‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 30 sur 158 · L-'iyili^oo by GoOglc · texte numérisé non relu

L-'iyili^oo by GoOglc

THESSÂLONIGIENS

élre oiiLi/r>^ vivant (juand il aura lieu, Coiniiipat lui aurait-on attribué après sa mort une espérance si cruellement démentie et à laquelle d'ailleurs il avait lui-même renoncé dans les derniers temps de sa vie? — L'authenticité de la première lettre aux Thessaloniciens est aujourd'hui hors de toute contestation sérieuse. On n'en saurait dire autant de la s€condt\ bien que riiypothèsc de Tauthenticité soit encore à tout prendre la moins difficile à soutenir. Pour donner plus de poids à srs exhortations morales, Paul avait, dans sa i)rpniière épîtro. insisté sur la prochain»' et subite venue, du Christ I, 10; II, 12, 19; III, 13; IV. 15; V, ÏA). Les Thessaloniciens n'avaieut ^uère besoin, parait-ii, d'être eicitos à cet endroit. Les imaginations se montèrent. On prit prétexte de cette attente pour rester dans Toisiveté et délaisser les devoirs quotidiens d'une vie paisible. On se servait même de la lettre de Paul ou des souvenirs de sa prédication pour justifier cette fièvre et ces désordres (2Tbess. II, 1-3; III, 10-1 i). Gomment Paul apprit ces nouvelles» nous rijfnorons. Mais i! prit de nouveau la plmne pour y remédier, et il aurait écrit (vtte seconde lettre de Corintlie vers le temps de sa comparution devant Ciallion (2 Thess. III, 2). Voilà couunent notre seconde épitro semble se rattacher à la première. Nous disons : u se^nble se rattacher », car sur ce point précisément commence la discussion. Plu^eurs théologiens depuis Crrotius (Ewald, Bunsen, Davidson, Laurent), en admets tant lauthenticité des deux lettres, en renversent le rapport et font de la seconde la prcnjicre. Cette eu rie ust- hypothèse a été pleinement réfutée par lilcek et par Hoffmann. — Mais d'autres ont fait valoir contre l'autheuticité de celte seconde épitre les parlieiilaritésqu'fUe renferme : l" les passages III, 2 et III, 17, où il est t'ait allusion à de fausses lettres de Paul qui auraient déjà circulé, ce qui n'est guère admissible, en 5i ou 53, an début même de ses «grandes missions. A cela, on peut répondre que le texte II, S ne parle pas de lettres fausses, mais seulement d'une fausse interprétation de la première lettre de Paul, comme il est question de la fiuisfle interprétation de ses discoura. Quant au second passage, on peut y voir une précaution naturelle contre un danger qu'il prévoit, bien plus qu'une d*' nonciation de lettres fausses déjà existantes. Ce que (ait Paul ici. en envoyant aux Thessalonieiens un spécimen de son écriture, p<>ur leur servir de critère, n'a rien d'insolite. C'est la coutume qu'avaient les correspondants dans l'antiquité. 2" Un objecte en second lieu le passage sur l'Antéchrist, « l'homme de péché etle fils de perdition » II, 3-21 . Cette page est unique, en effet, dans la littérature paulinienne. Mais il faut dire ici qu'elle est singulièrement originale. On a voulu en chercher l'explication dans l'Apocalypse en supposant qn'elle était postérieure à c*' livre. (^est une grande erreur. La personne de l'Antii.iessieest encore un mystère, sa physionomie reste très va^nie et n'est délinie (jue par les pa^sa'.'. s pmphétiques de Daniel. Il est impossible de dire si elle appartient au judaïsme ou au paganisme ; bref, elle reste entre ciel et terre, comme une menace indécise. Autrement ferme et nette est cette même figure incamée en Néron dans les visions de l'Apocalypse. Mais voici où éclate la différence ou, pour mieux dire, la contradiction ; voici l'argameat le plus fort en laveur de Tauthenticité de notre épitre. Le

m THESSALONIGIENS — THE8SA10N10UE

xaré/ov Thoss. II, 5). c'est IVinpirr romain, H le xaT£/(r)v, c'est l'empereur lui-mérae; c'est-à-dire que nous trouvons ici, de Tempire et de* Tempereur, la mdme opinion favorable que dans Tépltra aux Romains . et dans les Actes des apôtres. Pour notre auteur, comme partout ailleurs pour Paul, l'empire et l'empereur sont des puissances bienfiûsantes; l'administration romaine est protectrice, c^est le dernier rempart contre l'invasion de l'ini fuité satanique. Cette l>onne opinion parmi les chrétiens n'a ilur»^ que jusqu'en Vy\, à la persécution do Néron. A partir de ce inomeut-là, l'Eglise, avec l'auteur <le l'Apocalypse, a vu dans Home Babylune, l'ennemie du peuple élu, et dans son chef, le chef de la puissance du mal. Donc, quelque mystéiiswa que reste la page prêtée à Paul, une chose est claire, c*est qu'elle a été écrite avant l*an M, avant la mort de Tapôtre. Alors, il ne reste plus qu'à remonter dix ans plus haut et reconnaître ici une ébauche d'eschatologie tentée par Paul, ce dont il se fatigTia bien vite et à ipioi il ne revint plus; comme il n'est pas revenu, après la première t'^pître aux Corinthiens, à la description de la pnrousir. On ne trouve que des traces fort incertaines de nos deux épitres chez Clément Romain, Ignace, Polycarpe et Justin. Mais Mar^ mon les avait dans son canon des lettres pauliniennes et, à partir d'Irénée et de Clément d'Alexandrie, leur existence canonique est par Alitement établie; elles ont mémo toujours appartenu à la classe des homologonmènes. — Littératm spéciale. Outre les Introductions critiques, les Commentaires généraux sur le N. Testament, et les vies de saint Paul : H. -A. Schott. har/ofie in utramque P. ppisf. nd Thcusnl., 1H3(): J.-J. Burfrerhoud, l>e cœtus c/iriati. (hessni. nrtn fathque et prioris... ppist. ad Thess., 1825; J.-A. Turretin, Comment, in epp. ad Thess., 1739; L. Pelt, Spp. P. ad Thm., 1830 ; A. Koch, Cammêntear ûber die BB, €» diê Thess., 1849; Holsmann, article l^kuahnieh9r dans le Bièêii Lexicon de Schenkel, 1875. A. Sabatibr.

THBSSALOffiQUE, @£97xXov:xYi(-xe'.a),auJou]!d'huiSaloiiichi, avaitéchangé son nom ancien de Thermé contre son nom moderne en l'honneur de la sœur d'Alexandre le Grand, épouse de Cassandre. Située entre un aniphithé;\tre de collines et la mer qui s'enfonce en golfe dans les terres, station prmcipale de la célèbre route militaire nommée Via Egnatiaua, chef-lieu d'un des quatre districts de la province romaine de la Macédoine et résidence d'un préteur, Thessalonique a été, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, la ville la plus commerçante, la plus riche et la plus populeuse de la Macédoine (Strabon, VII, T, 4; Tite-Live,XLV, 29, etc.). Dès le premier sièi l»- dp l'ère clirélienne, les Juifs y étaient déjà nombreux et y avaient une synap:oirue qui servait de centre religieux au judaïsme <le toute la région (Act. XVÏI, 1 ; comp. Philon, I.eg., 36). Leur propagande religieuse était active ; elle avait eu surtout un faraud succès auprès des femmes de la société païenne qui fréquentaient en grand nombre le culte du sabbat (Act. X'VII^ 4). Paul y arriva dans le courant de Tannée 51, pendant son second voyage missionnaire, peu après son entrée en Europe et après avoir été chassé de Philippes. Selon sa coutume, il prêcha trois sabbats de suite, dans la synagogue, que Jésus de Naxareih était le Christ» et gagna à r^vangUe beaucoup de Jui&

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