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ite son père faillirent le persuader qu'il ayail ùli fausse route. Rappelé en 1729 parle Lineoln*$ Collège d*Ozford, doDt il était agrégé, il reprit
lacarrif'ro de renseignement avec bonheur. Pendant son absence, son frère Gharlrs. plus jeune que lui de quelques années, était arrive^ à Ox" ford et avait fondé, avec quelques camarades, une sorte de petite association moitié scientifique, moitié religieuse. On appela ces jeunes gens par dérision des méthodistes. John Weslcy, de retour à Oxford, se joignit à eux et devint leur véritable directeur (voy. sur ces conimence- Dit^nts l'art. Mél/iodisme). Sa piétr à cette épo(jue s'inspirait plus de la lecture des mystiques que de l'Evangile et se fourvoyait dans les voies de l'ascétisme et du ritualisme. Sa courte mission dans la colonie de Géorgie (173&-1737) dut à eette cause d'aboutir à un écheo complet. Bile lui procura, par contre, l'avantage d'entrer en relation avec les frères moraves, dont un détachement se trouva avec lui sur le vaisseau et s'établit dans la colonie nouvelle.[Sous Tinfluenoede Spangenberg et, plus tard en Angleterre, sous celle de Bœhler et d'autres membres de la communauté morave de Londres, Wesley en vint à soumettre à ooe revision attentive sa foi personnelle et à reconnaître qu'il n'avait pas possédé jusqu'alors la foi qui justifie. Ce fut le 24 mai 1738, dans la réunion morave d'Aldersgate-stn et. en entendant lire l'introduction de Luther à l'épître aux Romains qu'il sentit, selon sa propre expression, « que sou co'ur se réchaulfait étrangement et qu'il se conliait eu Christ seul pour son salut. » — A partir de ce moment, Wesley se mit à prêcher, partout où il en eut l'occasion, la doctrine delà jnstifieatîoD par la foi, que l'anglicanisme avait pratiquement abandonnée. Cet enseignement, comme au seizième siècle, attira les sympathies des foules, mais souleva l'opposition des prêtres. Wesley et son ami Whitelield, éeonduits des chaires officielles, prêchèrent en plein air. Ce fut le' S avril 1739 que Wesley, brisant avec le préjugé, inaugura ce nouveau mode d'activité devant trois mille personnes dans une prairie voisine de Bristol. Nous avons raconté, dans l'article Méthodisme, la création successive des divers moyens d'action du réveil, l'itinérauce, le. ministère laïque, les classes, les conférences annuelles des prédicateurs, etc., et les succès considérables de cet apostolat d'un demi-siècle. Nous ne reviendrons pas non {)lus sur les luttes intérieun-s dont souffrit le méthodisme naissant : rupture avec les moraves, dont le mysticisme ne pouvait convenir longtemps à un esprit aussi pratique que celui de Wesley; rupture avec Whitefield sur la question de la prédestination, qui, entendue au sens calviniste, révoltait Wesley ; luttes contre les illuminés et les exagérés de toutes sortes qu'un grand mouvement religieux traîne toujours après lui. A vrai dire, la vie de Wesley est inséparable de son ouvre, et on l'a racontée quand on a fait connaître ses continuels voyages missionnaires à travers l'Angleterre et l'Irlande! ses prédications en plein air, les luttes qu'il eut à soutenir contre l'intolérance jalouse du clergé anglican et contre l'ignorante brutalité des nuisses populaires, les conversions nombreuses dont il fut l'auteur, et la fondation des sociétés religieuses qui unirent en un puissant organisme les éléments fournis par l'évaugélisation. — Ëa dehors de cette grande œuvre
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que nous avons sulTisaïuinenl racontée, la vie de Wesley offre p«Mi d'incidents. 11 commit la i'olie, âgé de près de cinquante ans, de m marier vnù une veuve afiariâtre «t jalouie, qui, pendant vingt ans, le persécuta par d'intolérables veiations. Lonqu'enfin elle le quitta en 1771, il éeiîvit dans ton journal : Aon eam reltgm; mm dimiû; mon repoeabo. Gel hômme, dont TAngleterre entière était la paroiue, n'eut pas d*atttrs fiuniUe qne ces soeiétés qu'il avait fondées et qui le véaéraieBt et l'aimaient comme un père. Il était sans cesse en voyage pour les visiter ot en fonder de nouvelles, faisant en moyenne de 4,000 à 4,500 milles par an, le plus souvent à cheval. Il continua cette vie missionnaire jusqu'à un âge avancé. Plus (lu'octogénaire, il prêchait encore deux ou trois fois par jour ; quatre ou cinq heures de marche lie refbnyaieut pas ; il visitait, non seulement les divers eomtés d*An^terre, mais Tlrlande, les lies de la Blanche, et, à deux reprises, Ja Hollande; il entretenait uns immense cofiespondaneoy publiait une masse d'ouvrages, de semions et de traités de tout genre, rédigeait un magazine mensuel. En 1784, il donna une organisation spéciale à la branche du méthodisme qui s'était implantée en Amérique, et assura, par le Deed of Déclaration, Tavcuir des sociétés anglaises, qu'il avait gouvernées seul, avec l'aide de la conférence annuelle des prédicaU urs. 11 mourut à Londres le i mars 1791, à l'àgc de quatro-vingt-huit ans, entouré d'un respect qui n'a fait que grandir depuis lors, et qui lui a assigné une place d'honneur parmi les grands hommes de TAngleterre. — L'aetien de Wesley sur les masses s'explique à la fois par sa piété intense, son zèle ardent, son talent ors^ toize et ee don de genverner les hommes qui, d'après Ifaoanlay, le rsp* proche de Ridieli eu. T<uis cis moyens d'action n'auraient pourtant pas créé une œuvre durable si Wesley n'eût possédé de plus un talent supérieur d'organisation et d'administration. Son esprit eut ses lacunes et son caractère ses défauts. 11 ne fut ni un penseur hors ligne ni un théologien de grande envergure. Mais, s'il manque de profondeur, il ne manque jamais de clarté ; si sa peuséo ne gravit pas les cimes, elle ne se traîne pas non plus terre à terre. Sa théologie se tient à égale distance de l'intelleetualisme et du mysticisme. Bile est orthodoxe sans bigotisme. Peu d'hommes ont été plus larges que Wesley : partout où il retrouvait l'esprit chrétien, il s'inclinait devant loi, quelles que fussent les «rreurs qui s'y mêlassent. 11 ne posait aucune condition théologique à l'admission dans ses sociétés : « Je n'ai pas plus le droit d'objecter, disait-il, à cf (ju un homme ait une opinion différente de la mienne que je n'ai le droit de me séparer d'un homme parce qu'il porte une perruque tandis que je n'en porte point; mais je me séparerai très certiiuement de lui s il enlève sa perruque et se met à m'en secouer la poudre dans les yeux. » On a pu reprocher à Wesley quelque crédulité et un tempérament autoritaire ; mais, si l'on tient compte du temps oùil vécut et de la mission qui lui échut, on reeonnaitra que ces déiiuita étaient i pou près inévitaÛes. — A côté de ses immenses travaux missionnairss, Wesley trouva le temps de publier environ deux cents volumes, com* posés, traduits ou abrégés par lui, et traitant de théologie, d'histoire, de biographie, de philosophie, de poésie, de linguistique, de médo-
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eiiM, ete., le tout à un point de vût populaire. Ses principales publications originales sont sos Sprmnns, son Journal^ ses IVn/es sur In Xou' veau Testament, ses Appeis aux hommes raisonnables et religieux, etc. Ses œuvres ont été recueillies à diverses reprises. La prpinièrf fois, à Bristol, en 32 volumes, 1771-1774. Cette édition, publiée par Wesley lui-même, renferme plusieurs ouvrages qu'il n u tait qu'abréger. Le seeeod neneil* en il ^olmnes^ fot édité à Londres en 1809-1813. Le tvoiaème, puUié par les soins de Thomas Jackson, parut en i4Tolttmes en i6S9-183l , et a été ftéqiiemnient réimprimé. — Où. possède en anflus de nombreuses ries de Wesley, par Whitehead, H. Mooro, R. Southey, Watson, TyenMUna, Green. Nous avons en finançais r^o^ Wesley, sa vie et son ceuvre, par M. Lelièvre, 2* éd., 1882 ; une traduction de Wat- !^on : Vie du Rév. John Wesley, 2 vol. ^84; John Wesley et le Méthodisme, de Ch. de Réniusat, 1870; Wesley et son temps, conférence de W. M. Punshon, 1878. Deux choix de ses sermons ont ])aru en français : à I^Ule d abord, 2 vol. in-8°, 1836» sous le titre de Seimotis càoi* sis, et à Paris, en 1857-1858, 3 vol. in^li, sous ees deux titres : le Ser" «Ma sur ia montagne expliqué, ta Voie du saiui.
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WESSEL Jean Wessel] ( Wesselus, forme grécisée Basil ius), appelé aussi Jean Weasel de Gansfort (localité de la Westphalie, d'où sa famille était originaire), naquit à Grœningen, vers Tan 1 Devrim orphelin de bonne heure, il fut recueilli par une parente, t)ililia Clantes, et alla étudier à l'école des frères de la vie œnimunc à Zwolle, puis à Ciologne, à Heidelberg, à Louvain et à Paris. Son étude favorite fut d'abord la pbilosopbie de Platon ; d'ardeut réaliste qu'il était, il ne tarda pas à devenir nominalisto eemûnon, sous Tinfluence des doetrines qui léguaient à la Soriionne. A Paris, où il séjourna de longues années, il se lia d*amitié avec le cardinal Bessarion et le général des franciscains» François de la Rovère, le futur pape Sixte[IV, et réussità gmuper autour de lui un certain nombre de jeunes humanistes, entre autres Rod. Agricola et Rcuchliu. De là il se rendit vers 1470 à Rome ; puis, après un second séjour à Paris et à Heidelberg, où il professa quehjuc temps la philosophie, il revint se lixer dans son pays natal, séjournant tantiit à Grœningen, tantôt au mont Sainte-Agnes, prés de Zwolle, où il avait fiût dans sa jeunesse la oonoaissanoe de Thomas de Kempen. Il passa les dernières années de sa rie dans le lecueiUement, eompoeant de nombreaz traités théologiques à Taide du ▼<duniineuz cahier de notes (il Tappcbit ironiquement son océan, mare mo^iitMi) qu'il s'était formé dans le comsde ses longues pérégrinations, entretenant une correspondance a0tife avec les humanistes et les .théologiens les plus distingués de son temps, et entouré d'un cercle sympathique d'amis etde disciples. Malgré la hardiesse de son enseigneruent, il no Hit pas in(iuiété par les inquisiteurs de Cologne, comme l'avait été son contemporain et ami Jean de Wesel, grâce à la protection dont le couvrit l évéque d'L'trecht, David de Bourgogne, frère de Charles le Téméraire. Son érudition et son halileté dtfis la dialectique lui valurent de la part de ses eontemporains les nmoms de Lia mwuk et de Magitter eontradietionum, H mourut à
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Grœtiinf^on le 4 octobre 1480. — Wessel a été celui des précurseurs dff la Uoloriiie dont rciiseignenient présente le plus d'analogie avec crlui des réfdrmati'urs. I n jour (Jup Thomas de Keiiipen l'enitageait à vouor un cuite particulier à Marie, il lui deiinmda pourquoi il ne le nieiuul pas directement à Jésus-Christ, qui appelle à lui tous les allligés ; et plus tard, quand Sixte IV Tinvita à lui demander une faveur, au lieu de solliciter quelque riche bénéfice ou un évéché, comme le pape s'y attendait, il demanda qu'on lui fit cadeau d'un manuscrit original de la Bible. Ces deux traits caractérisent la pensée religieuse de Wessel ; son but constant a été d aller directement à Jésus-Christ, tel qu'il le trouvait dans l'Ecriture. Jamais il ne s'imposa d'activité régulière ; il manquait à son esprit la tendance pratique, qui seule eût fait de lui un réformateur. 11 eut (lu moins la joie d'entrevoir pour l'Etilise la venue de temps meilleurs, et il put prédire à l'un de ses plus cheis disciples, Oesteodurp, que le jour n'était pas éloigné « où tous les vrais docteurs chrétiens rejetteraient les doctrines de Thomas d'Aquin, de Bonaventure et des autres scolastiques. » Un certain nombre de ses traités fiirent brûlés en manuscrit par les moines mendiants après sa mort ; d'autres furent sauvés de la destruction par ses amis et envoyés plus tard à Luther, qui les publia à plusieurs reprises, en 1521 et dans les années suivantes, sous le titre de Mélanges théologiques [Farrago Wesseli; plus t.iid F(u-rfi(/() rcrnm theolngirarinn uhi'rrima, dartiKs. viro JJ^esselo Groiiuiije/isi auc(ore). Dans la {>rt''face de l'une des dernières éditions, Luther appelle Wessel « un théolojxieii vraiment théodidacte et ne devant rien aux hommes, tel qu Esaïc a prédit que les chrétiens seraient un jour; » et il ajoute : « Si j'avais lu précédemment set traités, mes ennemis auraient pu croire que Luther a puisé chez Wessel toute sa doctriti« , tant nos esprits conconlent. » Une édition complète des œuvres de Wessel (.1/. Wesseli Gansfortii opp. quae inomnripotuerunt omnia, 'm-i") a paru à Grœningen en 1614; elle contient, outre les écrits publiés par Luther, cinq traités et un recueil de lettres. — Les points sur lesquels Wessel s'est le plus séparé de l'enseif^^nement de son Ejilise sfnit la doctrine du salut et l'autorité de la hiérarchie sacerdotale. Distinguant encore entre la rémission des péchés et la juslilication (|u il idenlilie avec la sanctification, il attribue l'une et l autre à l'action directe et gratuite de Dieu. «C'est par la foi que le juste vit, par la foi, disje, qui se manifeste parTamour. Celui qui croit être justifié par ses œuvres ignore encore ce que c'est qu'être juste ; il est coupable non seulement d'ignorance, car il ne sait pas ce qu'il doit à Dieu, mais encore de sacrilège, puisqu'il attribue la gloire de la justification, non pas à Dieu, mais à lui-même. Le vrai chrétien, au contraire, n'exalte pas ses propres œuvres et ne se glorifie pas; il no s'attribue aucun mérite, car il sait que par lui-même il n'est rien. Croire au Verbe, c'est s'attacher au Verbe (jui est Dieu, c'est dev(>nir un esprit avec le Dieu juste et saint, c'est-à-dire devenir soi-même saint et juste. Voilà conjmenl l'Evangile mène le croyant à la perfection, à l'accomplissement de la loi. » Ceux qui sont ainsi justifiés par la foi forment . entre eux la « communion des saints.» — Unis à Christ par les liens d'une même foi, d'une même