TRÉVOUX — TRINITÉ
TRÉVOUXf Tiivultium. Tr'nu>rflfnn\(ni 7V/y/j/m). vieille ville située sur la Saône, tirait son nom des trois routes ([ui s'y croisaient. Après avoir été, au commencenieat du moyen ùge, la capitale de la principauté de ûombes, qui faisait partie du royaume de Bourgogne, elle fonna^ dès l*an 1032, une souveraineté indépendanteque possédârent suoeessivement les sires de YiUars, les seigneurs de Thoires et des princes de la fàmille de Bourbon. IiOuis-Auguste de Bourbon étabUt à Trévoux, en 1695, une imprimerie qui devint célèbre et rivalisa avec les importaji's établissements de Hollande. Les jésuites y fondèrent, avec l'aide de ce prince, un journal littéraire connu sous le nom de Mémoirt's de. Trévoux, et compta parmi -^es rédacîeurs les PP. Le Tellier, Huilier, Tournemine, Du Cerceau, Catruu, etc.; ils y publièrent aussi le fameux Dictionnaire de Trévoux, 4704, 3 vol. in-fol.
TRIOHOTOUB. Voyez DicAotamiè*
TSmiTÉ, terme tbéologique qui désigne le Dieu uni(iue en trois personnes, le Père, le Fils, le Sainl-Espril, qu'enseigne l'orthodoxie de toutes les Eglises chrétiennes. On troiive, dans d'autres relijjrions, dos analogies plus ou moins frappantes avec la trinité chrétienne. Les Indes, les Egyptiens, le platonisme et le néo[datonisme, la cabale, les niythologics scaudiuaves uni leur triade religieuse ou philosophique, cl l'on a insisté sur ces ressemblances, tantôt pour les présenter comme des échos affaiblis ou des indices prophétiques de la révélation chrétienne, tantôt pour y trouver un argument contre le caractère surnaturel du christianisme. Nous renvoyons le lecteur aux articles consacrés à ces religions, et nous nous bornons ù Tétude de la trinité chfétienne, qui est incontestablement un produit oritrinal du christianisme, et non un emprunt fait à l'une ou l'autre des plulosophies ou des religions païennes. Nous montrerons d'abord les racines bibliques du dogme trinitaire, nous en e.vposerons ensuite l'histoire jusqu'à sa formation délinitive, nous résumerons les principaux essais tentés pour le justifier ou Texpliquer ainsi que les attaques dont il a été Tobjet, enfin nçus chercherons à placer le problème sur son véritable terrain, à en définir nettement les termes et à indiquer le sens dans lequel il faut travailler pour espérer une solution qui satisfasse à la fois aux intérêts de la conscience chrétienne et aux exigences de la science lhi'>ologique.
I. \jKs n vciNKS lUBLiouKS nu noc.MK TiUMTAniE. — L'anciemie orthodoxie trouvait le dogme de la trinité clairement enseigné dans l'Ancien TestajUv nt. Dans l'Ancien Testament aussi, dit Queuste«it, le mystère de la très sainte trinité est exposé si clairement que les fidèles de l'ancienne alliance purent y puiser et y puisèrent, en effet, la connaissance explicite et distincte des trois personnes constituant l'essence unique de la divinité. » 11 est vrai que Galixti> hasarda quelques objections, d'ailleurs fort timides, contre les procédés de l'exégès" traditionnelle; mais les observations de réuiineiit théologiou. accusé d'autres hérésies encore, soulevèrent dans le cami» orthodoxe les plus violents orages ((î. Calixtus, .\um mysleriwn S. Tiinitatis e solius V. T. librh di^inonstniri pussit? Helnistœdt, 1849; contre lui: Calov, Hcriptura V. T. Tnnitatis reuekUriXf Vit., 1680; Pfeiffer, IHssertatiù trùûtaiem personarum
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in uiiitate Dei ex oraculis V. T. pmham^ Erl., Est-il nécessaire
dp rappolpr 1p> passasses invoqués par les adversaires de Galixte et quo l'on allèi;iie parfois, encore de nos jours, pour démontrer que la doctrine de la trinité n'est pas absente de l'Ancien Testament? La forme pluriel d«i nom hébreu Eloh 'tm (Dieu) qui, construit avec le singulier ((len. I, i; n. 5; XVII, 7, etc.), suppose Tunité de l'essenee divine, et qui, construit avec le pluriel (Gen. XX, 13; XXXV, 7), se rapporte à la tnnité des personnes divines ; les passages où Dieu parle de lui-même à la première personne du pluriel (Gen. I, i6; III, 22; XI, 7; Esaie VI, 8) ; eeuz où Dieu, en se révélant, se distingue ou est distingué de Dieu qu'on se représente comme habitant les cicux (Gen. XIX, 24 ; Exod. XXXIV, 5 : l'histoire des tn)is hôtes d'Abraham sous les cliénes de Mamré (Gen. XVIII, 2 ss.) ; la triple bénédiction que TEternel ensei<;na à Moïse (Nombres VI, 24-2.>j; la triple répétition de l'épitbète « saint » attachée ail nom Je Dieu dans la vision d'Esaïe (YI, 3) ; la bénédicfion d'Iiraël appelant sur Ephralin et sur Manassé la faveur du Dieu de ses pères, du Bien qui l'a nourri, de Tange qui Ta délivré (Gen. XLVIII, 13-16) ; la parole du serviteur de Dieu que Ton identifie avec le Christ et qui dit que Tesprit de l'Etemel repose sur lui (EsaleLXI, 1 ; XLVIII, 16 ; LXIII, I-IO) ; les derni6res par<des de David (2 Sam. XXIII, 2-3 : l'esprit de l'Eternel, le Dieu d'Israël, le rocher d'Israël). Il serait oiseux de s'arrêter à prouver que l'exégèse se faisait illusion en trouvant, dans les passages cités, des preuves seripturaires à l'appui de la doetrine de la irinité. C'est ailleurs que l'on pourrait être tenté de trouver dans rAncien Testament les éléments de l'enseignement évangélique qui, précisé par l'Eglise^ aboutit à la formule trinitaire. Signalons les textes qui font de la parole de l'Eternel et de son esprit les instruments de Tœuvre créatrice de Dieu et les organes de sesrévélations par le moyen des prophètes ( Ps. XXXIII, 6 ; Gen. 1,2-3 ; Jérém. XI, i) ; les passages qui serapportent à l'/i /2,9e é/e/'£'/ernel,h.V Aurfo de In (are, dontle nom s'échange contre celui de Jéhovah, qui est revêtu des attributs divins, et qui reçoit les hommages qu'on ne doit rendre qu'à Dieu Gm. XVI. 10-13 : XXII. M ; Exod III, 2-G) ; la doctrine de la Satjessc, qui est représentée comme préexistant à la création et présidant à la formation du monde (Job XXVIII, 20-28 ; Prov, VIIL 22-31j; la doctrine du Messie, auquel quelques passages de l'Ancien Testament semblent conférer des noms ou des attributs divins (Es. IX, 5; XI, 4; Dan. VU, 13; Mich.y,2).— DansleslivresapocryphesderÀndoiTestamentlaçonception de rintelligence divine teifd de plus en plue à se substituer à la notion plus concrète de Tesprit de Dieu et la personnification poétique tend à se transformer en hypostàse philosophique (Sap. IX, 1 ; XVIII. 15-16 ; VII, 7 ; IX, 17). Rappelons, enlin, la théo-' rie pbilonienne du Logos, issue de l'alliance de la spéculation hellénique avec la théologie juive. — Cependant, dit M. Bonifas [Revue tliéol. de Moutmban. 1878-1879, p. 61), «nous ne pouvions comprendre la doctrine du Fils de Dieu avant la venue du Fils de Dieu dans le monde et le don du Saint-Esprit. » C'est dire que les racines du dogme trinitaire plongent dans le sol de la révélation chrétienne, dont le Nouveau Testavent est le document historique. Ici la question se complique, et il im-
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porte d'en uaalyser avec précision les éléments. Ni les forraiilos trinitaires ni le mot de Trinité ne se trouvent dans le Nouveau Testament, mais il y est question du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Il serait sa* perfiu d'insister sur l'unité de Dieu. Il est évident que le Bieudoat nous parlent Jésus et les apôtres est le Dieu unique, créateur et maître souverain de toutes choses, le Dieu des patriarches et des prophètes, que nous devons adorer et servir seul et qui ne donne sa gloire à aucun autre. C'est ce Dieu-là qu'ils appellent le Père. Ils attribuent au Père toute la divinité. C'est lui qui est la source de l'ôtre et do la vie. Auteur de la création, il est aussi l'auteur de notre salut; aussi réserve-t-on pour lui le nom de Dieu (ô Osô;, avec l'article). C'est là, dit encore M. Uonifas (pg. 33), un fait que personne ne songe à contester et qu'il est inutile d'établir longuement. » — La question se réduit, dès lors, aux tenues suivants : le Nouveau Testament enseigne-t-il la divinité du Fils? Attribue-t-il la personnalité au Saint-Esprit ? Quel sens attache-t-il à la triade du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dont il est question dans un certain nombre de passages? Le premier de ces trois points ayant été traité dans l'article Chris(olof/ie^ il ne nous reste qu'à examiner les deux autres. {" Le Nouveau Testament altribue-l-il au Saint-Esprit une existence personnelle el distincte de celle du Père et du Fils? Ou a pu donner à cette question deux réponses absolument contradictoires, etFon a tour à tour affirmé ou nié que le Nouveau Testament enseigne la personnalité du Saint-Esprit. D'une part, on rappelle que les écrivains apostoliques attribuent au Sainl-Esprit tous les caractères distinctifs de la personnalité, tels que la conscience de soi, le sentiment, rintellijçence. la volonté, la parole, l'action volontaire et réflécbie : l'Esprit Saint sonde les profondeurs de Dieu {1 Cor. II, 9- il), il compatit à nos faiblesses et interci'de pour nous par d'inexprimables soupirs (Rom. VIII, 26), il rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu (Rom. Vlll, i6j, il distribue les dons spirituels comme il le veut (1 Cor. XO, 11), il peut être attristé (Eph. IV, 30). Les passages dans lesquels il est question d'un mensonge Ceât au Saint-Esprit (Act. Y, 3; cf. 9 et 4), du blasphème prononcé contre le Saint-Esprit (Matth. XII, 31 ; Luc XII, 10) semblent impliquer aussi la personnalité de l'Esprit. Lo livre des Actes parle snuvpiit «lu Saint-Esprit comme iiitiTvenaut d'une manière directe par des ordre?^ formels et des paroles expresses ( Art. X, W) ; VIII, XIII, 2 ; XVI, 1). Enfin, dans les discours d'adieu que reuierme bî (juatrièmc évangile, la personnalité du Saint-Esprit semble résuiterclaireiueut des fonctions qui lui sont attribuées ; le terme masculin de x^éxky^roç (advocattts)^ le pronom masculin ixclvoc désignant TEsprit et placé immédiatement après le nom neutre (XVI, 13-14), le parallèle constant établi entre l'o livre du Christ et Fœuvre de l'Esprit, qui remplace, représente et glorilif" le Seigneur, tous ces indices semblent décisifs: « Lorsqu'il sera venu, il idiivaincra le monde de péché, de justice et de jugement, il me n'ndr a ifiiit^ignage, il me glorifiera, il vous conduira dans toute la vérité, il ne parlera pas de lui-môme, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, il prendra de ce qui est à moi et il vous l'annoncera (XVI, 8-11 ; XV, 26 ; XVI, 14. 13. 15). —D'autre part, cependant, TEsprit est
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souvent représenté eomme une force (2 Cor. VI, 6-7; 1 Cor. II, 4; Rom. XV, 13.19) isaue de Dieu ( 1 Gor. 11^ 12 : icvia^« U M)f qui habite dans les chrétiens etqu'ils possèdent (Rom. VIII, 9 ; 1 Cor. VI, 19^; il est appelé une flamme que l'hoinmr> ne doit pas éteindre maie ranitner (I Thess. V, 19; cp. Hoin. XII. 11), c'est une êp^e victorieuse de la tentation (Eph. VI. 17^ un l'erment salutaire de l'activité humaine (Eph. V, 181. un champ qui produit de bons fruits (Gai. Y, 22 ; VI, 8). Rapjielons, en outre, que les Actes des ap(Mrcs nous présententle Saint- Esprit comme un don que Dieu répand sur ceux qui se convertissent et se font baptiser (II, 38 ; X, 45] ; e'est une onction (X^ 38), un baptême (1, 5; XI, 16), une force di?ine (I, 8), qui remplit les fidèles à différentes reprises, chaque fois que les intérêts de la cause évangélique Tengent (II, 4, IV, 8, 31 ; VIII, 15 ; IX, 17, etc.). Enfin signalonsquelqoes passages de la première épitre de Jean qu'il est difficile, sinon impossible, de concilier avec la notion de la personnalité : Dieu nous donne de son esprit (èx xoCî -ttvs'^xïtoc aÙToij 1 Jean IV, l.'J), l'Esprit est une onction (/;t<T;xa) qui instruit les disciples et leur fait coinmîtro toute vérité (1 Jean II, 27; cf. II, 20^ — En présence de cette double «érir de textes l'hésitation est permise, et il s'agit de savoir s'il e?t possible de trouver la synthèse de deux conceptions qui semblent s'exclure. Selon nous» eètte synthèse est fournie par le fait suivant: non- seulement le Saint- Esprit est appelé Tesprit de Dieu ou Tesprit du Christ, mais l'œuvre attribuée à l'Esprit est fréquemment rapportée d'une manière directe à Dieu ou à Jésus-Christ. S'il est dit que TËsprit nous éclaire, il est dit aussi que c'est Dieu qui illunjine nos cœurs (2 Cor. IV, 6), et si notre corps est appelé le temple de l'Esprit (1 Gor. VI, 10). il est aussi dit que nous sommes le temple de Dieu (2 Gor. VI, IG .De rnénie. avoir l'esprit dfDieu ou de ("hrist. être en Christ, avoir Christ vivant dans son cteur, sont des termes synonymes (Rom. VIII, 9-17 ; Gai. II, 20; Eph. 111,27). Que résuite-t-il de ces passages ? C'est que TEsprit de Dieu, e*e8t Dieu lui-même dans son action sur Tbomme, se communiquant à lui et opérant en lui ; e'est que le Christ aussi, le Seigneur glorifié, n'est pas distinct de l'Esprit. Paul ne dit-il pas lui*méme que le Seigneur est l'Esprit (S Gor. III, 17)? De ce point de vue, les discours d'adieu du quatrième évangile s'expliquent facilement. Le Paraclet, c'est Christ en nous, le S'^i'^neur revenant habiter spirituellement dans les âmes de ses disciples. • Pour pouvoir connnuniquer son esprit aux croyants. Christ avait dû mourir (Jean XII, 24). et î^i Jésus n'avait quitté le monde, le Paraclet aaurait pu venir assister les disciples (Jeiin XVI, 7). Après la disparition de Christ du milieu des siens, un rapport purement spirituel put s'établir entre eux et lui ; aussi n'est-ce qu'après la résurrection du Christ que tes disciples reçoivent l'Esprit (Jean XX, 22; ef. suri. VII, 39} ; ëès lors, le Seigneur peut habiter en eux pour être leur Paraclet (l'épitre de Jean donne ce nom au Seigneur lui-même II, i), et s'il est vraique • le Saint-Esprit n'est autre chose que Christ en nous, devenaut le prin- «"ipe d'une vie nouvelle, il est naturel que l'action du Paraclet soitrepréseutt'o tantôt comme personnelle, tantôt comme impersonnelle, et, duns le premier cas, tantôt comme distincte de celle du Christ, tantôt comme
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identique avec elle (cp. sartoiif J( an XIV, iO-23.20). — Cette solution, qui se recommande, qui mémo s'iuiposc d elle-même en pn^sence de textes sans cola inconciliables, nous amène nécessairement au résultai suivant: le Nouveau Testament n'étalilit pas de distinction liypostatique entre h* Père et le Fils «l'une part, et le Saint-Esprit, de l aulre ; il n'enseigne pas la persuunulité distincte et indépendante de l'Esprit, puisque eelui-ci n'est que Dieu ou le Seigneur glorifié, vivant et agissant dans les Âmes, y déployant sa force, y répandant ses dons. Ce résultat semblera plus vraisemblable encore si Ton songe que le génie hébraïque n*aimant pes l'abstration est naturellement poetéà personnifier les forces ou les attributs divins, en sortc|que les passages qui attribuent à l'Esprit un rôle personnel peuvent s'expliquer parfaitement par ces personnifications si fréquentes dans la Bible (voy. p. ex. llébr. IV, iû ; Prov. VI II, 22-31 ; Job XXVIIl. 20-28). Enfin l'indécision qui, pondant les trois premiers siècles, régna sur cette (juestion (ju'il était permis de trancher dans un sens aflimiatii ou uégatil, achève de confirmer les conclusions de notre étude exégétique. — 2. Le sens que le Nouveau Testament attache à la triade du Père, du FUs et du Saint-Esprit, jettera plus de lumière sur le point traité jusqu'à présent, de même qu'à son tour il s^ezpliquera plus fiidlement à la lumière des résultats fixés. Nous écartons absolument le passa(2:e 1 Jean V, 7, dont l'inauthenticité n'a plus besoin d'élrc prouvée; dès lors, il reste à examiner rapidement les passais Matth. XXVin, P.) ; Apocal. I, i-5; l Cor. XII, i-G: 2 Cor. XIII, 13; Eph. IV, i-8; 1 Pierre I, 2. La formule baptismale Matth. XXVIl I. lU, estl'expressionde l'œuvredivincet nonceilode l'essence «livine : lesternies ^airc^Ctiv ctç xh ovo|ax, pris dans leur acception la plus générale, désignent la eonsécration et l'initiation, par le baptême, à la foi en celui dont on invoque le nom sur le baptisé ; le baptême, recommandé par le ressuscité à ses disciples, implique donc la profession de foi en Dieu, le Père céleste, en Jésus-Christ, fondateur du royaume des deux, au Saint-Esprit, promis par Jésus aux fidèles ; ces trois noms expriment les éléments essentiels de la foi et de la vie chrétiennes, mais ils ne nous révèlent absolument rien quant à l'essence divine et au rapport immanent des trois facteurs du salut ; en d'autres termes, la triade de la formule baptismale est une triade histori(jue et religieuse, non une trinité spéculative et métaphysique. — Le préambule oratoire qui, dans l'Apocalypse (I, -4-5) ouvre avec une solennité imposante la série des visions prophétique?^ coordonne « Dieu, les sept esprits qui sont en fiice de son trêne, et Jésus-Christ; • cependant Tordre même des expressions, et surtout la mention des sept esprits, peraonnifieaUon des attributs divins (cp. Esaîe XI, 2, et Pinterpin&tation qu'en donnait la théologie juive), nous interdisent de donner à ce passage une portée métaphysique et de rexplicpier dans le sens de la trinité officielle. — Dans le passag-e 1 Cor. XII, Paul énumère les termes de la triade chrétienne
d'après une gradati(m ascendante, en ( oiiiinençant par l'Esprit et en finissant par Dieu : c'est l'Esprit qui distribue les dons, c'est au service du Seigneur que ces dons sont employés dans l'Eglise, c'est enliu Dieu qui est le principe souverain et absolu des forces spirituelles et descha-
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rismes pneumatiques dont Tensemble concourt à IVdifîcation commune ; cependant l'apôtre, en remontant aa prineipedes dons et des giâces spirituelles énuniérées et jugées par lui, ne s'explique nullement sur la nature intime et sur le rapport immanent île l'Esprit, du Seigneur et du Père. Le passage Kpli. IV, 4-0 doit être expliqu»'' absolument dans le ni»''mo sens : môme gradation entre l'Esprit, le Seigneur et le seul Dieu, Père de tous, même subordination de l'Esprit et du Seigneur à Dieu, même silence gardé sur les relations ou les attribats de la vie intradî- TÎne. — Le passage 2 Cor. XIII, 13 doit sa célébrité à l'emploi liturgique qu'on grand nombre d*Eglises en ont fait dès les premiers temps ; â exprime, en effet, d'une manière partie ulit' rement heureuse, les notions fondamentales de rEvan^rile. L*amour de Dieu est le principe du salut, la grAre de Jésus-Christ est le moyen par lequel le salul s'accomplit, enfin la communion du Saint-Esprit en est l'efTet bienheureux. Notre passage analyse ainsi les éléments essentiels du salut, saisi dans sacause première, dans sa réalisalion objective, enfin dans ses effets subjeLlils et immédiats ; mais le rapport intime et le caractère hyposlatique de ehaenn des trois termes ne sont pas pris en considération par Tapétre qui, loin de s'aventurer dans les régions de la métaphysique, se ' plaoe sur le terrain des laits évangéliques et des expériences chrétiennes. ~ Il en est de même des premiers versets de la première épltrc de Pierre, qui se rapportent à ce qu*on a appelé plus tard l'économie du salât : l'écrivain sacré rami^^ne l'œuvre rédemptrice au plan conçu de tonte éternité par le Père, à la mort expiatoire de Jésus-Christ, et à . l'action sanctifiante de l'Esprit (1 Pierre I, 2). — Le rapide examen de ces passages suHit à montrer que le Nouveau Testament connaît incontestablement les trois termes de la trinité ecclésiastique, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, mentiounés à plusieurs reprisesl'unà côté de Pautrepour désigner leur part à l'œuvre du salut; cependant la triade qu'enseigne le Nouveau Testament est une triade religieuse, historique, économique^ n'affirmant absolument rien au sujet d'une distinction trinitaire inhérente à l'essence divine. Il importe de voir maintenant ce que l'Eglise et la théologie ont fait de l'enseignement biblique, et comment elles aboutirent à la formule que consacra ofiicieilement le symbole faussement attribué à Athanase.
II. L'UISTOIHE nu DOGME JUSQL'a L\ RÉDACTION DU SYMHOLK DIT d'AtHA-
XASE. — Quel était le problème qui s'imposait ù 1 Eglise et que la théologie chercha à résoudre? Il s'agissait, d'un côté, de maintenir et de sauvegarder la conception monothéiste léguée à l'Elise par le judaïsme et psrioni implicitement affirmée par Jésus; il fallait, d'autre part, définir le divin en Jésus-Christ et dans la communauté chrétienne. Le premier terme du problème devait être développé et défendu pour ûdre laee au polythéisme païen, qui menaçait encore l'Eglise, ou au piosticisme qui, pri multipliant les éons et en les exaltant comme des intermédiaires di- . vins entre Dieu et l'homme, ouvrait de nouveau la porte au polythéisme et portait atteinte à la simplicité et à l'unité de l'être divin; le second terme du problème devait être opposé surtout au judaïsme, qui niécon- Oiissait la révélation de Dieu en Jésus-Christ et, par conséquent, la pré-
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seucede l'esprit de Dieu dans l'Eglise chnHienne. Tel est, exprimé de la manière la plus générale, le problème qu'il importait de résoudre. — 11 était Daturel que la théologie s'appliquât d'abord àchereher une formule qui définit le divin en Jésus-Christ. Le ressort intime du développement du dogme christologique git dans la foi primitive, dans l'impresuoD que la perKonoalité de Jésus produisit sur ses disciples. Le sentiment qui inspira la confession de Pierre (Mattli. XVI, 10) e?t ant.'ripur à toute rétlexiou spéculative, mais c'est lui cepondaut ([iii nourril la rétlexion et sollicita la peusée; co fut raijjjiiillon intérieur qui poussa les chrélions à expriuieret à déiiuir la réalité dout ils avaient fait en eux-raôuies la vivante et triomphante expérience. L^élaboration de la doctrine du Saint- Esprit doit être expliquée de la même façon. De Tœavre divine qui 8*aeconi plissait au sein de l'Eglise on remonta au facteur de eette œuTTe,et des effets spirituels on conclut à la cause qui produisait de tels effets : ce facteur divin, cette cause spirituelle, que pouvait-elle être, sinon le Saintp E<prit que le Seigneur avait promis à ses disciples? Tel est le fond primitif, la racine reli<rieuse du dogme trinitaire : la foi au Dieu unique révélé d'al»()rd à Israt l, ensuite aux chrétiens, l'expéripure du caractère divin de Jésus-Christ, le témoignage du Saint-Esprit agissant «ians l'Eglise, voilà les éléments primiti& de la doctrine truditionnellc. C'est • dans ce sens que la triade chrétienne rencontra son expression populaire et religieuse dans la formule du baptême, dans le symbole dit apostolique, dans les règles do foi .Wnh \i,Biffliofhcca si/infioUcavetus, Lemgoviœ, 1770; Ilahu, liibimtlh'k \<lrr Symbole u. Glaubcnsregeln der apostoL kafholi!irhenI^irc/n',]\r(}ûi\u,{H^^2). — Mai> la pensée dogmatique dépassa bientôt ces siiii[)Ies données de l'expérience religicuso. et chercha à les revêtir d'une lormequ'elle emprunta naturellement au milieu historique dans lequel elle se développa. Ce fut d'abord l'hérésie monarchiennequi mit l*Bgli8e en demeure de préciser davantage la formule de sa foi. Cette hérésie avait sa racine dans un intérêt religieux d*une incontestable légitimité, puisqu'elle cherchait à sauvegarder le monothéisme chrétien. Pour atteindre ce hnt , une double voie fut tentée : les uns firent de Jésus-Christ uji simple homme, ayant recul'Esprit Saint dans une large mesure, supérieur sans doute aux prophètes d'Israël, mais ne se distinguant d'eux «jue par une diilVn nce de degré, non de nature; les autres identifièrent le Fils avec le Dieu uniijue. avec le Père, dont il aurait été rincamatioo personnelle et immédiate. La première opinion, qui était déjà à la base de la christologie ébionite, fut représentée par Théodotus et Artémon; la seconde, par Praxéas, Noétus etBérylle de Bostra. Le rationalisme judaisant de la première classe des monarchiens futatténué par Paul de Samosate, qui admettait une inhabitation du Logoe impersonnel de Dieu dans l'homme Jésus ; d'autre part, la doctrine professée par les monarchiens de la seconde série fut développée et élargie par Sabellius, d'après lequel le Père , le Fils et le Saint-Esprit ne sont que les trois manifestations du Dieu unique, les trois modalités de son existence; le modalisme de Sabeliius substituait ain.-i lu trinité de révélation (trinité économique) à la trinité d*essence {trinité ontologique ou immanente). Sur ces hérésies, voy. Busèbe, JI. V, 28 ; YI, 33 ; Yli, G;
Diyiii/eo by LiOOglc
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Théodoret, /'>//>. /A/^v., II, ;i; 111.3: II,î): F4>ipluiMe.//.r;-.,.Vi.a7.62.C5; Tertuheu, Aflversus Prnst'dm; Allianase, Conlra Arianos, IV, 2; IJasile, tip. Iiii. il 4. 235. — C'est du centre de la christulogic et dans l'intérêt de MUe-ci que l'Eglise combattit le monarchianisme qui, dans sa formole ébionite, niait la diTinité de Jésus-Chiist, et qui, dans sa forme sabellienne, compromettait lliumaiiité du Fils et ouvrait la porte au doeêtisme. A ces deux hérésies l'Eglise répondit en définissant avec plus de précision les rapports immanents de Dieu et du Logos ou Fils de Dieu : pour combattre victoriousement lesmonarchiens ébionite». elle accentua la divinité esspiitielle du F.lsipoiir réagir eiïicacement coiitro los monarchieiis modalistps, elle alTirma ladistinrtioii hypostatique du Pcro oi du Fils. Tertullieri et Origène, les deux principaux adversaires dos nionarchicns, déterminèrent ce double progrès dans l'histoire du dogme. Origène surtout exerça une influence décisive sur le développement de la doctrine dans le sens indiqué ; son enseignementebristologique et trinitaire ré- «urne à la fois le travail de l'époque précédente et recèle le germe des controverses postérieures. Il soutint l'indépendance personnelle, la distinction hypostatique du Fils : cette formule passa dans le dogme de l'Eglise. Il enseigna la coéternité du P^rc et du Fils ((o jx îsrtv ôxs oùx y,v ô y'ô:^ : cette thè?e fut le point de départ dWthanase dans sa Inttecontre Anus. Il aflirnia non moins e.xplicitement la subordination du Fils au Pcre (le Fils est 0-:o;. non 6 Ocô; ou iÙtoOeo;) : celte proposition développa toutes ses conséquences dans la doctrine d'Arins (voy. de Prinr., I, 2; IV, 28; /n Joan., II, 6; 1, 23). — Dans cette conception d'Origène, il restait un dualisme qui devait nécessairement éclater aux yeux des penseurs et provoquer un conflit aboutissant à une scission, qui ne tarda pas à se produire. Il y avait, en efTet, une contradiction flagrante à maintenir tout ensemble l'éternité du Fils et sa subordination ^u Père. Il s'imposait donc à la pensée dogmatique ime double alternative : nfTirmer la subordination du Fils en sacrifiant son éternité, nu cacrifinr celle-là pour maintenir celle-ci. Denys d'Alexandrie etArius s'attachèrent au premier tfrme du dilemme. Athanase adojtta le second. D'après Arius, le Père seul est éternel, le Fils a été tiré du néant (î; oùx ovtwv) ; il ne participe ni à l'essence ni à l'éternité du Père ; créature du Père, il n'est pas semblable à lui (sTepoûatoç): quoiqu'il soit antérieur au monde que Dieu a créé par le moyen du Fils, il ne procède pas de la substance divine, mais il est le produit de la volonté divine. Si donc il existe actuellement une trinité, il n'y avait primitivement qu'unité en Dieu ; les personnes delà trinité sont inlinimont et essentiellement séparées les unes des autres; de même que le Fils est la première créature du Père, lùm'i le Saint- Esprit est la première créature du Fils. Ce principe arien de la création du Fih |n! le Père et du Saint-Esprit par le Fils fut vivement comliattu par .\.tlianase qui y voyait une atteinte portée à la fois à la conscience religieuse du chrétien et à la notion métaphysique du Pére. Le Fils doitôtre coDça comme égal au Père, <|uant à l'éternité et à la substance, c*est-à- ' dire comme éternellement engendré de la substance du Père. De même, la divinité et l'éternité du Saint-Esprit conçu comme personne distincte totpoiir Athanase le corollaire nécessaire de sa christologie, et nulle part
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on ne saisit plus claireim'iit la solidurif*'' qui rxisteentro le dogme tri uinitaire et la doctrine de lu personne du Christ (voy. Epiphanc, Ilxr.y G9 ; Théodoret«ir. /, 4. il; Athanase, Epist, de décret. Syn, Nie,;eonira Arian»f Orat. 1, — Ce n'est, en effet, que le développement de plus en plus vigoureux de lachristologie qui eut pour conséquence la définition plus précise de la dortrint^ du Saint-Esprit, et, par suite, du dogme trinitaire. La notion du Saint-Esprit notamment était restée longtemps indécisp et flottante. Il convient maintenant d'en retracer rapidement riiistoire. Les indices épars dans les écrits des Pcrcs apostoliques sont vafjues et parfois contradictoires. Un verset de Cli'ment de Rome {Ad. Cor., II, y) et un passage du Pasteur d'Henuas {Sim'U.^ V, 5) semblent îdenMer le Saint-Bspritavee le FUs de Dieu. Même indédsionchez lei Pères apologistes, Justin Martyr, Tatien, Athénagore, fThéopbile d'Antioche. Ghea Justin , le SaintpEsprit est tantôt conçu comme un attribut divin ou un don de Dieu, tantôt il est identifié avec le Logos; ailleurs Justin parledu irvEGaa T:po9T,Tix4v vti:UTr^-zi\v.[Apnl., 1, 1 3) ; dans un antre passatre enfin il mentionne comme objets de 1 adoration " Dieu, «on Fils, l'arniée des bons anges, et l'esprit des propliètes » [Apol., I, 6), C'est chez Théophile d'Antioche ( f 181 Mine se rencontre pour la première fois le terme de rpia; [Ad Autol., 11, 13); cependant ridentificalion du SaintrEsprit et de la co^ta, ainsi que la place accordée à Phomme que Théophile coordonne avec les trois membres de la triade, prouve qu'il n*est pas encore question d'une trinité ontologique ou immanente («2
Tpeîç Y)u^pxt Ttpô TÔv «pttMrrrîstov ytY^evuTKi tutcoi iltjh tî;; TptxSoç Toi3 Oeoiî xxi
Tov 9<.)T^ç. Tva Y, Osôç, ).ÔYoç, TÔ^;a âvOpoiTo;). Les Pères latins ne sont pas plus explicites que les Pères }.;recs. Il parait <}ue Lactance n'adnieftait pas encore k personnalité- du Saint-Esprit (Jérôme, Zi/?. 49 : S/Jo-itas sancti negat substantiam). TertuUien, au contraire, est plus précis et plus catégorique ; créateur du terme latin de trmitas {De pud., cap. 21; cf. adv. Prax,, 2 et 3.). il enseigne explicitement la personnalité du Saint-Esprit, mais en le subordonnant au Père et au Fils. La même idée se rejicontre ches Origène, dont la doctrine précise n*est d'ailleurs pas facile à établir: d'après un passage du traité Trspt a;/Mv, Origène aurait déclaré qu'il n'avait trouvé dans les Ecritures aucune parole représentant le Saint-Esprit comme une cré ilure, mais il est probable <jue ce pas.sage a été modifié par Kutin, le traducteur latin d'Origène {Ue priîtc, I, 3. 3.) : car, sans parler des accusations d'Epiphane {Hier., G4 ; Jérôme, ad Avit.yEp. 94), plusieurs pasaagesducommentaire de l'Evangile selon saint Jean prouvent clairement qu*Origène concevait le Saint-Esprit comme une créature inférieure au ,Fils et tirant son origine de celui-ci (In /oan., II, 6.)L*indécision au sujet de la doctrine du Saint-Esprit qui se révèle par la sage neutralité qu'observe le concile de Nicée (xat [TTtçrejojxîv] s!; aytov •:rv£ù;xa), est altestée encore par un passage caractéristi»jue de Grégoire de Nazianze [Oral. XXXI, 5) : « Les uns regardent le Saint-Esprit comme une simple force, d'autres le prennent pour une créature, d'autres pour Dieu lui-même, d'autres enfin ne savent pas dans quel sens ils doivent se prononcer, par respect pour les Ecritures, disent-ils, celles-ci ne ren-
TRINITÉ
feniiant rion de précis à ce sujot. » Copondaiit, avant (îrrpoire do Nazianzp, Afhanase avait indiqué le sens dans lequrl la doctrine du Sainl- Espril devait nérossairenienl so développrr. une luis <|uo Ton avait adopté ladiristolûgie deNicéeile dogme de la cuéternité et de la consubstantialité (^{Mtw^a) du Père et du FUs ne pouvait tarder à développer ses conséquences, et l'on fut logiquement amené à revendiquer pour le Saint- Esprit les propriétés attribuées au Fils. G^est Athanase lui-même, avini»'Oousdit,quifit eepas décisif et qui en démontraspéculativement la n^cssité. A ceux qui prenaient le Saint-Esprit pour une créature (xTtffax) ou qui rappelaient le premier dos esprits serviteurs dr Dieu (to tocotov Tfvv Tv£j;jLiT<ov Iv.TO'jof'.XM'i) , il s'cllori a de démontrer qu intriKhi ire dans la triade quelque chose d'étranger (xX^ôxp-.ov) à l'essence divine, c'était retomber dans l arianisme : cette hérésie ne pouvait être entièrement vaincue que si Ton admettait sans réserveunetarîadedontles hypothèses fussent égales, consulwtantielles et coétemelles. La sanction ècclésia»tique de cette doctrine d'Athanase fut hfttée par une nouvelle controverse qui surgit du milieu des sémiariens. Macédonius, évêquc de Gontanti- Dople, enseigna que le Saint-Esprit n'était qu'une simplerréalure, somhlable aux anjîes, serviteur de Dieu comme eux. Men (jue d'une nature supérieure (v.îxovoç xx\ ÛTajpÉTr,; : ses partisans lurent appelés 7r^i'j\xxzo- ^i/o:: (voy. Théodoret, II, 6; Sozoïnènc, IV, 27). Les sectateurs de Macédonius rencontrèrent dans Athanase un infatigable adversaire : celui-ci fit décréter au concile d'AIeiandrie (362) que le Saint-Eïprit n*était pas une créature ni quelque chose d'étranger à Tessence du Père et du Fils. Basile, Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse soutinrent l'opinion d'Athanase, et le concile de Gonstantinople (381), condamnant l'hérésie deMacédonius, précisa le troisième article du symbole de Nicée. (Addition à ce symbole:^, ay., xûp'.ov, to O-'^toiov, tô ex toj ■Tîarpoç ixzopeuoaevov, to c!<v T.xro\ xx\ uîo) <TuvTsoax'Jvoûa£vov. xa; «rjvûoxaîrôaivov. th XxXrTXv Six tûv -:&5TjTwv). Bien que le terme d'Jiomousie ne se trouve pas dans le symbole, l'égalité des trois hypostases divines y est affirmée avec une clarté parfaite. — Après Tannée 381, le dogme trinitaire fut développé encore et précisé, en Orient par Jean de Damas, en Ocddent par Augustin. Le premier, reprenant les idées des trois grands docteurs de Cappadoce, insista surtout sur l'unité de l'essence divine, afin de réagir contre le trithéismede quelques monophysite8(Jean Asku8nages,Jean Philoponus, Damianus, Pierre de Kallinicol (voy. Joh. Damasc, De hwr., p. 101 ss; Nicéph., XVIIl, io-49; XTII, V.l). La doctrine d'Augustin fit autorité dans l'Eglise latine et exerça une grande inUueuce sur la l'orme du dogme au moyen âge et jusque dans les temps modernes. La trinité des personnes divines eiprime les différentes relations dans lesquelles TEsprit absolu eDtre avec lai-même en se pensant. La mémoire, rintelligeneet la volonté ou l'amoar sont les moments particuliers du procès de la pensée divine et correspondent au Père, au Fils et au Saint-Esprit. L'union des trois termes est telle que chacun d'eux renferme les deux autres et que les trois ensemble sont égaux à chacun d'eux [trrs s'nniil .i t/itales sint/ulis). Cependant la subordination n'était pas encore absolument bannie de la tnnité; car, d'après Augustiu, c'est dans le Père que réside le principe
TRINITE
(le la procession df I Ksprit ; le Fils asansiloulo le pouvoir de faire procéder de lui le Saint-Esprit, mais c'est du Père qu'il a reçu ce pouvoir, (voy. Augustin, De I^initate tibri.XV, De Fide ad Petrum; cf. Ganganf, Dei heâ. Aug. $peeui,Lehrevon Gott als dem />meMit^en,l 865). — En 589 , le concile de Tolède ajouta au symbole de Nicée (rédaction de38l)li filioque, que l'Occident fut seul à adopter et que rejeta l'Efrlise grecque. — Les résultats du développement du dogme trinitaire furent ^lx•''^ <ian8 le symbole dit d'Athanase, rédigé m Espagne ou en Afrique et reproduisant la cout eption d'Augustin (voy. l'article At/ianase [synihole d ]). La doctrine qui y est formulée est appelée /ides catholica. Cette foi générale de l'Eglise, il faut la conserver entière et intacte, sous peine de la damnation étemelle ; elle se résume dans la doctrine deFunité de ressenoe divine et de la trinité des personnes divines : le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu, et cependant ce ue sont pas trois dira* c'est un seul Dieu (art. 15 et tO). Le Père n'a été ni fait, ni créé, ni engendré ; lo Fils n'a été ni fait, ni créé, mai? ongoiidré par le Pero seul ; le Saint-Esprit n'a été ni créé, ni engendré par le Père et le Fils, mais il procède de l'un et de l'autre (art. 20-:22). Et cependant, dans cette trinité divine, rien n'est auténeur ou postérieur, rien n'est plus grand ou plus petit, mais les trois personnes sont coéternelles et égales entre elles (art. 24). — Le symbole dit d'Athanase nous a conduits au terme du développement du dogme trinitaire. La rigueur dialectique avec laquelle le dogme est formulé excluait toute détermination ultérieure, puisqu'un seul mot, ajo\Ué ou supprimé, ouvrait la porte à l'hérésie. Aussi est-il inutile de poursuivre l'histoire de la doctrine ecclésiastique; cette iustoiro est nécessairement close, parce que le dogme est délinitivenient lixé ; Dans l'unité delà suhstance divine (où^t'a, ï'j'Ti;, essentia, subslantia^ riatura)^ il y a trois personnes (67co<rrâ9ei(;, Tcpôçwrrx. personss)^ le Père, le Fils, le Saint-Esprit; chaque personne {quod proprie subsùtit, dit la conf. d'Augsb. Art. 1) se distingue de Tautre par un attribut qui lui est propre (cSidry^Ci pmprit'tntrs /»'rsonale8); le Père n'est pas engendré (àyî^/^iTix , innasri/ji7l/fit] , le Fils est engendré par le Père (yivvTjrjtç) le Saint-Esprit procède du Père (doctrine grecque), ou du Père et du Fils (doctrine romainei {î/.t.ôç.vj'J'.^, t)(.r.i't.-l::;, pritcssio, spirntio). L'ensenihle de ces attrihuts immanents et éternels des trois personnes constitue leurs fonctions internes, o/^^/'a ad {/i//*a, distinctes de 1 activité qu'elles déploient en se révélant dans la création, la rédemption ou la sanctification, opéra ad extra. Cette distinction établie entre les attributs ou les fonctions immanentes des personnes de la trinité ne porte pas atteinte à Tunité de Tesseoce divine (vaoj'îiï, nwsubstantiaiitas) ou à l'égalité des personnes divines, dont la relation est si étroite que chacune d'elles existe tout CO^ tlbvp dans l'autre {-iz:/('^zr /niiiiiiiii'iitia). Tel est le dogme trinitaire, dans sa Inniie scolasti(jue, ollicielleinent consacrée par l'Eglise et rigoureusement précisée par les théologiens. Les confessions de loi des différentes Egliseschrétiennes sont parfaitement d'accord, avec la seule réserve du FUUique, Au concile de Florence (1439), on adopta une formule conciliatrice enseignant la procession du Saint-Esprit îx tod icstp^ 2i* uto9; mais elle fut bientôt abandonnée (voy. Conf, Orth,, p. L
Digiiizeu by LiOOgle
TULNITÉ
<fQ. 71: Catech. Rom., lib. I, par. {, cap. 3; Conf. Augusi., art, I; Smalc,, 1, 1; Zwingle, Fidei Jfatio, I; Kxpos. christ, fui., % 21-22; Ilelv. prtor., VI: /fflr. posfpr., II!; Cmif. yallic , VJ; Cal. Heidelb., 25 et 53; cf. Melanchthon , J^nci com.f dans les édit. j^ostéheures à 1535; loc. I ; Calvin, Jnst., I. 13).
III. Les essais de justificatio.n ou d'explication du dogme trimtaire. — Depuis les Pères de l'Eglise jusqu'à nos jours, l'apologétique a eu recours à des arguments, à des analogies, il est permis de dire à des expédients, par lesquels elle a cherché soit à expliquer, soit à justifier le dogme de TBglise. Mais telle est la rigueur logique du système orthodoxe que ces essais apologétiques eux-mêmes renferment des germes dangereux de dissolution qui pouvaient compromettro la doctrine qu'on voulait sauvegarder; en effet, le dogme triritairc étant un mystère à la fois supérieur et contraire à la raison décime, il est aussi hardi qu'inutih^ d'en appeler à celle-ci pour expliquer l'inexplicable; en outre, les analogies, les comparaisons, les exemples humains sont toujours insuffisants ou incomplets, pèchent par quelque endroit, déguisent le plus souvent la difficulté principale, donnent parfois aux formules ecclésiastiques un sens qui leur est étranger ou finissent par verser dans l'un des abîmes, modalisme ou trithéisme, entre lesquels le dogme officiel cherche à conserver Téquilihre. Il suffira d*un rapide examen pour s*en convaincre. — 1. Nous ne nous arrêterons pas aux analogies empruntées à la création matérielle et au monde sensible; les Pères de l'Eglise, les scolastiques, Luther et d'autres réformateurs ne les ont pas dédaignées: le lac formé par le fleuve et par la source du fleuve; le soleil, dont procèdent à la fois la lumière et la chaleur ; l'arbre, qui se compose des racines, du tronc et des branches ; la fleur, dans laquelle il faut distinguer la forme, la couleur et le parfum ; le triangle avec ses trois oétés ; le sceau, Temprehate qu*il laisse, et la ressemhlanee de Tun et de Taotre; l'œil, l'objet perçu et i*acte de la vision ; la lumière solaire qui se décompose en plusieurs couleurs, tous ces phénomènes peuvent servir à illustrer et à représenter d'une manière concrète l'unité de l'essence divine et la trinité des personnes divines. Il serait oiseux d'insister sur l iusuffisance absolue de ces expédients qui ne rendent comj>te (l'aucune des dinicullés du do^Mue et qui é^posent la reli^ii)ii chrétienne à être rabaissée au niveau des religions de la nature (Tertull., Apolog.t XXI; Lactant., IV, 29; Aug., De Trin., XI, 1, ss. ; XI, 2, 2; XV, 3, 5; Oessiod.,/» PsaAn., I; Joh. Damasc., J>e fide orth,, I, 8; Anselm., De pnem, Sp, êoneti contra Grœea8,ù. XY, XVI ; Abélard, Tkeot. christ. ^ IV, p. 1335 ; Nicetas Chômâtes, Thesaur.,c. XXX ;Savonarol., Tiiumph. trucis, 111, 6; Luther, éd. Walch., XXII, 372; Hahn, J^hrbuch des thristlichf^n Glauôens^ p. i225 ss. ; Christlieb, dcr christliche Gottesbe- Hri/f, 1867). L'Eglise elle-même n"a jamais attaché d'importance à ces iniages tirées de la nature physique : » \jà créature, dit .lean de Uainas, n'est pas une image adéquate de rimmuahie divinité ; » Thomas d'Acjuin aflirine qu'il suftit de soutenir que ce qu'enseigne la lui u'esl pas impossible (p. I, qu. 32, art. I). L'ancienne ortho&zie protestante se défiait même de ces essais de justification naturelle d*un mystère dont le ca-
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ractère suinalurel doit néci'ssaircinrnt <^lre contraire à la raison «>l»s( urcio par la rhnfo iQiuMistedt, p. I, p. 3\H>. Ne mentionnons que pour mémoire l'exeuiple invoqué par Abélard : les trois 'personnes, celle qui parle, celle à qui Ton parle, celle de qui Ton parie (Introd, ad iheoL, II, 12); cette analogie fournie par la grammaire foit manifestement dévier le dogme dans le gens du trithéisme ; aussi fut-elle condamnée par le concile de Soissons (ilâl). — 2. Plus sérieuse est l'analogie empruntée à la vie spirituelle de Thomme, à l'ànie et à ses diverses facultés : r'p^t l'arimnient psychologique. Augustin le développa avec iiu.prédilection particulière : la mémoire, 1 intelligence et la volonté ou l'amour, ces trois attributs ou lorces distinctes qui constituent i'unilé de ràmc humaine, sont Timage de la trinilé {Mens memmit stii, inleiUrgit Uy ditigii se ; si hoc cemimust trinUatem eemtmus, De TWn., XI, 5; XY, 21 ; IX, 18; X, 8, 9, 11). Cette preuve psychologique eut un grand succès et fit autorité pendant tout le moyen â^. Quelques seolasiiques y eurent recours en la modifiant de différentes manières sans que le fond même de l'argumentation fût changé (Anselm., .1/ono/., '.i2, AH, i9. 57; î.onil)., Smfenf., lil». I, dist. 3, r> ; Alex. Uales, p. I,
qn. 27, membr. 2; Thoin. \t\., Sum., p. I. qu. 27, art. 5). Abélard, en suivant cette voie, aboutit au modalisme, puisqu'ai^x différentes facultés de Vàme il substitua des qualités ou des vertus (AI>., Tkeol. christ,, IV, 11 : « Pater ex potentia dietus, FHùu ex sapien» tiOf et Spiritus sanetus ex benignitate »). Cet essû psychologique fut repris par Mélanchthon qui, dans ses Xort de 1521, avait sommairement écarté le dogme trinitaire, trop étranger aux vérités religieuses remises en lumière par la Réforme ; cependant Irs attaques des antitrinitaires ainsi que les exigences de la science tin ^logique et les besoins du système, le dcterininèrent à admettre la lioctrinede la Irinité dans les éditions postérieures de ses Lori (à partir de 1535). Son argument) tion n'a rien d'original ; elle reproduit dans ses traits essentiels l'analogie psychologique invoquée par Augustin et que Mélanchthon, suivant d'ailleurs les traces du Père de l'Eglise, élargit en lui donnant une portée spéculative {Corp. /irf., XXHI, 235; XXV. 19; XV, 1274 : « In anima sunt mens ipsa, rogitndo pt motm. ^-Eternus Pater est veluli mens, FIlius iinnf/n Pntrts cogitnthnh f/e)nla, Spiritus snnrfiis fit rnofns : » cL llerriinger. />»> Thmlofiip Mn/fim /tt/tons, i87î), p. 17i-iS2:. Cet expédient apologétique, iinii(|ué aussi par le catéchisme romain I. :î. 3, § 35, édil. Danz) et renouvelé non sans originalité par les réformés Keckermann [Sgst. saer, theoL, I, 2), et Momay (De ta vérité cArétienne^ ch. V) fut blâmé par les dogmaticiens postérieurs ; Schener et Quenstedt surtout, se défiant de toute tentative d'une explication philosophique de la trinîti^, condamnèrent très sévèrement ce qu'ils appelaient les rêveries de Mélanchthon, somnium PhlUppi^ soînnium stulfx rationh ff philositphiœ. Il eût été juste, ct>pendant. «le rappeler que Mélanchtiion lui-mènie n y attachait pas une iniporlance considérable et que .sa foi, d'un caractère essentiellement éthique et religieux, no reposait pas sur la base d'une argumentation purement philos(q)lnque (voy. Corp. IU(., XXI, 606, 612). —3. Saint Augustin déjà joignît aux
TRLMTÉ
analogies psychologiques dont il a été question un argumont mystique déduit do la nature de l'amour : le sujVt aimanf. ID^jot aiinô ol la communiou qui unit l'un et l'autre, correspondent au Pito, au Fils et au Saint-Esprit {/Je r/ //<., V1II.8 :« Vides (rmitateiHySi cnritatcm vides, » IX, 2: v.( nm (i/hjuul amo. tria simt : er/o, et quod amo, et ipse amor »). Celte idée est à la base de la construction triuitaire de Richard de Saint-Victor (De THr., III, 3 ; III, 14), et elle a reprie faveur de noe jeun auprès d'un grand nombre de théologiens qui l'ont développée sous différentes formes : Dieu, qui est amour, ne trouve pas dans le monde fini d'objet digne de cet amour et qui puisse y répondre parfaitement; or, l'amour divin exige un objet absolument digne de lui et qui le paye de retour; cet objet de la dileclion éternelle de Dieu est le Fils qui, en conséquence, doit «.Hre éternel connue le Père. Knfin, la communion ineffable du Père et du Fils se réalise dans une tr^i-ieuie per.-^onne, lien vivant, éternel, indissoluble des deux autres, le Sauit-Esprit (J. Millier. Le/ire von der Sûnde, 3" édit., Il, 18i; Schœberlein, Die GrumUehren des Ileils tntwicMt ma dem Prmzip der lAehe, 1848, p. 22 ss. ; Liebner, JHe ehrisiliehe Dagmatik au$ dem ehrittoL Pfinxip, 1848, 1, 108 ss. ; le même, Jakrà. /I deuttche TheoL, 1836, 1; Setrtorius, Die Lehre con der heiligen Llebe (éd. de 1861), p. 6-19; cf. Domer, System der ckristl. Glaubenslehre, 1879, I. '101 ss.). — 4. 11 reste à mentionner un dernier essai tenté pour légitimer le dogme devant la raison, l'essai spéculatif. La construction spéculative de la trinité a été entreprise de dif- Prenlos manières; on lui a donné tour à tour une base psychologique, loiri.jut' uu mystique; le plus souvent cependant srs auteurs ont procédé a priori et ont déduit la nécessité de la trniité de l'essence même de Dieu. L'essai du théosophe Bœhme est un amalgame d'idées bibliques et de rêveries panthéistes et naturalistes {Mwrgenrmthe^ III, VII» XXIII; Mysterium, magnum, VII); celui de Poiret tient à la fois de la spéculation et du mysticisme ((Économie divine, .\m8t., 1687) ; celui de Lessirii: e>t plus rigoureusement spéculatif (fSrziehung des Menschenge." srhh'rht$f^l3; dos Christenthum der Venwnft,^ 1-12). Plus important est l'ouvrage publié par Leibnitz en 109.'] : Ihnntirques sur le livre d'un nniitrinitaire anglais, qui contient (h's nnisidéraUuns sur plusieurs explications de In Trinité : « Je ne trouve, d*it Leibnitz, rien dans les créatures de plus propre à illustrer ce sujet que la réllexion des esprits, lorsqu'un même esprit est son propre objet immédiat et agit sur soimême eu pensant à soi-même et à ce qu'il &it. Car le redoublement donne une image ou ombre de deux substances respectives dans une même substance absolue, savoir de celle qui entend et de celle qui est entendue : Tun et l'autre de ces êtres est substantiel, l'un et Fautra est on concret individu, et ils diffèrent par des relations mutuelles, mais ils np font (lu'une seule et même substance individuelle absolue. » Out'l.juo< disciples de Leibnitz et de Wolf, entre autres Carpzuv. Daries, Canz, Uru>cb, marchèrent sur les traces du maître. — Cependant les théories spéculatives les plus intéressantes datent de notre siècle et doivont leur origine à l'influence de la philosophie allemande ; elles procèdent notammeut de Schelling et de Hegel. L essai de Scbelling est manifes-
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tement ciiipivint d'un it iiitluMsino gnostique : la triiiit»', c est Dieu se coiiteiupUint lui-inêine ot éiiianaiit de lui-iiuMno. Los idées de Schilling' furent développées par Hegel avec une dialectique plus s<>vère el plus puissante. Hegel exalte la profondeur spéculative du dofj^uie de la trinité. Selon lui, la doetrine ecclésiastique traduit sous la fonne de la représentation, de Timage, du symbole ( Vtn'iteUung) la vérité que la philosophie possède à Tétat d'idée pure {Begriff), Cette vérité, que Hegel prétend dégager des formules orthodoxes ii'i- si autre que la substance mr^ine do l;i philosophie hégélienne. L'absolu traver-e trois nionients essentiels; celui de l'Idée en soi est le rèirne du Père, de Dieu encore considéré comme idée ahstr.iile et anlérieure au monde réel ; cependant l'idée tend à sortir d'elle-iuéme, à s'objectiver, à se réaliser à travers d'innombrables négations : le second moment, celui du déféloppement de ridée dans le monde correspond à la seconde personne de la trinité, au Fils; enfin, de même que Hdée ne doit pas demeurer à Tétat d'ab* straclion. mais se donner un contenu objectif, de même le monde est destiné à être de nouveau saisi et pénétré par l'Idée; il en résulte que ridée et le monde tendent de nouveau h se rencontrer et à s'identitier ; cette synthèse de l'idéal et du réel, ce moment où l'absolu arrive à se connaître comme esprit absolu à travers l'épanouissement des choses Unies, correspond à ce que l'Eglise appelle le Saint-Esprit. Ces tours de force spéculatifs, ces jeux de mots qui ne profitèrent ni à la sdenee ni à la foi, furent pris su sérieux par les théologiens de la droite hégélienne, qui s'imaginèrent avec candeur trouver dans Hegel des explications propres à confirmer le dogme ofliciel : Dieu, conçu comme sujet absolu, est le P^re; Dieu, s'opposant lui-même à lui -même comme objet, est le Fils; Dieu, identique à lui-même comme sujet-objet, est le Saint-Esprit. Ce syncn lisme aussi stérile qn'artilieiel, parfaitement sincère chez Daub, Marheiiieke, (iœschel et d aulres disciples de Hegel, fut ruiné par Strauss qui persifla les illusions des auteurs de cette orthodoxie factice et en dévoila l'irrémédiable impuissance (voy. Schelling, Meih, d. akad, Stud.^ p. 184. 192 ; Hegel> BeligiomphUoiùpkie, œuvres compl., XII, ISCi; Marheineke, (rrurtrf/. d. Dogm., 12.] ss., 174 ss., 254 ss. : Daub, tL inleit, in d. Dogm., 65 s-^ , rncschel, Beitrxge zur spem/atir, ven Philosophie: von fio/t utitt don Meiist h*'n unrf mtf fient (intttnensrhen. 1838; Weissf. IHr Idef f/rr r/nf/hrif , {H'Ml \ i.l.. Zur Verth'.idufun'i des Ji(U/ri/fs (h;r ininian<!nh.'n W esenstrmitu't , Stud. u. Arit., 1841. H. i; lA.y Philosophische Doymaliky 1855-18bi; Strauss, Christl. Glauèentlehre, § 33). — Tels sont les dififérents essais tentés pour justifier ou développer sdentiflquement le dogme trinitaire. Nous n'avons pas la prétention d'avoir épuisé la liste des différentes théories mises en avant de nos jours surtout; il importait seulement d'indiquer les points de . vue généraux de rap<dogétiqne et les méthodes auxquelles on a eu recours pour défeiidn* la doctrine onii it'llt\ Parmi les essais (jo'il y înirait lieu de lueiitionner « iicore. les uns deinand(înt le retour pur et simple aux Ecritures, interprétées ct'priidant dans le sens traditionnel; d'autres se rapprochent eilectiveuieut du dogme de l'Eglise pris dans sou acception primitive; d'autres enfin continuent à donner bwl formules de
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Taocienoe orthodoxie une portée philœofkhique et une signification spéeulative qui leur sont positivement étrangères (Fiehte junior, E'mige Bemerkungen ûber den Vnterschied der immanent en und der Offenbaruugstnnitœt , Zeitschrift , 1841, H; Billrotli , /irligionsp/tlfnsnpbir . 1814; Zukjrigl , Wissenschaftlirhn Rechifertniung der cltriatlichen ïrinitu'isleht'e gegen ihre ncuesd'u (iegnev mit des. Riicksicht au f Strauss f 1846; Ulrici, l/eber den Begri/f der Trinitœt. Deutsche Zeittehift fur ehrittUehe WUtentehaft und ehristliehes Leben^ 4883, n«* a3-ii; Petp, art. Tnnitmt, dans Henog*8 RealencycL, XVQ. L'étude deSchleiermacher,dont il sera question dans le paragraphe suivant, ainsi ie chapitre consacré à la trinité dans sa dogmatique, suscita une controverse intéressantf rntre Liicke ot Nitzsch Stud. und A'n7.,i840- 1841). Disons onfin qiu' los princip;iux rt'préseiitaiits de la nouvelle orthodoxie cuni'essioimeile en Allemagne repoussent plus ou moins énergiquement toutes les constructions psychologiques ou mystiques, logiques ou spéculatives de la trinité : ils demandent que J'on parte de la trinité révélée dans Tœuvre de la créatioui de la rédemption et de la sanctification, et de la trinité historique ils concluent à la trinité métaphysique : si Dieu se révèle à nous sous une forme trinitaire, c'est parce qiie rettp forme trinitaire est inhérente à son essence méme(Thomasiu8, Chrisli Person und WerkA, 118; Philippi, A'irrhlicheGfaubenslrhrr, I, 117: Luthardt, Cotn/ifndium dc.r Dogmalik, §31; et", l'étude déjà citée de Boiiii'as, Revue the<d., 1878, p. 60).
IV. Les adversaires du dogme officiel. — Il serait trop long de raconter en détail l'histoire ^ attaques dont le dogme de la trinité a été Tobjet, surtout depuis trois siècles. Nous nous bornerons à rappeler les principaux adversaires du dogme et à résumer brièvement les objections formulées par eux (voy. les art. Antitriniimrei, Unitaires). Il faut mentionner d'abord le groupe des antitrinitaires allemands et néerlandais, dont la plupart se rattachent plus ou moins directementàTanabaptisme du st'izièine si»*cle, Conrad in Gasscn, lletzer, Denck, Kantz, Sébastien Fraïuk, Claudius de Savoie (surtout à Berne), Campanus, Joris. Quelques protestants italiens réfugiés en Suisse, et dont plusieurs séjournèrent plus tard en Pologne, mêlèrent parfois à leurs objections critiques contre la doctrine officielle des rêveries et des spéculations hisarres : Ochino, Gribaldo, Alciati, Blandrata, V. Gentilis, Stancaro. Plus célèbre que les précédents est le médecin espagnol Michel Servct, qui dut eipier par la mort ses hérésies antitrinitaires. Le don^me ecclésiastique rencontra des adversaires bien plus dangereux mcore chez les sociniens et les arminiens, qui l'attaquèrent au nom de la raison et des Ecritures. Le rationalisme reproduisit les objections des sociniens et des arminiens, sans que les supranaturalistes eussent le courage ée défendre la doctrine officielle dîans sa formule rigoureuse et définitive. — Celle-ci fut soumise par Schleiermacher à une critique vigoureuse et serrée; cependant, il y aurait quelque injustice à ranger Schleiermacher purement et simplement parmi les antitrinitaires. En effet, nul mieux que lui n*a mis en lumière les racines religieuses du dogme, nui n'a formulé plus nettement les termes du problème théolo-
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gique qui s'imposait k la foi Ue l'Eglise, nul n'en a mieux saisi le sens et mesuré la portée. La «olutioii r[n\] propose ne saurait toutefois satisfaire ceux qui u'accejttt'nt pas sa uiétliode dof^malique et son point de vue j-i» lu'ial. (logniatiqut' n'étirat pour lui que la description et l'explication des phénomènes de la conscience chrétienne , il est naturel qu'entre ses mains le dogme trinitaire dut se transformer, i^reudre un caractère différent de celui qu'il avait dans le système orthodoxe* et occuper une autre place que celle qui lui était assignée généralement. La conscience rdigieuse, ne dépassant pas le domaine de rexpétieoee immédiate, n*a ni la prétention ni les moyens d affirmer-quoi que ce soit sur ressenee divine prise en elle-même. De l'impression que lui laisse la personne du Christ, elle ("(inchit à l'union de Dieu avec l'humanité en Jésus-Christ; des etlels divins produits au sein de l'Eglise chrétienne, elle remonte à leur causalité également divine, c'est-à-dire à 1 jeuvrc (jue Dit'U accomplit par son esprit dans l'humanité. I nion parfaite de Dieu avec Jésus-Christ, présence et action de l'esprit de Dieu dans la communauté chrétienne, voilà les faits qu'affirme la oonsdenee religieuse, parce qu'elle en a éprouvé la réalité et la puissance; mais elle ne saurait aller au delà : tianformer ces &its de Texpérienoe subjective en réalités objectives, les élever à la hauteur de relations immanentes dans Tétre divin, les ramener ù des personnes distinctes constituant l'essence unique de Dieu, c'est sortir de l'enceinte dans laquelle est fatalement enfermée la conscience chrétienne, c'est franchir les limifes impnséesii notre connaissance religieuse, c'est sulislituer la spéculation et la métaphysique à la reli'jion et à la fdi. C'est dire qu'en déhnitive Schleiermacher s'en tient a la triuilé de révélation et qu'il sacrifie la trinité d'essence. La trinité des manifestations divines est pour lui le résumé de l'œuvre du salut, qui se réfléchit dansles expériences de la conscience chrétienne, se sentant dépendante- dn Père, qui lui a révélé le Fils, par l'action de l'Esprit. Cette conception essentiellement subjective de la tiinité historique explique- la place que lui accorde Schleiermacher dans sa dogmatique: tandis que pour la droite hégélienne, dont la spéculation a />r/on part de l'absolu, le dogme trinitaire fornie le fondement du système dogmatique, ce dogme est, aux yeux de Schleiermacher. non pas un simple appendice (comme le dit M. Lichtcnberger, Hist. dt-s i(lr>'s relig, en All.y H, ii!0), mais le couronnement de tout l'édilice : il ramène à leur unité et exprime dans leur ensemble les expériences reii- ' gieuses iiittes par la eonscience chrétienne sous l'impression de la rédemp* tion et de la régénération (Schleîennacher, SimAensMirt^ § 170-172; id., Uebéih ém Gegematz der sabellimischen u der athanatùtmaehiBn Vor^ tellung von rfer Trinit:et dans la Theol. Zeitschrift de Schleiermacher, De Wetle u. Lûcke, iH±2, III; cette étude, dans laquelle l'auteur justifie historiquement la préférence qn il accorde à la trinité économique, se trouve dans les (jL'ucres ro/nplf-tps de Scli., V part., vol. II, p. 485-574; cf. Al. Schweizer, (Itristl. Glaubendehe, % ; Hase. /ivang. prol. Dogmatik, §2i i). — En Angleterre et en Amérique il s'est formé un parti asse^ nombreux qui, sous le num d'urn/a/re, rejette le dogme ofllciel de la trinité. M. Réville (art. Ant'Urmitàires, I, 386}
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pFace à côté de runitarisine anglo-anirricain « la tendance connue sous le nom de protestantisme libéral, » collo-ci et celui-là ayant tMii|irunté aux socinieijs beaucoup de leurs idées et de leurs criti(|ucs. Kn Allemagnë, bon nombre de libéraux repoussent la dénomination d'unitailes; l'an des ebefo du parti, M. Sehmidt, profesBeur à Bàle, ayant sottteou dans une conférence publiipie que runitarieme était Tun des peints fondamentaux qui séparaient les libéraux des orthodoxes, d'autres coryphées de la fraction libérale de la théologie allemande repoussèrent cette assertion ; M. Plleiderer, notamment, Téminent auteur de la Philosophie de la ReligWm (1 878 , affirma que Tunitarisme n'était pas un projçrès, mais un retour pur et simple à une notion de la Divinité inférieure à la notion chrétienne, r est-à-dire un retour à la notion juive et à la notion païenne ; cependant, le dogme ofliciol n'a pour M. Plleiderer, qui procède de Hegel et de Biedermann, qu'une valeur symbolique, et ce n'est que dans ce sens qu'il a pu j ustifier Tadoration dont le Christ est l'objet (voy. les documents de cette intéressante controverse, Prot. Kirehemei" tung, 1880, p. 449 ss., 524 ss., 585 ss.; Yoyes aussi Pfleiderer, Grundrm .derekmtl, Ghubeiisiehr cherVm, 1880. § 1J8^123).— :2. Il nous reste à résumer succinctement les objections élevées contre la doctrine triuilaire par les adversaires que celle-ci a rencontrés depuis le seizième siècle jusqu'à nos jours. L'3 dogme a été attaqué au ni>m de l'Ecriture sainte et de riiîstoiro des dogmes; il a été ensuite examiné en lui-même et l'on y a signalé des contradictions internes qui le rendent inacceptable. Sans doute, le Nouveau Testament nous parle du Père, du Ris et du Saint-Esprit ; mais son enseignement ne difl^t-il pas de cdai de l'Eglise? Aitribue-t-il la divinité métaphysique et hipréexistenee étemelle au Fils de Dieu, qui serait par conséquent absolument égal a« Pfere? Gonçoit-il le Saint-Esprit comme une personne distincte du Père et du Fils et procédant de l'un et de l'autre? C'est ce que Ton conteste, et il est évident que la négation de la divinité de Jésus-Christ et de la personnalité du Saint-Esprit emporte comme conséquence nécessaire la uégatioude la trinilA elle-même dans le sens que l'Eglise attache à cette doctrine. D'ailleurs, alors même que les éléments de la doctrine trinitaire se trouveraient dans le Nouveau Testament, les écrivains sacrés nous parlent de la trinité révélée dans ses rapports avec Thistoire de notre rédemption, non pas de la trinité en soi et considérée en Dieu même; mtf s*ilt se taisent sur le rapport immanent des personnes divines, ne faut-il pas en conclure qu'il y a une diCTérence sensible entre la triade religieuse de la révélation chrétienne et la trinité spéculative de la métaphysique ecclésiastique? — L'histoire de la lente et laborieuse formation dn dogme est. en outre, alléguée comme une critique décisive de celui-ci; il suffit, dit par exemple Strauss, d'en décomposer et d'en examiner les facteurs pour en achever la ruine : sididaire de la christologie, il tombe avec elle, et les indécisions qui enveloppèrent longtemps des points essentiels de la doetrine prouvent combien peu edle-ci est auloiiiée à en appeler au consensus de l'Kglise. La formule olAdelle du symlnle dit d*Athanase n'a pn être fixée qu'au prix d'efforts ektrsordi- ' Bsires pour neutraliser Tune par l'autre les hérésies opposées qu'il
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8*agiMait de combattre. De là le eaiiactère purement négatif, formel, abstrait dtt Cretfo d^Athaoase, qui, malgré son luxe de distinctioiii et •d'antitbëses, ne renferme qu*an contenu positif extrêmement psans
et na de valeur que par ses négations et ses limitations ; dès que Ton cherche à saisir et à fL\er le fond positif du dogme ecclésiastique, on vient échouer contre l'écuril du inodalisme ou contre Cflui du trithéisme, entre h^squols lu théologie chorche à naviguer pénihlement avec lo danger permanent d'un désastreux naufrage. — Enlin, si l'on considère le doLTine en lui-même, que de dillieultés inextricables! que d'in?ohibles eoutradictions I N'y a-t-il pas une antinomie llagrante à admettre que Dieu e-t un et est /roi»? Malentendu, disent les triuitaires, car ce -n*est pas dans le même sens que Dieu est un et qu'il est trois. Maisalon, dans quel seus Dieu est-il un et dans quel sens est-il trois? Gomment soutenir la distinction et l'égalité absolue des trois personnes dans Tessence identique et inaltérable de la Divinité? La génération du Fils par . le Père n'iniplique-t-elle pas la subordination du Fils au Père? L'idée d'une génération éternelle ne reufermo-t-elle pas une contradietifui dans los lermes? En quoi l'acte de la génération du Fils dillcre-t-il de I acte de la procession de l'Esprit ? Le Saint-Esprit, (jui procède du Père et du Fils, peut-il être égal au Père et au Fils? Que si I on se retranche derrière le caractère surnaturel de la doctrine, si ou en appelle à notx« ignorance et qu*on cherche à terrasser les objections en soutenant que le dogme est un mystère, n*estrce pas là une arme dangereuse et qui peut se retourner contre ceux qui la manient avec tant d'assurance? Car enfin, si nous ne pouvons sonder les profondeurs de l'essence di\ lue. n'y a-t-il pas lieu de condamner les méthodes et les procédés de 1 orthodoxie? Celle-ci, abandonnant le terrain de la révélation historique et de l'expérience clu-étienne, n'a-t-elle pas précisément la prétention de nous initier aux mystères de la vie divine, d'en lixer les relations essentielles, d'eu préciser les modalités internes? De quel droit trausforme-t-elle les données de la révélation évangélique et les expériences de la couscieuce chrétienne en axiomes métaphysiques, exprimant des relations esscniielles et immanentes en Dieu? Enfin, n'esta pas méconnaître entièrement le caractère moral et religieux de l'œuvre du salut que de foire dépendre ce salut de l'admission d'une doctrine qui, dans la formule précise qu'on veut imposer à l'intelligence, relève exclusivement de la théologie et non de la religion? Ti'Iles sont les principales objections formulées contre le dogme ol'ticiel depuis les sociniens et les arminiens jusqu'à Schli'i<Tmacher et à l école critique de nos jours {Caf. roc, qu. 71, 78, 80, 84; F. Socin, Christ. fjn'vissim. insL, dans la
Bibliolh. fr, PoL, I, 651 ss. ; Crell, De uuo Deo paire, I, 1-3; II, i-2, dans la BibL fr, PoL, tom. V; Conf. remorutr., c. 3 ; Episcop., Inst.^ theoL, IV, S, 32; limborch, Theol, christ., II, 17; Glarke, The zcrijh ture dccirine of the trinity, 1718; 3* éd. 1732; Whiston, Primitive ehristianilyrnvi'ced, 1712, tom. I et V; Tœllner, 7%eo/. Untersuchungm^ 1773; Wegscheider, § 8'J, 9:2; Chenevière, J)u système théologique de In Trinité, Gcnhyo et Paris, IS.'il : outre les ouvrages cités de SchleiermacUer, Uase, bciiweizcr, Piieiderer, voyez Slrau^, Die chritil, Glan^
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h''n<lchre. § 32; Bicderiiiann, Chrisfl. Dngmatik, § 412-417, 611-616; Lipsius, Evaug. prot. Dogmatik, § 355-368).
V. Conclusion. — La tâche que nous impose cet arti»*le, dont nous ne poaTons à notre gré étendre les limitai, consiste uniquement à retracer les grandes lignes da développement du dogme trinitaire, à en mentionner les défenseurs et Vh adversaires, et à orienter le lecteur dans le* nste champ de Thistoireet de la littérature théologigue. Qu'il nous soit permis, cependant, de dégager de l'exposition qui préct'de les enseignements qu'elle renferme et qui doivent inspirer tout théologien animé de la courageuse et louable ambition de contribuer à la solution du problème proposé. C'est faire preuve de légèreté et d'ignoranre (jne d\'^carter sommairement le dognie trinitaire et de n'y voir qu'un amas de subtilités alexandrines et de torinules contradictoires, jetant un audacieux défi à la raison, et n'ayant aucun intérêt religieux par lequel il poisse se recommander à la conscience ou au cœur. Une .étude attentive €t indépendante a pu nous convaincre, au contraire, que le problème auquel la théologie officielle a essayé de répondre lui était suggéré par la révélation chrétienne et par la conscience de l'Eglise. Quels sont les éléments de ce problème, c'e-t-à-dire les données fondamentales de la révélation évangéliquo et les expériencos positives delà piété chrétienne? Nous l'av.ins iiiontr»'' au (bdiut de cette étude, et c'est de ce point de vue que nous avons rar(»nlt' l'histoirr du dn^me de la trinilé. Ce do^rmc, comme toute doctrine chrétienne vraiment digne de ce nom, a sa racine dans le sentiment chrétien, dans Texpérience chrétienne mise en contact avec le Tait antérieur et supérieur d'une manifestation divine au sein de l'humanité. Union de Dieu avec Thumanité en Jésus-Christ et par le Saint-Esprit, voilà la révélation divine, affirmée par la conscience chrétienne en vertu d'une expérience que la science n*a pas créée, qu'elle ne saurait ni démontrer ni réfuter, et sur laijuelle la critique n'a pas de pris»'. Ces faits objectifs et ces réalités intimes, la théologie s'en empare et cliprche à leunlonnor nue forme scientifiijue, car la tlié(do<:ie chréti' inio n"(»st que la foi chrétienne se prenant elle-même coinnie objet détude t't se transformant en science. C est dire que, pour formuler scientifiquement le fait qui est à la base da dogme trinitaire, il faut prendre son point de départ, non pas dans l'essence divine considérée en elle-même, mais dans les données historiques de la révélation et dans les expériences intimes de la conscience chrétienne : à la méthode d^ duetive et a priori il faut substituer la méthode inductiveet a posteriori. Tout essai de construction du dogme qui ne repose pas sur celte base peut présenter un intérêt philosophi<jue et faire honneur à l'esprit spéculatif qui la créé; niais il ne saurait être considéré comme une manifeiîtatiiui fidèle et véritahb'ment sincère de 1 1 pensée théoloj,M(]ue travaillant exclusivement sur les données chrétiennes. La théologie oflicielle a-t-elle procédé ainsi, s'élevani du fait à l'idée, de l'effet à la cause, de ToBuvre divine à l'essence divine? A cette question, l'histoire répond négativement. Lss analogies physiques et psychologiques, les essais mystiques ou spéculatifs imaginés pour just^er ou illustrer le dogme, lépondeot moins encore au canon que nous venons de formuler, et qui
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est déduit de Tobjet même de la théologie chrétienne. — Mais si la mé^ thodé à appliquer n*est pas douteuse, quels seront les résultats fournis par elle? L'idée chrétienne de Dieu se distingue à la fois de la notioa juive et de la notion païenne, en ce que son caractère essentiel nous a été ré?élé par Jésus-Christ, e'est-è-dire non seulement par son enseignement, mais surtout par ?{i personne, par sa conscience roliiriouse : en Jésns-C'hrist. Dieu se révMe à nous roinnie notre Pt-re, et S.iint Kspril rend t »' i nuirai a ^'^e à noliv esprit (jue nous sommes entants de Dieu. Dieu se manifestant à l'humanité en Jésus-Christ par le Saint-Esprit, voilà lu substance de la notion chrétienne de Dieu. Aussi l'expérience chrétienne ianiène-t*elle le salut à ce triple fiMteur, le Père, le Fila, le Saiot- Bsprit, dont elle affirme à la fois les activités distinctes et Tœuvre communei Dès lors, il est incontestable que la conscience chrétienne, éclairée par la double lumière de l'Evangile et de re.Kpêrlence intime, est autorisée à admettre une trinité économique ou historique. GeUe-ci, en efTet, est l'expression complète de l'œuvre du salut, dans sa conception idéale, <lans son acconipiissrtiicnt id^joctifet dans sa réalisation intérirure et permanente. Kst-il iii ( ( S-airc est -il possible, est-il permis d'aller plu? loin? Cette disliiictiou triuitaire n*a-t-elle de réalité <ju*au point de vue des rapports de Dieu avec le inonde, ou est-elle une distinction absolue, éternelle, inhérente à l'essence divine? La réponse à cette question dé* pendra nécessairement, d'une part, de la signification et de Tautorité que Ton attache à renseignement biblique, d*autre part, de Tidée que Ton se fait des conditions de notre connaissance de Dieu et des choses divines. Si l'on conteste que le Nouveau Testament enseigne la divinité métaphysique du Fils et la personnalité distincte de l'Eïiprit. ou si. tout en accordant que lo quatrième évangile au moins attirme l'une et l'autre, on refuse à e t évaufiile une autorité normative en matière dogmatique, on a enlevé au (louiiio de la triiiilé immanente ou ontologique sa base scripturaire; d'un autre côté, si l'on refuse à l'esprit humain le droit d'affirmer la réalité objctive de notre connaissance de Dieu, si l'on accorde une valeur purement subjective à toutes les for^ mules par lesquelles nous essayons d*exprimer le divin, il est évident qu'il ne nous est pas permis de transformer les affirmations de la conscience chrétienne en axiomes métaphysiques exprimant des relations essentielles et immanentes en Dieu (Schleier mâcher, Técole néokantienne}. Sur ces deux points, la théologie conservatrice se sépare de la théologie critique, M. Bonifas s'est fait l'interprète, aussi modéré qu'éclairé, de la solution ortiindo.xe, qui croit pouvoir rnni-lure que la doctrine trinitaire enseigné»' dans l'Ecriture a uuo portée iiiétapiiysicju»^ incontestable. Dans les passages Jean I, i ; 1, 18 ; XVI, 13-14; 1 Cor, II, 40 S8. ; Matth. XXVIII, 19, il est question, dîit-il, non pas geidement d«s rapports de Dieu avec le monde, mais aussi de Dieu considéré en luimême. « Quand même, poursuit M. Bonifas, on réussirait à démontrer ^*il ne s'agit dans ces passages que de la trinité révélée, nous nous croirions encore autorisé à affirmer la trinité métaphysique. Lap^enîi^^e, en effet, conduit nécessairement à la seconde. Celle-ci est virtnclltMiienl et logiquement impliquée dans celle-là. Si Dieu se manifeste à nous.
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TRINITÉ - TRIPOU 231
<Jans l'histoire de notre saint, ronimo PtM-e, ronimi^ Fils et i-oinmo Suint- Eiïprit, il faut bi<'n (ju'à ci'lte nianifpstatioii triuilain' corrospondc (jiielque chose de réel en Dieu. Prétendre que Dieu n'est pas toi on lui-même quil se révèle à nous, ce serait dire que la réTélation d est pus véridique, et que Dieu se cachb et se dérobe à nons par l'acte même qui a pour but de nous le montrer tel qu'il est. Une telle affirmation, outre qu'elle ferait injure au caractère et aux perfections de Dieu, contredirait Tidée même de la révélation. La Bible, d'ailleurs, n'ensei^e-t-elle pas que Dieu, dans la révélation, nous révèle sa propre essence ? L'essence de Dieu, d'après Ki Bible, c'est l'amour, et c'est parce que Dieu est amour, que Dieu a voulu se révélor. Et (|ue révMe-t-il de lui-même, sinon son amour? L'œuvre admirable He notre salut n'est-elle pas, comme l'œuvre de la création, la suprême manifestation de lumour divin? Ainsi, nous retrouvons dans la révélation divine l'essence môme de Dieu. Si donc Dieu se révèle à nous sous une fbrme trinîtaire, nous pouvons affirmer que cette forme trînitaire est inhérente à son essence même, et que e*est parce qu'il est le Dieu Père, Fils et Saini-Biprit, qu'il est le Dieu amour, le Dieu vivant, le vrai Dieu » (Hevue théologîque, 1878-1879, p. 60).
Bniuofin.vPHiK : La plupart des études et des monographies concernant le dogme trinitaire ont été citées dans 'cet article. Nous ])ouvons <ionc, en renvoyant aux manuels de théologie biblique, d'histoire des dogmes et de dogmatique, nous borner à citer encore les ouvrages suivants : Baur, hintwickelungsgeschichte von (ter Mitnscliwerdumj Golles und der Trinitxt, 3 vol., 1841 845 ; Meyer, Die Lehrevùn der Trinitmt in iher historièehen Entwichebtng , 1844; Eck, Etude sur le dogme de la trinité diaprés les données du Nouveau Testament^ Strasb., 1859; Knhn, Dreieimgkeitsiehre, 1857; Oischinger, Die christ fiche Trinitœtslehre, 1850; Sartorius, Apologie drs I ArtikeUder Augsh. Conf., 1853; Hom, Versuch eiiier Enlwickelung der immanenten Trinifxtslehre, 1839; nouv. édit. 1862; Sack, Ueher die katerhf'tlsrhe Bf'handlung der Lnhre von der Brririnif/keit {Stud. ti A'rit., 18^ii, 1); Dorner, St/sfnn. der christ/. GianOr/ish'hrej 1879, I, XlO-AAl. — Voyez, en outre, Bossuet. hlévations sur les jngstcres; l). Encontre, Lettre à M. le professeur Combe-Doumus, 1811 ; le Semeur, tome V (1836), 85; Oaers, Le Si^-Esprit, étude dœtrùM^ et pratipte sur sa personne et tur son œuvre, 1865 ; Bonet-Maury,/3ief origines du christianisme unir taire ekez les Anglais, Paris, 1881. P. Lobstein.
nUPOLL La partie occidentale des anciens Etats barbaresques a longtemps formé, sons le nom de régence de Tripoli, un Etat nominalement tributaire de ia Tnnpiie, mais dont la souveraineté n'était pas en fait Contestée par le sultan. Depuis 1835, la Porto a ressaisi son ancienne autorité sur la régence, qui n't^st plus qu'un vilayot de l'empire, comme toutes les autres provinces turques. On aurait donc pu se dispenser de consacrer un article spécial à ce pays. Mais comme beaucoup de personnes ont encore l'habitude de considérer la' Tripolitaine comme un Etat indépendant, il a semblé utile de dire quelques mots de sa statistique religieuse. La population de ce pays est très diversement appré-
232 TRIPOLI — TRTSAGION
ciéc ; los /'valuations «les mpilleurs aut«M)rs variont ontro 500, fKX) et 1.200,000 àinos; c'est qiir, d'une part, il n'y a jamais eu dans re pays de recensouieut ré}rulier ; de l'autre, les limites méridionales du pachalik, du càUt du désert, sont très instables, et certaines tribus peuvent être considérées comme indépendantes ou comme soumises au pacha, suivant les années et la situation politique du moment. — Les habitants sont presque tousmahométans; rinvasion arabe du septième siècle n'a laisssé subsister aucune des anciennes Eglises que l'on retrouve dans plusieurs autres régions devenues musulmanes. Le chef du culte musulman est un mufti, que des liens, assez lAclies d'ailleurs, rattachent au cheik-ulislam de Gonsfantinople. Les juifs sont beaucoup moins nombreux à Tripoli que dans les autres pays barbaresques. On on compte tout au plus â à 3,(XK). Les chrétiens sont encore en moindre nombre. Comme nous venons de le dire, il n*y a plus de chrétiens indigènes. Quehfues Européens, Italiens, Maltais, etc., forment une commuauté catholique sans importance. Les autres dénominations chrétiennes ne sont représentées que par des individus isolés, mais n'ont aucune organisation ecclésiastique. Les tentatives missionnaires des catholiques sont restées stériles jusqu'à présent. Les protestants n'ont rien encore tenté dans ce sens à Tripoli. E. Vauciif.r.
TRISAGION (tc-ç 7v;ov). (Vest une formule de louanjie adressée à Dieu que l'on Irouvr dan> K^-aïc Yl, 3 : « Saint, saint, saint est le Seigneur, Dieu des armées ; toute la terre est remplie de sa gloire. » Elle est répétée dans TApot alypse {IV, 8). L'Eglise catholique l'a insérée dans la liturgie de la messe, après la pré&ce, immédiatement avant le canon, mais en la modifiant (« Saint Dieu, Saint puissant. Saint immortel, ayes pitié de nous »); elle ne la chante d'ailleurs qu'une fois dans Tannée, le vendredi saint, avant radoration de la croix. Elle est d'un usage jonrnalierdans l'Eglise grecque. Voici. d'aprésJean Ï)am.i9.cvne{/Je Fideort /iorf III, 10), l'origine de cotto coutume, 1^ ville de C nistantinople ayant été affligée, en iiti, d'un grand tivinbliMnent déterre. !epriij)le étant assemblé dans les champs avec le patriarche Proclus et l ompereur Théodose le Jeune pour irnplorer le secours de Dieu, on vit tout à coup un enfant s'élever dans les airs, où il entendit les anges qui chantaient le trisagion. Il revint peu après et dit au patriarche Proclus qu'il fallait chanter ce que l'on venait d'entendre. Tout le peuple répéta plusieurs fois le trisagion ; l'enfant mourut à l'instant et le tremblement de terre ces^a. Mais ce récit, qui a été transrois par l'évéque Acace, de Constaninople, à Pierre le Corroyeur, patriarche d'Antioche (voy, Mansi, Coil. ampl., VII, 1121), et dans une lettre <lu pape Félix au même, est en contradiction avec le fait que cette fornmle se trouve déjà dans les Constitutions ûf/nstnliqurs {\\\\, .'{S, éd. Cotelier). D'autres aiiteurs, en particulier Socrate (//<s/. ecc/., 0, 8), en ramènent l'introduction à Ignace, la psalmodie étant d'ailleurs le trait caractéristique du rituel d'Antioche (cf. Cyrille, Cateeh. My^tgaoQ.). Le plus Naturel est de mettre l'usage du trisagion en rapport avec les cultes dogmatiques qui ont agité l'Eglise d'Antioche A partir de la fin du troisième siècle. — Voyez Allix, DinerU de Trisagii onginè, Rouen, 1678; ffistoria trisagii^ Halle, i744; Til*
TRISÂGION — TUITHÊME 233
lemont, Mémoiresy XIV ; Le Quien, Remarques à C épîti'e de J, DamaS' rhfi de Tnsng'w ; Suicer, Thésaurus, 11, 310 ; Binf^liain, Orig, ceci., XIV, 2; Augusti, Drnhrûrdi'f/k., Y, 219; Walch, KetzerhistoHe, VII, 232 ss. ; Dorner, C/in'slolor/ie. lî. 155 ss.: Renaudot, LIter. orient.^ I, 228; Assemani. liibl. orient., I. H; Bunsen; Hippolytus, II; Daniel, Codex liturfjicus,l\ ; Lebrun,, Explic. delà Jttesse, II, 352.
T&ITHËME (Jean), savant théologien et historien, né à Trittenheim, prtede Trêves, en 1462, mort àWurtibourgen 1516. Pauvre et pieux, il s'enfuit de la maison paternelle, où il était maltraité, et suivit Técole latine de Trêves, soutenu par quelques personnes charitables. Après •fwr parcouru diverses contrées de l'Allemagne, il s'arrêta à Heidelberg, où Rodolphe Agricola, frappé de ses dons, l'initia à Tétude de l'histoire. Il prit l'habit de Saint-Benoît dans le monastère de Spanlioim, an diorèse dp Mayence, et, en 1483, prAce à sa piété, sa science et son zèle, il devint • abbé de ce couvent. Il le gouverna jusqu'en 1500, époque à hujucllc il s'en démit pour ôtre ahbé de Saint-Jacques de Wurtzhourg. Par ses soins, le monastère s'était relevé et accru d'une bibliothèque de plus de 2,000 volumes, parmi lesquels des manuserits précieux et quelques livres imprimés, très rares dans ce temps. Lui-même avait continué ses études, ne regardant pas au-dessous de sa dignité de se faire enseigner le grec par le savant Reuchlin. Par sa correspondance, il était en relation avec Wimpheling, Pirckheimer, l'empereur Maximilien, l'électeur palatin Philippe. Joachim, électeur de Brandehonrp-. le duc Ehnrhard <lr Wurtemberg. — On trouvera le catalop^ue complet et exact de ses ouvra}Ji;es chez Erhard, Gesrh. dfs Wiederaufhlûhens tvissensch. Bddung, Idagdeb., 1832, III, 387 ss. Ils se rapportent soit à la théologie, en particulier à l'ascétique et à le \ie monastique, soit à l'histoire de l'Allémagne, soit enfin à la philosophie seolastique et aux sciences naturelles. Parmi ses écrits théologiques, nous signalerons : 1* Sermoneêetexhor^ tatianet adMtmaehoSf Argent., 1516; 2^ Detripliei repme claustraliun etspiritualiexercitio Mnnachorum; 3* Derelif/ios'O'um sioe claustralium tentathnibus libri I/I; 4® De vanitate et miseriavitxàumanœ; 5** Insti" tutio vUx sacerdotalis. Ces écrits ont été publiée par Bus;eus, Jo. Trih*" mii opfrn sph'ilunlin quotquot rejjcriri potuerunt, Mo^Mint., lOU'i. Les nit rites île Trithèine. comme historien, «ont supérieurs encore à ceux du théologien. Il fouilla avec un zèle infatigable et une fidélité consciencieuse les archives et les bibliothèques de Wurtzhourg, de Baniberg, de Spire, de Heidelberg, deGologne, etc. Son histoire des couvents de Hirsdiau,de Spanheim, deSaint^aeques de Wurtxbourg, sa biographie de Raban Maur. ses recherches sur Thistoire des Francs, en particulier son histoire de la guerre du Palaiinat (1504), sont des documents utiles à consulter. Enfin, par son CeUaiogus iUuttriim vironm 0ermaniam suis Inqpnih et hicubralionibus omnifar'mm e.rornnntium et par son précieux ouvrage [)>' scriptor'thua ercfesinsticis. ila mérité d'être considéré comme l'undes premiers liisturiens en date de l'Allemagne et inônie de l'Europo au seuil des temps modernes. Ses œuvres histori({ues ont été réunies et publiées par Freherus, Jo. Trithemii opcra hisloricat Francf., 1601, i loi. — Voyez les lettres de Trithème, publiées sous le titre de £pi»
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iofar. faiHiliar. Hhri II n<l diL'crs<i'< Grrmnnl:»^ p) 'ntrif)es. epifu'opos ac rrtididoiie/iru'sfantes viros, Haj;an., hiiir» ; Ziogelliaiior, Ilist. rri Hder. or<j[. BenetL, III, 221 ss. ; Faliricius, Bibl. lat. med. et inf. xtate, IV, i54; Nicéron, XVIII, 283.
. .TBOAS, Tpcox;, ville maritime sarlesbovds de THelli spoiu. que 1 apùtr» Paul traversa deux fois dans ses voyages missionnaires (Actes XVI, 8. il ; XX, 5 ; 2 Ck)r. II, 12; 2 Tim. IV, 13). Construite entre les promontoires de LectumetdeSIgeiim (Pt<)lémée,5, 2) par le roi Antigène, elle échangea son nom dWntigonia Troas contre celui de Alexandria Troas par une flatterie de î.ysimaque 'Strahon. \'.\, oOU). Aiif^uste m fit une coUmiii j'uris ilnUci . Elle devint plus tard nii (''Vt'-ciit' >i)us la métropole de (iyzi(|ue, au diocèse «l'Asie. On eu connaît neut évéques, dunt le premier, Marin, assista au premier concile de Nicée (325). — Voyez Le Quien. Oriens Christ.^ I, 777 , Mauuert, VI, i71 ss.
TBONCHDI, fomille d'origine champenoise établie à Genève depuis 1579. Le premier de ses membres qui fut reçu bourgeois de Genève (8 décembre 1579) fut Reroi Tronchin, militaire distingué qui, après le massacre de la Saint-Barthélémy, se réfugia dans la ville de Calvin et y épousa, en 1580, Sarah Moriii. Des nombreux enfants issus de ce mariage, deux : Tli^'odore et Daniel, suivirent la carrière ecclésiastique; le proniier seul avec distiiit tii)n. Né à Genève le 17 avril 1582, Théodore, lils ainé de llemi, lut destiné à rKi:li«je. 11 cnf pour i)arrain Théodore de Bèze, dont il épousa plus tard la lilli-, Tioodura llocca. II étudia successivement à Genève, à liàle, à Ileidelherg, à Franeker et à Leyde, visita rapidement FAngleterre et la France, et rentra à Genève en 1606. Nommé en cette même année professeur de langues orientales, il devint pasteur en 1608, recteur de racadémie en 1610, professeur de théologie en 1618. Vrai fils de son père par Fénergie de son caractère, il apportait dans sa doctrine la raideur de son parrain de Bèie. Chargé, avec Jean Diodati, de rcjtrésenter la vénérable conipaijrnie des pasteurs au synode de Dordrecht. il se pronon(;aen laveur de Gomarconlre Arminius. Seuls entro tmis 1<'S théidogiens étrangers, les députés genevois appuséreut les mesures édu lées contre les vaincus. P<'U de temps après le retour de Tronchin à Genève, il réfuta, sur la demande de ses collègues, un gros pamphlet du père jésuite Cotton, confesseur de Henri II, Intitulé Genève plagiaire, Cotton incriminait la version delà Bible que le clergé genevois avait, en 1588, soumis à une revision complète. La réponse de Tronchin parut sous le titre de Cotton plagiaire^ etc. , Genève, 1C20, et révéla un vrai talent de polémiste. — Dejanvier h juillet 1632, Théodore Tronchin fut attaché en qualité de chapelain à la njaison militaire du duc de Kohan, (jue Richelieu avait chargé do garder la Valteline contre les Autrichiens. Il apprit, pendant cette campagne, à apprécier la noblesse de caractère et la profonde piété du caj>itaine huguenot ; aussi lorsque, quelques années plus tard, ses restes furent déposés dans la cathédrale de Saint-Pierre, Tronchin fut4l chargé de prononcer son oraison funèbre. Il rendit alors (1630) un touchant hommage à son humanité. — En 1634 et en 1655, nous trouvons encore Tronchin appelé à des devoirs honorables par la compagnie des pasteurs. En 1634,
TRONCniN m
il fut invité, avec quelques-uns de ses collègues, à remédier <> aux partialités et aux divisions qui s'étaient fourrées parmi les ministres, jusque-là qu il y avait entre eux des esprits irréconciliables et de très grandes brigues, lorsqu'il s'agissait de quelque charge à pourvoir dans leur
corps. » Kn 1 055, il traita, avec l'Ecossais J. Dttiacus, des moyens de réunir les calvinistes et les luthériens. U rédigea, parait- il. à cette occasion, une Uarmonia cnnfexxionwn qui n'a pas été publiée. Tronchin mou* rut le 19 noveml»re 1657. Il n'a biissé qu'un petit nombre d'écrits, dont les plus importants sont ses traités : de haptismo, (ien., 1628, in-'|0; Di' bonis operi/jus, Gen., 1028, in- i*»; fJr Pnrcatn orf^inali, Gen., 105-4, in-4'*, etc. — -Louis Tronchin, fils du précédent, né le 4 décembre 1629, fut aussi destiné à la carrière ecclésiastique. Il fit ses études en partie à Genève et en partie, chose étrange, à Saumur, sous a direction d'Amyrant, dont la doctrine nniversaliste (voir art. Amyraut) avait été condamnée par la vénérable compagnie, et n*avait pas d'adversaire plus décidé que Théodore Tronchin. De retour à Genève, Louis Tronchin fut admis au ministère en juillet 1051 et consacra environ trois années à des voyages d'études en France, en Angleterre, en Hollande et en Allemagne. L'Eglise de Lyon l'ayant appelé à une place de second pastpur, il subit, devant les pasteurs de CJuircntoH, un examen qui lui valut l'élogê de Daillé. Trois ans plus tard, malgré les instances d'Amyraut et de Cappel, Louis Tronchin refusa, pour des motifs demeurés ignorés, de succéder à La Place dans l'académie de Saumur. Mais, en 1661, il répondit favorablement à l'appel des conseils de la République, qui l'avaient nommé professeur de théologie àla place d'Antoine Léger, décédé. — Quoique l'examen subi par le nouveau professeur eût ' pleinement satisfait l'autorité, sa nomination fut vue avec déplaisir par Fr. Turrettini, partisan ardent de la prédestination absolue, qui flairait dans son nouveau collègue un disciple d'Amyraut. Turrettini ne setrompait pas. En etlet, Tronchin désapprouvait la rigueur doctrinale dont faisait preuve la compagnie et, en juin 1009, (rac<^^urd avec son collègue Mestrezat, il demandait l'abolition du serment exigé depuis 1647 des proposants reçus au ministère, serment par lequel ils s'engageaient à n'enseigner aucune doctrine nouvelle, comme l'universalité de la grâce et la non-imputation du péché d'Adam. proposition deTronchiu sou- . leva dans le sein de la compagnie une violante tempête et, sur i'obser^ vation que lui fit Fr. Turretini qna tous les membres de la compagnie avaient sitrné et ne pouvaient revenir en arriére, Tronchin s'écria : « St-nneiil qui nest pas dtj faire i/'esf pas de fmir. » Le conseil, nanti du débat, somma les pasteurs et professeurs de ne rien innover et, le 28 août, <( par amour de la paix, >» Tronchin et les partisans du libre examen se souunrent. Ils devaient aller plus loin encore dans leur condescendance et apposer leur nom sous la formule Formula eonsemût. Louis Tronchin mourut- le 8 septembre 1705. Sa douceur, son caractère aimable, son profond savoir, sa mâle éloquence lui valurent de hautes distÎDCtions académiques et l'amitié de nombreux savants étrangers avec lesquels il entretint une correspondance étendue. C'est peut-être l'une des causes pour lesquelles il a laissé si peu d'écrits (Thèses théologies.
TRONCHIN — TKOTTET
Geo., J663, in-4«; Dhp. de provid, Dei, Gen., 1670, in-4<>; De autorj Script, saer., 1677, in-4«; quelques Sermons, etc.). La Société anglaise pour la propagation de la foi le reçut en 1702 au nombre deses membres.
— Un petit-fils de Iiouis Tronchin, nommé aussi Louis, né en 1697, pasteur et professeur en théologie depuis 1737. mort en 1756, semontra
anim(^ di s mihiies <lisp«»sitions que son grand-père. Il sut inspirer de restiino à Voltaire, et a laiss»* <nieli|ues Iraitt'^s th»'»olopique8. — Consulter : Seneluer. IH>!t. litt. (/'• (iriièrr; ilaatr, France /jiro/ ; Galjerol, Uisl. dr l' I£tjiisi' il>- (ii'nî'Vf\ t. 111; Herzo^^ Henl . /: /tryklopœdie,a.Tlide Tronchin; de Moiitet, iJict. des vaud. cl tirs yen,, etc.
Louis ÏUffet.
TROPfllIB, nom d'un chrétien d'Ephëse qui accompagna lapôtre Paul dans son troisième voyage missionnaire de Troas en Macédoine, et de là à Jérusalem (Actes XX, 4 ; XXI, 29 ; cf. 2 Tim. IV, 20). La légende rapporte que Paul, passant par les Gaules, laissa Trop h i me h Arles, en qualité d'évt^que. Les (Irers célèbrent sa mémoire le l 'i avril et disent qu'il eut la téte tranchée avec saint Paul, par ordre de Néron. Ou honore sa mémoire;! Arles, le décembre.
TROTTET Jeau-l>ierre-Philippe),né àî.a Tour de Peilz, présde Vovey, au canton de Vaud, le 12 décembre 1818, commenea tardivement les études classiques qui devaient le conduire au saint ministère. Après avoir suivi les cours de l'académie de Lausanne de 1837 à 1846, il passa quatre années en Allemagne et obtint, en 1855, le diplôme de bachelier en théologie à l'académie de Genève. Consacré, en 1851, dans l'Eglise nationale genevoise, il enseigna quelque temps à l'Ecole normale de Gourbevoie, et se révéla dès 18o.*i comme un prédicateur de mérite et un penseur dans un volume de Discours t'vnngi'fiques, publiés h Paris dans cette même année [i vol. in-8'\ 1853^. Disciple de Vinet, dont il avait été l'élève à l'académie de I^usanne, Trottet avait trardé de lui l amour ardent de la liberté religieuse; aussi, pendant les années qu'il passa en Suède, comme pasteur de l'Eglise française de Stockholm, défendit-il avec une grande énergie cette sainte cause. Des articles publiés dans la Bévue chréHenne (décembre 1859) et dans la Revue des Deux-Mondes^ retracent la crise religieuse par laquelle passait ce pays, et contribuèrent pour leur part à y faire triompher, du moinsen partie, le principe de la liberté des cultes. Appelé, en I8G0, comme pnsleur dans l'Eglise wallonne de La Haye, Trottet. dans l'esprit du<|uel se taisait un travail intérieur qui devait l'amener à rompre plus ou moins ouvertement avec rortliotinxie évangélique, entra en lutte avec un des plus nobles représentants du calvinisme hollandais, M. Groen van Prinsterer. Dans une série de brochures: le I^arti orthodojue pur dans I Lglise wallonne de La Uaye; le Parti mtirémluHonntnre et confessionnel dans V Eglise réformée des Pays-Bas; Pourquoi Je prends congé de P Eglise wallonne de La Haye (La Haye, 1860, 1861), il accentua son opposition à ce qu'il considérait comme une corruption visible de lafoiévangélique, et se retira à Genève, en 18():2. pour y ; iirsuivreses travaux sur le i^^énie des civilisations. Il venait de publier le» deux premiers volumes du livre qui devait exposer les résultats de ses éludes \le Génie des civilisalions, 2 vol. in-li, Paris
TROn'ET — TUOYES
et Genève, 1862), lorsque la maladie l'emporta pendant un séjour qu'il faisait dans sa famille, \(* 30 août 1862. — Trottf^t laissait inachevée l'onivre capitale <lc sa pensée. Quelle en eût étt^ la conclusion? On l'ignore. Troltel le savait-il lui-niônio? « Cette obscurité, a dit le professeur S. ChappuU, tenait à toute la personnalité de Trottet, qui ne se distinguait ni par lalàeiiité, ni par la préeision et la darté. Etant entré tard età la suite de grandes difficultés dans le rude sentier de la science, il avait, dès le premier pas, entrevu les sommités vers les<ioelles il n'avait depuis jamais cessé de gravir avec la confiance. I;i persévérance que donnant un caractère énergique et une robuste santé. Mais ces hauts sommets sont coinnie ceux de nos Alpes, souvent enveloppés par les brouillards. Aucun (les admirateurs de Trottet, de ceux qui l'ont suivi avec sympathie, n'oserait dire qu'il n'ait jamais perdu sa route. Ils savaient seulement deux choses : leur ami ne suivait pas les sentiers battus, et ils étaient toujours assurés de le trouver marchant d'un pas forme et courageux dans la voie quUl estimait être celle de la vérité » (Chrét, étang, ^ 1863, p. 687). Cette appréciation s'applique aussi aux conférences sur les Grands Jours de l'Eglhe apostolique, considérés relat ivement à VépO' que actuelle [Pans ^ in-8", 1856), conférences dans lesquelles l'auteur, passant en revue les divers types de l'Eglise apostolique, estimait qu'au légalisme de Pierre et de Jacques, et à la théologie de Paul, devait succ éder désormais et régni-r sur l'Eglise le christianisme de Jean, dont le principe essentiel est u l'amour selon l'esprit ; » seul ce christianisme-là devait rendre l'Eglise de nos jours capable de se développer dans le domaine de la pensée et dans celui de la vie. — Consulter : A. de Montet, Diei, biogr, des genev» et des vaud, qui se sont distingués, etc., t. 11. p. 583 et 584; Chrétien évangéliqur, 1859 et 1862, etc. — volume de Sermons manuscrits de J.-P. Trottet a été déposé, par les soins de sa veuve, dans la bibliothèque de la Compagnie des pasteurs, à Geiit've. Louis Uuffkt.
TEOYES, en Champagne {Trecie), possède une antique et célèbre église, dépeudante de la province de Sens ; son nom était dans l'antiquité civilot Tneamum, On donne saint Amateur (vers 340) comme son plus anden évéque; après lui, on nomme Optatien, saint Hélaine, et saint Loup, évéque vers 427, mort sans doute en 479, à l'âge de quatre-vingt» leize ans, et qui occupa, avec saint Germain d'Auxerre. la téte du clergé ■gaulois. C'est avec lui qu'en i20 saint Germain fit le célèbre voyage de Grande-Bretagne, sur le chemin duquel il rencontra à Nanterre saillie Geneviève {A.\. SS., 29 juillet, V. et la littérature énumérée dans le Iltjjcrtoire de l'abbé U. Chevalier; Bist, litt. de La Fr., II, p. 487 et 690). Né à Toul, élevé à Lérins où il fàt avec son frère Vincent disciple de saint Honorât, saint Loup a laissé ùn grand renom. M. Schoell (vsyes les articles taint Germain d^Auxerre et sainte Geneviève) et M. Kohlcr {Et. crit. sur le Texte de la Vie latme de sainte Geneviève^ Bibl. Ec. hautes études, 1881) ont soumis à une critique détaillée le ïm[ du voyage en Grande-Bretatrne : nous sommes heureux d'avoir vu M. Knlilor placer la vie de saint (jerinaiii. ou du moins le passage relatif au vu^di^e à Nanterre, aprèàla Vie de la saiule parisienne. La Kteiaplus
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ancienne de saint Loup fçarde sur sainte (îenoviove le silènes le plus complet; iiiai>^ M. K<»!ilor ])onsp que le fait du voyage de Grande-Bretagne «Hait dans le prciuicr textf. plus ancien que la Vie de sainte Gpiip- " Tiève môme, de la \ ie de saint (lerinain. L'histoire religieuse de Troycs, dans les premiers siècles, est souvent bien obscure, Au neuviènu' siècle, on rencontre sur le siège de cette ville saint Prudence (i 861), l'auteur des Annales qui sont insérées dans les Annalet dites de saint Bertin (éd. Deshaines, 4871; Pertz, I) et de plusieurs remarquables écrits [ffist. litt. Fr.,\ ; Wattenbach. I, p. 230). Peu aprt^s lui, Kévéque Ottul{)he (f 883) relève la cathédrale de Saint-Pierre, brûlée de nouveau en 1188 et dont l'édifice actuel n'est pas plus ancien que le treizième siècle; le clocher en fut bn'ilc en iHM) (d'Arlmis. /{àp. arrhêol. de t'Auhe, 1861). Sons lui se réuni; en 878 le grand concile deTroyes, présidé par Jean IX (llefele, Cimciliengesvliichte, IV. ±' édit.. 1871); voyez dans le même volume l'histoire du concile de 867, et daus le suivant celle des conciles du douzième siècle). « Saint Grégoire de Tours mentionne la basilique dédiée à saint Loup et dans laqudle reposait ce bienheureux ; les hagiographes nous apprennent que cet édifice, construit en dehors de la ▼ille, existait du vivant nii^mede saint Loup, et qu'il était alors placé sous rinvocation de la Vierge. 11 fut détruit par les Normands vers la (in du neuvième siècle, et l'on bAtit peu de temps après, dans l'intérieur de la ville, une nouvelle église où l'on déposa le corps du saint évéque et qui devint plustîird l'alibayc de Saint-Loup. Il subsista cependant de l'église dévastée par les iSormands une cha])r'llc nmsacrét* à saint Martin, et l'on y établit quelques clercs qui se soumirent, en 1 104, à la règle de saint .\ugustin ; c'est là TorigiDe de Tabbaye de Saint-Martin ès Aires, située au niilieudu faubourg de Saint-Martin et occupée aujourd'hui par un orpbelinat M (Longnon, Qéogf, de la Gauk au eixième iikcU, 1878). L*église moderue de Saint-Nizier conserve le souYenir du voyage que fit à Lymi, à la fin du si.vième siècle, l'évéque Gallomagnus, pour recevoir les reliques du célèbre évéque de Lyon. Troyes conservait l'église collégiale ou royale de Saint-Etienne, ancienne cliaprlle du château des comtes de Champagne, datant de la tin du douzii'uic siècle et aujourd'hui détruite: ou y voit encore l église collégiale rt papale, aujounl hui pai'oissialc. de Saiiit-L'rbain, delà liudu treuièiiie siècle, fondée par le pape l'rliaiu IV, qui était né sur son emplacement, et les églises de Saint-Remi, de Saint- Jean et de Sainte-MadeTeine (ceUes de Saint-Denis et de Saint-Jacquesaux-Nonnains, etc., sont .détruites) toutes anciennes, ainsi que Saint- Martin ès "Vignes, Saint-Nicolas, Saint-Pan taléon, Saint-Flrobert, plus modernes (voyez d'Arbois). Parmi les écrivains du moyen âge qui ont fait honneur à Troyes, il faut nommer l'auteur de Vflisfotre scolasttqve^ Pierre Coniestor. — Voyrz GalUfi christiana.WX ; la Topotjraphie du diocèse de Troyes, <le Courlalon i 178.'}) et les Mvmoires de Grosley, 4756, édit.. 1811) ; Fisquct, la France /fonti/icalc, Sens, 18(>6; Lalore, les Fêtes chômées dans le dioci'se de Troyes, Tr., 186U; l'abbé I^ore publie, depuis 1875, les principaux cartulaires du diocèse de Troyes.