‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 8 sur 158 · TEMPLIERS · texte numérisé non relu

TEMPLIERS

salem avec trois cents chevaliers appartenant à la première noblewe de l'Europe, il ne tarda pas à se couvrir de gloire dans de nombreueaa rencontres avec les infidèles. L'accroissement rapide des richesses et de rinfluence de l'ordre nécessita bientôt la rédaction de nouveaux statuts,

co!Tipo5«'>s en lan^e provcnçalo «lan<: lo courant du treizième ?i»'ole. et réglant los rapports d'une hiérarchie aussi étendue quo compliquée (Maillard de Chambure, Ilègles et Statuts srrrets des (emp., Paris, 4841). L'ordre se composait de trois classes : les chevaliers, reçus en secret avec une grande solennité devant rassemblée des frères, après avoir prêté serment et les vœux habituels, devaient fidre preuve de noblesse et se vouer à un célibat rigoureux. Quelques chevaliers furent admis dans la suite, bien que mariés, h la condition de verser dan? le trésor commun une partie de leur fortune, niais ils ne jouirent jamais de la même considération. Les frères siTvants, sortis de la classr Imurgeoise. se divisaient en Àvmigcri, c^itégorie plus relevée des servants d'armes, et en Fmnuli, auxquels incombait l'exercioe de toutes les professions nécessaires dans les maisons de Tordre. Enfin, nn certain nombre de laïques riches étaient afBliés à Tordre et contribuaient dans une large mesure à accroître ses richesses et à étendre son influence. Quand, après dp longues luttes. Tordre fut parvenu à secouer la juridiction du patriarrlio de Jérusalem, il s'ail joiirnit dt s chapelains et des prêtres, <}Ui. relevaient du-eclemeut du pape et qui ne tardèrent pas à exciter la vive jalousie du clergé. Le grand maître, vicaire du pape, placé à lâtMe de Tordre, siégeait à Jérusalem, et transmettait ses décisions sur tous les points a{^ avoir pris Tavis du chapitre. De nombreux fonctionnaires, appelés commandeurs, baillifs, prieurs, précepteurs, visiteurs, etc., se partaireaient le- f uictions multiples de l'administration des provineos el fies ciimmanderies. La faveur croisi^ante des cours et radinimlinu provo jii. e par leur couraire ne tardèrent pas à assurer aux chevaliers une inilueuce morale, qui les transforma bientôt en une puissance redontable pour les plus grands souverains de TEurope. — Moins d'un siècle et demi après sa fondation, Tordre comptait dans ses rangs vingt mille chevaliers et possédait neuf mille commanderies ou maisons. Il se partageait en quatre provinces d'Orient : Jérusalem, Tripoli, Aniioche et Chypre, et parmi ses provinces d'Kurope nous pouvons citer la France, l'Auverirne, l'Aquitaine, le Poitou. l'Alleiua^Mie. l'Aii^lelerre, l'Aragon, la Castilie, le l'orlugal, lu haute el la basse Italie, la Sicile. Les temliers prirent une part glorieuse à tous les combats sanglants dont la terre sainte fut le théâtre. L'élite de leurs chevaliers demeura avec le grand maître sur le funeste cliainj» de bataille de Tibériade (1187), Après la prise de Jérusalem par K^>^ infidèles, les templiers se niaintinrent assez InULMenips dans l'ile de Chypre. A partir <le I2H(), ils se réfugièrent en l'r.nii o; leur rôle militaire était fini, leur martyre approchait, martyre, qui couvre de honte leurs bourreaux, mais qui ne prouve ni leur piété, ni même leur innocence. Michelet a résumé avec un rare talent, dans le troisième volume de son ffùtoùre de France ^leê causes multiples de la décadence et de la chute des templiers. Gomme toutes les institutions humaines, Tordre du Temple, énergique et fidèle dans la

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