‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 66 sur 158 · VENDES — VÉNÉZUÉLA · texte numérisé non relu

VENDES — VÉNÉZUÉLA

avait remporté sur les Vendes païens uno sanglante victoire à Smilow, avec l aide du duc de Saxe Magnns, accueillit avec bienveillance Vicclin. Celui-ci. qu'on a appel»'* l'apôtre do la Nordalbinpie. ouvrit à Lnborkun séminaire pour les missions ot s'établit à Foldi-ra ou 1129. La dureté de Norberj; de Hambourg provoqua de nouveaux troubles. Les Hugiens brûlèrent Liibeck et mirent en fuite les missionnaires. Prétisiav et Nik.lut relevèrent une dernière fois le culte des idoles. Seules, les victoires du comte Adolphe de Nassau permirent à Vicelin, nommé évéque d^Oldenbourg en 1149, de rentrer dans le pays vende, où il s'assura le concours du chanoine Dithmar, le compagnon fulèle doses travaux et de ses dangers. I^a croisade d'Albert l'Ours et de Henri le Lion, en 4147, avait brisé la résistance inatérielle des Vendes, sans los convertir à la foi do leurs bourreaux. Niklot mourut en liWA), les armes à la main, et son iiis Wratislas dut se rendre à discrétion. Son autre tils, Prébislas, fit aux Allemands une guerre d'extermination, couvrit tout le pays de ruines et ne mit bas les armes, en 1164, à la bataille de Demmin, qu'après avoir fait mordre la poussière à Adolphe de Schauenbourg. Converti quelques années plus tard, Prébislas rentra en possession de ses Etats comme tributaire de Henri le Lion, avec le concours de l'évéque Gérold et do nombreux colons allomandset flamands, rendit quelquo prospérité au pays à moitié germanisé ot contenu par les évécbés de Uatzehourpr et de Si liwerin-lliigen, le dernier asile du paganisme expirant, succomba en ll(i8,sous les eil'orts du roi Wuldemar et du belliqueux évéque Absalom. — Sources: Witikind, Bes gestœ Saxomtm; Thrietmar, Chronicon; Adam de Brème, Geita ffamb, eecL^ dansPertz, Monument, germ, Aist,^ III; Helmold, Chron. Shvarum, 4702; Giesebrecht, Wendiseke GeseA,, Berlin. 2 vol., 1843. A. Pal'MIER.

VENEZUELA. — Sous la domination espagnole, les Etats-Unis de Vé nézuéla formaient la partie occidentale de la capitainerie générale de Caracas. Soulevés de bonne heure contre la tyrannie de la métropole, les Vénézuéliens réussirent, dès 1811, à assurer leur indépojidance nationale. A partir de 1819, ils firent partie de la grande confédération colombienne fondée par Bolivar. Enfin, en 1831, lorsque cet Etat se brisa en trois tronçons, le Yénézuéla se donna une constitution fédérative, souvent remaniée depuis lors, et qui se distingue par rindépendance qu'elle laisse aux provinces et le peu de pouvoir qu'elle remet aux autorités centralci^. Le recensement de 1881 a compté dans lo pays une population de 2,070, il)7 habitants. Presque tous appartiennent à la religion catholique. Dans la hiérarchie romaine, le Yénézuéla forme la provinco ecclésiastique de Caracas, dont l'archevêque a quatre évôques suflragants. à Barquesinieto, k Galaboza, à Goayana et à Merida. Le clergé est généralement peu instruit et peu considéré. L'influence des prélats n'en a pas moins été jusqu'à ces dernières années considérable dans le gouvernement de TEtat. Cet accord a été troublé depuis 1873, époque de rav<'^nenienl du président actuel, le trénéral (iiizman HIanco, chef du parti fédéraliste. L'archevêque de Cnracas. opposé au parti politique qui soutenait le nouveau président, délemlil il son doriré de prendre part aux réjouissances nationales qui célébraient le succès de (îuzman Bianco, et frappa d in-

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ferdit quelques édifices où les fôtrs avaient été néanmoins célébrées. Le gouvernement prononça alors la déposition iIp rarchfivèijun qui se retira dans nie 'le la Trinité, et travailla de là à fomoiiter des troubles dans la république. Le président Blanco recourut «l'abord à l'intervention du saint-siège; mais le pape donna pleinement raison à rarchevéque. Après de longues négociatioos infructueuses, le congrès vénézuélien se décida enfin, en 1816, à voter une loi aux termes de laquelle l'Eglise de la eonftdératioD était déclarée nationale et séparée de Rome. La fermeté ayee Isquelle cette loi fat appliquée décida enfin le saint-siège à céder. Tout récemment, un accord est intervenu. Le pape reconnaît et confirme la déposition de rarchev(^(jue et son remplacement par un prélat dévoué au président Blanco; celui-ci, de son côté, a fait ai»ro^:er par le congrès la loi d«' 1876; la paix confessionnelle est ainsi rétablie dans le Vônézuéla; mais cet événement est trop récent encore pour qu'il soit possible d'en apprécier les conséquences. — Bibliographie, Almanach de Golha, 1881 ; Martin, Ihe Statnmah's Vearbook, 1881; G. Thirion, Zes Etats- Umt de Vénésuéia, Paris, 1861; Ed. Bastorck, Vinézuéta, Londres, 1868; C. F. Appun, Unter den Tryen, vol. I", Vénézuéla, léna, 1871, A. Meuiemans. La république de Vénézuéla^ Bruxelles, 1872; M. Tejeni, ypneziu'la pintoresca e Ulusfrada, Paris. 1875; C. D. Danee, Fout- ijears in l'enczuela, Londres, 1876; J. M. Spence, The Land of Bolivar ; adventures in Vew.zuela, 2 vol., Londres, 1878.

VENTURA (Le Père J.-D. Joachim), baron de Raulica, né à Palerme le 8 décembre 1792, mort à Versailles le 2 août 1861, occupe une place distinguée parmi les philosophes italiens de notre siècle. Elève et profes» leur ches les jésuites de Palerme, il les quitta à l'Age de vingt-cinq ans pour entrer dans Tordre des théatins, qu'il ri stanra et réforma, et dont il prit la (li'fense, dansson'premier ouvrage intitulé : La causa dei regoîari al I rUntnnle dcl huon senso, Naples, 1819. Il fut ordonné prêtre en 1818. En 1824, il vint à Home, en qualité de gouverneur général de l'ordre, et y obtint bientôt plusieurs charges dans l'instruction publique et une grande réputation comme orateur. Sim éloge de Pie VII fût généralement célébré, et quelques flatteurs dirent même qu'il y avait égalé Bossuet ( 18i3). Son cours de droit : De Jure publico ecclesùutieo fut publié à Rome en 1826. De 1830 à 1833, il est général de son ordre; en 1841, 1843, 1845 et 1841, ce fut lui qui fit accourir toute la ville à Saint-Pierre pour les prédications du carême. — Son ouvrage le plus important, qui inaugura sa carrière philosophique et qui ne fut pas surpassé par ses productions postérieures, fut publié à Rome en 1828. C'est le traité: Be mclhodo p/tilosophandi. Jeune, le P. Ventura avait suivi de Bouaid el de Lamennais; il s'était même oecopé activement de la traduction de la Législation prmiiive et de V£$sai sur tlndifférenee ; mais, s'étant aperçu que leur traditionalisme n'était pas sans erreurs, il étudia TEcriture, les Pères et la scolastique, surtout saint Thomas, pour fixer les bases de son propre traditionalisme..qu'd appellera plus tard la vraie philosophie, grt\ce à une singulière ( ontradiction, et qui n'e>t pas moins exagéré ni moins strict que celui de ses premiers maîtres. Croyant que la liberté et le pouvoir popu-

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bire peuvent vivre en harmonie avoc l'Eglise romaine, il rêvait, commo quelques grand^^ patriotes, une •rraiule nation italienne dont le pape serait le chei'spiiiturl, et il <'mlit;issa avec un «'ntliousiasino tout iii«^ridional la cause des irvolutiDiiiiaircs de 18i8. 11 dol'endit nit^ine contre la cour de Naples, auprès de Pie i\, les insurgés siciliens, et accepta d*étre leur ministre plénipotentiaire à la cour de Rome. Déçu par la conduite de Pie IX, mécontent de la république romaine et accusé d'infidélité par les deux partis, Ventura, sans jamais se séparer de l'Eglise de Rome, se retira, en 1849, à Mont;)elUer, auprès de son ami févéque Thibaut. En 1851 il se. rendit à Paris, y prêcha souvent» y donna phifsieurp conft'irencps philosophiques et y publia toute une série doMivres philosophiques et de piété. Il mourut, en 18431, après avoir étonné , pendant quelques armées , par son éloquence rude, originale, par sa vaste érudition, sa fougue et même la iuroie incorrecte de ses discours, Télite de la société savante de Paris. Il est à regretter qu'à l'égard da protestantisme, le P. Ventura, imitant en cela ses confrères, ait été non seulement rude, mais injuidetu, rempli de fiel et de haine. — En philosophie , condamnant les méthodes expéri-* mentale, ontologique et dogmatique, il établit celle de la tradition et du sens coinniun, et combat avec énergie la doctrine des idées innées. Le (jjuod .vw/v'v, qnod iihit/ue , (juud ab omnibus... est le pivot central autour duquel il lait se mouvoir tout son système, qu'il croit pouvoir appuyer sur l'Ecriture, les Pères et sajut Thomas , saus reconnaître qn'ils se sont bien gardés d*abaisser la raiioa humaine k rhumble rôle qu*illui assigné. D'ailleurB,iaphilosopbie.n**est pour lui ni la recherche, ni la démonstration de la vérité : elle n'en peut être que le simple eiposé. 1^1 raison est impuissante à découvrir la vérité; elle peut se former des idées, mais ne peut acquérir les connaissances suprêmes de Dieu, de riniinortalité, de la loi morale. La raison, pour les posséder, doit s'adre-ser à l'Kiilise qui, seule, a le dépôt sacré des vérités traditionnelles, déposées aneieiiiieuient par Dieu dans le sein de riiuinanifé. Cotte philostqthie n'est pas originale ; nous la retrouvons, avec un peu niuins de mépris pour les philosophes de Tantiquité, dans tout le moyen âge ; mais lé P.' Ventura a su l'eiposer avec une vivacité originale et saisie* San le, en attaquant avec ces vieilles armes les .nouveautés briUaïites, mais peu solides du scepticit^me contemporain. — Sources : Les œuvres du P. Ventura, dont voici les principales : plusieurs recueils de sermons, d'homélies et d'oraisons fiuièbres . publiés à Milan en 1S:>5, iHiit?, 18.'î,"{; M- 7/ti'f/io/l<> fj/ii/osoji/taiifii. Home, 1828: /'i Raison phtlnsopliKjue et la rainon catholique, Paris, 185i; Essai sur l'origitie des idées, Paris, 1853; les Femmes de V Evangile, Paris, iB53; Ui Femme catholique, Paris, 1854; t Ecole des miraeke ou fes oeuvres de la puù^ êonee et de la grandeur de Jétus-Chrwty Paris, 1854-1858 ; Expoêittan des lois naturelles de l'ordre social, Paris, 1859; Corso di filosofia Crisfifinn, (lénes et Milan, 1863; la Tradizione e i senii pelagiani délia (ihsofia^ ow/// // semi'-razionalisjno salvato, Milan, iH51 ;.l}ella vera r drlhi fa/sa filusofin. .Milan. 185 'i. Ces œuvres furent publiées en français à Paris, de i85i-i8oG. Noyez, à leur sujet, la belle étude

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