THÉRÈSE
lâtrie 2 Rois XXIII, 3i; Osée TH. A). De \ Sam. XIX. 13 40, il ressort que cps figures avaiont qiiolquefois la taille et la l'ortno des hommes. Voypz sur le» absurdes laMes des rabbins concernant la fabrication des théraphiin : P.-ieudojonatban, ad Gènes., XXXÎ, 19; Buxtorf. Lf\v chald., 5uh voce. L'hypothèse de Michaclis que, sous le nom de théraphim, on enteodaît ane sorte de satyres ou de silènes repose sur des arguments étymolofiriques erronés.
THÉRÉMIN (François), prédicateur réformé distingué, né à Gramzow, dans la Uckermark en 1780, mort à Berlin en 1846. Sa famille descendait de réfiig^iés huguenots; son p^^e était pasteur de la pninînunauté française. Il étudia à Halle et se perfectionna dans l'art oratoire à Genève où il fut consacré (!805). Il prêcha d'abord à la paroisse française de Berlin (1800), puis, en allemand, en qualité de prédicateur de la cour et du dôme (1814) ; il joignit à ces fonctions celles de membre du eeoristoire supérieur (1824) et de professeur d*homilétique à l'univerôté (1840). Pour son éloquence, Thérémin avait choisi comme modèle Dimostbène, Chrysostome et Massillon; il donnait à ses discours le pin'! prmnd soirt, s'appliquant à leur donner une forme al)solumenl correcte, une disposition logique, une couleur bibllifue fidèle. Il exc«'llait dans l'homélie encore plus que dans le sermon proprement dit. Outre ses Sermons on a de lui : 1" un traité de morale intitulé : La doctrine du royaume de Dieu, Berlin, 1823 ; un traité d'apologétique popuhire : ]es Confemoru d'Adaibert, Berlin, 1828; ^ édit., 1835 ; 3« un livre d'édification contenant des poésies religieuses, des dialogues, des récit<. des lettres» sous le titre : Heures du soir, Berlin, 1833; 5* édit., 1858, qui est devenu très populaire et a fait de nombreux emprunts à à Pascal. Que^nel et Fénelon.
THÉRÈSE (Sainte). Il est ppu de noms dans Thistoire du mysticisme qui aient jeté u^n plus vif éclat dans le monde qu(* celui de sainte Thérèse; il en est peu qui, de son vivant même et jusqu'à nos jours, aient donné lieu h des jugements plus contradictoires. Pour les uns elle n'est qu'une malade, jouet de ses visions fiévreuses; pour les autre une eaiote, un docteur de l'Eglise. Son influence s'est exercée sur les Arndt et autres mystlifues piotestants, aussi bien que sur Fénelon et les quié^ tist*^5. L'historien impartial peut repousser ses idées religieuses comme funestes pour la paix de l'Ame, m.iis la sainte elle-même mérite plus ''ncore notre respect qui' notn- j)itié. Thérèse de Cépéda y Ahumada, Déc à Avila le mai 1515 et morte le 4 octobre 158i, appartenait à une famille noble, d'une piété sérieuse et vivante. Si son père aimait les lectures pieuses, sa mère, qu'elle perdit à l'ftge de douze ans, lui communiqua sa passion des romans de chevalerie et contribua à exalter outre mesure son imagination précoce. Dès son enfance, dit-elle dans son autobiographie, elle forma, avec son jeune fr^re, le projet de se livror ;i I I vin érémitique. Mais l'aiiiour du plaisir et le désir Âo plaire, jointe;! do mauvais conseils, exposèrent lajetine enthousiaste à des actes de mondanité, que son repentir a retracés plus tard sous les couleurs ls8 plus sombres. Son père la fit entrer en (531 dans un couvent des mes augustines. Rentrée quelque temps après au logis paternel,
THÉRB8E
Thérèse conçut le proj<;t de se vouer à la vie inonastiiiuo, projet qu'elle avait Diùri pendant une grave maladie. Sur le refus prolongé de son père, elle fl-*enfuit le S novembie 1633 et prit le voile ea i53ii chei les capmélites d'Avila, .après un an de noviciat. Cette aeeonde phase de la vie de sainte Thérèse» plus eétieuse^que In première, ne fut pas cependant exempte de ces luttes entre les exaltations d'une piété intense et lea devoirs de la vie terrestre, qiii^ saint Paul a lo premier décrites avec une nottrlé o.l une convictinn poignantes, dont des milliers de ti lèles ont tait, après lui, la douloureuse expérience. Ce ne fut (}u'en i.'i'tl. h la mort de son père, que sainte Thérèse, touchée jusqu'au fond du cœur pur ses exhortations, résoUit de dire à jamais adieu à une vie partagée entre le doltre et le monde. Ses macérations, ses jeûnes, les supplices voloo* .Inires qu'elle s'infligeait ne tardèrent pas à ébranler profondément.una •santé toujours délicate. Thérèse fut bientôt en proie à des crises nerveuses effroyables, qui se rapprochaient de la caUilepsie et qui lui enlevèrent l'usage d'une partie de ses membres. Elle fut même une fois privée de sentiment pendant quatre jours, et I on préparait ses funérailles -lorsqu'elle revint à elle. Ses eonlcsseurs ne faisaient qu ajouter à ses ioullrances, tantôt en les exploitant sans pudeur, tantôt en lui repréeentant ses visions comme une inspiration du démon. Seul le jésuite -fiorgia rendit le calme à sa conscience en lui donnant de préeieusen •directions spirituelles. tEn 1o()2, sainte Thérèse fonda l'ordre desicar- .mélistes déchaussés, que huit mois de jeûne .'par année, la paille aer- Tant de lit et les pieds ihh sit^nalaieut aux yt'nx du monde. Ties carmé» .lites de l'observance r»'liicli<''' s'unirent aux nombreux adversaires d'une diî^eiplinc rij^ide pour (iénoneer la règle et les principes de s<unte Thérèse il l inquisitiun. Saint Jean de la GroLx, le disciple enthousiaste de •ses idées ûcétiques et mystiques, après iavoir voulu se faire chartreux, devint le directeur de l'un des nouveaux couvents réformés de carmes, 11 portait toujours avec lui la ^le et las lettres de sainte Thérèse, qu'il brûla au moment où l'inquisition le faisait arrêter. Il mourut à la suite des mauvais traitements que lui intligèrent ses adversaires. De 157(> à iriT'.), sainte Thérèse eut elle-même à sonfîrir de la part d'ennemis acharnés, auxquels elle n'échappa que grâce à la protection éclairée de l'inquisiteur Soto et du célèbre iny>tique Jean d Avila. JDe 150:2 jusqu'à sa mort, sainte Thérèse a réforme seize couvents .de femmes et quatone couvents d*homnies et fondé les couvents de ' Médina del Campe, de Tolède, iSlO, de Salamanque, de Béas, d'AJhe, de Ségovie, de Valence, pour ne citer que les princi|>aux. En 1580, un bref de Benoît XIII assura l'existence indépendante de l'ordre réformé des carmes déchaussés. Sainte Thérèse accomplit aussitôt après sa mort des miracles attestés par la crédulité p(ipulaire. H'atiliép m 161 i, elle fut canonisée en \&2'2. et Lupe de Vega lut en son honneur une ode composée par l'immortel Cervantes. Les écrits de sainte Thérèse constituent à eux seuls toute une bibliothèque ascétique. Elle rédigea en lotii le Livre de sa pie; en iS64, les Constitutiont primitivet et le Càemin ée la perfection^ le plus important de ses ouvrages. Les Pentieeeur Camomr dioin, qui datent de 1666, ont été en partie détruites par ses confesseuss
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effrayés de la hardiesse rt do îa libert»'' dp bhs iinaf^ps. Aux Exclamaûowv do 4569 succéderont, on 1571, les liéctts de sa vie adressés ù ses éirecieurs, puis le Livre des fondations ou les Demeures, 1577 ; les Con- ■teS*, 15H0; la Manière de visiier let eouvenU, 1581. Ses poésies, dont JRedtif r donne ({uelqueaifragoMiits dans l'artiole Teretia, de l'BneycIofédie de Henof , tome XXJ, flont pieioes de leotiment et d'élévation. Sa coFrespondaiH-i r* spire Ja gléee et uo aimahlp enjouement. Le myslicisuie de sainte Thérèse se rapproche sur plus d'un point des théories do panthéisme hindou. Ellle admet, comm»- les mystiques extatiques, qiiiitiv tiegivs dans la prière : {" la prière du cu'ur ou de la cnnlemplaliûii; i"^ la pncre du repos; 3* la prière de l'union; 4" la prière de Tex- .iHe. Tandis que, pour l'école de Saint-Victor, le désir du iidële est de devenir «imm avec Dieu, sainte Thérèse soupire après Vwmm, aprèa rahsorplten pantliéiite -an sein de IVssenoe divine. Pour elle, le fidèle dsft tendre à la |>as»ivité absoliae et laisser toute action h l'objet de son anioiir. tandis que Ja ceiftitude est un état actif et vivant de l'esprit, qui rend témoignage à l'esprit de la réalité de l'objet. (Dorner, Doqmntikr J, 37, ss. 1K71>). On n aurait qu'à substituer un nom prolane à « clui de Jésus, pour tranî?r»»niier sainte Thérèse en un poète érotique de récA>le di^Sapho. Ses visions, d'abord lucertaines, oi>scures, puis toujours plua MMes et plus préeises, et dans lesquelles elle voyait Jésns sous une iNBie inlleetufllle et non sensible, «t Dieu sons Timage d'un^ge an èeau visage, qui, lui fra^ppent le cœur avec un aiguillon d'or, lui infligf'ait des souffinmoee pleines de déJioes, visionaqui s'expliquent par l'intensité de «a vie nerveuse et contemplative, peuvent être le fait de manifi stalion;^ tiKirhides. mais qui n'entachent en rien la sincérité de la sainte. De ni)ml)reu\ tt-moins affirment l'avoir vue s'élever en l'air pendant ses dévotions. Benoit XUl institua eu 172G la féte de la trausver- Mntion dn cœur de aainle Thérèee. Ses œuvres ont été publiées à Salamanque en d588, à Madrid en 15^. La traduction d'Arnaud d*AndiUy a paru eu trois volumes à Anvers, en 1688. — Sources: Emery, Esprit de minh' Tht r'ese; J.-B. Boucher, Vie de sainte Thérèse, 2 vol. iu-8», Pa^l^. 1810: Ticknor, History nfSpanish litrrafure : i'n outre, de très nombreuses biographies en espaiinol de Uiliera. Juan de Jrsus Maria, et autres réunies tlauë les ÀrtaSS.,[. VII,<M-tnhrp IH'jti; W'iikens, dans Il Zeitschr. fftr wissensch, JheoL, l id-lHU et Zœkler dan*
iàUeh. fitr iutJk, TheoL, ISaS. A. Paimikr.
THESSALOHIGIEKS (Ëpitras anx). Dans le Nouveau Testament, parmi Isi lettres de Paul, se trouvent deux épltres adressées aux chrétiens de Tlif'^-aiunique. Leur contenu, tout pratique et moral, Udsae aisément aiK'tc< voir et la date de leur composition et les circonstances qui lés lireiJt naître. liéjà la seule présence du nom de Silvanus dans la sus- «ipliou des deux lettres est le sAr indice qu elles apparlieiment au Mcob4 voyage, missionnaire de Paul et ont été écrites de CunnLhe vers fia S3 (1 Thesa, I, I et III, 1). Cette Eglise était jeune; elle avait eu bisacoup àaouffiBir<dela part desJui& qui traitaient Paul d'imposteur •flottant des gens esédides. •Comme un grand nombre de membre» ^Ûsat eortis dn paganisme» les mcMirs n'avaient pas enoore la stricte
TIIESSALONICIENS
Ff'v/'rit/' (1p la loi clm'lionnf 1 1 Thcss. IV,.{, i,5, 6). Surexcit/'s par l'esprrancp do la venuf^ immédiate du Mossir, phI^;ipurs d»'daig^naipnt « de tnivaillor de leurs mains » (1 Tliess. IV, H), D'un autre côté, la mort de leurs proches avait troublé leur toi et inquiété leurs cœurs. Bref, il y avait des lacunes soit dans leur doctrine, soit dans leur vie (III, 10). N'oublions point que Paul avait dû abandonner à eux-mêmes prématurément ces néophytes restés orphelins. Les nouvelles deeet état de cho* BPS, rapportées sans doute par Timothée, qu'il leur avait renvoyé d'Athènes (III, 1), expliquent suffUamment pourquoi ra])ùtre résolut d'écrire, sans qu'il soit nécessaire de lui trouver un motif doi;matique particulier. Aussi la première lettre est-elle écrite simplement, au courant de la plume, sans laisser paraître un plan lofriqup Jiion d(»ssiné, sans visée polémique, sans etîort d'argumentation. C'est une admirable homélie paulinienne qui peut le mieux donner une idée exacte de ee qu'était la prédication orale de l'apôtre dans ses jeunes Eglises, lorqu'au* cune pensée de controverse ne Tag^tait. — Les doutes que Baur (Paulut) a élevés contre son authenticité sont de si peu de valeur qu'ils ont été réfutés par plusieurs de ses disciples, notamment par U. Hil;^^eiifeld [Hixt. krilisrhf h inlntuvri h} dds A'. T., î87o). On y a relevé qui lques apox h'Qouwn'i. Mais il n'est pas um' épiire paulinienne où l'on n'en puisse trouver autant. Le stylo, dans sa simplicité, a bien déjà l'intensité, la profondeur mystique, la riche concision et l'originalité des grandes lettres. De plus, aucune autre épltre ne s'encadre si bien dans le récit des Actes des Apôtres (XVII et XVIII) àun point où ce récit devient personnel et présente les marques les moins douteuses d'un témoignage oculaire. Comp. I Thess. II. 2. lîl, I avec Act. XVII. 1. M\\ { Thess. 1,9 avec Act. XVII, 4; \ Thess. Il, iri. ir> avec Ad. WIl, :i; 1 Thess. I. 0, II, H avec Act. XVMT, o. Cette concordance est si frappante que Haur a soupçonné rauleur de nos deux lettres aux Thessaloniciens de les avoir fabriquées en se servant du récit de Luc et niéme en eu copiant le Style. Mais outre qu*une comparaison littéraire, même superficielle, détruit immédiatement cette supposition, on ne comprend pas très bien comment l'auteur des lettres, qui copie si scrupuleusement le livre des Actes dans les deux premiers chapitres de la première épltre, se met en contradiction avec lui au troisième en faisant se rencontrer ;\ Athènes déjà Timothée et Patil, tandis que Luc raconte que le disciple lai>sé à Thessalonique ne rejoignit le maître ipi'à Corinfhe. D'un autre côté, Biiur est tombé dans une singulière c<mtradiction avec lui-même, en plaçant la composition de nos lettres vers l'an 70, alors qu'il fait descendre jusqu'au second siècle le livre des Actes qui leur aurait servi de canevas. Ne trouvant d'ailleurs aucun motif dogmatique à la fiibrication de ces deux lettres, Baur a essayé d'en voir un dans ce qu'il appelle leur neutralifê ou \pur indifférence doctrinale. Ces mots éveillent l'idéi* de quelque chose d'atténué ou d'effacé contre laquelle jure le ton de nos deux épitres. Elles n-spirenf, au contraire, uoe jeunesse, une vaillance missionnaire, une ardeur joyeuse, une espérance encore naïve ([ui révèlent tout autre chose que les calculs d'un conciliateur méticuleu.x. La doctrine du prochain retour du Christ y est au premier plan. Paul espère