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elles soDt la providence depuis plus de deux siècles, l'une des plus pures eréatû>ii9de l'esprit chrétien, que les protestants ont fini par imiter après TaToir trop longtemps admirée de loin et avec m^tfance. L*idée de fonder un aaile pour les enfants trouvés fut inspirée à saint Vincent par la vue d*un mendiant qni maltraitait un pauvre être abandonné ; et» comme les bonnes sœurs hésitaient devant la grandeur de Tœuvre et Teziguité de leurs ressources, saint Vincent, prenant un enfant nu dans ses bras, prononça quelques paroles qui brisèrent toute résistance. — Les sœurs grises possédèrent bientôt deux maisons au faubourg Saint-Antoine et au parvis Notre-Dame. Saint Vincent y joignit un iiospice, faubourg Saiiit-Martin. placé sous l'invocation du saint nom do Jrsus et jiouvant recueillir quarante vieillards. Noniiiié en 1619 aumônier j^énéral des galères, il se chargea un jour, par charitô, des chainesd'un galérien. Non moins zélé pour le relèvement moral du clergé, il organisa des retraites ipirituelles et des conférences qui groupaient en un faisceau les forces vives de l'Eglise et virer t sortir de leur sein quelques-uns des membres les plus éminents du baut clergé. II fout enfin lire dans l'ouvrage de M. Feillet {La mùère au temp$ de la Jhronde) tout ce que les malheulenses provinces de Champagne, de Picardie et de Normaiulio durent à son dévouement inépuisable pendant les horribles souffrances delà Fronde* On est en droit de considérer saint Vincent comme le créateur de Tas- Fistance publique en France et l'on comprend qne le gouverneur de Saint-Qunntin l'ait appelé « lo p^re de la patrie. » D<^s 1023, il avait fondé à Mi\con une conl'rério de Saint-Gharles-Borromée, pour l'extinctiou de la mendicité. Béatifié en 1727 par Benoît XIII, saint Vincent (le Paul a été canonisé en 1737. On a de lui des Jteyulœy Paris, 1G58, one nombreuse correspondance inédite et des conférences spirituelles, publiées en 1826. — Sources : Sa Vie, par Abelly» Paris, 1664; Noiret, Paris, 1729; GoUet, Nancy, 1748; Stolberg(en allemand), Mtinster, 1818; G8pe6gue, Paris, 1827; Bussière, Paris, 1850; Maltrias, Paris, 1851; Maynard, Paris, 1860 ; Lotb, Paris, 1881 ; Feillet, La misère au temps df. la Fronde. A. PAUMKR.
VINCI (Léonard de), célèbre peintre de l'école florentine, né en 1452 au château de Vinci, près de Florence, étudia la peinture sous André Verrochio, et se distingua à la fois comme peintre, sculpteur, ingénieur, luécanicien et architecte. Il exécuta un grand norni)re de travaux pour Lu.loWc Sforza (1482-1499), (|ui le nomma directeur de l'académie de p«iuture et d'architectiure de Milan; mais il quitta Milan après la conquête du Milanais par Louis XII, et habita tantôt Florence, où il eut dans Miehel-Ange, encore jeune, uneoncurrentredoutable, tantôt Rome (1513), o& Léon X lui fit peu d'accueil, et vint enfin se fiier en France sur la proposition de François I**, qui le combla de bienikits (1515). Il mourut en 1519 à Amboise. Admirablement doué de corps et d'esprit, Léonard 1' Vinci cultivait avec un égal talent la poésie, la musique, l'anatomie, la mécanique, la physique, la géométrie ; il construisit des canaux, des ♦^cluses, des forteresses, inventa des machines ; il composa des Sonnets et un Traité de la peinture, qui a été publié à Paris, en 1651, avec des dessins de Poussin, et traduit par Gault de Saint-Germain, eu 1803. —
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VINCI — VlftET
- Gomme peintre, de Yinoi amena Tart à la perfection de la forme, tmit «n lui communiquant Texpression la plus élevée de la beauté et la puissance la plus accoinplio de la pensée. Le soin minutieux apporté aux détails, soit dans le dessin, soit dans le modelé, Tétiide apprdfbndiede la perspective et du coloris, la suavité transparente des contour? ?oDt les traits dislinctifs des œuvres de Vinci. Dans ses têtes de femmes, en particulier, il unit une dignité pleine de n(d)lesseàla grâce et au charme les plus d»''licats. Parmi les [)reuiières «euvres de Léonard de Vinci, où domine i intluence de Verrochio, nous signalerons une Madone daus le «ouvent do S. OnofHo de Rome et une Adoration det maget dans la galerie des offices de Florence ; puis vient la célèbre Sainte Cène, peinte ■à fresque, dans le réfectoire du couvent de S. Maria délie Grazie de Milan, que le temps et les dégAts de l'inondation ont presque effacée çt que II- pinceau sacrilège de deux misérables barbouilleurs du dernier siècle a cherché à restaurer. Ce n'est que de nos jours qu'on a débarrassé cette fresque de ces additions maladroites, et l'impression que laisse S(ui éclat pAli est telle qu'elle surpasse encore celle que produisent les meilleurs gravures (voyez les cartons originaux de la téte du Christ dans la galerie de la Brera, de celles des apôtres dans la galerie grand- •ducale de Saze-Weimar). Nul peintre n'a saisi et rendu avec une vérité plus saisissante l'incomparable majesté du Christ et la puissante originalité de ses disciples dont le caractère se traduit dans l'attitude mouvementée, les gestes véhéments et l'expression animée de leurs traits rudes et nerveux. Léonard de Vinci a choisi avec un rare bonheur le moment dramatique où Jésus dit ces ujols empreints d'une si navrante mélancolie : «L'un de vous me trahira. » — De la même époque datent aussi un Jf^rtn-ZiapUstf^ (ian:< /e t/t'-si'rt, au Lotivre, et une Madone, dans la Brera de Milan. Une Sainte Famille, à l'académie de Londres et la Vierge sur les genoux de sainte Anne, au Louvre, appartiennent au se- •cond séjour que fit le grand peintre à Florence, ainsi que l'admirable portrait de Mona Usa, la femme de son ami Giocondo, auquel il travailla pendant quatre ans, et que le Louvre conserve sous le nom de la Joronde, Citons, de sa dernière période, romaine et surtout française, la Vierge aux Rochers, au Louvre, Tune des plus ravissantes idylles de l'art chrétien :1a F/erz/e au bas-relief :]e Christ adohscent au milieu def Phnrisictis, dans la galerie nationale do Londres et au palais Spada de Rom(\, un Petit Christ bénissant, au palais Borghése, etc., etc. — Voyez Amoretti, Memorie storiche sulla uila^ gli studj c le opère di Liouardo da Vinci, Milan, 1804: H. v. Gallenberg, £. de Vina, Leipz., 1834; Rio, Léon, de Vinci et son école, Paris, 1855.
VINET (Alejumdre). Voyez notre Supplément.
VIRBT (Pierre), le réformateur de la Suisse romande, naquit à Orbe, le 4 mai 1511. Son père était tondeur de draps et possédait une honnête aisance. 11 envoya son fils à Paris pour étudier et prendre les ordres. Le jeune homme arrive en L^27, lor?(|iie des luttes sanglantes <livi?aiênt Rome et l'Evangile. Il est IVappé des e^uitradietions inte>tine> dans renseignement des séminaires. « Parmi les docteurs qui nous expliquent la religion romaine, l'un est blanc, l'autre est noir; ce que l'un
YIUET
dit être le Jour, l'autre l'appelle la nuit; ce qui est vérité et paradis pour l'an, est enfer et antéchrist pour l'autre. » Loin d*imiter les
esprits If^gers que le bruit des discussions théologiques écarte de la foi chrétienne, le séminariste de diz-4iept ans veut entendre ces hérétiques, collègues des victimes dont lo couragn sur le bûcher excite l'étonnenient et la pitié des âmes «Hrangôres au ranatisnio. Il dt''Couvre et fréquente ces assemblées mystérieuses où l'on explicjue les évangiles traduits en français (jppuis trois ans, par T^etï-vre d'Etaplcs, cl, en décrivant plus lard cette aunirc du travail do sa vio. il dit : «> Dieu, par sa gr.lco et sa miséncorde. m'a retiré de ces troubles et de ces angoisses ; il m a amené à la connaissance de la vérité dès les jours de ma jeunesse; avant que j'eusse plongé plus profond dans le labyrinthe des erreurs de Rome, le Seifoenr me prit en pitié et m'appela à une meilleure vocation, » « Pierre Vîrtt fut bientôt noté pour tenir à la religion luthérienne. H lui fut bien de se sauver de Paris ; il revint à Orbe, où il demeura dans la maison de «on père jusqu'à ce qu'il fût prédicant » {Chronique catholique de Pierre Fleur, d*Orbe). — Viret ne fut pas longtemps isolé au milieu des ses compatriotes catholiques ; un maître d'école, Marc Romain, qui s'était converti à l'Evangile, dans le collège de Strasbourg, développa les sentiments religieux du jeune homme. Los Bernois, maîtres du pays, amenèrent Farel à Orbe; il prêcha malgré les violences de la population, et, avant d*' partir, consacra au saint ministère Pierre Viret. sur lecjuel il fondait les plus chères espérances. Le 6 mai i'oSi, il lait sa première préditatioD. Etant bourgeois d'Orbe, les fanatisés n'osèrent pas renouveler les violences multipliées contre Fkrel, mais les prêtres obtinrent que nol n'irait ouïr le jeune hérétique. Ils réussirent, car la famille du missionnaire et cinq convertis assistent seuls à cette analysé de la Bible. Vtret, néanmoins, continue son œuvre ; à la Pentecôte, dix personnes communient et, sept mois plus tard, le temple était convenablement gvni : 80 personnes participaient à la sainte cène. Trois pasteurs étant ' onsacrés à Orbe, Viret reçoit mission pour Grandson, Payerne, Neu» chàtel et Genève. Los plus rudes épreuves attei*rnent le jeune missionnaire. Pendant l'été 1531, à Grandson, les violences et les railleries le poursuivent; « quand il est en chaire les gens ne cessent de faire trouble au sermon, tant dedans l'église comme dehors, tant par sonnemont des cloches, crieries, murmures, frappement des portes ; les uns venaient devant le préchoir avec de grandes croix, de gros chapelets qu'ils faisaient sonner tant que le sermon durait ; les autres venaient à main Tîolcote frapper le ministre de charité. Eais partout s'est montrée la pstienee et Îbl tolérance de ceux qui aiment la parole de Dieu » et se défooent à la mission réformatrice de Viret; car, au bout de quelques mU, la vérité chrétienne était acceptée dans la ville de Grandson, {Herminjard, tome II, page 373). A Payerne, l'épreuve devint plus sérieose encore pour le jeune missionnaire. Le terrain était bien préparé, far. depuis 1530, Antoine Saunier avait fondé une société dos « amateurs 'le la très-sainte évangille » qui manifesta son existence au doliors on ^Tivoyant à ceux de Genève une admirable lettre, heureusement contée, et qui donne de précieux détails sur la vie religieuse des pre-
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mières années de la Réforme dans la Suisse romande. En janvier 1533, Yiret adressait de sévères reproches au clergé de Payerne : << Vous êtes plongés dans la parusse et l'avarice; mais, quant à prêcher TEvangile, vous prêtres et moi ne?, vous no vous en inrlez pas. Vous êtes non seulement loups nierceuairos, mais loups pour ravir les brebis ilii Seigneur. » A cause de ces paroles et pour avoir baptisé et marié plusieurs personnes, Viret est cité en justice. Il ne put se rendre an tribunal, vu qu'un prêtre qui le guettait la nuit au bout d'une rue le blessa grièvement d'un coup d'épée dans le dos. La conduite de Yiret, dans cette circonstance, fut révélée par la déclaration qu'il fit, en 1336, dans la grande dispute de Lausanne. — En 1534, Viret fut appelé par Farel pour l'aider, à Genève, dans une dispute solennelle. Un docteur de la Sorbonne prêchait l'avent (1533) dans la cathédrale et s'ccri;iil en parlant des réformateurs : « Qu'est-ce ijue ces canailles sans caractère sacré, en conjparaison du prêtre? Le prêtre, ou devrait se prost<Tii''r sur son passage, il est supérieur à la vierge Marie; celle-ci a mis au monde Jésus-Christ une seule fois, mais le prêtre a la puissance de faire descendre le Seigneur du ciel aussi souvent qu'il le veut; il souffle sur l'hostie, prononce ces mots : « Ceci est mon corps, » et le Dieu du ciel est obligé d'obéir au prêtre ! » Un autre jour, le docteur adresse les plus grossièies injures à tous les hérétiques, notamment aux seigneurs bernois présents dans le temple. Turbity doit soutenir ses affirmations dans une discussion publique ; Viret prend une part sérieuse à l'affaire et contribue notablement à la défaite du prédicateur catholique. L'évêque absent se plaint de ce que les prédicants tiennent des réunions dans plusieurs demeures. Voici la naïve description d un ouvrier savoisien, dans un procès intenté, à Lyon, contre B. de la Maison-Neuve, l'un des pins grands luthériens de Genève : « J*entrai dans cette maison oùU y avait bien 300 personnes ; les cloisons avaient été abattues. La prédication fut faite par un nommé Viret, assis sur un siège un peu plus haut que les autres. A côté de lui, étaient deux hommes nommés Farel et Froment, aussi prêcheurs, et après ledit sermon, comme plusieurs s'en voulaient sortir, la Maison-Neuve dit : « Qu'âme ne bouge, vous allez voir ici un baptisement ; » on apporte un nouveau-né, lequel fut baptisé en eau pure, au nom du Pi re, Fils et Saint-Esprit, sans signe de croix, ajoutant que Jésus aété baptisé ainsi. » — L'année suivante, les progrès de l*Bvangile étaient si décisifs que deux prêtres fanatisés, Gruel et Gardet, veulent fitire périr les réformateurs. La servante de leur logis, séduite par leurs promesses, jette du poison dans le potage. "Viret, seol, en mange ; des souffrances horribles causées par le sublimé corrosif mettent sa vie en danger; il échappe'à la mort, grâce aux soins de ses amis. La servante est saisie; elle avoue son crime ei monte sur l'échafaud le l*^'" juillet 1535. La santé de Viret fut longtemps compromise; ses collèguj's écrivent, l'année suivante, avec tristesse : « Notre ami, d'Orbe, est chez nous, savant jeune homme par oxcelleucc, mais cni oro bien malade par suite du poison. » Virot l'ut quelque temps à Neuehàtel, et revint à Genève, pour assister à la proclamation solennelle de la Réforme. Le 24 mai 1536, dans le temple de Saint-Pierre, tous les
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citoyens sont rasBemblés. Le syndic Claude Savoie, assisté des x6for> mateura, demande si Ton veut suivre la doetrine prèchée depuis Tabolition de la messe. Sur quoi, sans qu'une voix dit le contraire, il est promis et juré à Dieu, par élévation des mains en Tair, que Ton veut vivre unanimement en cette sainte loi évangélique ain^ qu*en union et obéissance de justirc. Une pareille journée était la plus belle r(^comprnse pour Farel et Viret. — Notre réformateur aurait dû prendre pendant quflquos mois un iéjfitime repos, mais le cheC-iieu de son pavâ natal réclamait ses services, et Viret entreprend, en 1536, cette importante évangélisatioD. Les temps étaient dilliciles. « La messe et le sermon se • tenaient ensemble tant bien que mal, mais toujours aux prises dans les fsioisses vaudoises. » \oid comment Viret décrit plus tard cette période religieuse (épitie 4 Calvin) : « Sous le joug de Tantéchrist, quelle corruption de mœurs dans TEglise épiscopale de Lausanne I Un évéque entouré d'un grand nombre de prêtres, quatre corporations, chanoines, curés, dominicains, franciscains, plus les couvents de femmes, tous att.ichés à leurs richesses, luxe, vie indolente ou débauchée. Toi, Calvin, qui n'es pas tout à fait inhabile au métier de corriger les vicieux, tu duis comprendre les dangers que j'ai courus moi, pauvre vermisseau, en ftce de semblables géants ; mais le Seigneur a bien voulu se servir de mon humble ministère pour les combattre* Je tremblais devant une si fraude œuvre, connaissant ma fiûblesse et mon peu d'importance. Toutefois, la parole de Dieu a gagné des amis. Plusieurs citoyens ont pris goût à révangile, ils m*ont tendu une main secourable, puis les seigneurs de Berne sont maîtres de la ville et. par leur aide, l'allaire! delà Réforme a été terminée, » — Efl'erlivem» nt, les Bernois, voulant consolider le règne du pur évangile, convoquèrent à Lausanne, en octobre 1536. une scdennelle discussion entre les réformateurs et le clergé roijiain. L'eiTort porta sur le salut par les œuvres ou par l'amour divin, leul principe d'une vertu simple et pure. Calvin, fort peu oonnu, parla pour la première fois devant l'assemblée des théologiens suisses. La gravité du jeune professeur, la richesse de ses vues, sa ferme et claire dialectique entraînèrent les suffrages et les plus savants dirent : « Voilà notre mettre. » Quant à Viret, il excita une profonde émotion par cet paroles qui rappelaient l'attentat de Payerne (L532) : « Nous aimons mieux que vous parliez publiquement à nous dans ce temple, que de nous attendre sur les champs pour nous ôter la vie, de quoi nous en portons le témoignage écrit sur notre dos. Mais le Seigneur m'a assisté dans ce grand danger, il m'a retiré du glaive de ceux qui étaient mes «noemis. Ils sont devenus amis et serviteurs dans la maison de Dieu afce nous. » Il est à regretter que Viret n*ait pas divulgué les noms de ces ecclésiastiques convertis à l'évangile, par sa charité et son humilité chrétienne. — Pierre Viret dota son pays d'un grand bienfait intellectuel. Considérant Tinstruction comm(> la sœur jumelle de la religion, il contribue puissamment à fonder l'Académie de Lausanne. Son nom et son earactère amènent sur la terre vaudoise des poètes, des léiristes, des iliéoln-iiens. chassés de France. Loy, étudiants aOhient auprès de la tribune évangélique. Puis, eu i54(i, Viret obtient rétablissement d'un
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grand collège, pour les enfants qui se destinent aux professions lettrées. Yiret ez^ce son double ministère pendant 23 ans, à Lausanne ; aucune épreuve ne lui est épargnée. Il perd son épouse, ^ne Turtas, d'Orbe, amie intime d'Idelettede Bure; Tisolomont romplacc le bonheur intime.
La peste exero/' ses ravages sur toutes les classes de la société ollo frappe les pasteurs et décime les étudiants. Wvpi laisse t'rli;i]»p''r un jour cette plainte ; a Oli! mon Dieu, faut-il que je voie les funérailles de tant d'htimmes éminents et que je sois debout au milieu de ces ruines! Est-ce eu punition de mes fautes que Dieu veut me séparer de ceux qui me sont si chers ! » — Une dernière épreuve était réservée au réformiteur vaudois. Dans ces temps où l'ignorance, la grossièreté et la supentition infestaient la société, les chefs de ]*Eglise évangélique voulaient Tinstruction obligatoire, l'examen de la conduite morale, pour être admis à la sainte cène, et Berne refusa aux pasteurs le droit d'excommunier, et le transmit aux autorités laïques, Viret demamiait qn au moins les ministres tussent adjoints aux matristrats. Berne n'admit pas cette juste concession; ces luttes durèrent deux années, et. le 25 juillet ir>o!). Viret fut dépouillé de ses fonctions dans l'Eglise et l'académie. Quarante pasteurs et professeurs subirent les mêmes rigueurs. XwA manifesta des sentiments chrétiens dans cette épreuve. Il s'abstint ds toute récrimination contre Tautocntie qui récompensait par Tenl 28 ans de saints et glorieux services. Il écrivit à ses fidèles : « Nous devons regarder à ce qui nous est commandé pour remplir fidèlement notre devoir. A Dieu seul, nous rendrons compte et non aux bommes. » "Viret, sa femme et ses deux filles, vinrent à Genève. Tl fut entouré de toute l'alfection possible, mais sa santé délabrée ne lui permit pas des fonctions réij;ulières. Le célM)re médecin Benoit Texlor déclara <jue le séjour dans le Midi était nécessaire. 11 partit seul, ne voulant pas exposer sa famille aux dangers du voyage. Le conseil genevois leur continua le traitement.pécuniaire de Viret. — Le réformateur part pour la France, le septembre 1561. Après une courte station à Lyon, où il reçoit le titre de pasteur de cette Eglise, Viret arrive à Nîmes, le 6 octobre !.")61. Il adresse ces paroles aux ministres. « Le Seigneur m'a conduit par la main, tout tremblant de faiblesse el à demi-mort. Il ni'a permis de me rendre jusqu'à vous qui êtes les premiers et le? plus nombreux du Languedoc. Le peuple, eu voyant passer le réforiuateur, disait : « Hélas! qu'est venu faire ici ce pauvre homme, si ce n'est pour y mourir? Voyez son corps, il ressemble plutôt à une auatoraie Bêche qu'à un être vivant. » Mais le climat du Midi raffermit sa santé; an bout d'un mois il pourra prêcher. Le peuple s'entasse dans le temple. Vint retrouve les forces et la voix, il parle pendant deux heures sur Is vit étemelle, et, les joun suivants, il doit donner une instruction à de nombreux catholiques. — Cette œuvre se continue et, au Noël suivant, les rnnimuniants sont si nombreux, que l'office de la sainte cène, commencé à \{) heures du m;itiii. durait encore à quatre lienre? de l'apri^s-midi. Knvirou 8,UUU personnes s'approchèrent de la laMe sainte; la plupart étaient converties et, le lendemain, Viret rép(uidant aux It'Ij**" tations, disait : « C'est trop rapide, c'est trop nombr(;uA pour être n»** •
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Trouvant de nouvelles forées dans son sèle, Yiret accepte une mission poor TarascoD. Le clergé regarde sa venue comme une calamité; mais^ dans la grande abbaye de Saint-Sauveur, l'abbesse et les religieuses
veiiiont entpndrr» co '< pn'dicateur à peine vivant, dont los mmibres semblant couverts de parcbcmin, mais dont la parole est plus douce que niid; •) elles se blotissent d.ins un(3 Iribune du teuipb^ puis rcvicuuent savourer les enseignements de Viret. Un peu plus tard, elles acceptent l'évangile et consacrent leur vie au soulagement des pauvres et des malades dans l'église de Nîmes. La fertile plaine de la Vannago appartenant à Tabbaye de Milhau, la famille de ifontcalm était suzeraine de cette contrée. Yiret parle en plein air dans cette localité; leprieur et ses frères veulent l'entendre, il ne dit rien contre les erreurset les scandales du clergé, mais il dépeint les consolations évangéliques, le glorieux privilège du culte il'esprit et de vérité accoiiij)li sans intermédiaire, et surtout le bonheur iueiïable du salut gratuit. Le succès est complet, le prieur, les oITieiers. la fauiille de Montcahn, se t'ont protestants et l'abbé consacre la moitié de ses revenus à l'évangélisation» l'autre partie doit soulager les pauvres. — Ces résultatsexcitent la colère de la cour, et Charles IX, le 15 janvier 1562, ordonne aux protestants de restituer les temples aux catholiques, les laissantlibres d'en construire d'autres. La ville de Nîmes est bouleversée, on va prendre les armes. Yiret laisse la premièi;e fureur s'apaiser, puis, dans une immense assemblée, au grand étonnement des protestant?, il dit : " Oui, soumettons-nous aux ordres du roy, nous pouvons le faire sans contn^venir à nos devoirs envers Dieu. Quelques-uns trouvent que c'est un rcc-ulenient pour l'Evangile ; MU)i, j'ai plut «H bonne espérance que Dieu veut nous exalter, en nous humiliant et abattre plus fort ensuite Torgueil de nos ennemis; pour quoi il ne faut point nous émouvoir à cause de leurs. insultes mais attendre patiemment la bonne volonté du Seigneur, mais en le servant et honorant en toute chose. » — Cm paroles imprimées sont envoyées comme lettres dans les églises du Lsngaedoc, et déterminent la soumission aux ordres royaux. A Montpellier, on partage fraternellement les temples, et Viret, lorsqu'il prêche, f'?>i entouré des magistrats et des professeurs en grand cor^tunie. Il amène b s protestants et les catholiques à prendre naturellement sous leur garile les personnes et les hiens des partis coutraires. Yiret apprend que, dans la vallée du lUiùnc, un farouche seigneur, le baron des Âdrets, sous ombre de religion, commet des violences inouïes contre les catholiques ; il le rejoint à Yalence, au moment où Ton allait exécuter un célèbre jésuite, le Père Auger. Yiret fend la foule, s'élance sur l'échafand, se fait connaître; des acclamations universelles le saluent et il obtient la grâce du condamné. Puis il arrive à Lyon, le 12 avril 1562. ir prêche dans les temples; mais, désirant attendre les catholiques, il parle daus les rues, eutouré de quelques amis; sa douce parole émeut le? assistants qui se joignent volontiers h la prière qui terunne le culte. Viret devient bientôt populaire. Pendant les émeutes soulevées par le baron des Adrets et sa bande, Viret sauve plusieurs familles catholiques et oblige enfin ce misérable h conserver la discipline et la psix. Le-
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filergé, effinyé de Tempire exercé par le réformateur, pour la sauvegarde des prAtres et de leurs partisans, obtient de la caUT lo renvoi immédiat (le tous los pasteurs réformés, et lo Père Auger est l'instifratour de la mesure (jui i'rappera son sauveur de Valence. Toutes los démarches sont inutiles, Viret doit partir. Il n'instruira personne do la mnduitp du misôraldt; ji'suile. — « Ce (jue les hnnimfs pensent m mal. Dieu le pense en bien. » Viret éprouve la vérité de cet adage. La noble et pieuse roèw 4e Henri IV, apprenantees intrigues et ces violences, Tinviteà demeurer dans ses Etats, et lui oftee la surintendance des églises du Béara. En 1963, Viret se rend avec sa famille à la cour de Navare, et voici comment il dépeint les beaux moments du soir de sa carrière [Lettre à Calvin, retrouvée et publiée par nous en 1858) : « Les ennemis de TEvangile ne m'ont éparfj;né aucune des traverses qu'ils ont pn ; ils m'ont poursuivi par tous los uniques moyens, quoique j'eusse ])atenlos du roi pour roxen ire de mon njinistère. Mais Dieu, ayant pitié de moi, m'a finalement retiré de leurs mains et m'a cnnduit en ce pays de Béaru, où j'ai été reçu en grande affection par la reine. Elle montre une grande joie de ma venue et semble se plaire aux explications de la parole i{ue je fais en son logis. J'ai aussi la charge de préparer au saint ministère les jeunes hommes qui se vouent au service de l'Evangile. Le pavs est assez bon pour ma santé, laquelle est en meilleur état qu'elle n'a été depuis lon'rTtemps. Ce n'est pas l'âge qui m'airaiblit, mais les maladies et les atllictions passées. Viret passa huit années dans ces paisibles et vénérées fonctions. Il mourut le 4 avril 1571, et son corps repose dans les tomltoaux de la famille de Henri IV. La ville d'Orbe a «'levé na iiiunument, dans sa cathédrale, à la mémoire de son glorieux riloriuateur. La consécration a eu lieu le 5 mai 1875. — Liste des ouvrages de Pierre Viret : 1<> Dialogue sur les désordres de ce monde; ^ Les mû Sacrements et le Ministère; 3* 2>e Vinstruedon chrétienne; 4« Actes des vrais successeurs de J.-C; 5^ Soumission de V homme aux wlontés dU vines; (i° /m réforme du Purgatoire: 7° Commentaire sur Vêv. descàfU Jean ; 8" A'écromancie papale; 9. .S'/.r tmit/'s .<?/;• la conduite des frhct dans les lieux où l'Evangile est interdit ; 1(1" Mùtnmnrphoso r/irélimne; 11° Dialni/uc du combat de Vhomme pour son salut : La untnrp du vrai catf'r/ùsme; 13"^ Les cautèles rt la jnfssc. du corj)s de Christ ; 1 Ik la providence divine; 15'^ Philosophie et théologie supranaturelle ; . 16<^ Profession des saintes Ecritures par les vrais et faux ministres; iT* Fpitre aux frères touchant leurs conversations avec les papistes; * ' 18* Bemontranee aux fidèles qui ont des emplois publics, pour ne pas 'contrevenir à leurs devoirs envers. Dieu et leur procham. Ils sont conservés au.K bibiiotliëi{ues do B rue (catalogue de Siinner. 1774), de Lausanne, de Neachàtel et de Genève. .1. (tabkrel.
VIRGILE (Saint . «''vé(jue d'Ar les, mort vers l'an G2(), embrassa la profession monasti(jue à Lérins, d'où il fut tiré pour être abbé on supérieur de religieu.v à Autun. En 588, il fut élevé sur le siège d'Arles; Grégoire le Grand lui envoya le pallium avec le titre de vicaire du saittt siège dans TEgliso de France. Virgile régla divers points de discipline» • bâtit quelques églises, entre autres celle de Saint-Etienne et de Saint-
VIRGILE — VISITÂTiÛiN
Sftuvenr. — Voyez Grég. le Grand, Lettre»; Grégoire de Tours, ZTtfiaire, 1. IX.
VIRGILE (Saint), évéque de Salzbourg, mort le 27 novembre 784. D'orig^ine irlandaise, il passa en France, puis en Allemagne, avpc un prêtre dp son pays nommé Sifloine, vers l'an 743. Ils travaillèn nt tous dptix à la propagation do l'Kvangile dans la Bavière et jus(]ur ]>ariiji les peiqiladt'S slaves des bords du Danube et delà Drave. L'apôtre <le i'AllemaLiif, Boniface. jaloux des succès et ne pardonnant pas les formes ecclésiastiques plus libres du missionnaire irlandais, déféra Virgile au pape Zacharie comme enseignant des erreurs, entre autres qu*il y avait des hommes d'un autre monde qui ne descendaient pas d'Adam et qui n'avaient pas été rachetés par Jésus-Christ. Virgile se justifia à Rome et fot élevéen744 sur le siège de Salzboiir<: et canonise par (Grégoire IX en 1233. — Voyez les lettres du pape Zacliarie apud Epislolee S.Jitmifaci't. Cri et 8:î [éd. Wiirdtwein) : Mabillon. J"/e de saint T7;v///e; M'inoircs r/>' J/'cccnx, ianv.,I7U8; Schrœckli, A Jrc/((?w^f;.vr//., XIX, 219 ss. ; Glffprer, A irchengesch., 111, 52i, ss. ; Eettberg, KircUtmjiSch, Deutschl., Il, 2a:i ss.
VISIGOTHS. Voyez Gothè (Le cliristiauisme chez les).
VISION. Voyes'les articles JProphétUme et Révélation,
TlSITiNDUES ou Filles ;de la Visitation, ordre de religieuses fondé par François de Sales et par M"* de Chantai (voy. ces noms), en 1610, àAnoecy. Ces religieuses, à 1 origine, ne faisaient que des vœu:^ simples et ne gardaient pas de clôture ; elles visitaient les malades et soulageaient les pauvres. Elles ne portaient qu'une robe noire de coupe ordinaire et un voile noir. I^s jeûnes et autres exercices ascétiques ne leur étaient point prescrits ; elles ne devaient lire que le petit (d'iice de Marie. Les maisons de la congrégation qui recevaient à temps des femmes pour les fortifier dans la foi étaient placées sous Tautorité de l'évéque diocésain. Tous les ans les sœurs devaient échanger leurs rosaires, leurs hréviaires et leurs crucifix. Grâce à ces règles si douces et au prestige qui entourait François de Sales, l'ordre s'accrut rapidement. Déjà en 1618, Paul V, pour remédier à certains abus ou écarter certains soupçons, lui donna une règle plus sévère ; les Constitutions que Pévôque d'Annecy rédigea furent approuvées après sa mort par •Urbain VIII (1726) : la clôture devint olili^'atoire, les visites des malades et des pauvres furent stipprimées. Plustleeent maisons s éh vèrent dans diverses villes de France du vivant de M"'*' de Gliantal. Aujourd'hui, l'ordre des visitandines compte à peu près le même chillre de maisons répandues en France, en Italie, en Suisse, en Autriche, en Pologne, en Syrie, dans l'Amérique du Nord, avec près de 3,000 relîgieusejs. Il s'occupe principalement de l'éducation des jeunes filles. A l'épôquc de la querelle du jansénisme, les visitmdines furent établies dans le couvent délaissé de Port-Royal -des-Champs et se conduisirent assez dureujeiit à l'égard des bernardines qui y avaient été laissées. — Voyez llélyot, Ordre* monasi., IV, c. XUll' et XLIV ; Felir, (/rdres monast., II.
VISITATION (Féte de la). L Eglise romaine institua cette fétc eu mé-