‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 6 sur 158 · TAULER · texte numérisé non relu

TAULER

célébrer le culte pendant l'interdit, ne tarde pas à le rejoindre : autour d'eux 86 groupent les membres de la société mystique (les amis de Dieu) do Bàle. fin 1339, U ee rend à Cologne, où il séjourne quelque temps; de là il revient dans sa ville natale et y devient, en 1347, le confesseur de Rulman Herswin (voyei l'art Amis de Dieu) ; il reste à Strasbourg jusqu'à sa mort, sauf quelques absences momentanées, telles que son passage par Medingen et Bi\le vers la fin de l'année 1347, et peut-être un second S(''jour à Cologne dans les dernières années de sa vie. Il mourut le 10 juin 13Gi, dans une maison de campagne apparleuantà sa sœur; sa pierre tombale, quelque peu endommagt^e par rineendie du Temple- Neuf en f 870, est conservée dans la nouvelle église de ce nom. — Au seizième siècle, un bourgeois de Strasbourg nommé Specklin, se faisant l'écho des traditions qui couraient sur le compte de Tauler dans les cercles luthériens de cette ville, nous a conservé le texte d'une protestation que le pieux dominicain aurait élevée, à répo(iue de, l'interdit et de la mort noire (vers 1 an 1348), contre la confusion des pouvoirs temporel et spirituel dont le satnt<iëge s'était rendu coupable alors, et contre la cessation du culte et l'interdiction des sacrements, que l'Eglise venait de décréter. Il nous a dépeint, en outre, la conduite courageuse que le prédicateur aurait tenue en compagnie du général de Tordre des auprustins, Thomas de Strasbourg, et du chartreux Ludolphe de Saxe devant le « roi des prêtres » Charles IV, « qui manqua se laisser gagner à la manière de voir des trois amis. » Il est impossible aujourd'hui de distinguer le fond historique de ce récit des éléments qu'une tradition populaire de deux siècles a pu y ajouter. La profession d'absolue obéissance aux commandements du pape et de l'Eglise, même en ce qui concerne l'observation de l'interdit, que nous rencontrons chez Tauler {Sermons, édit. de Bàle. 1'" ISo'»; cdit. de Francfort, IIÎ, l-'iO). ferait crdirc t\ne Ir grand prédicateur a occu[)t'' dans cette question une position bien différente de celle que lui attribue Specklin. Le zèle avec lequel il se sera efforcé, de concert avec quelques amis, de remplacer chez les fidèles la « jouissanoe extérieure » du sacrement, dont l'Eglise a pu les priver selon lui de plein dro^it, par la « jouissance spirituelle » du corps et du sang de Christ dans l'union mystique de l'Ame avec le Seigneur, jouissance a que personne n'avait puissance de leur ravir; » la commisération que lui aura inspirée le spectacle des gens du peuple, gVnjissant sous les conséquences de fautes dont ils étaient innocents, et qui se sera traduite chez lui en éloquents appels à la paix religieuse, auront suffi pour susciter contre lui l'animosité des ecclésiastiques de la ville, à commencer par l'évéque Berthold de Bucheck, qui depuis 1346 s'était déclaré pour le pape et l'empereur Charles. Henri de Nœrdliogen, en effet, écrit en novenibre 1347 à Marguerite Ebner que « Tauler se trouve habituellement dans de grandes souffrances, |iarrc qu'il enseigne la vérité tout entière, comme personne ne l'enseigne à mon savoir, et (ju'il y conforme toute sa vie. v Le récit de Specklin repose donc sur une base historique ; mais les arguments placés dans la bouche de Tauler ont une couleur trop protestante, certains détails de l'histoire ont un caractère trop légendaire, pour qu'il soit possible d'accepter celle-ci dans la forme

TAUI.EIl

que l'auteur lui a donnéo. — Le fait d'une « conversion » de Tauler, neuf ans avant sa mort, par rAïui de Dieu de l'Oberland (voyez l'art. Amis de Dieu)^ qui lui aurait enseigné à étouffer en lui les manifestations les plus subtiles de Tégoïsme, a été fort controvené dans ces derniers temps. Ce n'est pas ici le lien d'entreprendre une- discussion approfondie de cette question ; il nous suffira pour le moment de dire que k solation affirmative, sans être d*uae certitude padaile, nous parait toujours la plus vraisemblable. — 11 existe de Tauler un recueil asses ▼olumineu.v de sermons (publiés en 1498 à Leipzig, en 1508 il Augsbourg, en 1521 et 1522 à Bàlc, pn i.548à Colotrne, dans la traduction latine du chartreux Laurent Surius, et en 18i6 à Frauciort, en allemand moderne), trois petits traités (édit. de Bàle, f> 163*), un JH$eùur$ d'aval tinemênt de Van 1356 (A. Jundt, les Amis de Dieu au qumtonième tièehf Paris, 1879, 409), et quelques lettres (Heutiiann. Opnscula quibus varia jwrngerm. argumenta explicantur, Norimb., 17i7. 375; .\. Jundt, o. e., 90; Adit. de Cologne, f^.'i^l" ss.}. L'authenticité de Y Imitation de la riV pauvrt' de Jp$m-C hrist est aujourd'hui fort contestée 7>a.s Bnrli von geistl, Armuth, bisher bekannt als Joh. Jaulers Aachfolgung des armen Lebetu CkrtH^ publ. par le P. Denifle, Uunieh, 18T7); les antres ouvrages qu'on a attribués à Tauler, tels que les Fwereiiia tuper vUa et poishne Chritti, les Jnstiiutîones divinm (aussi appelées Meéulia nnim.v), etc., ne sont pas de lui. — Tauler est un des prédicateurs mystiques les pins estimés du quatorzième siècle. Sa doctrine rappelle de très près cflif (le maître Erkhart, qui, s'il le dépasse en profondeur spéculative, lui est inférieur dans l'application pratique de ses enseignements. Pour lui, comme pour Eckhart, Ruysbrock et Su se, le point de départ de la spéculation religieuse est l'idée de l'être absolu, infini, supérieur à toute dénomination, ou de la « divinité silencieuse et cachée, n Dieu sort de cette « solitude, » de ces « ténèbres divines » au sein desquelles il s'ignore, et se manifeste à lui-même dans la Trinité. Le Père s<' cunnaît, s'engendre éternellemrnt dans le Fils, (jui est son ima|re; le Père et le Fils s'aiment l'un l'autre dans le Saint-Esprit, qui pour cette raison procède des deux. Dieu se différencie éternellement de lui-même par la connaissance et rentre éternellement en lui par Tamonr : tel est le « jeu » de la Trinité. Le monde visible est la réalhation imparfaite et finie des types étemels du monde idéal qui existe en Dieu. Issues de Dieu, les créatures terrestres sont tombées dans le « non-étre » de la contingence; mais leur but final est de rentrer en Diou.L hnmmp or^t un € milieu » entre le temps et l'éternité : son corps périssable l'entraine vers les choses passagères; son âme impérissable tend vers Dieu d'où elle est sortie. L'essence de Tâme et l'essence de Dieu sont un; l'une est infinie, ineréée comme l'autre. C'est par Y « étincelle » divine, cachée dans « l'abime mystérieux » de l'Ame, que Tbomme connaît Dieu d'une manière imniédiate. Sur cette essence intime est empreinte « l'image de la Trinité. » qui se compose des trois (( facultés supérieures. » la raison, la volonté et la mémoiro; par elles l'honnue ronnait, aime et possède la vérité divine d'une manière médiate, et s'élève aux trois vertus cardinales, la foi, l'amour et Tespérance, Âo-dessous d'elles se trouvent les

TAtJLER

« forrr-s inlVn'iPurPS » de l'ànip, par lcs<|iii'llos elle entre en rolaliori avec le monde extérieur. En Adam les facultés iiilérieures étaient soumises aux faeultét supérieures; rien n'entravait Tnnion de l'âme avec Dieu : mais l'homme s'est détoumét par un acte de sa libre Tolonté, vers les créatures visibles, et dès lors l'harmonie de sa nature a été troublée. ' Vivant dans le péché, par suite de l'inclination au. mal qui est résultée pour lui de sa chute, il tombe de plus en plus dans le néant; mais nu fond de son Ame il ronserve toujours. ^M-àc(> à la présence peniiauf iite de r « étincelle » divine, une tendance naturelle à revenir dans son « origine. » Pour atteindre ce but, il Ikut qn'il renonce à toute volonté propre^ à tout amour et à toute connaissance extérieure des créatures, et que par l'abstraction intellectuelle, par l'ascétisme et l'anéantissemont de tout désir personne], il s'élève au <c bien unique, innommé, qui est Dieu. » Alors Dieu « enprendre en lui son Fils uniquo; " l'esprit créé remonte à son essence incréée, dans laquelle « il a été éternellement Dieu en Dieu; » « il se perd, déifié, dans les ténèbres divines, dans les ombres de l'abime de la divinité; » il redevient « parfaitement, essentiellement un avec Dieu, » et il est désormais « par grâce ce que Dieu est par nature. » Dès lors il aime toutes les créatures d'un amour égal, car c'est Dieu qu'il aime en elles; il possède la « vertu substantielle » dont les vertus particulières ne sont que des manifestations: il est ren)])li d'amour et de inisériconle envers tous les honiuies et prati(|ue le bien par amour de Dieu. D'accord avec lu plupart des mystiques du quatorsième sièele, Tanler se plaint de la corruption de l*B{^se de 'son temps; il annonce la venue de grandes calamités, envoyées par Dieu pour ramener les hommes à la repentance et purifier la chrétienté. Il Tauler, dit M. Schmidt, n'a pu s'empécher d'aboutir aux conséquences panthéistes du mysticisme; cependant il s'efforce de se maintenir au point de vue du théisme, et ce n'est qu'à de rares intervalles que l'aveu de la véritable conséquence de son système lui échappe. 11 a la prétention de se rattacher plus décidément à la doctrine chrétienne que ne le fait mettre Eckbart, quoique à son tour il interprète plusieurs dogmes d'une manière spéculative,' et que d'autres, comme celui de la grâce, n'aient trouvé qu'une plac^ subordonnée dans son système. Son sens droit, ennemi de toute exaltation, et sa profonde bienveillance qui vou- . lait le bonheur de toute créature, ne lui ont pas permis d'isoler les hommes dans une oisiveté contomplulive ; sa charité était beaucoup trop vive pour qu'elle n'ait pas cherché à éviter les éeueils du mysticisme, et provoqué ainsi des contradictions qui, si elles accusent chez Tauler une moindre puissance logique que ches Eclchart, font d'autant plus honneur à son cœur et à son bon sens. Cette tendance pratique est le caractère particulier <\o la doctrine du vénéralde dominicain de Strasbourg. » — Consulter sur Tauler. outre les onvraffes indi(}ués plus haut : G. Schmidt, Johanni's Tauler v. Sirassb.^ Hamb. 1841; L tudcs sur le mijatitisme aUem, au quatorzième siècle, Paris, 1847, 105 ss. ; 'W. Preger, Vorai'beiten su einer Geseh, d. deut,Myslik, § 7 [Zeittek, f. d, hUtor, TheoL^ 4869, I, 100 ss : h> P.Denifle, Taulen Bekehrung krtiisch untersucht {Quellen und Forschungen, etc., vol. 36), Strassb., 1879; Taulen Bekeh-

TAULBR — TEISSIER

rung {Eistor. polit. Bbetter, vol. 84, fasc. li et 12), Milnchen, 1879, •t èeiiick. f. deut, Alterth,, 1880; Bœhringer» Die Kirchengesch. m Biographimt U, 3 : Die deutschen Mystiker dea 14 u, 15. Jakrh,, Zûrich. 1815, 1-296; Quétif et £chanl, Scriptoretwd. Pradieatonm,

Pferis, 17!9, I, 677 S3. A. Jundt.

TAYLOR Jéréinie), savant tluk)lugieii anglais, naquit à Gainhridge en auùt 1613. Son père était un modeste barbier qui n'eut pas les moyens de subvenir lui-môme aux frais de son éducation, mais qui eut le booheur d'obtenir pour son fils la gratuité dans les écoles de Cambridge. Le jeune écolier se montra digne de cette fiiveur par des succès pn^coces. Ehi 1636, Tarchevêque Laud lui fit avoir une place de répétiteur à l'université d'Oxford. Deux ans après, il fut nommé recteur d'LIppingham, dans le comté de Uutland.etchapelain ordinaire de Charles I®"". Au commencement du protectorat de Cromwell, il se retira dans le pays de Galles^ et ouvrit une école à Newton pour faire subsister sa Ikinille. En 1658, il se retira en Irlande, à Portmore, sous la protection de lord Ckmway, et il y resta jusqu'à la restauration des Stuarts. A ce moment, il revint à Londres et Charles II, pour la récompense de sa fidélité et de son rare mérite, lui confirma, en 1661, l'évéché deDoson et Oînnor. Le 21 juin de la môme année, il fut en outre chargé de l'administratioii du (liorèsp. de Dromorc. L'université de Dublin lit de Tavlor son vicc-cbaucelier, dignité qu'il garda jusqu'à sa mort. Après avoir perdu sa première femme, qui lui avait donné sept enfants, Taylor épousa une fille naturelle de Charles 1*'. Ce prélat mourut en 1667» lûssant aprës lui une grande réputation d'orateur et de savant; on l'a même appelé le Shakspeare des theolorjiens. Ses écrits sont fort nombreux; on It s a réunis en quatre et en six volumes in-folio. Lu dernière édition, publiée par l'évéquc Heber, à Londres, de 1820 à 1822, comprend quinze voluuies in H .

TOSSIER (Frani^ûi^). viguier, c'estMire juge, de Durfort en Géhennes, ouvre la longue liste des martyrs du dix-septième et du dixhuitième siècle, mis à mort pour avoir assisté aux assemblées. Son fils aîné, Isaac, consacré en iOHl et pasteur à .Saint-Uoman-ilé-Gordière, avait failli le précéder au supplice. Prenant part au inouvenient de résistance passive organisé en 168;} par Browson et les autres direiUeurs, il avait, malgré les éditâ, prêché sur les ruines du temple de Saint- Hippolyte et avait été pendu en effigie à Ntmes, le 3 juillet 1684, après s*dtre réfùgié en Suisse. Dès que la mission bottée eut commencé en Languedoc, François Teissier ne pensa qu'à sortir de France avec sa famille, bien que sa fortune consistât en terres qu'il ne pouvait vendre, et se rendit à Genève pour préparer \m stratagi'uie (jui pouvait réussir : M^' de Baltliazar, ayant consenti à lui alFormer sa terre de Vezanci, dans le pays de Gex, sur la frontière du canton de Berne, il revint muni du contrat, et sollicita du marquis de La Trousse, commandant de» troupes, l'autorisation de quitter le Languedoc et d'aller s'établir à Veianci, bien assuré qu'il trouverait ensuite aisément l'occasion de passer avec les siens à l'étranger. La Trousse finit par promettre de lui (aire obtenir cette autorisation. .Ën attendant, Teissier fréquentait les

T£ISSI£H — TÉLESPUORE

assembléet du Désert. La nait do mercredi au jeudi, 19-90 janvier 1686, le prédicant Vidal en tint une entre Saint— Félix et Durfort, près d'un lien nommé Laniotte, dans une grange où se rendirent plus de 'ï,OCM) personnes de Durfort, Monoblet, Saint-Félix, Anduze, Saint-Hippolyte, etc. Il essaya môme de prêcher sous un poirier auquel on avait suspendu des lampes pour chanter les psaumes; mais la rigueur de la saison l'obligea de rentrer dans la grange avec les personnes qu'elle pouvait contenir. Un apostat de Lasallet nommé Bonjemin Villeoeu.'ve» découvrit rassemblée et y conduisit treize dragons; mais ceux-oi,n*osant attaquer TUie foule si oonaidérablo, se mirent en embusoade et tirèrent, sans tuer personne, quelques coups de fusil sur les derniers qui se retirèrent. Us s'emparèrent de sept à huit femmes et de deux ou trois hommes, entre autres Pouget, de Valeslalièro, qui abjura pour avoir la vie sauve, et n'en fut pas moins pendu. Bàville accourut à Lasalle, interrogea les prisonniers, et, apprenant que le juge Teissier avait été à rassemblée^ donna Tordre de l'arrêter. Cette arrestation eut lieu la nuit du dimanche suivant, au moment où Tesaier et son fils cadet, âgé de treiie à quatorze ans, sortant d'une autre assemblée, venaient d'échapper aux dragons en se jetant dans des rochers où l'on avait fait feu sur eux sans les atteindre. Prévenu que les soldats étaient devant sa maison, il refusa de s'enfuir par la porte de derrière. Il reconnut devant Bàville qu'il avait désobéi au roi pour obéir à Dieu, et fut condamné, le 36, k être pendu. L'exécution eut lieu le jour même : il fidlait fidie un exemple d'un magistrat qui comprenait ainsi son devoir. La Trousse lui reprocha d'avoir abusé de ses bontés et lui promit la vie s'il voulait abjurer. Ce fut t'u vain. Abandonné aux soins d'un missionnaire qui s'efforçait en vain de le convertir, rinobranlablc Teissier dit à liante voix au moment où le bourreau allait le précipiter : « Mou ùme en tes mains je viens rendre, car tu m'as racheté, ô Dieu de vérité (Ps. XXXI, 4], » et par sa cdnstance et sérénité dans le martyre convertit le convertisseur. Celui-ci s'enfuit bientêt à Berne, abjura le catholicisme et écrivit la Relation véritable des circonsfauces fie l'execudoti du sieur Françoia Teissier^ vitjuierde Durfort ddiis les CéveiUKS, faite par h' prêtre missionnaire qui t'nssistaà sa mort, imprimée à Berlin, chez A. Dusarrat en 1702, par les soins du ûls cadet de Teissier. Ce missionnaire, Philippe Aiguisier^ d'une &mille noble de HarseUle, était docteur en théologie et devint, en 1688, principal du collège de 'Vevey. H y mourut en 1^4, après avoir épousé Judith Favier, réfugiée comme lui, et fille d'un marchand de Montélimar. De son côté.lsaac Teissier fut nommé pasteur à Siiint-Ger- ^ues et à Be^iii-;. dans le coinlé d»' Vaud, où il mourut en 1749, âgé de quutre-vingt-onzi- ans. — Voir Jiullet. de l'hist.du prot., \,2iA; X,396; * Les premiers pasieurs du désert , 11, il , et France prot. 0. DouEN.

TEI£8PH0BS (Saint) (Ut évêque de Rome d'environ 1S5 aux environs de l'an 136 ou 139; il siégea entre Sixte I** et Hygin. On peut voir dans le Catalogue det papes de l'an 530 (Lipsius, Chronohgi€t 1860) les détails moins que certains donnés par cet ancien document sur sa personne et son règne. Il fut martyr ; on n'-IMire sa mémoire le 5 janvier. —Yoyes iiénée, lil, 3; Eusobe, iV, 14; Lipsius, p.

TELLEU

TKLLER i (iuillaume-Abrahain) i l73i-180i], l'un des représentants les plus en vue du rationalisme allemand au dix- huitième siècle. N«'' à Lei|)zi^% oii son père était pasteur et professeur, il y étudia la théologie et y prit tous M grades; en 4761 il Ait nommé profinseur et Burintendaat géoénU à Helmfltedt. T^roie ans après parut son Manuel de la foi tÀTétienne (Leipz., 4764), qui mit en émoi les autorités eoelésiastiques et les facultés de théologie de toute l'Allemagne. Teller y professe le supranaturalisme liildifjue, mais il soumet la doctrine ecclésiastique à un examen enlièremont libre et porte sur elle uu jugement souvent hardi. 11 groupe tous les matériaux de la dogmatique sous la double rubrique : royaume du péehé et royaome de la grâce, en passant sons silenee les prolégomènes et la doctrine de Dieu» qui appartiennent, selon lui, à la religion naturelle. Sans se mettre ouvertement en oontradiction avec le dogme officiel. Telh'r manifeste une certaine répugnance à l'égard des formules traditionnelles, en particulier de celles qui prétendent rendre compte de l union des deux natures en Christ. Ce qu'il y a de mieux réussi dans ce livre, dédié à Emesti, mais vivement critiqué par lui dans sa Bibliotkèque tAéoiogique, c'est le triage qu'il opère panni les dicta proàantia ou passages bibliques babitueUement invoqués comme ûdsant autorité en matière dogmatique, et dont un grand nombre doivent être écartés, comme impropres à l'usage auquel on prétendait les faire servir. L'ouvrage de Teller fut défendu dans toute la Saxe électorale, les exemplaires confisqués, et l'auteur, accusé de socianisme par la faculté de Leipzig, n'échappa à la destitution que grâce aux démarches de Jérusalem. — Condamné à Leipzig, Teller fat aeoueilli avee enthousiasme à Berlin où, sur l'appel du ministre Hfinehbausen, il se rendit en 4767 sn qualité de prélat et de membre du consistoire supérieur. Â partir de ee moment, Tf^ller modifia son point de vue et se rattacha davantage au parti du progrès et df^s lumières. Ce changement se révèle déjà dans le Dictionnaire du .\<,in:rfiu Testament, qu'il fit paraître en 1772, et qui eut une grande vogue. Dans la préface, il adresse un appel aux prédicateurà qu il exhorte à être les interprètes du langage de TBoriture, qui nous est devenu étranger. Teller a soin d'ajouter que oe n'est pas le langage seulement, que c'est la pensée aussi de la Bible qui est hébraïque, et que c'est l'un et l'autre qu'il faut traduire. Il donne lui-même, dans son Dictionnaire, les indications nécessaires à ce sujet. Ainsi : Amendez-vous doit être rendu par : Améliorez-vous; la Parole par : la doctrine ; convertir par: ramener à des sentiments honnêtes ; le royaume des cieux par : le nouvel établissement religieux ; le ministère saeerdotal du Christ par : la d^gnation de Jésus comme le serviteur royal {JReicksàediente) suprême deDiendans le monde moral; le prophète par: l'enthousiaste; la rédemption par : la réunion morale des hommes avec Dieu par la doctrine du Christ. — Dans son ouvratre sur les Mérites iV Ernesti (1783), Teller accusa ce savant philologue d'être resté à iiii-cheiiiin et de n'avoir rien fait pour l'explication philosophique du Nouveau Testament. Lui-même alla résolument de l'avant et exposa d^une manière complète son point de vue théologique dans un écrit intitulé : Za Beligion de$ gem pUte fvfidi» (1793). Il y développe l'idée de 4a perfectibilité indéfinie du

Digitizca Ly

TELLER — TËMPLË

' ehristianisme. Duis cette évolution nécessaire de la religion du Christ,

certaines idées vieillies doivent disparaître, telles que la seconde venue du Messie, les idt^c > millénaires, les possessions démoniaques, etc. Notre auteur entend appliquer à cette terre dé]h le passage (1 Cor. XIII, 10) : « Quand la perfection sera venue, alors ce (jui est iniparfait sera alHtIi. » La transformation de la religion en moi aie, tel est le but où tend le christianisme. Telier réclame aussi Tabolitiou des religions d'Etat, eomme absolument inconciliables avec une a religion privée, » sincèrement appliquée à la recherche de la vérité. — En 1798, Telier reçut une «dresse de quelques pères de fomille juifs qui demandaient à être admis au sein de l'Htrlise chrétienne, sans être obligés de faire une profession de foi particulière. Telier leur répondit que malheureusement il ne pouvait les dispenser entièrement de cette formalité, mais qu'il ne leur imposerait d'autre obligation que celle du baptême pour lequel il se servirait à leur intention de la formule suivante : « Je vous baptise sur votre confession du Christ, le fondateur d'une religion plus spirituelle et plus réjouissante que celle à laquelle vous avez appartenu jus(iu'à ce jour. » La démarche projetée n'eut dès lors pns de suites. — Telier fut peu goûté comme prédicateur, probablement à cause de sa pnmonciation défectueuse, mais ses sermons étaient lus avec empresseuïcnt, en particulier ceux sur la piété domestique (17yi); sa Jievue homilétique {Aeues Magasin fur Prediger)^ qui contenait des dissertations, des extraits de sermons et des nouvelles eoelésiastiques, eut de même un grand succès, môme auprès des prêtres catholiques. Telier était un collaborateur assidu de la Bibliothèque allemande universelle. Le pasteur chargé de présider à ses funérailles exprima l'espoir que « le monde finirait pourtant par se trouver bien, à la condition qu'il parût encore quelques hommes de la trempe de Jésus, de Luther et de Telier. » TELUER (Le). Yoyei Le TeUier.

TEIPLE(hékal iehôwàh, hékal qààkch iejowah, béth élo-

htm). — I. Le temple de Salomon. Nous savons par le premier livre

des Rois que David, déjà, avait projeté d'élever, dans sa nouvelle résidence de Jérusalem, un sanctuaire en pierres digne de Jéhovah, mais qu'il en fut empêché par le prophète Nathan, sans doute à cause des guerres de l'époque. Son idée fut reprise et exécutée par Salomon qui, d'après la relation la plus ancienne, trouva un grand nombre de matériaux prêts pour la construction projetée Elle commeni^ en l'an 480 après la sortie d'Egypte, dans le deuxième innis de la quatrième année du règne de Salomon (\ Rois VI. 1 ; XXXVil; 2 Clironiq. 111. 2), et fut achevée dans le huitième mois dé ];i douzième année ; elle dura dune si'pt ans < t demi. Les ouvritTs employés à cette grande œuvre fureut des Phéniciens prêtés par le roideTyr. Uyram les avait envoyés à Salomon avec de grandes provisions de bois de cèdre. Après le nivellement de la colline sur laquelle letemple^evait être élevé (Moria,SChron. IIÎ, 1), on établit les fondements depuis le bas de la vallée, surtout du côté de l'est, où se trouvait la vallée de Cédron. Le plan de la construction est Cf'lui (In tabernacle; il est relaté par deux récits i l Rois VI et VII et â Chrouiq. 111 et IVj. Mai«, outre que certains termes, techniques qui

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