‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 5 sur 158 · TATIEN — TAULER · texte numérisé non relu

TATIEN — TAULER

phaiiect Thcodoivt, il se serait t inttM laiss»'* séduire par li'S tli/'orios de Valentin sur les éons, tantôt aurait établi entre le Dieu supérieur ot le démiurge uDe ligne de démarcation infranehUsable, tantôt aurait rejeté Pautorité de TAncien Testament, tantôt enfin proscrit en termes absolus le mariage et imposé à ses disciples, avec Tinterdiction du vin, des jeûnes multiplps et une ascè>o rigoureuse. Autant qu'on peut raffirmer avec une entirn- certitude dans un domaine enrore si controversé, Tatien lit partie de la secte di'S encratites. i|iu>i(ju'il n'en ait point été le fondateur. Il n'est pas vraisemblable «ju il ait professé les idées de Valentin, et il conviendrait plutôt de le rapprocher de Saturnin, si on veut Tassocier à quel^ hérésiarque célèbre. Des nombreux ouvrages ^*il composa pendant sa période hétérodoxe, nous ne possédons guère que les noms : /?^s ani'man.r, 1p Li'rre des problèmes, la Perfection suivant h Sauveur. L«» plus connu do tous, le Diafessaron , aurait été une harmoni»-' des <iua(re évanj^iles dniit Eusrbo parii' sans TaYdir vue de ses propres yeux et sur laquelle Tliéodoret nous donne les indications suivantes : Tatien composa Tévangile dit Diaiessaran afin de faire disparaître du texte canonique les généalogies et les autres passages qui font descendre le Seigneur de la race de David selon la chair. Ce livre ne fut pas seulement employé par ses adhérents, mais par d'honnêtes chrétiens orthodoxes (pii. ne soupçonnant point le piège, songèrent à s'en servir comme d'un court et sultstantiel abrégé de 1 histoire évangélique. Lui (Théodoret), en avait trouvé dans son diocèse plus de 700 exemplaires, les avait recueillis, fait disparaître et remplacés par les textescanoniques. D après l'évéque jaeobite Bar Salibi Rpbrem aurait rédigé un commentaire sur le Diatetsaron. Nous ne savons si les évangiles employés par Tatien étaient nos quatre évangiles canoniques, puisqu'il est douteux qu<' Justin son niaitro lésait connus, mais la doctrine du logos pst plus dévcjtippée clipz lui (jue chez aucundes apologistes antérieurs. rt son travail commence parla citation du premier verset de saint Jean : Jn principio «rat VerbuM. Nous ne savons l'époque précise de la mort de Tatien, mais elle précéda la composition du grand ouvrage d'Irénée sur les hérésies ; 175 . — Sources : Oratioad G^ra'cri.çdans le Corpus apolotjrtlcuwi d'Olto.VI, léna. 185! ; Daniel, Tatien l'Apoloi^ète, Halle, 1837; Duncker, Apologet€wia secundi sœcuii de essentiaiibus naiurœ humnnx partibus jj/'irita. E. Stroehlin.

TAULER (Jean), né à Strasbourg vers la lin du treizième siècle, entra de bonne heure dans l'ordre des* dominicains. Il étudia la théologie au couvent de SaintpJacques à Paris, mais prit peu de goût aux discussions scolasUques de son temps. Les auteurs mystiques des siècles passés, saint Bernard, Hugues et Richard de Saint-Victor. Pseudo-Denis et les néojd.'itonicit'ns. et à côté d'eux saint Augustin et Thoinas d'A'}uin, attirèrent tout particulièrement son attention. 11 subit égdlement l'influence de maître Eckharl, qu'il a. sans doute connu personnellement. Los rcnttignements certains sur sa vie sont rares. En 1338, il se trouve en visite auprès de son amie spirituelle, Marguerite Ebner, dominicaine à Medingen, près de Donauwœrth; de là il se rend à Bàle, où le prêtre Henri de Nœrdlingen, chassé de sa patrie parce qu'il avait refusé d'y

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