‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 57 sur 158 · VALDÈS · texte numérisé non relu

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défi lancé contre lui par lo r«»i do France. L'entretien est entrrniiMé des récits que font diverses Ames, à leur arrivée au séjour des morts, de ce qui s'est passé durant leur existence terrestre. Si, dans la première partie, qui forme un tout complet, un franciscain et un homme marié seulement sont sauvés, la seconde présente un tableau idéal de TEtat et de rSglise. A peu d'exceptions près (M. Young, Tke lAfe and Times of Ant, Paleario, I, p. S04), tous les historiens attribuent ce dialogue à Juan de Valdès. Les preuves externes font défaut, et, si l'on examine les deux dialogues, on est frappé de la ressemblance qui les caractérise. Rien ne rappelle dans le second les vues particulières et le souftle mystique des écrits de Juan. Le témoignage de D. de Kojas, dans le proçi's de B, Carranza que cite Menendez Pelayo {Ilist. de los J/t'trrodoxos espattoles, II, p. 37 i), estcontre-balanr»'' par celui de Carranza : y el me respondio que el que liizo à Charon era otro \ aidés. D'une lettre d'un ami de Valdès fév. 15i9 : Gaballero, /. c. a/>.,n''51, p. 409), il ressort avec évidence que Alfonso a écrit quelque chose sur le défi du roi de France. Gaballero (/. c, p. 228) et Garra8co(A. eé J, de VatdèM, p. 43) concèdent une certaine collaboration des deux frères, et les analogies entre les deux dialogues sont si fortes que L. Uzosi Rios 'et B. Wiffen les ont attribués tous les deux à Juan. Si ce dernier est l'auteur du dialogue de Mercure et Charon, il faut admettre qu'un changement s'est opéré dans ses vues religieuses. Le témoignage de Carnesecchi dans son procès l'indique, mais no le prouve pas. — En I5iO, Alfonso quitta i'Kspagne. A Plaisance, il reçut favorablement l anibassado des princes protestants (|ui apportaient à l'empereur la protestation de la diète de Spire. Kspril conciliant et ami de la paix, désireux de voir une réforme de l'Eglise dans le sens indiqué par Erasme, et sympathique à tout ce qui pouvait ramener, il se montra plein de bîenTêillance dans les négociations qu'il eut avec Ph. Mélanchthon en 1530, à la diète d'Augsbourg. 11 traduisit la confession d'Augsbourg en italien et en espagnol, mais la jugea « trop acerbe » pour servir de base à la conciliation. Aussi, si Fr. Ëoxinas pense qu'à son retour en Espagne, l'empereur n'aurait pas pu protéger son secrétaire contre ses ennemis (Ch. Campan, Mémùvres de F. de Enz'mm, ÎI, 15o), il convient de ne pas oublier qu'il n'a jamais embrassé les doctrines particulières des réformateurs. Comme il le dit lui-même, « il n'a pas été ni prétendu être théologien » {LeUre au notice, M. A, Ap. du dial. de la lengua, p. 9).

VALDÈS (Juan de). — Grandissant à l'ombre de son frère|(/rt disrl/)litm fraterna prxclare institutus^ dit de lui Enzinas), profitant des relations qu^ Alfonso entretenait avec les hommes les plus célèbres de son temps, en rapports intimes avec Erasme qu'il consulte sur ses études, Juan de Valdès paraît sur le théâtre de l'histoire à l'époque même où son frèie meurt de la peste à Vienne (oct. 1532). Pendant dix ans de sa vie, il se nourrit de rom.nis de chevalerie, mais bientôt, entraîné par le courant humaniste de l'époque, il se voue avec une égale ardeur au culte des lettres et des sciences. S'appliquant à unir à l'élégance de la littérature la sincérité de la piété chrétienne (Erasme, /T/j., lib. XIX), il se passionne pour la philologie classique et espagnole. Pour échapper à des périls

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nombreux et pressants, il quitte l'Espagne en loSOoii en 1530 et se rend en Italie, où il se fixe à Naples. En 1531, il séjournn à Rome. C'est à cette époque qu'il correspond avec Sépulveda sur des questions d'astronomie, entend, à Padoue, des cours de Beneietto Lampridio {Cingue traitëtelRt ed. Ed. BcBhmer (p. 43, Halle, 1870), et travaille à former un recueil de proverbes et de refrains espagnols. P. Garnesecchi, protonotaire de Clément YII, qui fait sa connaissance à Rome, parle de lui corarae d'un homme de cour modeste et bien élevé, un genttluomo di spada e cnppa [F^stratio del Procf.sso. Miscellanca di Storia italianaj t. X, p. 58). Mais, à Naples, il le retrouve u tout adonné huk chost;? de l'espht et livré sans réserve à l'étude des saintes Ecritures. » Ce n'est pas sans roses que ses amis lui arrachent son prédenz Diahgo de la Lengua, Menendes Pelayo estime que, si Antonio de Nebrija n'avait pas vécu, Taoteur du Dialogue de la Langue mériterait d'être considéré comme le fondateur de la philologie espagnole (/. c, p. 169). Mais, «chevalier illustre de l'empereur, Juan devient un chevalier plus illustre encore du Christ, n « Renont ant à la noblesse charnelle, il aspire à la noblesse spirituelle des enfants de Dieu. » «Il semble, dit S. Curione, que Dieu l'ait envoyé pour être le docteur et le pasteur des personnes nobles illustres, n — L'affabilité de son caractère, la distinction de son esprit, la profondeur ds son expérience chrétienne, la richesse et la variété de ses connaisonces, exerçaient sur son entourage on attrait irrésistible. Disposant librement de ses journées, il les consacrait à Tétude de la Bible et des problèmes les plus délicats de la vie religieuse. Les résultats auxquels il arrivait, il les communiquait à ses amis dans des entretiens resti^s célèbres. Tenus dans la maison de Valdès ou dans celle de (iiulia (îonzaga, son él«''ve la plus illustre, chez Je sieur (îuestH ou à la (^hiaja où les charmes d'un paysage d'une beauté incomparable facilitaient les élans de Tàme à Dieu, ils devinrent un foyer rayonnant de piété et de lèle religieux et propagèrent puissamment les idées réformatrices au sein de l'aristocratie napolitaine. On cite parmi les amis ou disciples de Juan : Galeazso Garacciolo, P. Martyr Vermigli, P. Carnesecchi, M. Antonio Flaminio qui, en 15-11, devint l'ànie des réunions de Viter])e, présidées par le légat H. Pôle (Poli, Ep. IH, :23«, p. 41), rarchevé(iue d'Otrantc (jui visita Valdès pendant s i dernière maladie, le célèbre prédicateur B. Ochino à qui .luan communiquait les thèmes des discours que l'éloquent général des capucins développait devant l'immense auditoire réuni sous sa chaire, Vittoria Colonne qui reçut par l'entremise de Oiolia Gonsaga les commentaires de Valdèis^ Isabela Manrique, et don Benedstto de Mantoue, l'auteur du célèbre traité : Benefirio di Chrîsto crueifmo verso i Christiani qui, répandu par toute Tllalie, contribua le plus à populariser les idées de Valdès. Le souvenir de la nature de ces réunions nous a été conservé dans \v dialogue : Alphnbeto christinno, 1546; IHGI, entre GiuliaGonzaga et Yaldès, une perle de la littérature religieuse lu seizième siècle. — Les sujets qui y étaient traités, Juan les résuma dans es Cent dix Considérations ^ son ouvrage capital, et dans divers traités t épltres. L'original espagnol des CSonsidérations n'a été conservé qu'en artie. G. S. Gurione publia à Bàle, en 1SS50, une traduction italienne :

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Le cento et dieci divine Considération i del S. Ginmni Valdesso : trad. fr.. Lyon, 1563; Paris, 1565; Lyon, 1601 ; trad. angl.. Oxford. U\:\H: Camhrid'r.', i6-i6. London, 1865;'trad. os]».. Madrid. 1855 et 1863: trad. holl., i:i()5 ; trad. allftin.. par M"'<= H. H(i>limer, Halh'. 1870. Eo J880, M. Ed. BûBhmer mit au jour le texte original de 39 considérations et 7 épitres entièrement nouvelles, sous le titre de : Drataditiu de Jvm de Valdès (Bonn, i880). Le recueil : Demanâet et Bépomei, mentionné par Yergerio, est perdu. Le traité : Comment le chrétien doit étudier le livre de son <?û?iir en faisait sans doute partie (R. A., t. XV. p. 71). D'autres traités : De la manière dont il faut enseigner et prêcher les principes de la reliffion chrétimne; De In jri^fl/îrnfion par /a fol et des h f mues œuvres De la certitu'iij chrétienne de lu ju'itifica(ion et f/lorifirnfinn. t^dités à Rome en 1545. ont été retrouvés par M. Bœhnier et publiés avec une traduction allemande à Halle, en 1870. A cette catégorie d'écrits se rattache encore un catéchisme : In qwU maniera aidoverebàono instituire i figliuli de Chrittiani, qui, sous le titre de Lac Spirituale, a été souvent attribué à Vergerio. Quant à VAviso sobretns interprètes de In Sagrada- Escrifnrd que Llorente mentionne {Hiet, crit. de 1 Inquisition, lU, p. 244), dans l'histoire du procès de Carranza. il n'ost mitre oliosp que la considération LW". Cet avis es^t omprunlé non aux Jnslitufions chrétiennes di' Tduleru, mais à un livre de .Juan Sanriiez qui contenait une copie de toutes les Consideraciones del Valdès (Menendez Pelayo, /. c, p. 374). — Un passage de rintroduction au commentaire sur saint Matihieu révèle la manière dont Valdès étudiait la Bible. C'est par les psaumes qu'il commence pour passer par les épttres aux évangiles. A son avis, le chrétien doit d'abord modeler son Ânie sur l'image de David et pois pasper à l'école de saint Paul et .enfin à celle de Jésus-Christ. Un commentaire sur le premier livre des psaumes et une traduction du recueil complot ont été retrouvés. M. Ro^hmer a édité la f raductioii : A'/ Salterio traduzido del hehreo en romance castelOmo, Hniiii, 1880 ; M. Garrasco prépare la publiciition du commentaire, il est a peu près certain •que Valdès a commenté toutes les épitres. Nous ne possédons plus que son explication de Tépltre aux Romains et celle de la première épttre aux Corinthiens, publiées parles soins de Juan Perez: Comentario o de elaraeion àreve y compendinsa snhre la Hpistola de S. Pablo Apostol à loK Rnmnnos. en Venecia 1556 ; Comentarin n declnracion fnmi' linr y cojnpendinsn sobre la primcrn /Cpistnla de S. Pnhlo Apostol à los Corinthins^ en Venecia, l.").')7 ; Madrid, 1856. Dans le commentaire sui l'évangile selon saint Matthieu, récemment découvert et publié psi M. Bœhmer : El Swmffelio tegun tan Mateo deelarado par Juan d Valdès f Madrid, 1880, on trouve des allusions àrexplication des épttre aux Thessaloniciens (p. 457) et de la i** de Pierre (p. 456). On ne sa pas s'il a réalisé son projet d'étudier les autres évangiles. — Quant la doctrine de Valdès, elle a été exposée d'une manière complète et appr fondie par M. Môller {Theol. Sfudien und Kritikm. 1866, p. 308) par M. Carrasco (1. c, Troisiinne partie, p. 07 ss). Il sultira de préciser s point de vue théologique. M. Birhnier estime que Juan est d'une iu' pendance d'esprit si souveraine, qu'il faut renoncer a 1 assnniler à \'t

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