WILBERFORCE
Iraite par un écrit de Ramsay, ancion rhirnr{2;ien de marine. T/année suivante, l'université de Cambridge mit ce sujol au concours, « t le prix fut remporté par Thomas Ciarkson, dont !<> n(un allait être as>iocié à celui de NVilberforce dans la longue lutte émancipatrice. L'opiuiou commençait à s'émouvoir au sujet d'un crime social sur lequel il n'était plus possible de se taire. Ce fîit une lettre de sir Charles Middleton qui fut pour Wilberforee, vers la fia de 1786; l'appel providentiel qui lui montra la voie, ^entreprise était diffieile. Edmond Burke avait refusé de s'en charger tant ello lui paraissait ardue. Mais les difficultés ne servirent qu'à enflammer le zèle de VVilberforce. 11 étudia la question à fond pendant df longs jours, pendant des nuits entières, compulsant tous les documents et s'eutourant di' toutes les iiilnmiations. Enlin, le {2 mai I781>. il porta la question devant la (Chambre des coiiuiiunes. Son discour» dura trois heures et demie et produisit une iiunu>nse impression. Burke, un maître lui-même dans l'art de bien dire, en parle ainsi : « I41 Chambre, la nation, l'Europe ont contracté une grande dette envers cet honorable orateur qui a présenté le siyet de la manière la plus habile, la plus impresûve et la plus éloquente. Ses principes étaient si bien développés, il y avait tant d*ordre,tant de force dans ce discours, qu'il serait difticiie de lui trouver quelque chose d'égal dans les temps modernes, et quelque cliosn de supérieur dans ce qui nous reste de réloqueucf des Grecs. » La Gliaiiibre J/'créta une enquête. Mais il fallut bien des années encore avant que cette mesure aboutit à rabi»liti«>n <le la traite. — Nous n avous pas à raconter ici celle longue luUe contre la coalition de tous les intérêts qui se sentaient menacés. Villes maritimes, colons, marine marchande, commerce et industrie, tous les éléments de la force et de la richesse de la Grande-Bretagne s'unissaient pour repousser ce premier assaut donné à la vieille institution servile. L'esprit de routine aidant, bien des gens se persuadaient que les abus qu'ils ne niaient pas étaient l'inévitable condition de la prospérité de leur pays. Les e.\c<^s de la révolution française, les massacres de Saint-Domingue, les préoccupations de la i.:;uerre contre la FVanco contribuèrent à retarder jus(|iren 1807 le succès de la motion de VVilberforce. L'opinion publique eifrayée contre tout cé qui avait, môme de loin, un aspect révolutionnaire, ne voulait plus entendre parler des nègres. L'indomptable énergie de Wilberforce et des hommes de foi qui s'étaient associés à lui finit par avoir raison de ces résistances. Pendant dix-huit ans Une cessa d'agiter le pays, parlant dans des nuetin^js, provoquant l'intervention de la presse, harcelant les ministres et les cliefs de l'opposition, ralliant à sa cause les ecclésiastiijues et s'assurant le eoncours des femmes. Il publia divers ouvrages sur le sujet, entre autres une Lettre aux électeurs et aux habitants du Yorkshire au sujet de la traite (1 vol. de 300 p.). Chaque session il présenta .sa motion, sans se rebuter devant les retards calculés d une interminable enquête. Il était soutenu par le sentiment d'un grand devoir à accomplir, et aussi par l'approbation des gens de bien. Quatre jours avant de rendre le dernier soupir, Wesley envoyait à Wilberforce une lettre admirable pour l'engager à tenir bon contre « l'opposition des hommes et des démons » et