UNIVERSITÉ DE PARIS
de Richelieu. Il y plaoa d'abord seize pauvres clercs (quatre de chacune dp? quatre nations), et il leur donna pour maîtres trois c^lèhrrs docteurs dp l'iiDiveréité, Guillaume de Saint-Amour, Eudes de Douai et I^uirent rAii^']i»is ; j)our lui il ne retint que le titre do proviseur. L'importance croissaiilf «lu collèj^e, qui compta bitMitot <4(K) habitants, lit que l'on ne tarda pas à y transporter les leçons de théologie qui auparavant se faisaieDtà l'évêché. Dès 1208, la Congrcgatio pauperum magislrorum studmimm in tkeologkttm faeuitalem avait reçu la sanction du pape Glémeot IV. En 1277, le coUège de GaWi ou Petite Sorbonne s'ouvrit pour abriterdnq eents jeunes garçons. — Les statuts de la Sorbonne, rédigés en 38 articles, se distinguent par leur simplicité, leur mesure et leur esprit libéral: partout se manifeste le principe fécond de la soumission à une règle volontaire. Les membres du collège se divisaient en hôtes et en as*nciés. Pour être hôte {/iospes)j il fallait être bachelier, soutenir une thèse appelée, du nom du fondateur, roberline, et être reçu à h\ pluralité des suffrages dans trois scrutins flifféronts. Les Iiôtes étaient nourris et logés dans la maison, avaient druit d'étudier dans la bibli(ithè(jut'. mais ils n'avaient pas voix dans les assemblées et étaient obligés de quitter la maison lorsqu'ils étaient docteurs. Pour être associé (tùcius)^ il fallait professer encore un cours de philosophie et être reçu dans deux nouveaux scrntiôs : les associés avaient la gestion de la maison, et il régnait parmi eox l'égalité la plus parfaite. Les études embrassaient quatre années de propédeutique (ou l'étude du latio tenait la plus grande place) et sept tns de théologie proprement dite. Le nombre des professeurs était au moins de six ; leur enseignement était gratuit. On n'étudiait pas d'après des manuels, mais sur des cahiers dictés. Les soutenances, qui avaient lieu eu Sorbonne, ce (|ui fait que l'on confond quelquefois la faculté de tbéolo^'ie et la Sorbonne (de là aussi le terme de docteur en Sorbonne), duraient de six heures du matin à six heures du soir. La Sorbonne n'était que Tune des quatre parties de Tancienne faculté de théologie de Paris. Les trois antres classes qui composaient cette fiiculté étaient les docteurs de la maison de Navarre, les docteurs religieux et les ubiqnistes qui n'étaient ni religieux, ni attachés à Tune des deux maisons de Sorbonne et de Navarre et qui, pour cela, s'appelaient simplement docteurs en théologie. — Nous ne nous proposons pas de tracer ici Thistoire de la Sorbonne. On sait qu'elle défendit les libertés ecclésiastiques contrp les prétentions des papes par l'orp^ane de Pierre d'Ailly, de Gorson, de Nicolas de démanges; s'opposa au denier de Saint-Pierre et à l'inquisition. Appui de l'orlhodoxiecontre toutesles innovations, elle fut investie à partir du seizième siècle d'un droit redoutal)lo de censure. Nous ne raconterons pas les luttes qu'elle eut à soutenir contre plusieurs ordres religieux auxquels elle contestait le droit d'enseigner, surtout au treiiième siècle contre les dominicains et les franciscains, au seilième siècle contre les jésuites. L'université se discrédita pendant la ligue en se faisant l'instrument des Guises et en déliant le peuple de son serujent de fidélité. Elle perdit depuis lors toute importance politique. Au dix-septième siècle, la Sorbonne défendit la doctrine semipélagienne de la grâce et des œuvres contre les jansénisteSi en même temps
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UNIVKUSITE l)K PARIS
qu'elle se rangeait du côté de Louis XIV pour la défense des prétendue! libertés de l'Eglise pallicanc qui n'étaient que son asservissement à la monarcliio absolue des Bourbons. — T.es autres universités de France liaient: Aix. tondre on l'iOU par Alexaiidrr V, rétablie en 16()4 par Henri IV; x\ngers, fondée eu liOO par saint Louis: Aviprnon. foiKii-e en 4303 : ses gradués n'étaient pas admis au serment d'avocat dans lis cours et les sièges du royaume, ou aux charges de judicature, ni iiièiue reçus dans les universités du royaume, sans avoir juré d'observer les lois et les maximes de France sur le droit oanouique et civil ; Besançon, fondée à Dôle en' 1421, transférée à Besançon par Louis XIV. en 1601 ; Bordeaux, fondée par le pape Eugène IV, en 1441 ; Bourges, fondée par Louis XI, en 1473; Caen, fondée en 1 i3i, par Henri rV, roi d'Angleterre, confirmée, en 145:2, par Charles VII, roi de France: Dijon, fondée en 1722; Douai, fon(bV en irir»^ par Philippe 11, roi d'E-^pagne; Montpellier, fondée en 1:281), conlirinéo par François I", en 1537 ; Nantes, fondée en 1 4(50 ; Orléans, fondée on 13{)ri [>ar Clément V, confirmée en 1372 par Philippe le Bel : Orange, fondée en 13()o par Raimond III; Pau, fondée en 1722; Perpignan, fondée en 13VÎ par Pierre d'Arag(>n : Poitiers, fondée en 1431 par Charles Vil ; Pont-à-Mousson, fondée en 1572 ; Reims, fondée en 1347 ; Strasbourg, fondée en 1538 ; Toulouse, fondée en 1223; Valence, fondée à Grenoble en 1339 parle dauphin Humbert II, transférée à Valence par Louis XI. — La plupart de ces universités avaient adopté les statuts de celle de Paris que nous trouvons aussi appliqués dans les universités de Pra^me (1348), de Vienne (1365), de Heideli^erg (1386 . de Cologne (13881, d'Krfiirt (1393), de Leipzig (l i()9), de Uostoek (1419), de (îreifswald (1 156), de Fribourg en Brisgau (1.357). de Bàle HdO), d'ingolstadt (14721. dTpsal (1476), de Mayenrp ri-477), de Tubingue (1177), de Wittemberg il502 , de Franrfort-sur-l'OdiT (l.oOG). — Les universités de France furent emportées, en 178!) et 1790. par le torrent révolutionnaire; diverses mesures avaient été votées par lu Convention nationale et les assemblées (pu lui succédèrent pour les reconstituer sous une forme plus appropriée aui besoins modernes, lorsque Bonapairte, visitant le palais de l'université de Turin fondée én 1771 par Charles-Emmanuel III, se fit présenter les statuts qui régissaient cette institution. C'e»t de là, sans doute, que Ini est venue l'idée de fonder lui-même une nouvelle université, idée qu'il réalisa d'abord par les lois du il lloréal an X et du 10 mai 1806, puis par le décret d'orgranisation du 17 mars 1808, en 114 articles, enfin par deux autres décrets, l'un du 17 septembre 1808, l'autre du ir> novembre 1811. Les facultés qui composent l'université nouvello sont de cinq ordres : tbéologie, droit, mé<lecine, sciences matbématiques et physi- (jues. lettres. Nous n'avons à nous occuper que des premières. — Le décret de 1808 porte à l'article 8 : « 11 y aura autant de facultés de tbéolo^ne que d'églises métropolitaines. » En réalité, elles furent au nombre de cinq: Paris (7 cbaires), Lyon (6 chaires), Bordeaux (6 chaires), Rouen (S chaires), Aix chaires). Celle de Toulouse nefiguraque sur le papier. En vertu de Tarticle 7 du décret du 17 mars 1808, les nominations des professeurs devaient se faire au ooneours, et le concoun devait avoir