‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 28 sur 158 · THÉRAPEUTES · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTES

froxvtT'/v). Pendant le sorvirr. ils restant immobile?, les mains cachées sous It'urs vêtements. Le bras gauche pend le long du corps; le bras droit est replié, et la main droite placée entre le menton et lu poitrine. A on eertain moment, l'immobilité cesse, et ils exécutent une espèce de imse qui figure les ékns de leur ferveur mystique et Tenthousiasme dont leur Ame est Tcmplic. En outre, ils lisent lenrs livres religieux»

qUB l'sUteur iDOinme ainsi : vôaou; xat Xoytx Bc(rrcOévTa Stx rfoor^TclW xsit 5ay'/jc; ces termes désignent clairement l'Ancieu Testament. Enfin ils les interprètent allégoriquemeut, comme les juifs alexaridrins, et possèdent, outre l'Ancien Testament, un certain nombre de poèmes et d'écrits religieuA. En dehors des heures de culte et doropaâ, thérapeutes ftitbérapeulides'TiTent entièrement isolés chacun dans sa celluk on dsos sa^grotte. Lenr^plus. granfle féte est celle de la PenleeAte, k rftto da Saint-Esprit. Ils ont des chefs appelés presbytres, mais ce ne sont pas oéoes$airemont les plus Agée de In communauté, ce sont les ^lus méritants. Quant aux plus jeunes membres, ils servent les antres, car les thérapeutes n'ont pitint d'esclnves. L'esclavage leur est en .ibomiiiation. L'auteur du traité Df cifà co/iteni/jlalivâ ne noiis donne de détails, on le voit, que sur la vie extérieure des thérapeutes; il parle de leurs repas, de knrs -vdlements, de leurs cellules, :il décrit leurs monirs, mais lie •mras dit rien de leurs croyances. Cependant il a écrit cette pbraae : « Ib mfent'l'Etre meilleur que la bonté et plus pur que l'unité... » Noim m concluons qu'ils étaient Strictement monothéistes. D'après lui, lenfin, les thérapeutes n'mif . sur la colline dont il parb», (jno leur maison mère; leur religion e^t partout répandue, et on rencontre des thérapeutes dans -toute l'Egypte, et même « sur toute la terre. » — Tel est le résumé du J)%vità contemptativâ.'^QVA avons rapproché les thérapeutes dés osséliens. On peut, «n effet, les 'considérer comme dea juîfi ascètes, car îl>est évident que l'auteor du traité ite vUâ eoatemplativl&y en disant qu'ils étaient monothéistas, qu'ils observaient le sabbat, et que leurs livres laerès étaient ceux de l'Ancien Testament, a voulu décrire des juifs ; mais cette explication ne suffît pas à nous faire comprendre entièrement ce qu'étaient les thérapeutes ; certains détails épars çà et là dans la description qui nous en est laite trahissent d'autres préorcnpations. Les thérapeutes ressemblent, ù quelques égards, aux bouddhistes. Ceux-ci muent aussi des communautés d'hommas et de femmes, ils avaient soMi en priant cette singulière attitude que nirns avons signalée et qns OMB letrottvons surtouties les images du 'Bouddha ; et les moines boud« dhistes, si ardents à la propagande, ont fort bien pu venir justiu'en Egypte. Ce n'est pas tout : les thérapeutes, par certains cAtés, sont tout siniplpinent dos moines chrétiens du temps de saint Antoine. Cette fuitf au désert, dont parle l auteiir. cette soif de solitude, ce renoncemeutà tous les biens, cette exaltation de la virginité, de la pauvreté,.du jtAne devenus des mérites, tout cela nous rappelle les moines chrétiens ^ troisième siècle; de plus, les motsiPentecôte, monastère, presbytres lont des mots chrétiens. Bnfin, psrmi les sectaires chrétiens des premiers tanps, les thérapeutes font penser aux montanistes, car ils célèbrent, •onune eux, la Pentecéte avant toute autre fête ; comme eux, ils ont dans

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leurcultf unp sortf do <l;iiisp sacn-e. Ces traits de ressemblance offi'rts par les thérapoiites avec tant do sectfs ot de croyances diverses ont longtemps dérouté les critiques, et on a t'ait d'eux tantôt des esséniens de lastriete observance/ tantôt des bouddhistes, tantôt des chrétiens, comme Eusëbe de Gésarée {ff, II, 17). A cette difRculté de rattacher les thérapeutes à une secte connue vient s'ajouter Tim possibilité d'attribuer le traité J)e vitâ contemplaiivâ à Philon. Ce petit li\Te est écrit sans ordre, sans plan, et est rempli de long:ueurs et de digressions qui rontrnstonf avoc l'ordonnance et la science de c^>mposition habituelle au tht usnjilio .ilcxandrin. Le style ne rappelle en rien celui des écrits de Philon. Tandis que celui-ci appelle la loi 6 votive, notre auteur dit toujours cepol voiaoI OU emploie des périphrases comme oelle-ci : « Les très saintes ordonnances du prophète Holse. » Philon cite sans cesse FAjlden Testament, notre auteur ne le cite pas une seule fois; il n'y fait pas la plus lointaine allusion. Jamais Philon n'emploie les mots Pentec/ite on monastère. Enfin, les id^es de notre auteur ne sont pas celles de Philon. Il professe pour la philosophie grecque le plus profond mépris, tandis que Philon avait pour elle la plus grande admiration. Son mysticisme est fau.x et de mauvais aloi, il aboutit au sommeil et à l'engourdissement intellictuel; c*est le mysticisme du plus vulgaire monachisme. Celui de Philon, au contraire, natt du travail de llnteliigenoe et a une réelle valeur philosophique. Si Philon avait voulu parler des thérapeutes, il l'aurait fait certainement dans son traité Quod omnis prohua liber, après avoir décrit les esséniens. Mais il ne l'a pas fait et la seule explication plausible de ce silence est que les thérapeutes n'ont jamais existé (jue dans l'imagination de l'auteur du traité De vitn rontemplativn. Il est bien remarquable, en effet, que ce traité est seul à décrire ces sectaires. Ils ne sont connus d'aucun autre écrivain de l'antiquité. Il n'y est lait nulle part la moindre allusion et cependant, à en croire Pauteur, il y avait des thérapeutes sur toute la terre! S'ils ont existé, pourquoi Pline, pourquoi surtout Josèphe n'en disent-ils pas un mot? Le seul nom de thérapeutes [servi trurs^. est un terme vague et symbolique qui suppose une pure fiction. Le portrait que nous fait l'auteur du [)r vilâ rontf'7n/)lntir(t n'a jamais correspondu à une réjilité. C'est im tableau de fantaisie fait par un juif du troisième siècle, nous décriviiut la vie monacale juive telle qu'il l'entend, et l'opposant aux premiers essais de monachisme des chrétiens. L*opinion que nous venons de soutenir a été défendue avec beaucoup d'habileté par M. Michel Nicolas, dans la Revue de th/'ofnfjir Sfrmhnurg, aunée IHIIS. p. -lo et ss. Les thérapeutes ont été l'objet de nombreux travaux. Le dernier, le plus important, celui qui résume tous les autres et jette une lumière définitive sur le sujet, est r<'\cp|lcnte mono}rraphie de Lucius : Die TlK'rnpeutenund ihre Slellung inder Geschichte derAskrsr, Strasbourg, 1880.

Edmond St.\pfeh.

THâtAPHDI, dieux pénates que les Israélites paraissent avoir hérité de leurs ancêtres araméens (Gen. XXXI, 19, 34; cf. Bséch. XXI, 96) et

qu'ils consultaient parfois comme des oracles privés (Juges XVIII, iiss.; XYII, 5 ; Zach. X, 3U Cette consultation était regardée comme une ido-

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