‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 33 sur 158 · THIBET · texte numérisé non relu

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gkcrit Arya. ost le plus grand titro d'honneur ot indique leur haute dignité. Khubilgaii (transformé si^nilie ()ue c est le même individu qui revient à la vie par lu transmigration; c'est le mot que (ieorgi traduit reMtus. Aussi appelle-t-on quelquefois Khubilghauisme celte théorie de Il reoaissance des Bodbiaattvas. Les deux grands pootifes du Thibet, celui des Hoogols, ceux de Péking sont les plus éniinents KhuMlghai» ou Buddhas vivants ; mais il y en a bien d'autres. On estime à près de 1301e nombre des chefs de couvents qui sont Kubilghan. Le système de recrutement de ces dignitaires e?t spécial au lamaïsme. Quand l'un d'eux est mort, sa place reste nt^cessairement vacante jusqu'à ce qu'on ait appris qu'il est rené dans une famille ({uelconciue. Quelquefois le défunt^ avant de transmigrer, donne des indications sur sa renaissance. Quand on croit avoir découvert l'enfant dans le corps duquel le Khubilgau est revenu à la vie, on \nî bit subir un examen; on lui fait reconnaître les objets qui lui avaient appartenu; quelquefois on en dissimule quelquesonsqu'il réclame. On conçoit que bien des &milles ambitieuses de l'bonn.^ur de fournir un Kbubilgan dressent des enfants au rôle qu'on veut leur faire jouer; atissi, plus un Klmliil^rhan est important, plus le choix est sévère ou préparé avec soin. Kn particulier, pour le Dalay-lama et le Pan-tche-rin-po-tche dont l'inlluence est si grande, lautorité chinoisfr intervient. On réunit les enfants présentés, car il y a des concurrents ;

00 en met à part trois, parmi lesquels on choisit le dignitaire, et on itnvoie les deux autres en indemnisant les parents. H râulte de là que duKjoe pontificat commence par une minorité; un Kbubilghan est toujours pcatife dès le bas âge. Il y a aussi des couvents de femmes, mais peu nombreux ; le plus célèbre est établi dans un Ilot du iacPalte. L'abbesse est une Khuliilghan (juiva quelijuefois en grande pompe et suivie d'un nombreux cortège rendi e ses hommages au Dalay-bnua. Quebjuesuns la consitlèrent comme une divinité civaïte appelée Bliâvani. On la nouune Dorje-phag-mo, ce qui se traduit par « truie-diamant; » mais cette interprétation disgracieuse parait être le résultat d'une équivoque. Phag-mo signifie bien « truie » en thibétain ; mais il est aussi la tra* dœtion de Yogio!, nom de divinité du système tantrika. Or, eelon toute» les probabilités, l'abbesse du couvent du lac Palte est la « Yoginl-dia*> mant. » — IV. Culte. W faut distinguer entre les moines et les laïques. Suivant la ^^gle, les moines ne devraient guère faire autre chose qu'étudier et uiéditer, et ils va(}uenl bien jusiju'à un certain point h l'étude; mais ils ont nombre de cérémonies bruyautes, dans lesquelles ils fout un bruit étourdissant de cloches et de trompettes, des processions, des chants, soit dans Tintérieur des couvents, soit même au dehors. Les couvents dirigés par un> Kbubilghan sont naturellement le tbéétre de manifestations plus bruyantes que les autres. Ils ont aussi certains jours de fêtes: la fête de l'expulsion des mauvais esprits, le «mon^am, en mémoire de Tsong-kha-pa, célébrée à Llia-sa ; la féte en l'honneur de

1 ajip.'iritiim de ÇAkyaiuuni : la féte des lauipes, où l'on célèbre la mort •if Tsong-klia-pa. Le devoir strict des laïques se réduit ;i nourrir et honorer les monics et à observer les règles de la morale. Mais il y a pluneors manières d'honorer les moines. Sans parler des aumônes qu'on

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leur donno. les persoiiiiai^fs riches ollrenl ijucKiiiclois un thé à tel ou tel couvent; et comme les iiabilauts tic ces monastères se cumplent par milliers, c'est une libéralité qui revieot fort eher à celui qui la fait et que peu sont en état de se permettre. La plus remarquable forme que revêt cet hommage aux moines est la visite aux grands pontifes. Des mul- . titudes vioniiout 80 présenter devant le Dalay-lama ou tel autre grand dignitaire, qui les reçuit assis sur des coussins, se prosternent devant lui pour ôtre touchés de sa baguette, lui oflrir leurs présents, et rocevoir les siens qui sont ordinairement des « souvenirs " de lui. On sait que, parmi ces dons du Dalay-lama, on a cité certains globules d'une étrange cou position. Le lait a été contesté, et iluc prétend qu'on lui rit au nez à Lba-sa quand il en parla. Cependant Pallas affirme le fkit à propos du pontife mongol. On peut attendre des renseignements plus sûrs; mais la chose n'a rien d'invraisemblable. Çàkyamuni offrait souvent de ses dents, des rognures de ses ongles et de ses cheveux. Ce genre d'excrétions ne peut certainement suflire à contenter la masse des dévot s thibétains et mongols qui désirent remporter quehpie chose, de la personne de leurs vénérés pontifes, et il est naturel (ju'on recoure à d'autres ingrédients. Indépendannnent de ces relations entre le clergé et les laïques, les Thibélains, prêtres et laïques, ont certaines pratiques qu'il faut rappeler. Georgi parle de chants d'un caractère religieux que la population fait entendre le soir au coucher du soleil et que Hue prétend avoir entendus avec émotion. Sur les places, aux croisements des rues et des routes, il y a de petits édicules, chapelles ou autels dédiés au Buddha, et en i»ieji des lieux, surtout près des couvents, des monuments de iurine ' pyramidale qui contiennent ou sont censés contenir des reliques de saints. L'usage est d'entretenir ces divers monuments, d'y faire des offrandes de tleurs et de parfums. La plupart des Thibélains oui des cylindres mobiles autour d'un axe qu'ils font tourner avec la main ou qu'ils disposent au-dessus d'un courant d'eau qui les met en mouvement. Cette pratique a une haute importance pour eux à cause du nom de «rotation de la roue de la loi » donné à renseignement primitif et fondamental du bouddhisme. On d«>nne môme à ces *. moulins à prières, «comme OU les a appelés, le nom de tchos-Akhor, « roue de la loi «. On y inscrit d'ordinaire une lormule, (ju'ils gravent aussi sur des pierres ou tracent sur des étendards dressés en divers lieu.v, la lormule : Om! mani padmc hum! Non contents de l'écrire partout, ils la répètent sans cesse, attachant à cette formule et à la répétition qu'ils en font des avantages exceptionnels. La formule Om! mani padme hvm! apportée au Thibet par Ava> lokiteçvara, est composée de ipiatre niuts sanskrits qui signifient : «01 le joyau dans le lotus! Amen! » Mais le sens profond en est si mystérieux qu'on « n donne plu>ieurs iiiter[in'iations fort diverses. Les uns la Jécompnsent eu six syllabes rejiréseiitaut les six perlectitins dites Pàramitû ; d'autres y voient les six conditions par les(|uelles passent les êtres animés (homme, dieu, ennemi des dieux, animal, revenant des cimetières, démon infernal) ; d'autres s'attachent surtout à la syllabe initiale Om, formée des trois lettres a 4- n -f h, et qui, susceptible de désigner dans le brahmanisme diverses triades, peut désigner dans le bouddhisme

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le " triple rpfnpp » (le Buddha, sa loi, sa confrério). On on donne aussi uue HJterprélation obscôneque nous ne dévolopporons pus. Comprise ou non, cette formule a pour les Thibétains une vertu extraordinaire; ils y attachent d'antant plus d'importance qu'on est moins fixé sur son sent Térilable. — Y. Religion de Ban, Bon est le nom de la religion primitive antérieure à rintroduction du bouddliisme. On ne sait pas bien en quoi elle consistait dans les temps anciens; mais c'était, à n'en pas douter, le culte des bons et des mauvais génies ([ui sont censés résider dans les arbre?, dans les rochers, (jui envoient les niahidies, les fléaux et la mort, qu'on peut fléchir ou {gagner par certaines cérémonies, comme on peut les irriter et aggraver leur funeste influence par des actions imprudentes et dangereuses. Le culte de Bon, tel qu'il existe aujourd'hui, n'est pas même très eonnu ; il diffère évidemment de ce qu'il était autrefois ; il a nï l'influence dn bouddhisme, qui, de son côté, lui a fait des emprunts. M. Hodgson a recueilli les figures de quelques divinités de la religion <ieBon ; elles ont, en général, un aspect terrifiant, des tètes d'animaux ou des té»es humaines nniUiples et horriblement primacantei, un grand nombre de bras. Il y a des divinités mAles et des divinitt'S femelles. Il y en a de calmes rciuésmtant de bons génies, et qui sont, comnje on devait s'y attendre, dans l'attitude du Buddha. Le culte de Bon se compose principalement de conjurations et d^ezoïoismes, de cérémonies destinées à chasser les mauvais génies, à attirer les bons ou du moins à liisfidre agir. Mais nombre de cérémonies lamaîques n'ont pas d'autre bot que celui-là. La différence entre les deux cultes rivaux, qui doivent avoir bien des analogies, c'est que les bouddhistes invoquent le Buddha et comptent sur ses enseignements, ses institiitions, son secours pour reiiilre leurs rérémonios etïiciices, tandis que les autres croient pouvoir se passer de lui ou même le cqnsidèrent comme un adversaire et sont disposés à le classer parmi les mauvais génies. — Bibliographie : Voyages foUt au Thibet en 1625 et 1626 par le P, d^Andrada, traduits par Parlaiid et Billecocq, Paris, an IV, in-18; Georgi, Alphabetum lihetanum, Roma, 1762, 2 parties, 820 pages; S. Tumer, Ambassade au Thibet et nu Bnulnn, en anglais, traduit en français par Castera, Paris. 1800, i*v.)l. in-Ho; Cl. Markham. Mission nf Gnorye liixjif ti> T/iif/et, Jmirncy "f T/tomns Ma/i/iiiif/ tn IJtqssa (177:2 et 181 i), publicatinn de leurs papiers, London, 1876, 1 vol. in-8'^ P. -S. Pallas, Vayu/es dans les diverses yarties de l'empire russe , 177i-76, traduit en français par G.de LaPeytonie, et surtout Samtnlungen Aùtoricher Nachrkhten ûber die Mango- Mim VeUkenehaften;Ben}, Bergmann, NomadiseheStreifereien unler iîn Kalmukcn, Higa, iSOi, traduction d'une portion de cet ouvrage parMoris, 1 vol. in-8«», Châtiilon- sur-Seine, 18:2:); B.-H. Ilodgson. résident anglais au Népal ; Essai/f^, artii les divers publiés i)ar divers recueils V^rioliques de l'Inde anglaise entre 1820 et 18;{:), réimprimés par Truî'Oer.LonJon, 187i-1880; Gsonia de Kœrœs, .1 grammar of ihe Tibetan language, Calcutta, I83i; Analyse du Kandjour^ en deux articles; Me- ^onabofthe life ofÇâkyamuni, Abstract of the matters oftheBsian- %Nr, dans le tome XX des Atiatie Hesearehee, Calcutta, 1836; traduction française de VAnalyee du Kandjaur de CSsoma, augmentée de noteSi

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de voMhuliiires ot (rindex, par Léon Feer, tonio II îles Annalrs du mnsi'p GiiiiTiet, Lyon. 1881; J.-J. Schniidt, /At Ji'cisr \tnd der Thor, W\W ft traduction, bamt-Péterebourg, in-4*', 1843; WxK^y Souvenirs d'un voyaye dam la Tartarie et au Thibet pendant le» années 1844, 1845 et 1816, Paris, 2 vol. in-lS ; l'abbé Krick, Voyage au Thibet en 1853, Paris, 1854, m-12; G.-F. Kœppen, Die Lamaisehe Hierarehie und Kirchey Beriio, 1839, in-S" ; P.-E. Foiicaux, Le développement des jeux : histoire du Bouddha Çâkya-Mouni . Paris, 10-4", 1860; Wassilief, Le bouddhisme, ses dogmes et sa litléfaiure: nn' générale, en russe: traduction olleniaudé, 1 vol. in-S", Saint-Pt-lershourg ; traduction française par La- ■comme, Paris, 1863, 1 vol. in-8"; Emile Schlagintwcit, iiuddhisni in Tibety 1865, avec atlas de 20 planches, réimprimé dans les Annotée do muléa ChtimettliyoD, 1881 ; Anton Scbiefher, Ehne TibelieeheLebensbe- -ichreibung Çakjamum'e, 1849 ; Dot Sétra der twei und irienig Sœtze, 1831, et autres mémoires ou fragments traduits, publiés dans les Mémoiree de PAcadémie des sciettces de Saint-Pétersbourg.

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