‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 38 sur 158 · TITE — TITUS · texte numérisé non relu

TITE — TITUS

]ai-méme un ou\Tage contre les manichéens. L'ongoiioment de Tile pour OrigoiiP, dont il était In disciple, explique le crédit dont il jouissait parmi 1rs subordination? fit les monojthysites. — Voyez Tillemont, Mémoires, VII, 38i ss. ; Coiilirr, Ilist. des nut. sncr. r*/ ecc/t's.,VI, 43 ss.; Neander, Kircheu<iesch., II, 1:23 ss. ; Baur, Das inanich. /{eligions^ System, p. 9, et l'article de 11. Schmidt, dans la JUal'EncykL de Herzog, XYI, 177 ss.

TITIEN (Tisiano Vecellio, dit le), célèbre peintre vénitien, né en 1477, à Piere di Cadore, dans le Frioul, mort en 1576, fut élève de Séb. Zuccato, de Gentil Bellini, de Giorgione, mais s'éleva bientôt aunlessus ^ de ses maîtres, et reçut du st'nat de Venise le titre de premier peintre de la llépubiiijue. Il résista aux ellorts de Léon X pour le lixer à Rome et à ceux de François P"" pour l'attin r en France; il voua ses talents à Charles-Quint, qui déjà l'avait comblé de dons et de faveurs : de 1540 à 1556, il exécuta pour ce prince une foule de tableaux magnifiques. Il en fit beaucoup encore pour Philippe II, bien qu'il fût Agé de près de quatrevingts ans lors de Tavènement de ce prince. Il mourut de la peste à Ven i ^e à quatre-vingt-dix-neuf ans. Le Titien est, sans contredit le premier des coloristes; les tableaux qu*il composa attestent une fraîcheur dimaj^inalion incomparable. Us respirent ecde élévation et e^ttc pléniliide de vie, celte purebeautr-, qui ne peut étrequt li- résultat d une enueeplion grandiose de la réalité. L'aisance t t riiarnionie des formes ne sont surpassées que par l'éclat merveilleux de la lumière dorée qui les enveloppe et les pénètre. L émotion contenue est, si Ton peut dire ainsi, le trait caractéristique des peintures religieuses du Titien. Ses madones se distinguent par leur pnke majestueuse reproduisant la beauté fénnnine dans la plénitude des formes que lui donne la maternité. La fécondité et la variété des œuvres (lu Titien ne sont pas moins étonnantes que son génie; le seul cabinet des estampes du Louvre possède 850 t,'ravun's laites d'après le Titien. Nous citenms parmi ses chefs d'univre : la /{cIu/Ùih et la Sniahi TrimU recevant la famille impériale au ciel (pour Charles-Quint) ; les Fèkrms d*£mmaûs, le Christ mt roseau; saint Jér&me au désert ; la Vierge, dite à Venfant et la Vierge au Lapin qui sont au Louvre ; les fresques des Trois miracles de saint Antoine dans la Scuolgi de! Santo et celles de saint Joacliim et sainfo Anne, dans la Scuola del Carminé de Venise, la Mise au tombeau du Christ, dans le palais Manfriri ; IMssow;yy/<>;;/, dans l'académie de Venise, l'une de ses oîuvres les plus pures et les plus acbcvéps ; /e Marti/vc de saint Pierre dans l'église S. Giovani e Paolo, la plus tragi<jue et la plus mouvementée de ses CiUiceptions religieuses; le Martyre de saint Laurent dans l'église des Jésuites; ta Madone dans S. Maria de Frari, enfin VAnnonciation dans S. Salvatore, et la Descente de la crotx^ dans Tacadémie, son dernier tableau. La galerie de Dresde possède le Chràl au denier, Tune des premières oeuvres du Titien, ainsi qu'une Madone entourée de saints, qui se distingue par son exquise suavité.

TITUS î^Titus Flavius Vespasianus), (ils et successeur de l'empereur Vespasien, monta sur le trône Tan TU. \'espasi( n. ayant été reconnu empereur l an GU, chargea Titus de la guerre des Juifs, qu'il avait eu-

TITUS — TOBIT

trc|ii i>t3 par ordre de Néron. Titus fit le siège de Jérusalem et y entra le 8 septembre de l'an 70. Ayant laissé dans la ville conquise la dixième légioo, il visita diverses villes de Syrie, séjourna quelque temps à Béryte. et se rendit à Àotioche au commenccniont de Tan 71. De lii, il allaàZeugina sur l'Euphratp, revint à Antioclio, repassa à Jérusalem pour se rendre en Etrypte, et revint d'Alexandrie à Home où il triompha des Juifs avec son père Vespasien. Parmi les dépouilles on remarqua la table d'or et le chandelier d'or à sept branches, avec le rouleau de la loi des juifs. — Voyez Josèphe, De belto jud,, 3. 5 ; 7, 1, 6, 8, 13, 14, 15,

TOBIT (Livre de), un des livres deutéro-canoniques de la Bible juive dont la dévotion populaire s'est le plus volontiers nourrie. M. Heuss

l'appelle, d'une expression très heureuse, un conte jnoral, et dit de celte int<?rfs?ante production qu' « elle respire d'un bout à l'autre, et presque dans chaque ligne, la saine et touchante piété du vrai judaïsme des derniers siècles avant l'ère chrétienne et atteste ses regrets, sa résignation et ses espérances nationales, sans qu'elle porte déjà l'empreinte de les haines et de son besoin de vengeance. » On pouvait également appeler le livre de Tobit une nouvelle ou un roman moral et religieux. L'écrivain nous fait, en effet, assister à un drame de famille, sans cbe:^ cher à rehausser l'intérêt de son sujet par la haute situation de ses héros. — I n honnête israélite. Tobit, déporté à Ninive, lors de la ruine du royaume des dix tribus et (jui avait attoint l aisance la plus honoriM»'. est irravement frappé, au milieu de l'exercice des plus hautes vertus, par la perte de la vue et différents malheurs. Il envoie donc son fils, Tobie, réclamer au loin à un banquier un dépôt d'argent qui le tima d*embarras. Le jeune homme part, accompagné d'un homme du nom d'Asarias, qui s*est offert pour lui servir de guide et d*appui et qui n'est autre que Tauge Raphaël. A Ecbataae, Tobie reçoit l'hospitalité dans une famille juive alliéo ; il y épouse sa cousine Sara, qu'il délivre de; obsessions d'un démon jaloux par une recette «juelui a fournie son compa-jinon. Azarias s'en va diercher plus loin oncore le dépôt réclamé, et reprend avec Tobie, chargé d uuo riche dot, le chemin de Ninive; ils 7 ramènent ainsi la joie et Tabondance. Le vieux Tobit recouvre, à son tour, ht vue par une nouvelle recette due au faux Asarias, lequel finit par décliner ses hautes qualités. C'est, en un mot, Thistoire d'une &mille de justes tombée dans le malheur et qui doit sa délivrance à Tintervention divine se manifestant dans une série d'événements favora- M' S. avec cette circonstance pittoresque (jue cette assistance d'en haut i'- produit sous la l'orme concrète d'un personnage céleste, déguisant jusqu'au bout sa puissance et la source des bienfaits qu'il répand. Au point de wxe. tbéologique on doit signaler dans le livre de Tobit le déve* îoppement des croyances populaires relatives aux anges et la description de la Jérusalem de l'avenir, où les espérances des anciens prophètes se présentent sous la forme d'une attente positive et comme une partie intégrante de la foi religieuse nationale. — Le renom de Tobit est d'origine hébraujuc et a dû être écrit primitivement dans un dialeclt^ sémiù^ue. On n'y signale pas l'iniluence des idées grecques, plutùt celle de

la Babylonie. A défaut de la teneur générale du livre, sa date est suffisamment indiquée par la manière dont il cite le livre de Jonas à litre d'autorité' scripturaire. Cela nous reporte au second on an premier siècle avant 1 ère chrétieiuie ; M. Uonss propose pnniiier sird*^ dos Ptoléluécs, c'est-à-dire le troisii-nie avant notre i-re. — Le texte est loin d'être établi. Nous eu possédons deux recensions grecques, les fragmenta d'une troisième, un texte syriaque, deux textes hébreux beaucoup plus récents» un vieux texte latin, sans compter la traduction de Jérôme dans la Yulgate. « Toutes ces éditions, dit M. Reuss, sans changer le fond et l'ordonnance générale de riiistoire. la modifient pourtantdâns beaucoup de détails {Ancien Testament, 17, p. 580-008).

TCELLNER (Jean-(loltlieb), célèbre théologien, né à Gharlottenbonrg en 172i, mort en 1774, aclu'va ses études à l'université «If ll.iUe, remplit ilans plusieurs maisons les fonctions de précepteur; puis il lut nommé aumônier à la suite du régiment du feld-maréchaU comte de Schwerin, et, en 1760, professeur de théologie et de philosophie à Tuniversité de FrancforUur rOder. U déploya un grand xèle dans rezereiee de ses fonctions et s'attira Taffection des étudiants par la sollicitude qu'il leur témoigna, ainsi que par la noblesse et la droiture de son caractère. Parmi ses nombreu.x ouvrages, nous signalerons : i" Itecueil de quelijue^ sermons à /'usa;/e des lecteurs scrien.r, Francf., 1735; 2** Pensées sur la vraie méthode d'enseigner la théoloifie dot/matique^ 1759; 3** Plan de la théologie dogmatique, 1700; 4 * Plan d'une hcrméneutique^ Leipz., 1765 ; 5** Examende Vintpiration divine des eaintee Fcrituret, Leipz., 1772 ; VOhHseanee active du Christ, 1773. Tous ces ouvrages pèchent par la sécheresse et la prolixité. La tendance de Tœllner est celle d'un rationalisme modéré (voy. son écrit : Dimonstra' lion de cette vérité que Dieu conduit iet lummeê à la félicité déjà par la révélation dans la nature, 1700).

TOFAIL. Voyez AraOes (Philosophie religieuse des).

TOLÂND (John), philosophe anglais, naquit, le 30 novembre 1070, de parents eatholiques, à Redcastle, près de Londonderry, en Irlande. Il fit ses études à Glasgow, puis à Edimbourg où il embrassa le presbytéranisme. Cette conversion lui valut Tappui de riches protecteurs qui l'envoyèrent à Leyde pour qu'il se perfectionnât dans son éducation littéraire. A cette époque il était rigide non-conformiste. En 1692, ayant obtenu l'entrée de la Lildiolhécjue bo<lléienne à Oxford, il y recueillit les matériaux de divers onvra|?es, et ce fut là qu'il commença son fameu.x Christianisme sans mgstères qui vit le jour à Londres, en lOUG. Toland y combat vigoureusement le surnaturel et les miracles. Le clergé souleva contre lui l'opinion publique et l'obligea à chercher, pendant quelque temps, un refuge à Dublin. L'orage était à peine calmé que Toland en excita un autre par sa Vie de Aftlton, publiée en 1098, et par la défense de cette vie, donnée l'année suivante, sous le titre (VA)in/ntor. Il y attaquait l'authenticité des livres du Nouveau Testament. Dans ses U-ttres /j/iilosup/iiques à Sorena, nom sous le(juel il désignait la reine de Prusse <jui l'avait reçu à licrlin, il rompt ouvertement avec le christianisme et fait profession de panthéisme. — La vie

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