‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 4 sur 158 · TATIEN · texte numérisé non relu

TATIEN

vérités n''vt''h''cs, l'éloijneucfî quelque peu rudo avec laquelle il flétrit la corruption païenne, son brusque et obscur passage de l'orthodoxie à l'hérésie ^oostique. Lai>inéme, dans son Diieottrs aux Grecs, se dit natif de l'Assyrie. Clément d'Alexandrie et les Pères d'une époque plus récente avaient cru, en vertu d'une confusion géographique dont on a plusieurs exemples, pouvoir l'attribuer à la Syrie, mais les recherches des modernes, de Credncr ef do Daniel oîitro nntros. ont cnntiriné la première hypothcse. Comme la plupart de ses compatriotes, il chercha u s'approprier la culture gréco-romaine par de grands voyages et une étude persévérante de ses écrivains. La scienee de Tatien, duis la première période de sa vie, paraît avoir été celle d'un habile rhéteur, variée et étendue, mais superficielle et dirigée vers un but immédiatet lucratif. L'exercice de sa profession le conduisit à Rome où il finit par arriver, après de immlireusos péré.rrinations, tantôt enseif^nant aux autres ce que lui-niéinc avait appris la veille, tantôt s'efTorçant, auprès d*un maître célèbre, d'aci|uérir la safrepse. Après avoir inutilement cherché, soit dans le culte populaire, soit dans les mystères de l'Orient, soit dans les diverses écoles philosophiques, une doctrine qui apaisât ses doutes intellectuels et satisfit aux besoins les plus élevés de sa conscience, il la rencontra auprès des prédicateurs de l'Elvangile et développa dans son premier et plus célèbre ouvrage, le OIsrnurs ou.r Grers^ Av'o; -pl; "KW.Tjva;, les motifs de sa cruiversion. (ielte a])n]n'Me, qu'il écrivit vraiseuiMableiuent pendant son séjour à Rome, se (iistin|;ue de toutes celles (pii furent composées dans la même période par rirrécon< ilialile anlagonisujo qui y éclate à chaque page entre la prétendue sagesse paienne et l'Evangile. D'un côté, tout est lumière, et de l'autre, ténèbres; ici, la mythologie avec ses faldes absurdes dont les allégories subtiles n'atténuent que bien incomplètement la grossièreté, l'art entièrement voué an service des jouissances seusiielles, la philoso])li!e avec ses contradictions et son néant; là, le christianisme avec sa simplicité et son universalité, la pureté de vie et le courage vis-à-vis dv. la mort qu'il inspire à ses adeptes. Après sa conversion, Tatien profita de son séjour à Rome pour nouer d'étroites relations avac Justin martyr, et fut exposé comme lui aux attaques injurieuses du cynique Crescens; mais, quoique plusieurs des arguments employés dans son Discours aux Grecs ne soient que des réminiscences de VApolnr/ir à Antnniu fr P/'rux. n<»us repretlons de ne rencontrer chez lui aucun érho des pensées hiriies et i^'énéreuses de son maître sur le rôle propédeutique des poètes et des philosophes classiques, aucune mention de ce flambeau divin qui, selon les docteurs d'Alexandrie, n'aurait jamais cessé de luire dans les périodes les plus obscures de l'humanité. Nous renvoyons, pour une exposition détaillée des idées de Tatien , aux grandes histoires du dogme. Son Discours, malgré ses défectuosités, impressionna fortement ses contemporains et fut cité avec éloges par Athénapire, Clément, Tertnllien, quoique son auteur eût dévié depuis bu'sde l;i gaine doctrine, \iu ellet. Tatien. ai)rès la mort de Justin martyr, reprit le chemin de la Syrie et s'y aflllia à l'une des nombreuses sectes engendrées par l'imagination orientale. D'après les anciens hérésiographes : Irénée et Hippolyte, Clément et Origène, Epi-

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