‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 67 sur 158 · VENTURA — VERDUN · texte numérisé non relu

VENTURA — VERDUN

de M. (le Uénm^al dans la Ilevue des Deux-Mondes, mars 1861 ; le Pouvoir politique chrétien^ discours prononcés pendant le carême de 1857, dans Ja chapelle impériale des Tuileries, trad. ital., Milan, 4858. Les œuvres posthumes du P. Ventura, recueillies en deux in-S**, ont été publiées à Milan en 1864. P. Lonc.

VÉPBB8 {Vesperx), partie de l'office divin qui se récite ordinairement à deux ou trois heures de laprès-midi. Cet office se disait autrefois le ?oir ivexpere), d'où son nom de vêpres. Dans les Constitutions apos» toliijuesi}. II, c. xxix), il est onlonné de réciter à vêpres le psiaume CXL, Domine, chimavi ad te, exaudi me, t\m est appelé pour cela luri'nifdis, [Kirco ({u'oii le lisait à la lueur des lampes. Oassien <lit qu'à vêpres les muines réritaifiit liouze psaumes, que Ton y joignait fleux leeons. l'une de l'Ancien, l'autre du Nouveau Testament. Aujourd'hui, on y dit cinq psauuies, un capitule, une hymne^ le cantique Magnificat, des antiennes, et une ou plusieurs oraisons, scion qu'il y a ou qu'il n'y a point deeomnémoration à fûre. — Voyez Tartiele heures eanoniales.

TBBBB. Voyes Logo: ...

VflRBQN (Virodunum, ^irdunum)^ antique évèché; il dépendait autre- ^is de la province de Trêves; depuis son rétablissement en 1817, il appartient à celle de Besançon. Saint Sfiiiitîiin (Sanriînus) en est le premier évêque; on en a fait un des soixante dix disciples; le GnUia rhristianfiy au contraire, voit en lui un élève <1<' saint Denis de Paris et admet qu'il fonda l'étrlise de Verdun vers 3*^^. après celle do Meaux (voy. Mtnu.r , ot qu il mourut aux environs de. 'joii. Son nom se trouve dans les actes du concile de Cologne (.346), avec la singulière formule /'Jpisropus Articlavorum ou Clavorum ; mais ce concile est d'une authenticité au moins contestable. Du reste, le nom à*Urb» Clavorum parait avoir été porté jur^qu^aù onsièm6.8ièele,>ou niènie après, par la ville de Verdun (Uéoard, /Hel. topogr, de - ia Mnue, i972). Saint Vanne (Fi/orim), qui mourut v«rs l'aii 5S0 (5' novembre), et dont le nom est encore Âëlé à Thistoire de la défaite d'un serpent monstrueux, a donné son nom à la célèbre abbaye aujourd'hui remplacée par la citadelle de Verdun, et d'où sortit la célèl)re réforme de Saint-Vanne fvovez Sfiint^ Mnur). Saint-Vanne était. <lit-on. l'éplise mère du diocèse de \'erdun ; biitie d'abord sous rinvoratinn de saint Pierre, en 9oi. l'évécjue Béran- •g»'r y plaça des religieux de l'ordrede saint Benoit. Verdmi avait, à côté •de l'église cathédrale de Notre-Dame, fondée, dit-on. au cin(juiènie siècle, par l'évéquc Puichronius, et de l'abbaye royale de Saint- Vanne, la collégiale royale de la Madeleine et celle de Sainte-Croix, les abbayes royale! dsSaint-Airy {S. Agericus; ce saint fut évéque de Verdun jusqu'en 591) et de Saint-Paul (Prémontréa), et l'abbaye de Saint-Mièolas-des-Préa, isns pa^er de plusieurs autres communautés. Urbain IV en fut évéquè, •delSSS à 4255. — Voyez GalUmehristiana , XIII ; Galmet, HiH. de Lor- Tmne; Roussel, Histoire ecclés. et rw. de V., P., 177.5, in-4'' ; 2® édit. «u^., 2 vol. in-8«, Bar-le-D., 1864 ; Clouet, Ilisl, de Verdun, \., 1H67-I870, 3 vol. Les sources anciennes de l'histoire de Verdun sont les (iL'sia l'piscnporum Virdnnensuim de Berth.iirt'. écrits en 1)17. i\\)vH l'iucendie de Id cathéralG (Pertz, IV), el continués par un moine

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de Saint- Vanne jusqu'en 1047, où la ville fut brûlée; la vie de Richard, célèbre abbé do S iint-Vannp (f 1046; Pertz, Scr., XI h qui fit fb'urir la science dans son abbaye, et la Gbronique d'Hugues dcFlavigny Portz, Scr., VIII). Puis viennent les (iesta episcoporum Vh'dunensinin et abbalum S. Mloni de Laurent, de Liège ^1144; Scr., X), avec les Annales de Saini' Vanne {ib.). La ville de Verdun, grâce à Tabbaye de Saint-Vanoe, a de glorieuses annales scientifiques et littéraires. G^est à saint Vanne que nous devons la réforme de Saint-Maur.

S. Berger.

VERGERIO (Pietro-Paolo), célèbre réformateur du seizième siècle. Né à Capo (i'Istria, près de Trieste, en liîlH.il appartenait^ une\ieille famille nubip, très attachée à rE<rlise. 11 étudia d'abord le droità Padoue, où il conquit le j^rade de docteur et. après avoir exercé (!(>> lonctiuns juridiques à Véroue et à Veuise, il prit la résolution d entrer au service de l'Eglise. Introduit auprès de Clément VU par son frère Aurélien et par Gontarini, son proteeteur, il gagna la confiance du pape qui Tenvoya, en qualité de nonce, auprès de Ferdinand II, empereur d* Allemagne, avec la mission d'empéeher à tout prix la convocation d'un concilp national. Quelques années plus tard, il s'acquitta avec le même succès d'une mission semblable que lui avait conliée Paul III. Verirerio j^ircouriit l'AlIcmnjrne en grande pompe, et reçut partout l'accueil ie plus empressé. .A Witleiuberg, il eut une entrevue avec Lutber, qu'il chercha à ?éduire par d'habiles promesses. Pour récumpeuser sou zèle, le pape le Domina évéque de Gapo d*Istria (1536). filais bientôt il se produisit un changement dont les causes sont assez obscures. Le pape reprocha à Vergerio la modération du langage qu'il avait tenu au colloque de Worms (1541); on l'accusa même d'avoir parlé assr z irrespectueusement du saint-siège et d'entretenir des relations avec les luthériens. C'est en lisant les écrits de ces hérétirjues. dans le but de les réfuter et de se disculper. '(pie l'évéque de (]apo d Istria se sentit lui-méiiie gagné par leurs doctrines, en particulier par celle de la justilicalion par la loi ; pourtant il ne songea nullement i se séparer de l'Eglise. En attendant, il gagna à sa nouvelle manière de voir son firère Giovanni Battista, évêqae de Pola. Tous deux se mirent à prêcher la pure doctrine évangélique et à combattre les superstitions régnantes et les désordres de la vie monastique. — Dénoncés par les franciscains, les deux frères reçurent, au nom d'une commission d 'enquête présidée parle léi:;if df-lla Casa, l'ordre de romparnître devant l'archevêque d'Aqiiib't' [)our se j iistificr ; ils eu appelèrent au synodo réuni à Trieste et mviMpii rent l'intervention amicale du cardinal Hercule Gonzague de Mantoue. Le pape lit savoir à Vergerio qu'il pourrait vivre sans être inquiété à Rome, s'il voulait tenir secrètes ses convictions évangéliques. Ce fut à Padoue, au lit de maladie de Francisco Spiera, que la lumière se fit complète et décisive dans l'esprit de Vergerio, et quMl embrassa ouvertement la cause de la Réforme. Dans le même temps, son frère, l'évêque de Pola, mourut, prol)ablement empoisonné. Le nouveau converti trouva un refuge et une sphère d'activité dans la Valteline et dans le canton des Grisons, prêchant l'Evau^nle avec une grande éiuTgie à Poschiavo, à Pontresina et à Vicosoprauo (1549). Puis, soullrant de

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lOD isolement dans ces vallées écartées et inhospitalières, il se rendit à Zurich, Berne, Bàle et Genève, pour apprendre à connaître ces Eglises • de toute manière Calvin l'attirait plus que Zwin^e. En 1553 il se fixa à Tubingue, protégé par le duc Christophe de Wurtemberg, dôntil avait su gagner la confiance, et il y resU jusqu'à sa mort (1565), mêlé à toute sorte de néfrociations et d'entreprises dont aucune ne pouvait suffire à l'ambition de son esprit a^Mté et inquiet. L'activiti' littéraire de Vergeriu fut considérable; la pob'iiii.ine y occupe naturellement la plus graii.k' place. Sa Paraphrase des sept psaumes pénitcnliaux, son Commnlaire sur les Actes des apôtres, son Manuel de la doctrine chrétienne dénotent une intelligence lucide et ferme. Il fit^iussi un grand nombre de traductions, surtout de l'allemand dans l'italien. Sa liétractation des mm et de lldolâtrie papUtique et ses Dialogues sur 1^ même sujet révèlent la parfaite loyauté de son caractère, en même temps que le ton tanchant et parfois un peu acerbe de sa polémique. — Voyez surtout lexceUente monographie du doyen Sixt de Nuremberg,/». A Ker^eriW Bninsw., 1855, et l'article de Hersog, dans sa Heid-Bncykl XVIl' 65 ss. if t 1

VÉRITÉ. Notre but n'est pas de traiter, sous ce Utre, la question mélaphvsique de l'existence de la vérité, ou la question psychologique de 1 aptitude de l esprit bumain à la connaître, questions qui ont été, l'une et l'autre, résolues néfralivement par le scri.ticisme. C'est sur le terrain religieux et biblique que nous entendons nous placer. — La vérité en wi, opposée, comme essence et fond des cboses, aux apparences vaines et trompeuses, n'est qu'en Dieu. U est, Lui, l'Etre dans le sens absolu du mot, le foyer et la souros de toute vie : « l'Eternel est un Dieu de vérité; il est un Dieu vivant » (Jérém. X, la). Ce qu'il est, il le manifeste, car il est invariablement fidèle à lui-même (Nomb. XXIII, 19 • 1 Sam. XV, 39). Tout est vérité dans ses voies (Psaume XXV, 10] dans ses œu\Tes (Ps. CXI, 7), dans sa parole (Ps. CXIX, 151. 160), dans ses promesses (Hom. XV, 8), autant de manifesta lions diverses de lui-même — Comme la vérité est en Dieu, c'est de Dieu seul qu'elle vient (Ps. XLIU, 3^ ; son caractrrc est donc d'être une. Bien qu'elle se fractionne en vérités i).ii lu iilirrrs, logi.jues, scientifiques ou morales, il n'v a cependant qu une vérité, comme il n'y a qu'un Dieu. Lorscpié nous nous heurtons à des contradictions, c'est que nous avons mal vu ou mal compris, soit que nous ne tenions pas compte de tous les luits, soit que nous apportions dans l'étude de l'un des domaines de la connaissance des procédés d'investigation qui sont propres à un autre domaine, des procédés d'observation extérieure, par exemple, dans le domaine de l'es prit, ou des procédés psychologiques dans le domaine de la nature. Or, le mode d'action de Dieu n'est pas le même dans le monde de la nature et dans celui de l'esprit ; dans l'un, il parie perdes faits matériels, dans l'autre, par dos faits spirituels. Aussi est-ce se rendre impossible l'accès à la vérité que do coutostor a /n-iori l'existence de l'un de ces deux ordres défaits, à r.'xcmpk' de (Jn-tlir- (jui disait à Lavater (en se faisant évidemment tort a lui-même) : « Moi aussi, je suis " de la vérité, » mais de la vérité des cinq sens. » Quoique obli^jés par notre nature limitée

(1 Gor. XIII, 9) de nous contenter de vérités partielles, c'est à la vérité même que nous aspirons ; la chercher, c'est souhaiter de remonter à sa source, en d'autres termes, c'est d'une manière plus ou moins consciente, chercher Dieu :

« 0 Dieu de vérité, pour qui seul je soupire, »

s'»MTie (iorneillp. Lf monde est soumis à deux influences contraires, l'esprit tievérit»'; et l'esprit d'erreur (1 Jeun lY, G ;i Thess. II, 11). Celui-ci tait qu'on étouffe la vérité, quand on la rencontre (ce qui est l'effet de ht méchanceté) (RÔnu 1, 18), qu'on s'égare loin d'elle (Jacq. "V, i9), qu'on est rebelle à ses invitations (Rom. Il, 8), ou même qu'on la change en niensont:* (Uoni. I, 25). Cet esprit est parvenu h son apogée en un être . dans lequel il n'y a plus la moindre aitiuité pour la vérité, en sorte qu'il en est totalement sorti et que le inensonpe csl devenu le fond de sa nature tJean VIII, 14). L*es[trit de vt'-rité, au contraire, lait qu'avant même de connailre en détail ses enseignements, on se sent « issu de la vérité * (Jean XVI II. 37 ; 1 Jean III, 11)) et disposé à se laisser guider par le Saint-Esprit, promis par Jésus-Christ à ses disciples et qui est lui-même « la vérité. »f en ce sens qu'il est pour l'homnie l'organe du Dieu de vérité (1 Jean V, 6 ; Jèan XIV, 16. 17 ; XV, 26). Sous hi direction de ce guide intérieur. Thomme est introduit peu à peu dans la conn^iissanoa de la vérité ît; -i<Txv Tr,v àXv-O-'.av). la(juello. absolue en Dieu, est pro«jressivn en l'homme (Jean XVI, I.f). — On voit que, dans le langage scripturaire et, en particulier, dans ios écrits de l'apôtr*; Jean, la vérité n'est pas unu abstraction à laquelle l'intelligencxj adhère; c'est une réalité vivante, une puissance divine i[u'\ pénètre l'àme et incline le cœur. On ne parvient pas à la vérité par la logique et la spéculation, mais pur la volonté (Jean VII, 17), l'humilité (Metth. XI, 25)^ I» changement deë dispositions (2Tim. II. ^:^). Comme il existe en l'homme un organe des choses sensibles, dr Tart, <le6 idées abstraites, il y aaussi en lui un organe de la vérité que l'apôtre Paul appelle « l'amour de la vérité 0 {z Thess. II, 10), sans le([unl celle-ci nous demeure étrangère, bien que nous lassions de continuels cfl'oris Juan- apprendre (2 Tini. III, 7). — Quant aux résultats que produit eu nous la vérité, ce n'est pas prim ipalement l'acquisition d'idées nouvelles ;ai«nt tant, la vérité «aui^tiiie, puisqu'elle vient du Dien de^inteté (Jean XVII, 47) ; elle aJAttuthii-des influences mensongères et funestea du péché et du moiule-(Jean> VIU, 32) ; elle est une force ; dans l'armure du chrétien, c'est la ceinture (Kphés. VI, 14) ; on n'y adhère donc pas seulement comme à une doctrine plausible, mais on la pratique, à mesure qu'on laconnait (Jean III. 21 : I Jean I. G) ; on y marche (i Jean i ; .{ Jean 3. A) ; on lui rd)éit (Gai. V, 7i; elle a une puissanci- qui lui est proj)re, indépendante de nos opinions ou de nos efforts {2 Gorinth. Xlll,8j ; la vérité est inséparable de la piété (Tite 1, 1) et deraction (èv Ipyto, opposé à une vaine profession >^Y(|) XXI YXtuffffyi, i Jean m, 18). — L'expressbn parfaite de la- vérité ielle qu'elle est en Dieu, c'est l'Evangile (Gai.- II, 5. iA)i appelé aussi « vérité de Christ » (2 Gorinth. XI, 10), ou « vérité telle qu'elle est en Jésus » (Ephés. IV, 2i)tOU « parole de vérité » (Jacq. I, 48). L'Evangile,

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