‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 68 sur 158 · VÉRITÉ · texte numérisé non relu

VÉRITÉ

en effet, a mis en lumière le fond de la vérité, en nous révélant la volonté suprême de Dieu, savoir sa miséricorde envers les hommes. Cette vérité est notre salut (1 Tim. Il, 4; remarquez le lien entre les deux parties du verset i ; o'est par cette parole de vérité (l'Evangile) que nous sommes enfantés à la vie de Dieu (à:rex'jY,<;-, Jacq. I, 48), ce qui suppose ponrnoiis la plus grave responsabilité (IIél>r. X, 26). Pour l'apôtre Jean, en partirulipr, la vérité on soi et la vérité évangélique se confondent, 1.1 pivniiorp ne se nianife^tant complMeinent que dans la seconde : « la vérité est venue par Jésus-Christ » Jean T, 17 . Delà, pour le chrétien, la certitude de sa loi ; him ([u'il ait ranleiit désii-, ciitn t- nu en lui par cette foi elle-inéiue, de pénétrer plus avant dans la eonuai.-saiice de la vérité qu'il a reçue, sa loi est néanmoins sûre d'elle- ujénie ; les laeunes et les obscurités qu'il y découvre n'impliquent nullement pour lui un état d'hésitation et de doute; il sait qu'il exploite la mine de la vérité dont il suit avec confiance les divers filons. De là, anssi, Tindépendance du chrétien vis-à-vis des doctrines théologiques, louables essais de sys^ tématisation de la vérité qui seule est de Dieu. Accepter la vérité, c'est, du môme coup, assurer sa liberté (Jean VIII, 36 ; Gai. V. 13 ; Jacq. I, 25). — î.a vérité centrale étant dans l'Evangile, c'est aussi là qu'il faut chercher, d'après l'apùtre Jean, la vérité môme, le type des choses dont nous aporcevonsici-basles imitations plus ou moins imparfaites et {grossières : comme il peut y avoir « une science iaussemout ainsi nonuuée » • 1 Tiin. VT, 20}. il y a, par contre, un royaume de réa/ifrs où nous introduit rKvanL,nle, un aliment et un brcuva^n? qui sont les rrais (Jean VI, 55), un pain qui est le vrai pain (Jean VI, 3ii, un cep qui est le vrai cep (Jeau XV, i), une onction (1 Jean II, 27), une lumière (Jean I, 9) «pii sont les véritables (voyez encore Hébr* YIII, 2). La vérité dont l'Evangile est l'expression suprême est- apparue sous forme historique en cehii qui est le centre de l'Evaàgile, Jésus de Nazareth. Seul de tous les enfants d'Adam, il a pu dire de lui inéme : « Je suis la vérité » i; zAr;Oc'.i, Jean XIV, 6). Cette déclaration, unique dans l'histoire de l'humanité, est confirmée à la fois par son œuvre et par sa personne. Avant lui, des envoyés de Dieu avaient proclamé, au sein de son peuple, soit par leur ensei<frnement, soit par les institutions nationales qu'ils fondèrent, en son nom, les plus hautes vérités; mais toute l'économie *!e l aiicienne alliance, malgré son inunense supériorité religieuse sur toutes les fractions du paganisme, n'était que préparatoire ; ne pouvant « rien amener à la perfection » (liébr. VII, 19), elle faisait soupirer après la vérité complote, sans la tévéler.- CSette révélation définitive, nr laquelle se portaient tous les regards, c'^est en Jésus-Christ qu'elle a paru; c'est lui qui est le prophète suprême, puisqu'on lui « la parole a été fdte chair » (Jean 1, 14) et qu'il rend témoi^puage, avec une incomparable hardiesse (Matth. XXII, 16), à la vérité telle 'qu'il l'a reçue de Dieu (Jean VIII, 40. i5 ; XYIU, 37), le sacrificateur suprême, puisque, par lui, Dieu aréconcilié le monde avec lui-môme (2 Corinth. V, 18, 10), le législateur suprême, puisque, par son esprit, il dirige les cœurs d'où proci'dent les sources de la vie (Prnv. IV. 23). En mettant eu pleine lumière, quand le temps est venu (Gai. IV, 4), la vraie relation de Dieu

VEllITfc; — VEUMEIL

avec rhoanne, Jésus-Christ a fait succt^Jer la réalité même à la période des ombres et des promesses (Coloss. II, 17 1 ot s'est montré à la fois par sa prédication, sa vie et sa mort rédemptrice. « la vérité. >• — Il l'est encore par sa personne. La vocaîioii de rhomme, et par conséquent la vérité pour lui, depuis que Di<ni l'a crééàsoa image, c'est de reproduire en lui celte nuage ; plus il laisse s'obscurcir et s'altérer cette marque d'origine, plus il est loin de la vérité (voyez la relation eotre le mal et le mensonge : Jean YIII, 44). Réciproquement, Thomme est d'autant plus près de la vérité, c'est-à-dire de ee qui doit être, que l'image de Dieu se reflète plus exactement en lui. Si donc Ton pouvait trouver l'image de Dieu parlaitement réalisée dans un homme, tellement qu'il fût le reflet de sa gloire, l'empreinte de sa personne (Coloss. T, 15. 19; II, 'J ;llébr. I, 3); si Dieu et rhomme s'unissait ut en lui au point qu'ils se pénétrassent réellement, que tuut ee qui est huniain fût, en même temps, divin, et que tout ce qui est divin lût humain, la même nous aurions découvert la vérité dans sa plénitude. Tel est le&it, unique dans rhistoire du monde, que nous contemplons en Jésus-Ohrist. C'est parce que Dieu est en lui, sans ombre ni interruption (Jean XIV, 9), qu'il est la vérité personnelle et incarnée et qu'il a eu pleinement conscience de rôtrc. Ajoutons, avec Justin Martyr et l'école d'Alexandrie, que si Jésus- Christ est la vérit ' absolue, comme étant la révélation même df Dion, il doit être la vérité de tout ce qui rst vrai; que, directement ou indirectement, tout ce qui est beau, grand, excellent, relève de lui. puisque, sans lui, l'humunité serait demeurée sous le joug du péché, c'csl-ù-dire des ténèbres et du mensonge. En la délivrant du péché, il Ta aussi délivrée de ses conséquences. Seules, l'ingratitude et la légèreté l'empêchent de le reconnaître. C'est en apportant dans le monde « la grâce » que Jésus-Christ y a apporté « la vérité » (Jean I, 17). Jean Monod.

VERMEIL (Antoine), né à Nimes le 19 mars 1799, termine à seize ans de brillantes études, passe sept années à Genève comme étudiant en théologie, puis ci»niine prédicateur, et y reçoit à vin;j:t-(juatre ans la bourgeoisie d'honneur. Après un court ministère à liumbouri;, il rentre en France comme pasteur de l'église de Bordeaux, où il reste seize ans (1824-40), y donnant à la vie religieuse et ecclésiastique la plus vive impulsion, et fondant, entre autres œuvres, le bureau municipal de bienfaisance, exclusivement protestant, la Société de bien&isance des Dames, le temple des Charlrons, des salles d'asile et écoles, etc. Désigné deux fois par l'Etat en qualité de juge des concours aux chaires do la faculté de Moutauban ; eonstanmient consulté dans les questions d'ordre général ; appelé par (iuizot, ministre de l'instruction puMiiiue. à siéger avec Samuel Vincent, etconiinc secrétaire dans la citinmissiou chargée notamment d'étudier à Paris des plans pour l'amélioration des études tbéologiques (1834-35), il est nommé pasteur à Paris eà 1840 et consacre à cette Eglise dix-huit années de pleine activité, prenant à sa direct ion générale, non moins qu'à toutes ses œuvres, une part des plus considérables. Déjà gravement atteint en 1856, et bientôt obligé de cesser tout travail, il succombe en 1864. Comme prédicateur, Antoine Vermeil s'est acquis de bcnue heure une grande réputation, et Genève, en par-

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