‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 58 sur 158 · VALDÈS · texte numérisé non relu

VALDÈS

les tendances réirnantes de l'époque. Les aiiteiiTsqnî, h diverses époques, se sont occupés do ses ensei^'^iieinent?. ont porté sur lui des jupoiiients Ips plus contradictoires. Pour les callioliques, il est le père de l'hérésie Juthérienue ii Naples. Hibadeneyra énumère, parmi les mérites de SalmeiOD, la gloire d'avoireitiipé à Naples le venin des opinions de Liitber répondu dans la ville par Valdès ( Vida y muêrtedel PadreA, Salmeron, Oèrasdel Padre de liivadeneyra, Madrid, 4605). Ant. Caracciolo appelle Valdès et ses amis, Vermijzli et Ocliino, les triumvirs de larépublique de Satan Cnllert. hist. p. :241), D'autre part, Théodore de Bèze et l'orthodoxie protestante ont si}?nalé comme dangereuses à la f(»i sa théorie (le l'inspiration et sa manière d'envisager la Bible coujine un alphabet de la lui. Eutin Sand, et plusieurs auteurs nmdernes, entre autres Berti (Mémoire sur Valdès et sur quelques-uns de ses disciples : une réfutation U M. Bœhmer, Reoista CrisHana, 1879), G. fionet-Maury [Les originet du ehrUHanùme unitaire) et Menendes Pelayo voient en lui un précurnnr des antitrinitaires. Le dernier résume ses appréciations en ees mots : « Il a été luthérien, unitaire et comme illuminé, un précurseur G. Fox et de Barclay. » De lait, il n'a été ni luthérien, ni unitaire, ni illuminé. Jamais il n'a rompu les liens qui le lattacliaicnt ;i l'iiglise de sa naissance. tlrAcc à la tendance mystique ipii le caractérise, préoccupé de la seule chose importante, il spiritualise les traditions, les coutumes et les cérémonies de TEg^îse catholique et les eonsidère comme an alphabet, un moyen d'éducation dont l'Ame se sert pour progresser dans la connaissance de lavéritéetla pratique delà vertu. — Lecaractère protestant de sa doctrine se manifeste dans l'usage exclusif de la Bible comme source de la science chrétienne. Mais il ne maintient pas d'une manièreabsolue la ligne de l'orthodoxie confessionnelh- du seizième >uh'\o : car il concède à l'expèrioncc chrétienne et à l'inspiration de l'Esprit de Dieu une part importante dans rinlelligence de la vérité et forme ainsi un trait d'union entre l'école mystique du moyen âge et les mouvements piétistes de l'Eglise luthérienne et réformée des temps modernes. Quelquefois même il semble assigner à la Bible un rang secondaire. Séparé du livre de l'expérience, le livre des révélations divines lui semble insuftisant; mais, d'autre part, il est si éloigné de la pensée de subordonner la lumière de l'Esprit (jui luit dans les écrits sacrés à la lumière de l'Esprit qui /'claire la conscience, que tout son enseignement, jusipi'aux plus légers détails, est fondé sur des passages de 1 Ecriture, et qu'en expliquant les paroles du Christ, il aflinne que le livre de l expériencii ne suilitpas pour les approfondir [Comm.c{e5ain^ila//Ateu, p. 2). Bien n'est plus étranger à Valdès que le rationalisme unitaire. Doué d'un esprit pénétrant, pressentant les dangereux écarts du raisonnement détaché de la foi, il demande au chrétien de mortifier sa raison et de ne lui accorder aucune part dans l'étude des problèmes religieux. Les questions critiques ou scientifiques et les spéculations des docteurs, des Pères et des conciles, sont écartées à dessein, et, à part quelques réminiscences scolastifjues dans les Cenf dix considérations, Juan Perez dit avec raison de Valdès qu'il ne fut pas uu théologien spéculatif, mais pratique, mettant en exécution ce qu'il comprenait de la vérité, désireux non d'être réputé

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ériidit, mais de reprodoiTe en son âme les sentiments de Jésus-Christ» (R* A* t. X, Comm. aux Rom. p. xxviii). La Bible expérimentée, l« principes dits formel et matériel du protestantisme se pénétrant l'un l'autre, l'expérience ouvrant rintelligence de l'Ecriture et l'Ecriture éclairant et guidant l'expérienco : tel est son point de vue. Quand, après sa mort (1511 i, l'Eglise combattit à (Milrance tous les éléments qui rappelait'ut les doctrines de Luther, et expulsa violemment le crypto-Iutbéranisme de son sein, l'école de Valdês se vit dans la nécessité de se prononcer. Les uns restèrent catholiques* d'autres allèrent chercher dans Texil le libre exercice de leur foi. Vermigli devint Tun des docteurs les plus autorisés de l'Eglise réformée, tandis que Ochino, développant la doctrine de la lumière naturelle dans le sens du rationalisme, arriva de doute en doute aux plages désolées du scepticisme religieux. — - Pour les détails biographiques et bibliogra])lii<;ues, voyez Ed. Biphiiier, r enni biografici sui Fralellt Giovanni e Alfonso di Vaidesso^ i^i; App, di le eenfo difci diviur Consir/i razioni : J^ral Enryclopxdie de Herzog, t. XV'II. et Bihliot lieca W iffeninna : Sftonàh Reformer» of tiro Centuries froin i^rli), Strash., London 1874 ; Luis de L'zos i llio, Apendize à ziento-flifz Considerazwnes. ano 1803, H. A.. XVII; B. Barroii Wiffen, Life and writings of Juan de Valdèf, London, 1865 ; D. Fcrmin Gaballcro, Conqwmm îlmtm, t. IV, Alonto y Juan de Valdès, Madrid, i875; M. Garrasco, A, etJ, de VMè$, leur vie et leurs ierHi religieux, étude historique, Genève, 1880; Menendei Pelayo, Histam de los Ileierodoxos etpanoles, Madrid, 1880, II, p. 96 ss; enfin, A, et J, dr Valdh^, de l'auteur de cet article, Strasb., 1ÂS9. EoG. StbbN. VALDO (Pirrri'). Voyez Vaudaiâ,

VALENCE I \ alen(in), évéché soumis autrefois à Vienne, aujourd'hui à Avignou. On en attribue la conversion aux saints Félix, Fortuné et Achillée, envoyés par saint Ir/'iiée ; les actes de ces saints .1 1. ,S>\, 23 avril, III) n'ont aucune antiquité. Saint Kinilieu, premier evèque connu de celle ville, n'est pas antérieur au milieu du quatrième sit^b. L'église de Die fui unie à celle de Valence, de 1275 à 1687. La cathédrale, d'abord dédiée à saint Corneille et à saint Cyprien, fut consacrée en 1095 par Urbain II. Saint Apollinaire, frère de saint Avit et le plus illustre des évéquesde Valence, lui donna ensuite son nom. — ^Voyei Galtia christiana, XVI, par M. Hauréau ; Golombus, De rébus gesta Valent, cl Diens. Episc, 2° éd., Lyon, 1G52, in-'i^ : de Chatellan, Antiquités de i E<,L r/e]K., Val., 1724, \n'k<^\^M,Hi$t.hagioLde F., 1855; le même, Hi^^t. de CUniv. de F., 1861 ; Le Blant, /nier. cAr^l., II, p. 176.

VALENTIN ou Valentinien. Voyez Gtwsfirisinc.

VALENTIN. pape en 827, entre Eugène II et Grégoire IV, mourut après <|uaranto jours de gouvernement.

VALLETTE Jean-Louis), pasteur président du consistoire de l'EglisiMlt' la Confession d Augsbourg, à Paris, naquit à Chéue-Thonex (canton de Genève), alors département du Léman, le 24 mai 1800 (prairial an VIII). Sa famille était originaire de TArdèche; son père perdit sa fartune et mourut, laissant cinq enfonts et des dettes ; la vaillante veuve ne répudia rien de cette douloureuse succession. A huit ans, Louis Vallette se

VALLEITE

rcDdait touslesjourâà travers la neige, en hiver, au collège de Genève. U

aima toujours cette ville noinine sa prpinièrc patrie et y fit toutes ses étu.les ik imHh 18^6 (liolles-lettres, philosophie, théologie). Dès VA^o de dix-huit ans, il èuhviiit par son travail aux (it'pcnses de ses études. Il fut pendant neuf ans précepteur dans la famille Buissier-Butini ; l'un de ses élèves est M. Ed. Boissier, botaniste distingué, l'autre devait devenir la comtesse Agénor de Oasparin. Vallette se Ha avec quelques condisciples doDt les noms sont connus dans différents domaines : Ch. Barde, Duby, Ch. Didier, A. de la Rnie, et les trois frères Monod Frédéric, Guillaume et Adolphe. Il eut pour professeurs Pierre Prévost, Auguste Pictet,Duby, Ollérier, Munier, Chenevière, et le célèbre de Caudolle,qui faisait grand * cas de lui comme botaniste. Son aspect austère imposait h ceux de son àjçe; sa droiture, son énergie, la fermeté de son jugement, sa lidélilé dans la doctrine et dans la vie le lirent remarquer de très bonne heure. — Vers 1833, il vint faire dans la chapelle de l'hôpital de Genève, à la place de Goulin père, une série de prédications; son sens pratique, sa piété vivante, sa manière incisive et sa fidélité à TEcriture frappèrent TÎTement son auditoire. En 1827, lorsque A. Monod [dut quitter la petite commiinauté dont il avait été le fondateur à Naples, il fut heureux d'y <Mre remplacé par son ami Vallette. En effet, sous la protection du roi de Prusse, Frédéric-tiuiUaume 111, et sous le couvert de la légation prussienne, un culte allemand existait depuis 18:25. Les protestants de langue française, désirant avoir aussi leur pasteur, l anibassade leur accorda l'hospitalité de sa chapelle. En 1835, Vallette fut nommé chapelain de la légation prussienne ; le prince royal, plus tard Frédéric- Guillaume IV, homme pieux, esprit fin et cultivé, l*honora d'une amitié durable. 11 en fut de même pour MgrGaperelatro,arehevèque de Tarante, un chrétien du quatrième siècle, comme Vallette se plaisait à l'appeler. Malgré les difficultés sans nombre contre lesquelles il fallait lutter sous le gouvernement des BourI)ons, le jeune pasteur pourvut à tous les besoins de la paroisse : écoles, société de bienfaisance, hôpital, visite des prisons; il lui aussi l'aumônier volontaire des régiments suisses, et fonda, à Messine, en 1838, une Eglise évangélique, française et allomande. 1>euz invasions terribles du choléra lui foumhrent l'occasion de déployer tout son dévouement pastoral et son héroïsme chrétien. Il laissa à Naples un souvenir ineffaçable, que les années n'ont point affaibli. — Ses rapports avec des étrangers haut placés furent l'occasion de sa translation à Paris. Louis Meyer l appela, en 1841, à l'église de5 Billettes; la duchesse d'Orléans ne fut pas étrangère à sa nomination. En 1807, il ^devint président du Consistoire; peu avant sa fin, il présida aussi le synode luthérien réuni à Paris. Vallette fut dans son Sglise un des pasteurs les plus actifs, les plus dévoués et les plus fidèles. D collabora à la fondation d'écoles, de congrégations, s'occupa du patronage des apprentis, de l'orphelinat des Billettes, de la mission eitérieure et de la belle œuvre de Saint-Marcel. Peu de Français se sont, autant que. lui, occupés des Allemands résidant h Paris; il prêcha en allemand jusqu'à la tin de sa vie et fut un des membres les plus zélés du comité de la mission allemande. Sincèrement attaché à la doctrine et à la

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liturgie de son Eglise, il était aussi» par caractère et par tradition, rhomme de toutes les Eglises ; on reconnaissait en lui le descendant des anciens

huguenots. Gn\cp à lui, se fondèrent et se conimunalisèrent les écoles da faubourg Saint-H(Hi(»r(> et des Champs-Elysées. Il n'est presque point d'œuvrc d'évangélisation ou de bienfaisance -à laquelle il n'ait pris part intérêts généraux du protestantisme, Société centrale. Missions évangéliques, Société l(iltli(jue, histoire du protestantisme. Traités religieux, alliance évangéli(jue, Société de prévoyance. II fut longlenips aumônier (le la prison des lennnes iSaiut'Lazare'f, et le jjriMcipal collahorateur de Vermeil, dans la création de la maison des Diaconesses. Après la mort du fondateur, il devint président du comité; c'était, dans son activité si multiple, une des branches de prédilection. En 1854, il présidait à rOratoire les conférences pastorales annuelles; on le chargea de procurer des auméniers protestants à nos années. Ce fut là véritable* ment son oeuvre; ce fut une victoire remportée, avec l'aide du général de Chabaud-Iiatour,àforcede démarches, d'efforts et de fermeté, auprès de nos gouvernements successifs. Et cette victoire eut des résultats en Crimée, en Italie, en Chine, au Mexique, plus tard, pondant la guerre franco-allemande, et entin justjue dans le camp de Chàlons. — ValletU\ l'ami des pauvn-s et des petits, simple, franc, digne dans ses rapports avec los grands, aimahle et hienveillaiit envers tous, avait conquis une place iiuportanle dans l'estime des hommes les plus haut placés. C'est ainsi qu'il devint chevalier de la Légion d'honneur, docteur de Tuniversité de Giessen, décoré de l'Etoile polaire de Suède, de TAigle rouge de Prusse et de Tordre hessois de Philippe le Magnanime. La duchesse d'Orléans, dont il fut le chapelain, honorait en lui un véritable pasteur; Yallette fut appelé en Angleterre pour lui rendre les derniers devoirs. Il joignait, à une culture littéraire et scientilique très solide, une rare aptitude pour l'étude des langues. Il en parlait couramment un certain nomhre, était fort hon héltraïsant, connu des juifs à ce titre, et se reposait d'une journée de laiieur en s'occupant de philologie companV. La persévérance dans le hien, la santé morale, l'énergie indomptable dans l'îiccomplissement du devoir, une grande vivacité jointe à un esprit vraiment pacifique, une piété sans phrases, une rare charité, une humilité plus rare encore, tout cela associé à une grande noblesse de caractère, tels étaient, dès sa jeunesse, les traits dominants de sa physionomie. On a dit excellemment de lui, lors deses ftmérailies : « C'était un chrétien sans épithète. » Yallette n'a jamais livré à l'impressioii que des sermons isolés et autres opuscules ou discours sans nom d'auteur. Son œuvre, c'est le grand développement de l'Eglise de la Confession d'Augshonrg, à Paris, qui est aussi l'œuvre de ses collègues. Il était il Paris pendant le siège; dès qu'on put sortir, il alla voir sa famille ; mais à la première nouvelle des désordres de la Commune, il revint à son poste. Tant d'émotions et do fatigues itrisèrent une jialurc saine et rohuste. <jui semblait lui [)romettre de longues années; il termina son ministère et sa vie, le :20 octobre 1872.

VALOIS (Henri de), Valesius, historiographe de Pranee, né à Paiii «n 1603, mort en 1676, est célèbre par sa connaissance de.la littératun

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