‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 39 sur 158 · TOLAND — TONSURE · texte numérisé non relu

TOLAND — TONSURE

de Tûlainl fut une lutte corps à corps avec la misère. Atteint d'inBriiiités précoces, il se retira daiis un village voisin de Londres, à Putney, cbex im diarpeàtier où la générosité de lord Wolesworth adoucit quelque peu l'amertume de ses dernières années. H mourut le II mai 1722, à Tàge de cinquante-trois ans, emporté par un violent rhumatisme. Ses derniers moments furent empreints d'une grande résignation philosophique. Comme on lui demandait s'il avait besoin de quelque chose, il r»^pondit : « Je n'ai besoin que de la mort ; » puis, au nionieat d'expirer, il prit congé des assistants, en disant : « Je vais mourir. »

TOLET (Francisco de Toledo), cardinal, né à Gordoue en 1532, mort i Rome en 1596, ûls de parents pauvres, fit ses études à Tuniversité de Sdamanque ; Dominique Soto le regardait comme un prodige. A TAge de qninie ans, il fut nommé à une chaire de philosophie, et bientôt apièsil passait pour un des théologiens les plus savants de l'Espagne. Eq 1558, il entra chez les jésuites et fut envoyé à Rome, où il enseigna avec beaucoup de succès la philosophie et la théologie. Pie V le nomma son prédicateur ordinaire; et dans cet emploi, qu'il remplit avec éclat snus quatre papes, il lutta d'éloquence avec les plus célèbres orateurs. Il lui chargé aussi des fonctions de conseiller à la pénitencerie et au tribunal de Tinquisition. Clément VIII lui donna, en 1593, le chapeau de cardinal : il est le premier jésuite auquel cette distinction fut accordée. .Chargé de plusieurs missions diplomatiques en Pologne, en Autriche et en France, il s'acquitta de ces fonctions d'ambassadeur avec le plus grand tact. A Rome, sa haute compétence dans toutes les questions de morale et de discipline, ainsi que ses connaissances philologiques et exégtHiques, était vivement appréciée. Il collabora à la nouvelle édition de la Vulyale, publiée par ordre des papes Sixte Y et Clément VI 11. On a de lui: 1" Comment, in Johannîs Èvangelium, Rome, 1588; 6" éd.. Col., 1639; 2" In Xll CapUa Mvang, secund. Lucarne Venise, 1601; ¥ éd.. Col., 1618; df* In Fpùtobm B. PatUi ad Rcmanat^ Rome, 1602; 8* éd., llay.> 1603; 4® Summa casuum conscientùe, Kàme, 1608; Lyon, 1630; cet ouvrage, qui porte aussi le titre Inêtructio taeerdoium desepfm percatis mortalibus, a été traduit en français et en espagnol, et prôné par lies honunes tels qup François de Sales et liossuet, Tolet a, rie ]>lus, publié un certain nombre d'ouvrages sur Aristote, qui ont été réunis sous le titre : Fr. Toleti omnia^ quie édita sunt^ opéra, Liigd., 1592. La Inbliothèque du Collegium romanum conserve des commentaires de Tolet /ntimoersom Stimnum theoiogim D, Thomm.'^yojet Bibl. HispM., de Nicol. Antonio, Rom., 1678, p. 369 ss. ; BibL Scriptor, Sœ. Jet., de Phil. Alegambe, Anv., 1643, p. 138 ss. ; Glaire, ItUrod, hùt, et m/., IV, 150; V, 38.

TONSURE, cérémonie par laquelle l'évêque, en coupant à celui qui Ul reçoit une partie de ses cheveux en forme de couronne, avec quelques prières, le fait entrer dans l'état ecclésiastique et le rend capable des bénéfices, des ordres et des autres privilèges des clercs. L'usage de la tonsure remonte au septième ou au huitième siècle ; la légende prétend que saint Pierre Tavait établie en mémoire delà couronne d'épines portée par Notre-Seigneur; elle affirme que les apôtres Pierre» Jacques et

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TONSURE — TORQUBMADA

Paul (Actes XXÎ, 2i-2fi; 1 Cor. XI, 14- 151 l'ont portée. Elle a pour mission de rappeler au tonsuré qu'il doit être détaché du monde et se dépouiller de toute superfluité. Selon la doctrine du concile de Trente (sess. XXIII^ c. 2 et 3, Ik refarm,)^ on ne peut conférer licitement ]eB ordres & un sujet qui n*eBt pas tonsuré. Le même concUe décréta qu'on ne recevrait point à k tonsure ceux qui n'auraient pas reçu le sacrement de confirmation et qui n'auraient pas été instraits des premiers principes de la foi, ni ceux qui ne sauraient pas lire ou écrire, et de qui on n'aurait pas une conjecture probable qu'ils aient choisi ce genre de vie pour rendre à Dieu un service lidMe. Celui qui a reçu la tonsure doit la porter toujours; d'après les prescriptions ecclésiastiques, elle doit être renouvelée tous les mois. Malj^ré les conditions que nous venons d'énuniérer, la tonsure peut déjà être courérée à l'âge de sept ans révolus. On distinguait trois espèces de tonsures : la romaine {eorom Pétri) ^ qui ne laisse subsister qu'un mince cercle de cheveuZj l'écossaise ou bretonne (tofMtira Jacobi ou Simonis Mngi)^ qui ne s'applique qu'à la partie de la téte avoisinant le front, la grecque {tonsura Pauli), qui coupe les cheveux jusqu'au milieu de la téte. Plus haute, est la dignité ecclésiastique et plus s'amincit le cercle de cheveu.x sur la téte, — Voyez Thomassin, Vcfi/s >'t nnvn rrcl. flisnpl., I, 2, c. 34, p. 330 SS.; C. 37, p. 340 6S. ; Moi iii, De ordination' y 111, ex. i5, c. 3.

TORQUEMAÛA ^Thomas de), fila de Pierre-Ferdinand et neveu du cardinal Jean de Torqueraada (Juan de Torrecremata). naquit en i 4^0 à Yalladolid Confesseur et conseiller intime des Rois Catholiques, il refusa le siège de Séville et tous les honneurs que les princes étaient disposés à lui accorder et consacra sa vie tout entière à l'organisation du tribunal de l'inquisition en Espagne. C'est lui qui, d'après la tradition, réussit à triompher des scrupules d'Isabelle et qui imprima à la juridiction ecclésiastique le cachet de son individualité sombre et rigide. Le saint-office fut créé par le pape Sixte IV (le l*^' novembre ! i78). à la demande de Ferdinand et d"Isaî)elle, pour vaincre les résistances natiimales des Juifs et des Maures, pour s'assurer de l.i sincérité des convertis et donner au royauuie l'unité de la foi. Dirigé par le provincial 'et le vicaire des dominicains, Miguel Morillo et Juan de San Martin, il étendit sa juridiction premièrement sur Séville. Les plaintes provoquées par le zèle trop ardent des juges et leurs procédés arbitraires, ainsi que le désir de sauvegarder la suprématie papale menacée parla prépondérance royale, amenèrent l'intervention de Sixte W qui, dans ses bulles du 29 janvier 1 i82, du 23 février et du â août 1483, blâma la rigueur des jugements et régla les [difTérends survenus dans l'administration en accordant à Tarchevéïjue de Séville. Dt»n Inigo Manrique, le droit de juger en dernier ressort, réservé primitivement à la cour de Rome. Bientôt après, il consentit à réunir tous les pouvoirs dans les mains d'un grand inquisiteur chargé do la direction suprême du tribunal, de la nomination des juges délégués et de l'examen des appels. Torquemada qui, à partir du il février 1482, était adjoint au tribunal de Séville, fut nommé à ce poste, et le 17 octobre 1483 un nouveau bref soumit le royaume d'Aragon à ^L juridiction. La passion fanatique, la rigueur impitoyable

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et réncrjrie pleine d'exaltation qiip le moine dominicain déploya dans rexorcice de ses fonctions sont coniui^. Kn vertu des droits conférés il créa à Séville, Cordoue, Jaen et Villareal (Giudadreal) quatre tribunaux subalternes, dont le dernier fut transféré plus tard à Tolèdo. Avec le eonsentemeot des deux pouvoirs, il institua un conseil suprême {consrjo <i9Mie»io),eliargé de surveiller les tribunaux du royaume et de contrôler leurs jugements. Nommés par le roi sur la proposition du grand inquiliteur, les conseillers avaient voix délibérative dans les questions juridiques et voix consultative dans les matières théologiques. Les lois et

^^^-lements de l'inquisition espap:nrde sont l'œuvre de Torquemada. Efl 1 Wi, en l iHo, en 1 188 et en 1VJ8, il convoqua des juntes ouasseml>ié.'s srénéniles pour arrêter les dispositions et les instructions nécessaires aux juges et à leurs assistants. L'ensemble de ces prescriptions jointes à celles des grands inquisiteurs postérieurs, forme un cnde de lois complet^ qui parut à Madrid en 1570, in-fol., avec le titre suivant : CnfUaewn de las ùutrudmeB del ofjiciù de la$anla inquùicion, hcchas par el muyi reverendo ienar Fray Thonuu de Torquemada y por hs "f'-os reverendissimos sehores M^quitidores générales que despues succcdienm eerea de la orden que se ha de tener en el exereieio del santo of/ino. Il se compose des éléments suivants : XX VIII capitula seti statuia in roiifjregatione sienerali Iiîsfjali, annoiAHï,die 20 novanb.] Alia ibidem anno 1185; A lin XV slaluta Pincise , anno 1488, die 27 ocfob.' Alia XVI Abulif, anno 1 i08 (23 mai), etc. Les statuts do Valladolid et d'Avila ont été résumés parLlorente [IHst. crit. de riw/uisition d'/'spagne, I, p. 220 ss.). Le recueil complet a été traduit en allemand par J. D. Reuss {Sammhmg der Insiruciionen des spanischen Inf/ulsidons- ^ifteAtef, Hanovre^ 1788).— L'étude attentive de l'organisation du saintoffice pBouve que si ce tribunal a servi la politique royale, il n'a pas cessé pour cette raison de conserver son caractère ecclésiastique, et qu'il ne dépendait pas davantage de la couronne que l'Eglise espagnole de cette épO([ue tout entière. Dans l'administration, Torquemada se montra activemeut préoccupé d'étendre la juridiction de l'inquisition et de sauvoijarder son autonomie. En 1492, il dissuada Ferdinand d'accepter les sommes que les Juifs, menacés dans leur existence en Espa-'-ne lui ©fiaient pour acheter le libre exercice de leurs droits politi(jues. Leur expulsion est en grande partie son œuvre. Les procès intentés par lui contre deux évèques espagnols, issus de parents juifs convertis, furent jugés dans le consistoire secret à Rome. D. Jean Arias Davila, évéque éo Ségovie, fut acquitté, mais l'évéque de Galahorra, D. Pierre de Aranda, perdit la dignité épiscopale et fut enfermé dans le château de Saint-Antre en 1198 (LIorente, /. c, I, p. 2C4). — Unsi i^nind pouvoir, exercé avec aussi peu de inéna^ienient, ne manqua pas de] soulever des haines aussi innombrables •ju'iinplaeables. Les Rois Gatlioliques se virent obligés d'accorder au grand iinjuisiteur une escorte de cinquante familiws à cheval et de cent archers à pied. A trois reprises ^ous Vlexan- ^ Yl, fl fut forcé d'envoyer à Rome Alphonse Badaja pour justifier SI procédure devant le pape. Nonobstant, Alexandre lui donna, m 1494, quatre ooadjuteurs avec la commission expresse de restreindre son xn 12

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