‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 43 sur 158 · TOURS · texte numérisé non relu

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par Grégoire de Tours, que nous ne pourrions pas désirer en savoir davantage ; le chapitre 31 du livre X de Vj/isloln' crclé^iaslnjue (k France contient véritablement le Liber Ponti/icalis de 1 Eglise de Tours. Après Gatîeii vient saint lidoire (LUorius), qui éleva à Tours la première église. Après lui vient saint Martin (316-397; voyez ce nom et i'arliele Marmouiier), cet évéque dont Finfluence fut immense, qui fut haï et persécuté par le clergé de son temps, contre lequel il était une protestation constante (voyez particulièrement à cet égard l'élude de M. P. Albert). M. Lecoy do la Marche a consacré récemment à saint Martin un livre admirable par sa décoration et qui, <juoi «jndn pense de la critique de son auteur, est d'un grand intérêt pour l'étude du culte de saint Martin saint Martinf Tours, 1881 ; voyez Mouod, Itcvue kittùrique, mars 1881, p. 425, et la réponse de M. L. delà Marche, accompagnée des justes observations du critique, numéro de mai, p. 177). Saint Brice (Briccius) lui succède; c'est lui qui avait élevé la premi^ basilique de Saint-Martin; il est honoré le 13 novembre. Perputues, qui éleva un nouveau temple à saint Martin, laissa tout un ordre de services dont Grégoire de Tours nous a conservé le texte. Saint Grégoire lui-même lut le dix-neuvième évéque de Tours (573-505). Nous n'avons pas à parler ici du grand historien de notre pays ; nous ne pouvons que renvoyer è l'article Grégoire de Toursj au beau livre de M. G. Monod, paru en 1872, et, pour le commentaire de ses œuvres, au livre qui est notre manuel quotidien, la Géographie de la GfauU au nxième siècle^ de M. A. Longnon (Paris, 1878, grand in-8<*). M. Longnon a étudié avec amour la topographie tourangelle au temps de Grégoire de Tours; il nous montre, de ce temps, une quinzaine d'églises dans la ville épi^copale, la cathédrale dédiée à saint (îatien depuis le quatorzième sirde, autrefois consacrée à saint Maurice, l'église de Saint- Gervaià et baint-Protais, le baptistère «le Saiut-Jean-Baptiste, l'église du même nom, le monastère de Saint4ulien, la lyisilique de Saint- Lidoire, celle de Notre-Dame ou Saint-Martin de la Basoche, de Sainte- Marie et Saint-Jean-Baptiste (Notre-Dame de l'Ecrignole), la grande et illustre basilique de Saint-Martin (voyez l'article Saint-Martin), la cellule dédiée au môme saint, le monastère de Sainte- .Monégonde, etc., Le diocèse était, au sixième siècle, peuplé d'églises dont M. M. Longnon donne la situation, les noms et la plus ancienne histoire. Les nombreuses inscriptions qui les décoraient ou qui s'y trouvent encore sont étudiées dans lu tome II des Inscriptions chrétiennes de la Gaule, de M. Le Blant; on devra ajouter à leur étude Tezamen de l'édition récente de saint Fortunat par M. Léo (1881). Les conciles tenus i Tours sont étudiés dans le livre de M. de Héfelé. On pourra voir à Tarticle Ihl quelques mots des querelles du neuvième siècle, relatives aux essais d'indépendance de la Bretagne. Tours, chef-lieu de la troisième Lyonnaise, avait pour sulFrat^ants. avant 1801, Le Mans, Angers, Rennes, ÎÇautes, Quimper, Vannes. Saint-Pol-de-Léon. Tréguier, Sainl-Brieuc, Sainl-Malo et Dol, et dans ce siècle, Le Mans, Angers, Nantes et Laval. Les ligues qui précèdent ne sont qu'une introduction à l'étude de Thistoire de ce beau diocèse, sur lequcd les sources abondent. J. Maan a

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écrit, en 4667, Fliistoiro <lc la Sancta et inrlmpolitanu ccc/esifr Turrt' neiisi'Sy avec les vies des pontitcs et les actes (le> conciles (Tours. 1G67-1('>GU. in-f"), et M. llauréan, avec i'autorjté qui est la sienne, a écrit cette histoire dans le tome XIV du Qallia christ iana i^l8a()]. Il faut encore lire, parmi un grand nombre de livre et des ditsertations, ceUei de E. Habille {Notice sur les divisions territoriales de la Tourainef 1866), et des abbés Bourassé et Chevalier [Recherches sur les épines romamet en Touraine), et ]g .)tonasiicon t/allicanurn, planches; les projets de reconstruction de Saint-Martin de Tours sont énainér*-s dans le supplément du Catalogue de l'histoire locale; voyez aussi II. Mousnyer. Celeberriin:r S. Martini Tur. rrrlesix /tlstnrid, s. 1. n. d. (v. 1660) in-P*; Bourassé et Manceau, Aot. sur 6'. Julien de J lUio, etc.

S. BKiiGEn.

TOUSSAIN (Pierre), en latin J'ossanus, réroruialeur du pays de Montbéliard, dont la biographie est encore pleine d*obscurités, naquit à Saint-Laurent; près de Jometz, en Lorraine, vers Tan 1496. Au mois d'octobre 1514, il suivait les cours de Funiversité de Bàle, avec Gaspard Megander et OÈcolampade. II alla ensuite étudier à Cologne, à Paris et à Rome. On ne connaît poiot les circonstances qui déterminèrent son adhésion à la Iléforine, ni l'époque à laquelle il accepta un canonicat de la cathédrale de Metz. Il pai iît s'être reiiré à IJAle «lans les premiers mois de lo:2i, pour motif de religion. T.e i>H lévrier 1525 il retourna à Metz, et sollicita avec iiîstanct^ l'autorijalion de prêcher le carême dans la cathédrale; mais les inquisiteurs, qui avaient saisi chez lui des livre* hérétiques, lui firent essuyer un refus accompagné de mépris et de moquerie, ce qui Tobligea de s'éloigner. Il rentra de nouveau dans la ville au mois de juin, en compagnie de Farel, demandant qu*on revit sa doctrine et offrant de mourir si elle était démontrée fausse; mais on ne le voulut croire et il fut » déjeté » de la ville avec son compagnon. Tous deux, en grand danger d'rtre pris an corps, rhevaudu rent toute la nuit pour n'êtro pas arrêtés. Au mois d'oct(d>re, il quittait BAle encore une fois, muni de dtux lettres d'Krasme, une pour Guillaume Hudé alors à Paris, et l'autre jxmr l'( vê(}ue de Langres. Le ^21) juillet 15:26. il écrit que les chanoines de Alelz, où il avait pénétré une troisième fois, l'ont livré aux inquisiteurs; qu'il n*a été relâché qu'après de longues et cruelles souffrances, et qu'il a trouvé un asile dans le château deMalesherbes (Loiret), auprès de madame d'Entragues « protectrice des exilés du Christ. » 11 mentionne son entrevue avec Lefèvre d'Etaples et Roussel, qui dissimulent, veulent attendre, différer, comme si l'Evangile pouvait être prêché autrement que sous la croix. Il se rendit à Blois, où il s'entretint, à diverses reprises, avec Marguerite, des moyens d'avancer la cause du Christ. Crile-ci seml>l«' l avoir admis, dès 1520, au nombre de ses auiiinnicrs. De 15:26 à 1531, il M'iourna en France, et particuliirement à Paris. Farel écrit le 20 mai 1525: u Nous avons appris que Toussain a été appelé par les Messins. » Lui-inôme aurait voulu l'avoir en Suisse à ses côtés ; mais Toussain ne quitta la France que lorsque la persécution Ty for<^. Oh le trouve à Zurich, au mois de juillet 1531, à Bàle, en et 1533. 11 visita ensuite Nuremberg, Wittemberg» Tu-

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bingue, où ii était au commencement de lî^o; pui» il retourna à Bâle, oiii il attendit impatiemment que le comte George de Wurtemberg l'appelât à Montbéliard, pour y eontinuer Tœuvre de Fard. Il se rendit à

cet appel au mois de juin, il ne quitta plus la ville, où la messe fut abolie en i538, que lorsque le jeune dur Christophe voulut imposer à TEglisp rordonnancc do Wurtomherjr. Il reprit ses fonctions \o l'"" janvier 15 4G, et 1rs («tiitiiiua inùme pendant l'Intérim. Il fut drstitu»i en 1571. pour son opposition à la confession d'Au^shouri;, et réintégré le li jauvier 1573, après avoir signé la « Formule de concorde. » Il mourut le 5 oetobre de l'année suivante. 11 a publié en 1539, in-16, Vordre Ton tient en Véglite de Montbiliard en instnmmt te» enants et en admmUtrant le» taintstaerement» avec la forme du mariage et des prières. L'un de ses fils, Daniel, exerça courageusement le ministère à Orléans durant les guerres de religion, et a publié de nombreux ouvnifres. — Voyez Herminjard. Corrt'^f). des rtif armateurs ; Opem Calvini ; La France protêt Ballet, de la Soc. d'Aist. du prot.^ i" série, XI, ch. iiO. O. DoiKN.

TOUSSAINT (LA), fête que l'Eglise catholique célèbre le 1" novembre en rbonnenr de tous les saints. La dédicace que fit, en 607, le pape Boniface IV du Panthéon ou de la Rotonde à Rome, a donné lieu à rétablissement de cette féte. Il dédia cet ancien temple païen à Tinvocation de la Vierge et de tous les saints ; il plara cette féte au 12 mai. En 731, Grégoire 111 consacra une chapelle à l'honneur de tous les saints drins réalise Saint-Pierre ; il augmenta ainsi la solennité de la fêle. (Irégoire IV l'introduisit en France sous le règne de Louis le Débonnaire (837) ; ce fut le même pape ipii la transporta au^"'^ noveuibre. Les Grecs la célèbrent le dimanche apri-s la Pentecôte. — Voyez P. Ménard, Aofei sur le eaeram» de taint Grégoire^ p. 152, sS. ; Thomassin, Traité des fêtes, etc., et notre article Saints (culte des).

TBACHOlilTE, T^x/wAm (Luc III, 1 }, pays qui faisait partie de la tétrarchie de Philippe, fils d'Hérode le Grand (Josèphe, Ant,, 18, De bello jf'd., 2, G. 3), et plus lard lut ilonné h llérodc Agrippa (Josèphe, Anf.. :Î0, 0. 1). Elle était située entre l'Anti-Liban et 1rs montagnes de rAr.ibii'. à côté de la Batanée. Les habitants étaient d'excellents archers et vivaient d»- brigandage dans les cavernes et les ravins de leurs montagnes {Tpx/wvîç, Strabun, 1(3, 75G; 6 rpi/iuv, Josèphe, Afil., 13, 16.3; 15, iO.'l).

TRACTARIAHISHR. Voyex fiuséysme,

TRADITION. Dans un sens abstrait et général, la tradition est ce lien spirituel qui s'établit par la transmission des récits, des sentiments et

des idées, des pères aux enfants et des maîtres aux disriples, et qui crée ainsi entre la génération d'hirr. crllc d'aujourd'hui et celle de demain, une sorte de dépendance et de ruutinuité intellectuelle et morale. Dans un sens plus concret et plus spécial, une tradition religieuse est un enseignement relatif à la doctrine, à la discipline ou au culte, qu'on croit avoir été donné de vive voix par les organes immédiats de la Bévélation et qui s'est, pendant un certain temps, transmis de bouche en bouche avant d'avoir été fixé dans des documents écrits ou des monuments ex-

térieurs.— Chez les Israélites, comme chez les autres peuples de TOrient, les premiers livres religieux se donnent pour n'être que la fixation écrite d'un tradition orale antérieure ; mais quand, dès Tépoque de Mo'isc, nous trouvons dans l'Ancien Testament des appels à la tradition

orale, cette tradition est presque toujours rtroitenient reliée à une loi écrite déjà arrrMée fDeut. VI, C. 7 ; XI. 18, VJ ; XVII, lH-i>(); XXXI, 9-13: 2 Çliron., XVII. . Ccjicudaut, au commouceiuent de Vino clirétit'iuif, litnis (■(iiistatous rcxistence eliez Icsjuil's d'une sorte de tratlilimi des jjcres ou des anciens que Jésus et les apôtres répudient connue ne reposant que sur des commandements d*homnies et comme faussant parfoU l'esprit de la loi (Matth. XV, 1-9; Marc VU, 1-13 ; Gai. 1, 14; Col. II, 8, SN>-23 ; Josèphe, Antiq., XIII, 10, 6). Il s'agit là de ces préceptes de casuistique que les scribes et les pharisiens avaient inventés pour assurer Tapplication minutieuse des prescriptions légales, et qui, bientôt attribués à Moïse lui-même ot coordonnés à la loi et aux prophètes, furent plus tard codifiés dans la Mussore et la Cabale (voir les art. Cabale, C(n'aïlcs,Massorf^ Pliansiin^ /Talinud ^aic. \. Les judéo-chrétiens extn^ines des premiers siècles de noiru iTe (voir les art. h'/jioiiih'^, hlkésaïtesy j.\azuréens, etc.), qui étaient imbus du principe pliarisaique de la supériorité de la tradition orale sur la tradition écrite, contribuèrent beaucoup, ainsi que cela ressort avec évidence de leurs écrits {Ilomil, Clément, II. 38, 39; Becognitiones, I, 21 ; II, 43 ; X, 42) à inoculer oe même principe à l'Eglise de leur temps. — Ceci nous amène à aborder l'objet essentiel de cet article, le développement de la notion catholique de la tradition chrétienne. Jésus lui-même n'avait rien laissé par écrit ; il n'avait point non phi< ordonné à ses disciples de composer des livres. Ce tut donc avant tout par l'enseipuement oral que les apôtres convertirent des âmes et fondèrent des E^'H^es (l Cor. II, 13 ; XI, 2 ; 1 Tim. VI, 20; 2 Tira. I, 13; H, i). Le chrislianisiuc prit naissance en Judée et se propagea de là dans les contrées voisines avant qu'aucun des écrits du Nouveau Testament eût été rédigé; des peuples entiers crurent en Jésus sans l'intermédiaire du papier et de Tencre (Irénée, III, 4, 2). Les apdtres ne tardèrent pas sans doute à prendre la plume, mais leurs écrits, d'abord peu répandus, ne prétendaient pas non plus être absolument complets, ni comme documents histori([ues (Jean XXI, 2.*)), ni comme expositions doi^iiiatiques et morales [-2 Thess. II, 15," Héb. VI, 1). Un f(M-taiii iiniubre de tduvenirs priiiiitifs. (jui n'avaient pas trouvé plai e dans le Nouveau Testament, se transmettaient de bouche en bouche dans les Eglises. Ignace, Papias, Polycarjie, étaient encore reliés au siècle apostolique par la tradition orale, qu'ils préferaient, à certains égards, à la tradition écrite. — Ce ne fut que lorsque la voix des disciples immédiats des apôtres devint muette et que TEglise se rendit mieux compte de Tavenir terrestre qui lui était réservé, que les écrits de Tâge apostolique, recueillis par les évéques et multipliés par les copistes, commencèrent à être appréciés à leur juste valeur. Si les choses avaient suivi leur cours naturel, l'EfjMise aurait été peu à peu amenée à considérer la tradition écrite comme la relation la plus authentifiue, et môme la seule authentique, des laits et des dogmes primitifs. Car le peu de

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