‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 71 sur 158 · VIALA · texte numérisé non relu

VIALA

suivit dans le haut Liuif^nnioc, où il commença à prêcher. Deux ans après il y fui envoy»' de nouveau et réorganisa partout les Eglises. Celle contrée l'olitiiit j>our prtMiicateur résidant en 1730. L'année suivante, il alla subir un « xainen et se faire consacrer à Zurich, puis il revint dans le haut Liuij3^uedoc,à titre de pasteur, aux appoiatements de six cents livres. Il At, en 1740, une tournée des plus fructueuses dansle Poitou. Ses collègues rélurent en 1744 modérateur du synode national, qui mit fin aû schisme provoqué par Boyer, et attira sur les Eglises un redoublement de persécution tel, qu'il fallut renoncer aux assemblées en plein jour et recommencer à se réunir la nuit. D^une santé délicate et déjà fort éprou- Tée par les fatigues et les périls auxquels il était constamment exposé, Viala craignit de ne pouvoir supporter cette aggravation de rigueurs, et par une lettre touchante supplia le c<dloque de lui permettre de s*éloijzner, s'il voyait que ses forces vinssent à nnuujuer (I») mai [lï^r. La sec(uide grande persécution du sii'cle eommcniMit : Viala la supporta liéroiquement, et invita ses coreligionnaires à célébrer un joùtie solennel le 18 août 17i6. Tandis que les persécutés se livraient à la rcpeulance et à rhumiliation, leurs adversaices imaginaient chaque jour contre eux quelque nouvelle machination. L'évèquë de Castres prétendaitavoirreça de Viala et de ses collègues une menace d*a8sa8sinaty s'il ne changeait de vicaire. En même temps, on faisait courir le bruit^^ue les huguenots pactisaient avec l'Angleterre, alors en guerre avec la France. Viala démentit ces mensonges dansdeux lettres adressées à l'intendant Leoain, la seconde débutait ainsi : Monseigneur, après les précautions que ii<mi< avions prises pour nous mettre à couvert du soupçon de sédition et de révolte, nous avions cru notre innocence cnnstatée : mais <b< <pioi la calomnie n'est-elle point capable ? L'accusation contre nous mteutcc isl de telle nature que je ne puis y j)cns(T sans liorreur ; elle ne peut émaner que de ceux qui conspirent uotre perte et qui seraient au comble de leurs désirs s'ils voyaient exterminer ceux dont les vues tendent uniquement à servir la Divinité selon le rite de leur religion... Nous avons constamment insisté dans nos prédications et dans nos conversations particulières sur la nécessité indispensable d'obéir à Sa Majesté très chrétienne, non seulement par la crainte de la punition, mais aussi et surtout par des motifs <le conscience, d'amour et de respect » (11 novembre IT 'iO . D a|)rés la /V a/ire /)ro/es/a«/e, Viala mourut à son poste le 3 janvier 17oo ; d'après VHishnre de la restauration du protestantisme. n. 87, il aurait f:agné Londres avec sa familK; en année où un

grand nomhre de ses collè^nies passèrent à l'étranger. La contradiction n'est sans doute qu apparente : il est possilde que Michel Viala soit revenu quand la violence delà troisième grande persécution lut un peu cahuéi», et ait achevé sa carrière en France. — Un autre pasteur Viala, prubablement son fils, fut élu modérateur adjoint du synode du Montalbanais, tenu le 3 juin 1761 . La même année, les B^^lises de l'Agénois demandaieiit la continuation de son ministère et de celui de Rodiette ; le svnode ne leur accorda que Viala et plaça Rochette dans le Montalbianais^ où il fut arrêté le 43 septembre en compagnie d'un chantre nommé aussi Viaia. £n 1774, Viala surnommé Dumout exerçait le ministère dans les envi-

VIALA — VIALAUT DE IIEliSt:

Tom de Mazamet. Le même nom ae retrouve encore m 1777 sur une list« des pasteurs de r.4n<7orm?'»>,s — Voir Ch. Coquorel. H'tsf. (Ifs /:f//ises du Désert; BuUet, de l'hi^t. du />ro/., IX, i47; Xi, «1; XII, 1:23, 413; la France prot., soconde édition. 0. DouEN.

VIALART DE HERSE (Félix), évôqiic-comte de Chàlons-sur-Marne, pair de France, nacjuit à Paris le 4 septembre 1613 et mourut à Ghàlons le

10 juin Idèo. Il était de fiimille noble, originaire d'Auvergne, et fit ses études au collège de Navarre dont il devint agrégé et plus tard docteur. Ayant ombrassé l'état eeclésiasiiqtie, il fut pourvu, jeune encore, de l'ahbaye de Pébrac, et peu apriîs, n'ayant que vinpt-sopt an«, nommé coadjntonr de l'évéque do Ch;\lons dont il dovint lo sufi * ur. On prétend qu'il s'était donné saint Cliarlos Borroniée pour inotlcli' ; quoi qu'il on soit, on lo vit, dés lo coniinenoomont do son éj^iscopat. ouvrirun séiuniaire, apporter d'utiles réformes dans les mœurs do son clergé, dont

11 travaillait par tous les moyens en son pouvoir à développer l'instruction et la piété. Il condamna la fameuse Apologie de$ easuUtes et approuva le livre d'Amauld sur la Fréquenté eammtmion^ ainsi que l'ouvrage des Réflexions moralei^ par le père Quesnel ( voir les articles Jansénisme, Noofllcs et Qufsiie/). Il eut beaucoup de part à ce que l'on a appelé ola paix de Clérnont IX. n Les jésuites chorclitTont à lui ninro auprès de Louis XIV; niais of monaripio. dans |nn de ses bons niomonts. déclara devant toute la cour qu'il respecterait et aimerait l'évéque de Chàlons qui l'avait mené rudement en lui disant de dures vérités. Vialart a été un homme pieux et Tun des prélats les plus dignes de son temps. Les réformés, qui eurent tant à se plaindre des autres évéques de France, à cette époque, rendirent justice i sa douceur et à sa modération. Grand ami de Port-Royal, il s'est montré plus bienveillant à l'égard des protestants (jue les docteurs do rotto illustre maison qui, quoique j)orsécutés eux-mêmes, n'en furent pa-; moins, on le sait, approbateurs do la persécution qui frappait les protestants. — Vialart a laissé (|uelquos ouvrages; ce sont les suivants : liiluel ou Manuel de l'Eglise de Chàlons f écrit en latin, Paris, 1649; 2« Ordonnances, mmndemenU et lettres pastorales pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique, et ta ré formation des nueuri dans son diocèce, ChÂlons, 1660 et 1662, 10*12; 3* Emploi de la jouimée pour les curés, durant leurs assemblées au séminaire de Chàlons ; 4** Ecole chrétienne ^ sorte de tbéolo<:io familière sous forme de catéchisme propre à rinstrncti.m du clor'fîé et dos tidoles. — Sources : l'abbé Gouget, Vie de Messire Vinlnrt de Herse, évèqne et comte de Chnlons, etc.. nouv. édit. revue, corrigée et auj?mentée, Utrecht, 1739, de 268 pages; Supplément au Sécrologe de Cabbaye de Port'/toyal^des-CkampSf p. 644; ontronveà cet endroit un abrégé asses étendu et fort bien fait de la vie de Vialart; Dom Clémencet, Histoire générale de Port- Royal, t. VII, p. 271, ss. à la note; Lancelot, Mé^ mnivpK pour servir à l'histoire de Port-Royal, t. II, pp. U2 et 476; Guilberl, ,\fémon'es hi<itnrifjne*i el rhrnnotofpfpies sur lahbiup' de Port- Hoynl-des^'hamps, 'à'' if.wùo, t. II. |). ; l'abbé Racine, Abrégé de l'Histoire errlés., t. XIII, |)p ('r2 à ; ces paj^es contiennent, sur Vialart, une notice intéressante connue toutes celles qui ont été écrites par

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VIALART DE HBRSE — VICAIRE

l'autour. 11 existe en nianuscril un Hrcaeil des principaux faits de la vie de }f. Fr/i.c Vinlart, par Pierre (iarnier, prrire de Châîons. ancien curé (le Ferehrianges ; \/rrolnfjij des /)riuci//aux défenseurs et ronfi s^^' un de la vériff di's di.r-se/tfii'me et di'v- huitième sièeles, t. P^ p. 183; Besoigne, //à/ofVvi de l'abbaye de Port-Iioyal^ t. ; cet auteur ne donne pas la vie de Yialart, comme il le fait pour tant d'autres amis de Port-Royal, moins en vue pourtant, et dans le paasage où il parle da prélat, o'est pour lui reprocher sa mollesse dans certaines circonstanees délicates. Ce trait, chez Besoigne, toujours si bienveillant, était à signaler; Picot, Mémoires pour servir à VkUUnre ecclésiastique pendant U dix'hiûti'eme siècle , t. I«'", pp. 61 et G2; ouvrage qui n'est à consulter que pour les dates et pour la l»iblio}^raphie, car les faits y sont continuellemeut dénaturés avec une partialité révoltante. L'auteur écrit avec une plume trempée dans le liel , el sim autiu'ité connue historien ne ppiil av(jir aucun poids pour ceux <|ui vont aux sources. On peut encore c onsulter sur Vialart le Journal de rabhé Uorsaniie. A. Mm i.v m i.t.

VICAIEE i^qui alterius vires, oifù) désigne, dans le langajie ecclésiaslique, celui qui tient la place d'uu autre dont il exerce les fonctions en son absence. C'est dans ce sens que l'Eglise catholique appelle le pape le vicaire de Jénu'Christ, Les vicaires apostoUques sont les évèques que le pape nomme aux anciens sièges situés maintenant dans des pays infidèles, tels que la Turquie, l'Afrique, et à qui il donne autorité dans un pays quelconque, à titre de vicaires immédiats du saint-siège, dont ils relèvent directement, tandis <jue les évèques locaux, dans un pays liiérarchiquemcnt or<?anisé , dépendent des métropolitains. Il y a «les vicaires aposloliijuos dans les missions, les colonies, les Etats hcrt'tiques. Ils sont presque tous évè(jues m partibus ; heancoyi^ ont des coadjuleurs évèques. — Quand un évéclié devient vacant, soit par la mort de celui qui l'occupait, soit par toute autre circonsUmce qui Fempéche d'exercer ses fonctions, le chapitre est expressément teou dans les huit jours d'élire un officiai ou vicaire, ou de oonfinner celui qui est établi, et qu'on appelle vicaire capitulaire (Gonc« trid., sess. XXIV, c. XVI). L'usage presque général en France est d'élire plusieurs vicaires capitulaires. — On àppeMevicaire générai ougrandvicairt l'ecclésiastique qui est nommé par l'évéque pour exercer sa juridiction voloiit lire, et gracieuse; car la juridiction contentieuse doil être exercée par I ollicial. L'évtSjue peut, dans sa commission, limiter le pouvoir du grand vicaire e( lui défeiidre de prendre connaissance de (titaiiM'S ailaires. L'usage, en rranr(>. ]iern\el aux évè»iues de nommer gran(h vicaires et aux an'iievè(jues trois. Le s«mveraiu pontife, on tant qu'évéque de Rome, a son vicaire général : c'est un cardinal qui remplit ces fonctions. — On nomme vicaire de paroisse le prêtre qui aide on curé dans les fonctions pastorales. Il n*a pour titre que la mission ou l'approbation de l'évéque, qui peut par conséquent le changer ou le réroquer à son gré. Queli|ues canonistes ont soutenu que les vicaires des curés étant destinés à travailler sous eux et à les soulager dans les fonctions de leur ministère, c'est aux curés qu'appartient le droit de les choisir. Quoi qu'il en soit de ce sentiment en théorie, il se réduit à rien dans

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