‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 76 sur 158 · V1£NN · texte numérisé non relu

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que Jérôme de Prague y fut excommunié en 1410 pour avoir refusé de comparaître devant Tofficial; que Nicolas deCusa y noua, en 1450, des négociations avec les princns de l'Allemagne pour mettre un terme au schisme d'Occident ; que le cardinal Capistranos'y fit entendre, en liol, lors de s;i croisade contre les liussitos. Pondant tout lé cours du treizième i^ièclo, y sévit aussi la persécution fonlre i'hcrt'sio; cent cathares furent brûles d'un seul coup sur le « Marché aux Oies ; » la terrible peste de 1302, et, à son défaut, le vide du trésor ou de prétendues profanations d*hostie, servirent de prétexte pour rexterroination d e s j u i fs (^1 3 1 2, 1348, 1421); mais ceux-ci, que les chroniques de Tépoque appellent les indispensables, regagnaient leur ghetto et reprenaient leur négoce aussitôt que s'était dissipé le premier souffle de la fureur populaire et en dépit de tous les décrets d'expulsion. — Enl27(>, Vienne. à laquelle FrédéricII de Hohenstauffen avait octroyé en \'2'M In titre et les privilèges d'une ville impériale, tut cédée par Ottokar <le Bohême à Rodolphe de Habsbourp, cl devint la résidence habituelle de la iainille à laijiielle l'ont unie depuis lors de si étroits et de si glorieux liens. Le 17 février 1418, Frédéric III y signa, avec le cardinal légat Garvajal, ce funeste concordat par lequel furent anéantis tous les résultats des conciles réformateurs et sacrifiées toutes les franchises de l'Eglise germanique. Sa docilité fut récompensée, le 18 janvier 1168, par une bulle de Pie II, qui érigeait "Vienne en diocî'se indépendant. Le premier évôque qui célébra loffioe divin sur l'autel de Saint-Etienne, désormais élevé au rang d'église cathédrale, fut Léon de Spaur ; mais de loni^s démêlés s'ensuivirent avant que ses supérieurs ecdésiastirjnes, les archevêques de Salzbourg et de Passau, consentissent à cette diminution de leurs pouvoirs. Ce dernif^r maintint même sou ollkial jusqu'en 1481, pour ailimier jusqu'au bout ses droits suserains. Le nouveau diocèse était des plus exigus .puisqu'il ne comprenait, en dehors de la capitale, que quelques paroisses de la dépendance immédiate, auxquelles Sixte IV adjoignit, en 1475, Percbtelsdorff et Mœdling, et sa situation paraissait des plus précaires, même à ses titulaires, puisqu'ils ne l'habitaient qu'à de rares intervalles. Ge fut ainsi que le deuxième d'entre eux, Bernard de Uohr. se refusa à quitter son ancienne résidence de Salzhoiirir: il fut remplacé, sous la (ionunation de Matthias Gorvin et avec l'agrément du saint-siètxe, tantôt par l'évêque de Haal», tanté)t par celui de Vec/,strvm. — En irilS. avec Georges Slatkouia, uu prélat des plus tolérauts eldes plus éclairés, s'ouvrit une nouvelle période où Thumanisme brilla d^un vif éclat et à la([uclle se rattachent les noms de Speratus et Turrianus, de Gaspard Tauber et de Kalkenmarkter. Parallèlement à la renaissance litiéraiie, la réforme religieuse se fraya le chemin des cœurs et jeta de solides racines dans la population. La faculté de théologie, effrayée de ses rapides propres, eut lieau user contre elle de son droit de censure; elle n'obtint qu'en 1521 la promulgation de la huile do Léon X contre Luther. L'évêque Jean de Revellis avouait en 1528 son impuissance contre l'hérésie; un de ses successeurs, Urbain de Gurk, renonça en 15t;H à l'adaiinistration de son diocèse parce que le sol catholique, sui\ aui ses expressions, se dérobait sous ses pieds, et resta sans remplaçant jusqu'en 1573.

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La gravité de la situation politique prêchait à tous les bons esprits la néeessité de la concorde : en 1529 avait eu lieu le siège de Vienne par les armées ottomanes, et toutes les églises des faubourgs avaient été réduites en cendres. Par sagesse autant que par modération naturelle,

Ferdinand observa dans les débats confessionnels une position expectante, et s'abstint, malgré ses sympathies personnelles pour le P. Ganisius, de toute mesure de rigueur contre ceux de ses sujets qui nvaient embrassé ia loi évangélique. — Sous le règne de son fils et successeur Maximilien (1564-4576;, le protestaolisnie crut avoir en Autriche cause gagnée. Ses docteurs eurent le droit d'exposer leur système dans les chaires de Tuniversité, et une agende fut rédigée par Ghrytneussur la de^ mande du monarque, tandis qu'il était mis aux intrigues et à la propagande jésuitiques de sérieuses entraves. Les partisans et les adversaires de Flacius, à leur téte le pasteur Opitz, de Vienne, et Gélestin de léna, curent m(^me le loisir de se livrer à une polémique aussi ;\pre que fatale peur l'expansion de la Réforme. Les catholiques reprirt iit l'offensive avec l'avènement au trône impi'riiil d un prince strictement élevé dans les doctrines romaines, tel que Rodolphe II (1576), et l'élévation au siège épiscopal d'un prélat aussi habile qu'énergique, Gaspard î*îeubeck (1574-1594). Les jésuites, sous leur patronage, s'emparèrent de la cure d'âmes, s'introduisirent dans les écoles et se glissèrent même dans quelques chaires universitaires; Opitz fut enlevé en 1578 à l'affection de ses paroissiens. La noblesse, d'abord épargnée, Ait exposée, à partir de 1587. aux mêmes persécutions que la bourgeoisie. La contre-réformatinn célébra à Vienne sa victoire définitive sous le cardinal Khlesel (i5H8\ dont la souplesse cumnie dipbmiate égalait l'artivité comme adniiuistrateur, et ijui réussit à laire lermer la plupart des églises évangéhques de son diocèse. — Un moment la fortune sembla changer avec les troubles de Bohème. Rodolphe et Matthias, pour empêcher la noblesse protestante de l'Autriche de faire cause commune avec les rebelles, se virent forcés de lui octroyer, l'un la lettre de Majesté de 1608, l'autre la capitulation de 1605; mais toute perspective pacifique s'évanouit avec Ferdinand II (1610), qui poursuivit dans tout l'empire l'œuvre d'extermination par lui commencée dans ses Etats héréditaires. En 1623, les jésuites, qui possédaient déjà à Vienne troi? magnifiques collèg^^s, furent solennellement installés par lui dans l'université, et ne tardèrent pas à s'emparer de toutes les chaires, non seulement de théologie, mais de philosophie; la même année, les non-catholiques furent exclus des fonctions municipales et déclarés incapables d'acquérir le droit de bourgeoisie; en 1624, il fut interdit aux habitants de la capitale de fréquenter le service divin d'Hemals ou tout autre culte évangélique qui se célébrait en dehors des murs; en 1625, un nouvel édit les obligea à se faire instruire tous, sans exception, dans la foi romaine; en i636, l'école et l'administration furent purifiées des rares éléments hérétiques qui pouvaient encore y être attachés; en 1630. un nouvel édit, plus sévère que tous les précédents, acheva et résuma Treuvre de répression. Ferdinand 111 (1637) ne se tint pas cependant pour satisfait. A partir de 1638, les familles protestantes ne furent plus libres de célébrer leur culte do-

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mestiquo, tandis qur» la fréquentation du 'culte extra muros, qui se poursuivait en secret, fut interdite en 1640 sous les peines l< s plus rigoureiitîe^. Les Hispositiotis libératrices de la paix de Westphalie np s'appliquèrent en Autriche (jn'à la noblesse seule, rt il ne fut laissi* à la bourgeoisie d'autre alternative qiio l'apostasie ou i'éniij^ration ; oiicore, pour cette dernière, l'année lOo»» fut-elNî lixé<' coinine terme maxiuium. Les évangéliques perdirent, en 16.>o, la iaculté de lire les œuvres de leurs eoreligiouDaires, d'envoyer leurs enfants à l'étranger ou de leur donner un tuteur de leur confession, tandis qu'une surveillancè inqui- «itoriale contraignait tous les habitants de Vienne à pratiquer les usages romains. Un dernier déi ret» rendu en 1657, récapitula toutes les <lispositions contre l'hérésie prises par l'empereur régnant et son prédécesseur. En 1025 et en 1645, de violentes persécutions furent dirigées contre les Juifs. — Quant aux mesures relatives à l'Eglise catholique et à son aduiinistration intérieure pendant cette période, il fut proc»'dé, en 1639, sous le preniier prince évéque Frédéric-Philippe de Sclnenborn, à une nouvelle répartition des paroisses, en vertu de laquelle l'archevôque de Passau no garda set drdts suserains que sur une seule d'entre elles, celle de Bfaria Steigen. Sous le rëgne de Léopold I*' et radministratioa spirituelle du prince évéque Wilderich de Walderdorf, le jésuitisme s'étala dans toute sa splendeur : chaque nouvelle année fut marquée par la construction d'un couvent, l'organisation d'une confrérie, la célébration d'une féte, la naissance d'une superstition, l'adoration d'une reli((ue. La cour impériale donna à ses sujets rexem])le d'une aveugle dévotion et d'une obéissance abscdue à l'égard du clergé. Malgré tout ce «léploy»'ment de richesses et de pompes extérieures, l'hérésie conserva ses fidèles, comme l'attestent les édits rendus contre eux en 1683 et en 1688, dans le but de leur interdire la fréquentation du culte célébré dans les amliassades protestantes. Ce fut pendant cette période que le capucin Abraham de Santa-Glara exerça comme prédicateur populaire une courageuse activité, et qu'un de ses collègues, aussi rusé courtisan qu'il était satirique incisif, Emeric Sinelli, occupa le siège épisco])al 1I68O). Le dévouement pastoral du prélat fut mis h uno terrible épreuve lors du deuxiènu3 siège de Vienne par les armées ottomanes i'lG83), siège qui ne le céda point en atrocités à celui de 1;>2H, et pendant le({uel les faubourgs furent égaltMuent mis à feu et à sang. — De faibles lueurs de tolérance commencèrent à poindre avec Joseph I*'' et Charles VI, qui, dans leurs «fforts pour ranimer la vie artistique et industrielle de leur capitale, firent appel aux protestant» de l'étranger et leur accordèrent, en dérogation ài'édit de 1683, de suivre le culte de leurs ambassades. Le dernier de ces princes réussit à mener à bonne fin les négociations, depuis longtemps engagées avec la curie, pour l'élévation du siège de Vienne au rang d'archevéehé. L<s lailles de Clément XI (17:i()) et d'Innocent XIII {il'2-2), relatives à ce délicat sujet furent définitivement promulguées en 1723, et les décanats de Uaden, de Bruck et de Klosler- ISeubourg adjoints au nouveau diocèse, dont le premier titulaire fut le comte Sigismond de Kollonits. Marie-Thérèse (174(M780), malgré U sincérité de ses convictions catholiques, possédait à un trop haut degré

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le st'ntirneiit do ses droits ot do ses devoirs comme souverain pour ne pas rompre avec les lii<i(jles traditions de ses ancêtres, et no pas procéder dans le domaine t'cclrsia-liijue à des réformes devenues iu(iis[tensable». Elle trouva, ù yavliv de 1751, pour celte œuvre délicate un précieux nodlialre en la personne du successeur de Kolonltz, Jean-Joseph de lïatttson, un prélat des plus distingués par son zèle et ses lumières. Eo 1749. l'Etat revendiqua son droit de placet vis-A-vis de toute ordonnance émanée de l'autorité religieuse : en 1753, les jésuites perdirent, au sein de Tuniversité, la position prépondérante dont les avait investis Ferdinand II. et leurs règles scolastiques furent remplacées par un plan d'études plus conforme à la saine raison et aux progrès qu'avait accomplis la science depuis le seizième sii'cle : parallèlement aux réformes scolaires s'en accomplirent, dans la sphère pratique, d'autres qui fiicilitèrent la cure d'àmes et tirent gagner à lu vraie piété tout le terrain perdu par la superstition . — Le courant qui détachait du passéla monarchie des Habsbourg était si fort, que Tarchevéque Migani. quoiqu'il fût animé d*an esprit franchement rétrograde, ne put opposer qu'une foible et stérile résistance à Tensemble autrement compréhensifet énergique de transformations conçu par Joseph II et exécuté par l'abbé Rautcnstrauch, le médecin Van Swieten, les jurisconsultes Riegger, Eybel. Sonnenfels. Ce fut ainsi qu'après avoir accepté la présidence tout lionorifique de la coiniiiissiou des études, il se vit IdentAt dans l'obligation d'y renoncer pour ne pas donner son adhésion au système qui transportait de l'Eglise à l'Etat la direction générale de renseignement. En l'773^ la société de Jésus iht supprimée dans toutes les provinces héréditaires de Tempire. Li mort de Marifr-Thérèse, survenue en 4780, permit la promulgation, en 1781 et 1782, des deux édits de tolérance, depuis longtemps projetés, en faveur des protestants et des Israélites. Le séjour de Pie "VI dans la capitale de TAutncbe (1782) fut frappé d'un insuccès immédiat, puisque la même année se succédèrent coup sur coup les lois relatives aux mariages et aux ensevelissemciits, la sécularisation des couvents entreprise sur la plus vaste échelle, la création de séminaires généraux placés 8uus la >uiveillance de l'Etat (Vienne l'ut naturellement choisi pour le siège du principal d'entre eux), la réunion de toutes les confréries religieuses en une seule association de Y Amour actif du prochain, placée BOUS le vocable du Sauveur ; l'augmentation du nombre des paroisses lia ville proprement dite en compta cinq nouvelles, les faubourgs neuf). En 1783, les deux communautés protestantes, celle qui avait adopté ^mme symbole de sa foi la confession d'Augsbourg, ainsi que celle qui relevait de la confession helvétique et dont les membres atteignaient le chiffre total de 4,tX)0, furent légalement reconnues et restaurèrent pour la célébration de leur culte l'ancien Couvent Hoyal. Il ne fut mis à leur activité qu'une seule, mais importante restriction, celle renouvelée à de Iréquent«8 reprises de s'abstenir de toute tentative de prosélytisme. La même année, les 400 grecs unis qui habitaient la capitale élevèrent une église pour la satisfaction de leurs besoins religieux. En 1783 également, laeiéatiDnd'un fonds commun pour les pauvres permit au comte Bue- •quay de réorganiser Tadministration de labienfoisance sur des bases pu-

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rement laïques, en ne laissant aux confréries qu'un droit de surveillance illusoire. En 1785, le cumul dos bénéfices fut supprimé de façon à ce que la plupart d'entre eux fussent distribués entre les paroisses ou réunis au trésor impérial. Eu 1780, il ne resta plus de la juridiction ecclésiastique, autrefois si puissante et si rediiutable, qu'une vague faculté de surveillance sur la cure d'âmes et les mœurs. Nous renvoyons à Tartiele . consacré par nous à Joseph II, pour la multitude de lois qui fùrent promulguées pendant cette période agitée de la monarchie, et que dicta une politique aussi audacieuse dans ses conceptions que maladroite dans ses procédés ci épbémôre dans ses résultats. Ceux de nos lecteurs qui seraient curieux de l'étudierdans sos plus minutieux détails consulteront avec fniit la Gazette de Vienne, puldiée sous le haut patronaj^e do Fempereur. par le conseiller Vitola. — Le même caractère d instabilité et de brus(}uerie se trahit <iaus les mesures qui furent prises à l'égard de l'Université, et ne la dépouillèrent pas de son caractère clérical aussi complètement qu'on auiaît pu 8*y attendre dans le sièeledes Itmuèrtt .* si ses profesiAure forent af&andiis, avec le port du costume ecclésiastique, de plusieurs cérémonies gênantes, Tobligation pour eux de prêter serment à la formule de Trente, momentanément supprimée en 1782, fut rétablie en 1788, et la messe fut de nouveau célébrt'e dans leur chapelle immédiatement apr?'S la mort de Joseph II (1701). Le diocèse de Vienne, à l'époque même où il subissait dans son gouvernement intérieur de si radicales translbrmatioMs, s'agrandit de nouvelles paroisses détachées, soit de celui de Raab, en Hongrie, soit de ceux de Salzbourg et de Passau, si bien qu'on adjoignit à son archevêque deux coadjuteurs en la personne des évéques de Linz et de Saint-Pôlten. A la fièvre de réformes qui avait possédé son impérial frère, Léopold II (1790-1792), pendant U trop courte durée de son règne, apporta les tempéraments rédamés par les circonstances, sans fiiire toutefois au Vatican le sacrifice d'aucune de ses prérogatives souveraines : il se borna à la suppression de quelques-unes des créations les plus malheureuses de Joseph II, telles que les séminaires généraux et différents articles du plan d'études; arrêta la sécularisation trop rapide d(>s couvents; rendit au saint siège quelques-uns de ses droits eu matière matrimoniale; mais le nom seul de son principal conseiller, le jurisconsulte-philosophe Martini, prouve qu*il ne visait point à la démolition, mais à la régularisation et à la consolidation de l'œuvre commencée sous Marie-Thérèse. — Il ne s'opéra dans la politique ecclésiastique des Habsbourg un réel changement qu'avec la première moitié du dix-neuvième siècle, et lorsque le congrès de Vienne eut donné, en 1815, dans tous les domaines le signal de la réaction; encore fut-il procédé avec une grande prudence ^^s-i\-vis d'une population et d'un bas clergé profondément imprégnés de l'esprit joséphiste. En'! 808, le comte Sigismond de Ilohenwart, (jui avait remplacé en 18()."1 sur le trône archiépiscopal le vieux Migazzi, recouvra un droit d inspection sur renseignement religieux donné dans son diocèse, et obtint, en 1814, de la faiblesse du gouvernement des privilèges étendus en matière de censure. En 1820, 8*introdui8irent, plus ou moins subrepticement, les lédemptoristea et autres confrères destinées à servir de préte-nom à la

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ndété de Jésus et aux autres ordres monastiques supprimés pendant le cours du dix-huitième siècle. Les successeurs de Hohenwart, le comte Firmian (182-2-1831) et Vincent-Edouard Milde (1832-1853), continuèrent son habile politi(jue et profitèrent de la complicité impériale pour i>altrt' tmijours plus ouvertement en brèche l'ensemble de la législation josépliisle. Les orages de 1848, qui éclatèrent dans la sphère religieuse lors de la réception triomphale faite à Jean Ronge et de la fondation d'une eommanauté catholique allemande, n'eurent d'autre résultat que de bâter le retour vers les dogmes et les institutions du passé et d*en accroître la violence. Dès i849, l'ultramontanisme eut cause gagnée avec l'avènement de François-Joseph, rinfluencc prépondérante de l archiduchesse Sophie, et le crédit sans bornes dont jouissait l'abbé, plus tard cardinal Hauschcr, auprès de son impérial élève. Nous n'avons pas à retracer ici la longue série des usurpations et des victoires du cler<rÇé sur l'autorité civile, une progression qui atteignit son apogée avec le concordat de 1855. Le régime inauguré à cette époque néfaste pesait trop lourdement sur les esprits et les consciences pour qu'il pîit se promettre m» longue durée. Au lendemain de Sadowa, il s*éeroula sans espoir de retour, et à sa date humiliante les libéraux opposent aujourd'hui, avec un légitime orgueil, celles de 1867 (promulgation de la constitution), 4868 (lois de mai), 187 i (abolition du concordat). — IL Cultes. La population de Vienne, dans sa presque totalité, professe la religion catholique, puisque, sur les 607,505 habitants assignés h la ville proprement dite par le recensement de 1875, celle-ci ne comptait pas moins de 545,506 adeptes. Une communauté de vieux catholiques fut fondée après la proclaujation du dogme de l'infaillibilité pontificale par le curé Âloys Anton, mais vi^à-vis de la forte organisation du clergé romain, de l'indifférence des clases cultivées et du désir d'éviter toutkulturkampf nettement exprimé par l'ancien ministre libéral Stremayr,ellen*a mené qu'une triste et précaire existence. La cité de Vienne est divisée, sous le rapport ecclésiastique, en huit paroisses. — Les édifices religieux les plus remarquables, autant pour leur magnificence artistique que pour leur ancienneté et les souvenirs historiques qui s'y rattachent, sont : l** La cathédralt' Saint-Etienne, un des le^^s les plus précieux de l'école germanique, dont la première pierre fut posée en ll ii par Henri II Jasomirgott, à laquelle Albert II donna au quatorzième siècle uu agrandissement considérable et qui, à l'exception de sa deuxième tour qui n'a jamais été achevée, reçut d'Albert III et de Rodolphe IV sa forme définitive. La forme est celle d'une croix latine; la porte occidentale, dite porte des Géants, avec ses arcs en ogive ci sa riche ornementation, appartient au style roman le plus pur. L'intérieur mesure 108 mètres de long sur 70 de large en se plaçant au centre du vaisseau médian. On y reniar(|ue moins 38 autels en marbre, tous malheureusement construits dans le goût italien du dix-huitième siècle, que la chaire en pierre merveilleusement fouillée par le ciseau d'Antoine Pilgram (151:2); les tout aussi admirables stalles en bois sculptées par W. Rollioger ^1484); les splendides tombeaux de l'empereur Frédéric III, du duc Rodolphe Vf, du prince Eugène de Savoie. Sous la cathédrale s'étendent de vastes ca-

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tacombes soutcnuos par 30 voûtes pigantfsqiies, ot qui reiiferniont la crypte des princes. La flèche de Saint-Etioniie, la plus haute et la plus finement découpée de toute l'Europe, (jue tracèrent dans l'essor de leur audacieuse faDtaisie Weaceslas de Klosterucubourg et Jeau Bracbawitz, fut achevée en 1433 par maître Pilgram. La ^^se eloche fîit fondue en 1711 avec les canons conquis sur les Turcs. A partir de 1859, il a été travaillé, sous la direction d*Ernest et de Frédéric Schinidt, à Ii restauration du vénérable et splendide édifice. ^ L'église des Augustins, ou église de la Cour, que décore le aiausolée élevé par Ganova en ThoQneur de l'archiduchesse Marie-Christine. 3" L'église des Capucins, avec sa crypte où, depuis Matthias, ont été successivement déposés tous les empereurs de la niaisuii de Habsbour*;. 4" Sautu-Maria Stiegen, élevée en 1412 et restaurée en 1820, avec une svelte coupole et de précieux vitraux. 3° L'église des Minorités, qui possi>de le tombeau de Métastase et une reproduction en mosaïque de la Cène, de Léonard de Vmoi, dans les proportions même de Toriginal. 6* Saint-Michel, avec son triple vaisseau, sa haute tour gothique et les belles toiles de Schnorr. 7° L*église des bénédictins écossais, qui fut bâtie, comme la cathédrale, par Henri de Babenberg et montre, à côté du tombeau de son fondateur, celui du comte Hudiger de Stahrember^s le vaillant défenseur de Vienne contre les Turcs, 8" L'église de l'université ou des jésuites, qui trahit son origine par la richesse et le mauvais guùt de son ornementation. Saint- Pierre, pour laquelle Fischer d'Erlach s iiispira de sa grande rivale de Rome. 10> Saint-Uuprecht, la plus modeste par l'apparence de toutes les églises de Vienne, mais la plus illustre par Tandenneté, si ses fondements remontent jusqu'en 740, comme le veut une pieuse légende. Parmi les constructions d'une époque plus récente, qui s'élèvent pour la plupart dans les faubourgs, nous indiquerons en première ligne 1% i:li^<- Votive, destinée à rappeler la tentative d'assassinat du 18 février 1833 et achevée en 1870, d'après les plans de Ferstel, un monument du plus pur gothique, aussi remarquable par l'élégance de ses lignes que par l'harmonieuse richesse de sa décoration intérieure; celle de Saint-Charles- Borrcmée, élevée par l'empereur Charles VI eu souvenir de la terrible peste de 1716; celle de Lsrehenfeld, construite dans le style de la Renaissance italienne, et qu'ornent à l'intérieur de remarquables fresques de Fuhricb. En résumé, TEglise romaine possède, tant dans Tintérieur de la cité que dans les faubourgs, 50 églises et 27 couvents; ses fidèles se répartissent sur 31 paroisses. — Les protestants, qui jouent dans la vie intellectuelle de la capitale de l'Autriche un rôle beaucoup ])1ur considérable (jue ne le ferait supposer leur faible rhiffre numéi i(jue i lî),-480 d'après le recensement de 1875), se trouvent aujourd'hui sur un i)ied complet d'égalité vis-à-vis de la conlession dominante, et ont été alirauchis, par les lois de 1860 et de 1807, des très réelles restrictions qui s'étaient opposées jusqu'alors à la libre manifestation de leurs croyances et à la plénitude de leur activité spirituelle. La gestion de leurs affaires est confiée à un consistoire commun, mais qui se divise en deux sections, présidées chacune par un surintendant, l'une pour la confession d'Âugsbourg, dont l'autorité s'étend sur toutes les provinces cisleithanes, l'autre

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pour la oonfession beivétiquft. Quaitre églises, y eoinpris celle de la gar> oison, sontiaffectèesà leur culte; deux d'entre elles méritent d'être signa* léessoiis le rapport architectural, celle de la rue Dorothée, constriiit9 en !78i dans le stylt- de la dernière période de la Renaissance italienne par Nigi'lli, et celle de Mariuhilf, pour laquelle Forster (18 io) s'est inspiré de IVcole romane. — Les ^recs, soit iitiis (51,'ii, soit non unis (1,360), foruient deux communautés dislincles. Ces derniers sont redevables à la libéralité du biu'ou Sina d'une magnilique église dans le style bylaatin, décorée à Tintérieiir de remarquables Iresques de Rahl (1858). Lbs israélitea enfin constituent un élément essentiel de ragglomération viennoise (40,290), et brillent, comme leurs eoreligionBaires de Berlin, d*mi vif édat dans le monde du journalisme, des lettres et des arts. Béa Tépoque de Joseph II, la majorité appartint à eeiuç d*entre eux qui s'étaient affranchis du }o\\^ du Talmud pour s'ouvrir aux influences de la culture moderne. Leur émancipation civile et politique, inaugurée eu 1820. reçut sa pleine consécration avec les lois de mai 18(37. Leurs deux synagogues se distinguent également par leur élégance et leur richesse architecturales, mais peut-être celle coustruite eu l8o8 dans le fiuibourg Léopold, par Forster, remporto-t-elle sur sa rivale par l'originalité de son style mauresque. — Jusqu*en 1874, il avait existé à Vienne sept cimetières répartis suivant les confessions ; cinq pour les catholiques, un pour les protestants, un pour les isniélites. Le conseil municipal, depuis quMl en est devenu le possesseur, les a fait fermer pour les remplacer par un vaste cimetière central, situé dans la baniitMip, à Kaiser- Ebersdorf, et ouvert à tous sans distinction de cruyanccs. — III. Bien-' faisance. Quoique Vienne ait de tout temps été richt iiicul pourvue d'établissements destinés à la cure et à la guérison des diverses maladies, leur insuflisance pendant cette dernière période vis-à-vis du rapide «ecraissement de k population s*est &it douloureusement sentir. Les trois priiidpanz, réunis sous la même administration, sont : le Grand* Hépital, rh^ital de la Wieden et rhépital de la fondation Rodolphe, > Le premier, qui remonte à 1784, embrasse, sur une superficie de plus de iO hectares, tout un ensemble de constructions, et compte 2,000 lits distribués dans 9-4 salles (il est souvent obligé d'en établir un tiers en surplus). Le service est contié à 52 médecins, A ecclésiastiques, 13 employés de l'administration, 400 garde-nialadcs, etc. Le deu.xième, qui est redevable de son origine à la cliarité privée (1841) et ne passa que dti années plus tard sous la direction de l'Ëtat, renferme 800 lits, reçoit innuellemeiit de 7 à 8,000 malades et entretient un personnel de 19 médecins, 148 garde-malades, etc. Enfin Thépital de la fondation Aodolpbe, qui n*a été ouvert qu'en 1864, a été calculé pour 860 individus, et soutient la comparaison, autant pour les dispositions générales que pour l'aménagement intérieur, avec les créations les plus parfaites de cet ordre. D'autres établissements sont destinés pour une catégorie spéciale de malades. Parnn ceux qui revêtent un caractère conlessionnel, nous indiquerons, pour les hoiiuiies, celui des frères de la Miséricorde, bâti en 1014, avec 215 lits et 4,400 malades annuels qui y reçoivent des seins gratuits; pour les fen^mes, ceux de l'association d'Ëlisabeth et des

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SQBurs de la Charité : les Israélites ont également construit deux hôpitaux pour leurs coreligionnaires. 11 en existe deux autres pour les militaires; deux fondés, l'un par rarchevôché pour les pri^tres de son diocèse, l'autre par l'association de inareliands. L'administration civile ouvre encore aux femmes l'hôpital Marie-Thérèse, aux enfants ceux de Sainte- Anne, de Saint-Joseph, de l'arehiduc Rodolphe. Lesaliénés, qui pendant longtemps avaient été enfermés près du Grand-llopitul, dans une vieille maison désignée par le peuple sous le nom de Tour des Fous, sont maintenant reçus dans un établissement grandiose, dont les jardins s^étendent du haut de la colline de Brunnelfelds sur un espace de 22 hectares, et qui, destiné à toute la province de la basse Autriche, a été doté de très abondants revenus. — 11 serait fastidieux d'énumérer toutes les créations pliilantliropiques dont Vienne est le siège. Nous nous contenterons d'inditjuer, roinnie les plus importantes : les instituts impériaux des Invaiuies. des Aveugles et des Sourds Muets; la maison centrale pour les pauvres, plus spécialement destinée aux bourgeois rendus incapables, par Tàge ou la maladie, de pourvoir à leur subi^istance, quatre autres établissements "du même genre, répartis sur l'étendue des faubourgs, 7 workhouses fondés par la charité privée, rElisabethinum : 2 maisons jumelles construites par la société des asiles et où 200 individus des deux sexes reçoivent gratuitement le logis et l'entretien ; A autres asiles pour les femmes, les enfants et les vieillards dépourvus de ressources; l'institut pour les enfants trouvés, qui fut fondé dès 178i dans le faubourg Joseph, mais qui ne sert plus aujourd hui que de dépôt transitoire, ses haliitants étant placés dans des familles de province dans le plus bref délai; l'institut Marie, pour l'éducation des orphelines et des pauvres servantes; l'institut François-Joseph, pour le soulagement de la petite industrie ; l'institut impérial et les trois instituts communaux pour les orphelins; 20 jardins et 7 crèches, dirigés par la société centiale, pour la protection de Tenfiince, etc. — IV. /nstruetUm. L'université de Vienne se glorilie d'être, après Prague, la plus ancienne de rAllemagne, puisqu'elle fut fondée par Rodolphe IV en 1365 (voir l'article Univers sites). Les protestants, qui avaient organisé, à partir de 1754, des écoles pour les enfants de leur confcsr-ion, fondèrent, en 18:21, pour leurs futurs conducteurs spirituels, un coUf^^p spécuil dit d'exégèse et de dogmatique, qui reçut du gouverueiuent, avec le titre de faculté, le droit de promotion, mais dont les tentatives pour être légalement incorporé dans l'université ont été jusqu'à présent frappées d'insuccès. Parmi les autres établissements qui se rapportent aux études théologiques, il convient de rappeler le séminaire archiépisccopal, celui pour les hautes études de Saiut- Augustin, celui de Pacamany pour les candidats hongrois à la prêtrise, celui pour les grecs unis ou melchitaristes, b* Thérésianuui, f<uidé en 17-i() par les jésuites et uniquement destiné dans l'origine aux (ils de la noblesse, lo séunnair*] diocésain pour l'éducation de la jeunesse, et le (.'onvict, destiné au nu^me but, de I^axembourg, ainsi que celui des piarisles. Nous mentionnerons aussi, quoique ne rentrant aucunement dans ce domaine, l'école, célèbre dans toute l'Europe, des langues orientales. Pour renseignement secondaire, Vienne possède

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