel se trouve une tribune pour les lectures nu discours. L'exercice re]ii,neux Cdinmence; un chant «l'introduction se lait entendre, pend.int lequel des enfants dispijsent sur l'autel la corbeille de fleurs ou de fruits et, parfois, brûlent de Tenceus. Le chef de lamitle chargé de présider au culte se plaee debout à cAté de Tautel et prononce les paroles suivantes : « Recueillons nos pensées; élevons nos âmes ; nous allons adorer le grand Etre et apprendre à devenir plus heureux <-n devenant plus vertueux. Déposons surtout nos ressentiments et n'adressons nos vœux et nos offrandes à la Divinité (ju'avec un C(pur pur et ami de tous nos seniblables. » Il invite ( n>uile b s assistants à se lever et récite h haute voix une invocation que ceux-ci répètent à voix basse. Cette invocation est suivie d'un chant, puis d'un moment de silence pendant lequd ohaeun fait son enmen de conscience. Après l'examen de consdenee, nouvelle invocation et nouveau chant. Le lecteur monte à la tribune et lit un court fragment tiré d'un recueil où se trouvent rassemblées les maximes des principaux moralistes anciens et modernes depuis les Védas jusqu'à J.-J. Rousseau. L'.Vncien et le Nouveau Testament y figurent au même titre que Zoroa'itrc, (^,*uifucius, Socrate, Anstote. Cicéron. ISénèque, E[dctète, le Coran, La Bruyère, \\ lUiam l'enn, Voltaire, Franklin, etc. Vient enfin le discours qui est précédé et suivi du chant d'une hymne. Le culte se termine par l'invocation à la Patrie, l'hymne à la Patrie et la

THÉOPmLANTHROPES

It^cfure d'une formule finale qui n'est autre chose qu'une sorte de bénédiction. Le lecteur ou orateur portait un costume particulier consistant en une tunique bleu céleste, prenant depuis le cou jusqu'aux pieds, ceinture rose et robe blanche ouverte par devant. — Les chants dont le -mita théophUaalhropique est entrecoupé sont en général assez remarqaables. La poésie et la musique y sont fort soignées; on n'avait pas hésité à mettre à oontribution pour la première, entre autres poètes : Racine et J.-B. Rousseau. Chemin trouve naturellement que le chant» dans les assemblées des théophilanthropes, était bien supérieur à ce qu'il était ailleurs, chez les protestants, par exemple. « Les prolestants, dit-il, chantent en langue vulgaire, connue les théophiiantliropes, avec la différence que ce sont des psaumes de David traduits tu uiaulais français, sur .des airs traînants et monotonas, mais qui touchent psne que tous les assistants les répètent &dlement en chœur, tandis que les théophilanthcopes font retentir leurs temples des plus belles odes de J.-B. Rousseau ou d'autres hymnes qui» généralement, réunissent le mérite littéraire à la grandeur des pensées, à la sagesse des préceptes, sur des airs également beaux eu général et qui produisent le plus bel effet quand une assemhhe nombreuse hs répèle en chœur. » Chemin nous parait un peu sévère pour les psaumes de Dsvid, même tradoits en firançais par Clément Marot; et, quant & la onisique qui y a été adaptée, elle ne saurait être taxée de médiocre, proleosnt de maîtres tels que Bourgeois, Goudimel, etc... (voir 0. Douen, Clément Marot et le psautier huguenot.) — Le culte ordinaire des théophilanthropes avait d'abord lieu le décadi ; mais plus tard, à mesure que le décadi fut délaissé, il fut célébré le dimanche. Outre les fêtes du décadi et du dimanche, outre les difi'érentes fêtes nationales de la Uépubiique, les théophilauthropes célébrèrent des létes particulières puur la mort de Hoche, dé Joubert, des plénipotentiaires français assassinés à Bastsdt, pour les grands hommes de tous les lieux, de tous les temps, de toutes les Eglises, pour Socrate, J.-J. Rousseau, Washington, et même pour saint Vincent de Paul. — Il n'existait pas de sacrements dans le culte tliéophilanthropique, c'est-à-dire de ces actes auxquels lun attache une efficacité toute particulièn- et (jui doivent, par c-ela même, élro accomplis par un homme revêtu d iin caractère spécial. On y célébrait cependant, par des cérémonies soleunclles, les circonstances In plus importantes de la vie humaine : la naissance, le mariage, la noft. La plupart de ces cérémonies offiraient de grande points de restemUance avec celles des églises chrétiannes, et en particulier des églises prolestantes. La principale différence provient du soin avec lequel les ortmni^ it.'urs de la théophilanthropie ont écarté tout ce qui pouvjut avoir un caractère surnaturel ou révélé. La tliéophilantliropic étant, conmie ils le disaient eux-mêmes, le culte de la relij^ion naturelle, n'admet Sncun mystère, aucune 8uper6titit)n. La dilférence, il faut en convenir, «t capitale, et nous doutons fort qu'ils s'en rendissent bien compte ^piand iU avani^ent nÉlveitient, dans leur Manuel^ que presque tous les habitants de la terre sont théophilanthropes, puisqu'ils sont d*aocttid sor les principes fondamentaux de la religion et de la morale, et

96 TIIÉOPHILANTHROPES

qu'ils ne diffèrent cntrn oux que par quehjues nuances de formes et d'opinions. — Quelles furont les destini^'es de la théophilanthropie? S'il faut en croire Giieinin, ses premiers progrès furent assez rapidps. I^e local primitif de la rue Saiut-Denis ne tarda pus à être insuffisant et ron ie trouva obligé de louer deux édifices. Bientôt même les théophilantbropes durent se résoudre à profiter du décret rendu par la Gonvention nationale, le 21 février 1798, sur la proposition de Boissy d*Ang^as, et par lequel les églises, étant propriété nationale, ne pouvaient être affectées à l'usage exclusif d'aucun culte, mais devaient servnr également h tous. Dès le mois d'avril 171)7, ils demandèrent à parln<ror avec les catholiques les édifices consacrés au culte, et ils occupèrent successivement jusqu'il vingt églises, y compris Notre-Dame. Cette extension rapide de la théophilanthropie, trop rapide même, au gré de quelquesuns de ses membres, l'obligea à se donner promptement une organisation extérieure. Cette organisation procédait du système congrégationaliste. Chaque groupe théophilanthropique avait son conseil directeur, et aucun de ces conseils n'avait autorité sur los autres. Leur rAle consistait à s'occuper de l'administration niatériolle et morale de la société; ils réglaient tout ce qui concernait les rapports avec l'autorité civile, l'assistance des pauvres, le culte ; ils choisissaient les lecteurs et les orateurs et approuvaient au préalable les lectures des uns et les discours des autres. Le culte n'était pas l'unique moyen de propagandedes théophilanthropes; ils avaient des écoles et des journaux. Le Moniteur de décadi, 20 prairial an V (jeudi 8 juin 1797) contient une note signée Cliapuis, dans laquelle on fait savoir aux pères et aux mères qu'une école lliéophilanthropique sera en activité le l*^"" juillet prochain, cloître ci-devant Notre-Dame. n° .'ia. D'autres écoles furent ouvertes au Panthéon, place du Parc-d'Artillerie (ancienne |)lace Royale), etc. Quant aux journaux, la sociéié Ihéopliiluultiropique publiait quelques feuilles périodiques parmi lesquelles VSeho du eerelet patriot^u» el du réufàon» des ihéophilanthropes, /euiUe mUageoite. Plus tard, VEcho fat réuni à l'Ami det tkéophitanthropes, recueil de moraU unwenellê à VuMge des hommes de toutes les religions, de tous les pays, de (nus les états et métiers. — Ce ne fut pas seulement à Paris que la théophilanthropie essaya de s'établir; elle eut aussi des ramifications en province, où un certain nombre de villes adoptèrent son culte. Dans les environs immédiats de Paris, on peut citer Monlreuil, Ghoisy-le-Hoi, Andrésy, Versailles. A Versailles, les réunions se tenaient dans la chapelle n\^me du château. Fontainebleau, Chantilly, Soissons, Château-Thierry, Nancy, Rodez, Le Havre et d'autres villes plus ou moins importantes eurent leur culte théophilanthropique. Parmi celles où il eut le plus de succès, il faut nommer la plupart des comnmnes du département de TYonne et les villes de CliAlons-sur-Marne et de Bourges. A Sens, un rite nouveau s'était formé, diilérent de celui de Paris. Les théophilanthropes de Sens n'affectaient pas de passer l'Evangile sous silence, comme ceux de Pans ; bien au contraire, ils prétendaient formellement que leur culte était fondé sur TEvangile. Us avaient une sorte de liturgie intitulée : Office du matin et du soir à Vusage des théophi-

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