WILBERFORCE
à combattre « cp.ttc exécrable infaniin, qui estun scandale pour la religion, pour l'Anorlptprrp ot pour la nature humaiiio. » Enlln, en 1807, les chambres votèrent le hill qui abolissait la traite. Ce tut un triomphe pour Wilberforce. niais ce fui surtout pour lui un encouragement à poursuivre la lutte en faveur de toutes les causes justes et vraies. — Pendant loug temps la Compagnie des Indes s'opposa à l'envoi de missionnaires dans ce pays. Après avoir tenté une première. fois en vain, jen 1793, de bire cesser cet ostradsine, Wilberforce fut plus heureux en 1818 et parvint à obtenir du parlement la création d*un diocèse anglican dans THiiH doustan; la liberté d'y envoyer des missionnaires fut en même temps accordée aux diverses communions religieu«?ef?. Dans la première guerre contre la France, il appuya ordinairement l'administration de Pitt; mais, plus tard, il le combattit et tenta de ^^énéreux efforts en laveur de la paix, au ris(|ue de compromettre sa rét^b ction. Le comté d'York, dont il était le député, continua à l'envoyer siéper à la Chambre, malgré les compétitions redoutables d'adversaires qui dépensèrent une fois cinq millions de francs pour le renverser. En 1812, cependant, il résolut de se retirer de la vie publique, tant pour cause de santé qu'aftn de pouvoir s'occuper davantage de ses enfants. Sur les instances de ses amis, qui firent valoir auprès de lui les intérêts supérieurs que sa retraite laisserait en souffrance, il consentit à représenter à la Chambre le Itourg de Bramber, ce qui diminuait considéraltlement les ohlipations qui pesaient sur lui. Tout en douiianl son concnurs à toutes l«'s onivres généreuses qui le sollicitaient, Wilberfurce ne p*'rdait pas de vue la question de resciavage. Quand l'empereur Alexandre de Russie vint à Londres, il eut avec lui plusieurs entrevues sur ce sujet. Il obtint que les plénipotentiaires de la Grande-Bretagne, au congrès de Vienne, reçussent des instructions en vue d'un arrangement international relatifà l'abolition de la traite. — Les questions religieuses le préoccupaient toujours beaucoup. Dès 17U7, il avait composé un ouvrage intitulé Chriitinnisme pratique, dont nous avons en français une traduction médiocre, sous lo titre de Christinnisînr (1rs gens du uionde (2 vol. 18:21*. Cet ouvrage eut un immense succès en Angleterre, où uu grand nombre d'éditions en ont été faites, et il a été traduit en plusieurs laiiiiues. Il a ramené à la foi chrétienne un certain nombre d'hommes distingués. L'illustre Burke passa les derniers jours de sa vie à le lire. Legh Richmond lui dut ses premières impressions religieuses. Lorsque, après une carrière politique de quarante-quatre ans, Wilberforce se retira de la Chambre des communes, en 1835, il emporta dans sa retraite les regrets et le respect de tous, y compris ses adversaires politiques et relig^ieux. La tribune britannique, qui compt » parmi ses contemporains tant d'orateurs, n'en eut peut-être aucun dont la parole portAf coup comme la sienne. Houiilly le considérait comme tlie mosl efficinit (le plus persuasit) des orateurs de la Chauïbre, et Pitt a dit : « De tous les honunes que j'ai jamais entendus, Wilberforce est celui qui est doué de la plus grande éloquence naturelle. » On l'a peut-être bien caractérisé quand on Ta appelé un Lamartine chrétien. — De grands revers de fortune vinrent, vers la fin de sa vie, éprouver sa foi sans ébranler son Ame. H
WILBëRFORGE — WILFRID
Be sortait de sa retraite que pour plaider encore les eauses auxquelles il avait consaeré sa vie. La dernière fois qu'il parla en public, ce Ait le IS avril 1843, pour soutenir une pétition contre Teselavage, dans une assemblée tenue à Maidstone. « C'était une scène profondément émou- Tsnte, dit ua témoin oculaire, de voir le vieillard, qui avait été si longtemps le champion de cette cause, sortir desa retînute et sodtcnir encore Qoe fois avec la même énergie, bien qu'avec une voix faiblo et un corps diancelant, les droits de la vérité et de la justice. » Wilberforce eut la joie avant de mourir d'apprendre que le bill sur l'émancipation des e«clavps avait été adopté' en seconde lecture par la Chambre des communes. « Béni soit Dieu, s'écria-t-il sur son lit de mort, de ce qu'il me permet de voir le jour où l'Angleterre est ilisposée à donner vingt millions de livres sterling pour l'abolition de l'esclavage. » Il mourut le 29 juillet 1833. Le a août suivant, l'Angleterre ensevelissait William - Wflberforce, à cAté de Pîtt, de Fox et de Ganning, dans raM)aye de Westminster. Il n'avait pas été un homme d*Etat, au sens ordinaire de ce mot, et n'avait jamais exercé le pouvoir, mais il avait contribué plus que personne à effacer du drapeau de sa patrie la tache qu'y imprimait une grande iniquité sociale. — La vie de Wilberforce, en cinq volumes» a été publiée par ses fils, dont Tun, Samuel, a été évéque d'Oxford.
Matth. Lemêvre.
WILPRID (Saint), apôtre des Frisons et évéqne d'York, né (lans le Korthumberland vers 634, entra, à l'âge de quatorze aus, dans le couvent écossais de l'île de Lindisfarne ; puis, après un voyage entrepris à Rome pour y apprendre à connaître la vie monastique et un séjour prolongé à Lyon auprès de l'arcbevéque AHin, il reçut du roi Oswio l'abbaye de Kipon, et fut chargé en même temps de l'éducation du jeune phDce Aldfrid. Pour récompenser Wilfrid de son intervention heureuse an synode de Whitby en faveur des pratiques romaines, Oswio le nomma éfèque d'York (665) et le fit consacrer à Paris par Tarchevéque Agilbert. àyant perdu les bonnes grAces d'Eyfrid, successeur d'Osvrio, parce qu'il n'avait pas voulu empêcher son épouse Ethelrida de prendre le voile, il lot destitué et se disposa à aller à Rome pour en appeler au papt* (678). Une tempête le jeta sur les côtes de la Frise, qu'il parcourut, couver* tissant beaucoup d'indigènes au christianisme et baptisant leur roi AMpjjiU. Nous avons parlé ailleurs de l'introduction de l'Evangile en Frise (voy. cet article). Bien qu'à Home on lui donnât raison, Wilfrid, à son n tour en Angleterre, se vit emprisonné, puis exilé et trouva un asile parmi les païens du comt»'* de Sussex, qu'il évangélisa à leur tour ; il réussit aussi à implanter la foi chrHti^;nn<^ dans l'île de Wight (686). Eyfrid ayant perdu la vie dans une bataille contre les Pietés, et éon plus jeune trère Aldfrid lui ayant succédé, Wilfrid fut rétabli dans son évècbé; mats il eneourat de nouvelles disgr&ces et entreprit un troisième voyage à Rome, h l'âge de soixante-dix ans (704). Il mourut cinq ms après dans le monastère d'Undal. Son biographe, Heddy, nous le décrit « comme un homme versé dans les saintes Ecritures, urateur éloquent, savant consommé, d'une bonté et d'une générosité sans limites » (site m/hdi). — Voyes Bède, Hiit. eeeL, III, Y ; Roger de Wendo-
» WILFRID — WILLM
ver, ChronUa sive Flores hUioriarwn, I ; Lingard, HUtfiry o/£nglani,
WILLEHAD (Saint). Wilhead. (iuiliard. premier évè(|uo de BnMno, né vers 730 dans le Northuiiihcrlaiid, élève (i'Alcuin, prêcha <i'ahord dans la Frise et dans le pays d Over- Yssel, où il coiiverlit un i^'rand nombre de païens. La révolte des Saxons, sous W'illikiud, l oldij^^ea de se retirer à Rome, d'où il revint, en 782^ pour aller s'établir dans l'abhayt' d'Epternach, au diocèse de Tïèvea. Nommé évéque de Brème en 787, il y bâtît une église cathédrale sous l'invocation de saint Pierre. — Voyei Anskarius, Vila S. Willehadù episcopi Sremensii ; Phil. Gosar, Triapoifùlatus ieptentrionis sive viia et gesta S, S. WUlehadû Ansgaru etRimberti, col., 1642; Mabillon, AA, SS., III, 2, p. 404 sa.; Perts, Monum.. II. :ns >s. ; Reitberg, Kirchenqesch. Deutschl., H, 450 ss.
WILLIBALD (Saint), premier évéque d'Eichstœdt, en FraDconie, né en Angleterre vers l'an 709. mort en 78r», était parent de Boniiace, archevêque de Mayence, el frère de Wnneiiald el de Walpur^re, l'un al»hé et l'autre ahliesse de Heidi nlieim. Poussé par le désir de visiter tous lieux célèbres par les pèlerina}j:es des clirétiens, il partit pour Rome et, après de lon^nies courses, se fi.\a au Mont-Ca>;siu, où il passa dix ans sous la conduite de Petronax, abbé de ce monastère. Grégoire 111 l'envoya aider Boniiace, (jui l'ordonna prêtre en 740 et lui conlia le soin d'instruire les habitants du pays d'Ëichstjedt. I^'s conversions fureotai nombreuses que Ton se hâta d'y ériger un évéché (741). On D*a guèie de détails sur Tactivité épiscopale de Wilbbald. C'est à tort qu'on lui a attribué la biographie de Boniface, qui est l'œuvre d'un simple prêtre da diocèse de Mayence. — Yoyex Vita WiUibakU^ rédigée par une Donne du couvent do Heidenbeiin, qui se dit sa parente ; elle se trouve chex Canisins, Lrrt'wn. antiq.AW, 1, p. lOo ; .4.1. SS.BolL Juli, II, p. 301; Mabillon, A \. SS. Ben., III, 2, p. 367 ; danaGretser, De dtvis lutelaribus, Inpr<dst., 1G17, nous trouvons une biographie rédigée par l'abbé Adalbert de ileidenlieim au douzième siècle, et une autre due à la plume de l'évétjue Philippe li KicUstâsdt (13Uti-13ii) ; KoUb^T^^Airchengesch. Deuisv/iL, 11. :m ss.
WILLIBROD (Saint). Voyez Fnsr.
WILLIRAM, pieux et savant abbé bénédictin, né en Franconie. mort à Ëbcrsberg, eu Bavière, l'an 1085, l'ut d'abord chanoine à Bamberg; puis il prit l'habit religieux et se retira dans uacouvent, à Fulda. L'aispereur Henri III lui donna, en 1048, l'abbaye d'Ebersberg, où il pas» le reste de ses jours. On a de lui une double Paraphrase éu CwÔÈifie des cantiques, l'une en vers bexamètres et l'autre en prose, dans la langue des anciens Francs. La paraphrase latine a été publiée pour la pn'.mière fois par Menead Molther, d'Augsbourg, sous ee titre : Jl'i/rflwi abbatis in ( nntica Sainmonismystica explmotio» Uaguenau, i5i8. Paul Merula publia à son tour les deux textes, avec des notes et une traiiiH'tion hollandaise : li illerami paraphrasis qem'ma in Canticum ranitcorwwi, etc., I.eyde. 1598; diverses éditions allemandes en ont été publiées depuis, à Worms, 46.11 ; à Ulm, 17iG ; à Breslau, 18i7. • WILLM (Joseph), pédagogue et philosophe distingué, né à Hedigeu*
WILLM — Wi:dPH£LU\G 47$
stem (Bas-Rhiii), en 1792> mort à Strasbourg en 1853, était fils d'un vigneron et débuta dans la vie publique, en qi^ité d'aide-instituteur, à Téoole de Westhofen. Initié taràivement à ht connaissance des langues classiques, WiUm ne tarda pas à franchir rapidement les classes de renseignement secondaûre au gymnase de Strasbourg et, tout en donnant des leçons dans une école primaire pour subvenir à ses bp>oins, il suivit les cours du séminaire et de la faculté de théologie. 11 profita d'un séjour à Lyon et à Paris pour se perfeciionner dans la ron naissance du français et se livrer avec zMo îi l'étude do l'histoirp, rie la philosophie et de la littérature ; il collaboD, pendant son séjour à la capitale, au Muxùe des protestants célèbres^ publié par M, Doin, et contribua à la création de la Société biblique et à celle de la morale chrétienne. En 1821, Willm fut nommé professeur de rhétorique au gymnase de Strasbour;:. chaire qu il échangea en 1826 contre celle de philosophie au sémiuaire ; il y joignit, depuis 1836, les fonctions d'inspecteur d'académie. De 1829 à 1837, il dirigea la Bévue germanique, recueil destiné à faire connaître à la France les productions les plus importantes de la littérature allemande. Penuadé qu'une bonne instruction élémentaire est la condition de la prospérité nationale, et animé d'un aèle ardent pour la réforme des écoles du peuple, Willm fit paraître une série de livres élémentaires (grammaires, choix de lectures, etc.) dont le mérite fut bientôt généralement reconnu. Son livre De r Education du peu/j/e (1843) vint couronner dignement ces publications et valut à l'auteur une foule de distinctions. DarH ses publications phil()so|)hiques, Willm dél»uta. eu 1835, par la tradut'tion du Jugement dr- ScheUin<] sur ('(tusia, précédée d'un Fxsai intcressant sur lu nntintinlitL' des p/ii/osop/ics. En 18i4, il publia son mémoire, couronné par l'Ac^ulémie des sciences morales et politiques, sur ï Histoire de la philosophie allema?ide depuis Kant, qui avait le mérite de présenter pour la première fois au public français, dans leur succession logique, les systèmes de la philosophie allemande moderne dont il n'avait eu jusqu'alora que des aperçus fragmentairos etinsoflOsants. WUlm lui-même se rattachaità l'école éclectique. De 1844 à 1830, il fut l'un des côlbiborateun les plus assidus du Dictionnaire iendenees philosophiques publié par M. Hachette. Simple, bon, loyal, généreux, Willm cachait, sous des formes parfois un peu rudes, une haute délicatesse de sentiments ; il avait réussi à se concilier Testime sym[)athique de tons ceux qui l'approchaient. — Voyez Bruch, DU' cours nécrologique, Strasb., 1853.
WnCPHELING (Jacques), humaniste distingué, né à Schelestadt, en Alsace, l'an 1450, mort en 15:28. Formé à l'excellente école de sa ville natale et à l'université de Fribourg, il termina ses études à Erfurt et à Heidelberg, où il aborda le droit canon, mais sans y prendre goût. Après avoir pris ses grades en théologie, Wimpheliog fut^ordonné prêtre et exerça les fonctions de vicaire au dôme de Spire. Les expériences qu'il avait faites à Heidelberg parmi les étudiants, à Spire parmi les membres du clergé, n'étaient rien moins qu'encourageantes ; il publia contre eux quelques écrits satiriques, dont Tun est aussidirigé contra invo- Mrei tacerdotum^ c'est^-dire contre les nobles qui, profitant de la faiblesse-
476 WlMPllELING — WIMPINA
du gouvernement de Femperour Frédéric III, pillaient et maltraitaient les ecelésiastîques. La Defensio immunitath et Ixbertatis ecclexiasticx staiusfjue sacerdntalis acheva de le rendre célèbre. Wimphclingteavailla
sans rr^lAcho à la réfoniie des mœurs et des études etpiildia. en 1407, son Jdoneus f/rrmanicus, l'un des premiers ouvrages pédai:otrique5 dont s'honore l'Alleiua'^nt'. En 1498, après maints pourparlers, il tut rappelé à lleideibcrg, nù il expliqua à se^ auditeurs les épilres de Jérôme et les hymnes de Prudence, n'admettant guère que Cicéron dont les écrits pussent être présentés aux étudiants, sans danger pour leur âme. Après Téchee d*un plan de retraite dans une solitude de la Forèt^Noire, que Wimpheling avait médité de concert avec ses amis Christophe d*Utenheim et Geiler de Kaysersberg, il se fixa pour quelque temps à Strasbourg (ISOO), où il coutribua à l'achèvement de la publication des œuvres de Gerson, et où il composa un traité intitulé Gmnaw'n, dans le but de démontrer que la rive puieln^ <lu Rhin n'avait jamais appartenu à la Gaule, et que Jules César s'était troini)é en étcruliiut ses frontières jusqu'au Hhin, — Un peu plus tard, à l'occasion d'un traité. De intcgri' /a/e,.(ju'il avait publié à l'adresse de Jacques Sturm, pour lui recommander la double pureté de la doctrine et de la vie, Wimpheling se nt impliqué dans une querelle avec les moines augustins, qui le firent citera Rome parce qu*jl avait établi que saint Augustin n'avait jamais été moine. Nous ne pouvons suivre notre auteur dans son activité litté- Taire si multiple et qui ne se ralentit pas, bien que Tamertume dont l'abreuvèrent ses adversaires ait singulièrement assombri la fin de sa vie er-ante et agitée. Riegger, dans les Amœnitates literaviic Frihurffensrs, \'\iu, 1775, p. IGl ss.. compte quatre-vingt-neuf ouvrages de Wimptieling. paruii los quels ihmis citerons encore : 1" /{i/tnni de t> inpore el de sanrds, iStrasb., 1H13 ; 2'' Rabani Mauri sanctie Crucisopus^ 1503 ; 3' Apoloyia pro re^^bliea christiana, 1506; 4<* OraHo de spirttu sonctOf 1507 ; 5* Caiulogus episcoporum Argentinentium, 1505; 6* Liàer de vita et moHbtts episcoporum^ aliorumque pratlatorwn et pHneiptm, 1512. — La notice la plus couiplète sur Wimpheling se trouve dans VEittoire tittéraire d'Alsace de Ch. Scbmidt, Paris, 1879, I, 1 s>.
WIMPINA (Conrad), dont le nom de famille était Koch {f ocus), qu'il échangea contre celui de Wimpina, de Wimpfeu, le lieu natal de son père, qui était corrnyeur. Né en I iOO, à Bueliheiui {ex [agis, «les hêtres), près de Wimpfen, en Frauconie, il Ht de Ihuines études à Leipzig, où il professa lui-même la rhétorique, la philosophie et la théologie. En 1506, il fut appelé par l'électeur George de Brandebourg à Tuniversité, nouvellement créée, de FVancfort-sur^rOder; il y joignit le rectorat et un cauonieat aux cathédrales de Brandebourg et de Hawelberg. Dès que Lntbcr eut publié ses quatre-vingt-quinze thèses, Wimpina les attaqua; il fil paraître aussi deux traités en faveur deTetzel. En 1530, nous le trouvons à la diète d'Augsliourg, où il rédige, de concert avec Eck, Faber et d'autres, la coufutatiiui de la confession présentée par les princes protestants. 11 mourut. Tamiée suivante, au couvent d'Ainor- Lach. Parmi les ouvrages de Wnnpiua, nous citerons encore : 1° Far"
\ViMPL\A — WISEAUiNiN
rago M'iscellaneorum, Col., 1531; 2« Commentarii super sententitu lib. IV\ Prancf.t 1578; 3° Errologium, i. e. trnctatus de erroribus philosophorvm in fide çArutianat i4U3 ; 4<* ûe nobiiitate cœlestii cor-
poris. 149U, etc.
WINDESHEiM Congrégation de). Yuypz Frères de la vie commune.
WINER (George-Benoît), célébré tiiéologien, né à Leipzig en 1789, mort en 1858, se distingua de bonne heure par ses aptitudes philolo* giques et professa a?ec un grand succès, pendant quarante ans» tant à Faiiiversité d*Br]angen qu'à celle de sa ville natale. Parmi ses ouvrages» nous citerons : 1' Exposition comparée de ladoctrine des divers partù eecUsiastiques, 1824; 3* édit., 1827 ; 2** une édition de la. Confession étAugsbourg. avec des notes, 1825 ; 3* Manuel de la littérature théolo* gique, {H2i ; 3" édit., 1838-40, 2 vol.. nvoo dp?; noticpfî intérpssniitps Pur les auteurs; -4" Commanfnirc sur r h' pitre auxdnlatea, 1821 ; 2^" édit., 1829; 0° Dictiotmaire biblique {BihL /ieolwœrterbuc/i), son ouvrage le plus répandu, qui dénote une science, un travail, une variété de recherches incomparables et renferme un véritable trésor de notices liistoriques, géographiques, arehéologiques, etc. ; la 1** édition parut en 1820 en 1 vol. ; la S* en 1833-38 en 2 vol. ; la 3*, très augmentée^ en 1847; 6^ fframmaire du ehaldassme biblique et targumigue, 1824; 2« élit., 1842; Dictionnaire de la langue hébraïque et chaldaique, 1824. Mais l'œuvre principale de Winer est sa Grammaire de ridiome du Nouveau Testament^ comme base certaine de rexégese, 1822 ; G" édit., 1855, traduit en anglais ci eu suédois, qui (i.\a d'une maniéro définitive les régies devant servira l'iuterprétaliou grammaticale des écrits du Kouveau Testauient. Les qualités de Winer, coujme professeur et comme écrivain, sont la précision, la clarté et l'harmonie dans la manière de grouper les matériaux, l'impartialité et la sobriété du jugement, le respect de la Bible, qui ne nuit en rien à la solidité des recherches scientifiques.
WISEMANN (Nicolas-Patrick-Etienne), cardinal anglais, né à Séville, en 1802, mort à Londres, en 1865. Fils d'un commerçant irlandais, originaire du comté de Waterford, il fut envoyé en 1818 à Rome, au collège (jui venait d'être fondé pour ses coreligionnaires, et reçut, en 1821, la prêtrise, en môme temps que le docforaten théologie. Telle était déjà l'étendue de son savoir, qu'en 1827 on lui conlia à la fois la chaire de littérature orientale à l'université romaine et le vice-rectorat du collège où il venait de faire ses études. En Angleterre, sa parole, son' savoirfaire, Thabileté qu'il déploya dans les négociations épiaeuses avec le saint siège, lui' acquirent promptement une grande autorité. En 1840» le pape ayant porté de quatre à huit l*; nombre des évéques anglais, donna pour coadjuteur à M. Walsli, < liargé du district central, Wisemann, avpc le titre d'évéque de M»'llip<daruas. Plus tard, il fut nommé direct" Il r du cnlièix»' de Sainte-Marie d'Oscott, et devint successivement pro-vicaire apostolique de Londres, vicaire apostolique titulaire, puis archevêque de Westminster, et cardinal. — Parmi les ouvrages de Wisemaon, nous citerons : 1° Horx syriaes, seu Commetitationei et oneedota res vel Utteros tyrUsca» speetantia, Rome, 1828 ; 2* Lsctvfu
WISEMAA.N — WISSEMBOUHG
on the principal doctrines nnd prncticpx nf ihe ceUhoUe churrh, Londres, \H'M, û vol.; 3° /iecii/fertions nf thr last four popeft and nf Rome in their timis. Londros, 1858. (•■irdiiial Wisenirniii a aussi rompo*;/' un roman liistoriqufi, qui a pour ^^ujpI la vie clin'ticnuc dans i'Eprliso [triraitivfi, sous ro tilre : Fabinln or the church of the catarombs, 185 'i ; il a été traduit en plusieurs langues. — Nul n a suivi avec une attention plus passionnée le mouvement do puséysme en Angleterre que le cerdinal Wisemann. persuadé qu'il ne pourrait réussir à s'arrêter au seuil du eatholirisme , vu que les eonciles et les Pbres étaient au moins aussi diflieiies à expliquer que la Bible, et que dès lors un interprète infiiillililn vivant devenait absolument indispensable. WISIJCENUS. Voyez Amis des iumière^.
WISOWATZI (.\ndn''), JVis!;oiratius\ célèbre unitaire, né en 1608 h Philippovio, vn Lithuanie, mort en Hollando, m 16(>8, était petit-fils par «a lui're. de Fauste Socin. 11 publia la nihimi h^i^ur de<t fr'rres polonais^ l'U \) vol. in-fol., vaste recueil qui contient les principaux écrits des antitrinitaires (voy. cet article). On a encore de lui Religio mlionalis, ieu de raiionà judieio in eontrooersiit etùtm thtologkis ae reHffhsi» adkibendo rntetttiu»^ 1685. Fuyant la persécution qui frappait les sooiniens de la Pologne, Wissowatzî alla se réfugier en Hollande où il passa los d(^rni* ros années de sa vie.
WISSEMBOURG, en .Alsace, ancienne ville lil.rp. doit son origine à une abbaye de bénédictins dont on attribue la iondation h llajrobnrf !• . Celte abbaye, qui date ccriainoment du septième siècle, lut illustrée jiar son école, à la(juelle appartint Otfrid de Wissenibourg, l'auteur du Krist, paraphrase rimée des évangiles, en langue tudesque (voyez l'art. Otfrid). A côté de l'abbaye s'élevèrent plus tard d'autres établiseements religieux : en 1279 un couvent d'augustins ; en 1288, un autre de dominicains et, en 1372, un couvent de réeollets : depuis 1250, il y eut aussi une commanderie de Tordre teutonique. Les deux églises pandssiales de Saint-Jean et de Saint-iMichel étaient sous le patronage des abbés. Malirré toutes ces institutions crclésiastiqncs, Wissembourir e^t une lies j)rt;nii)'ros villes «IWIsace qui ait euibrassé la rétbrmation. et elltî «it'S lors, restée lidèle à rEvan<:ile, niéiue dans les jours les jihis mauvais. Henri Molhcrer, curé de Saint-Jean, et Jean .Merckel, son chapelain, se déclarèrent pour la réforme dès 1521 ; Tannée suivante, Motherer se maria. Gomme il fallait un homme capable de tenir téte aux moines, il appela comme prédicateur Martin Bncer, qui s'engagea pour six mois. Le vicaire de l'évéque de Spire s'opposa^ l'installation de Bucer et exigea qu'il se rendît d'abord à Spire pour y rendre compte de sa foi ; Bucer s'y refusa et fut excommunié. Attaqué et calomnié par les moines, Ibiccr lut en chaire six thèses, et aflicha ;i la porto .b- r/'pli>c les points osstjutids de sa prédication, qu i! s'otl'rit de «b'-fiMidre p.ir l'Ecriture, dans une disputation publique. Mais aucun adversaire ne se présenta, et le prieur des dominiciiius lui déclara francheuient que, s'il ne voulait admettre que des raisons tirées de l'Evangile, il lui serait im* possible de combattre ses thèses. Bucer prêchait tous les jours, et deux fois aux jours de féte ; pendant l'avent, il expliqua la première épitre de
WiSSEMBOUHG — WIÏZIUS
Vigm ; pendant le carême, Févangile selon saint Matthieu ; c'est dans, la moyenne classe de la bourgeoisie que sa prédication eut le plus de succès. Au mois d'avril 1523, rélecteur de Trêves vint assiéger Wis-
sembourg qui avait favorisé Fr. dp Sikingen : Motherer, Merckol et- Bucer se retirèrent à Strasbour^r. pour éviter à hi villo les calam\\h d'un siège ; mais la n'-foriiit' avait pris des racines trop pioii'iidt^ïi pour pouvoir <Hiv étoullV'e. Bucer resta, sans doute, à. Strasbourg, mais Motherer et Merckei revinrent vers la fin de la même année et furent secondés dans leur œuvre par le prédicateur Nicolas Manrius de Wornu. Une tradition populaire veut qu'en 1524,. Mélanchthon, se rendant à Bretton pour yoirsa mère, ait harangué le peuple de Wissembourg sur la place du Marché ; mais cette tradition ne repose sur aucun fondement historique. La révolte des paysans (1525) amena de nouvelles complications ; Wissembourg, accusé de leur avoir prêté secours, fut assiégé et pris. Merckei fut décapité ; Mo- Iherers'était de nouveau réfugié à Strasbourg. L;i prédication de l'Evangile l'ut interrompue jusciu en ITi.'U, où George Kress ou Kess, curé de Saint-Michel, la reprit eu cessant de célébrer la messe ; son e.xeniple filt suivi l'année suivante par Mathis Kleindienst, curé de Saiut-Jean. En 1537, Wissembourg entra dans la ligue de Smaloalde; en 1548, rintérim vint de nouveau enrayer la réforme; Kress fut déposé; mais les bourgeois restèrent pre^(]ue tous fidèles à 1 évangile ; une iringtaine à peine consentirent à aller à la messe. La paix d'Augsbourg (1555) rétablit la liberté du culte; mais ce n'est qu'en l.^fU), où ces difl'érends avec le chapitre furent réglés, que l'église put se développer de nouveau. C'est Israël Achatius, devenu curé de Saint-Jean, cette même année, qui introduisit dans l'Eglise et dans le culte un luthéranisme plus franc et plus strict. Depuis ce temps-là, la série des pasteurs de Wissembourg ne fut plus interrompue ; l'union avec StradMurg fortifia cette Eglise et ne contribua pas peu à sa prospérité. — Ouvrages i consulter : Bernard Henog, Fdeisasser Chromk, Strasb., 1593 ; Martin Butser, An etn tknsUichen Hath und getnein der Statt Wiitsenfmrfj, Summai-y setnerpredig dasclbst gethon, mit anhangender l/nach seines Abtcheydens, Strasb., 1523; Vfrantwm'tung Martin Butzers n/f d as Jus seine wid>rwertigen zumt'sscn, Strasb., I.l^.'l : T. W. Uoehrich, (fi-schiclth- dor Rrf'nrmation itn A7.sy/>-s, '.] vol., Strasb., 1 830 ; le mùiuo. Mùtheilunyen aus der Gesr/nr/itc dcr ev. Kircfir des h'isassrs, Strasb., lH.j5; A. Jung, /ieitrœge suder (jtschichte der Ile formation, Slvdsh.f 1830; J. F. Jung, Histoire de ta lUformaiion à . Wissembourg, Strasb., 1841. Ch.. Gendbk.
W1880WATIDS. Yoyex Aniitrimtaires.
W1TTKHUER6. Yoyei Universités allemandes,
WITZro8,Witsou'Witsin (Ilermann), di.-t.i[>le de Coccéjus, né îi Enckhuysen en 163<). mortàLeyde,enl706, tit de fortes étudesen philosophie,
en théologie et dans les langues orientales. Il fut pasteuraux environs de sa ville natale, prêcha en français non sans succès, professa la théologie à Franeker et à Utrecht, remplaça Spanheim à Leyde, et fut mis en i69î) à la téte du collège théologique. Nous citerons parmi ses ouvrages ; 1° Judmus christianizans circa principia fidei el S. Trinita-
WITZIOS — VVIZENMANN
tem, sive dissertatio de principiis fidei Judœnrum^ Utr., 1661 ; ^ De Œconomia fœderum Dei cum hominibus liô. IV, Leuw., 1677; 5' éd.. 1710; 3° De VII F!pistolarum apocalypt'icarum sensu historko et prch pheticn, Fraii.,1678; k° Exei'citationes sacne m Symboltim qnod ApostQlorum (iicilur, 1681 ; 5" Miscellanea sacra, Amst., 1692-1700, 2 vol. in-4°; Leyde, 1695; 6^* yEgijfftiaca et JJec(i/}/ii//f)n, sive de ^Itgi/ptiorum sacrorum cum Hebraicis collatione libri III^ Aiiisl., 1083. Les Œuvres complètes de Witzius ont été publiées à Herborn, 17ii-17i7, 6 vol. in-4S et ses Œuvres choisies, à Bàle, 1739» 2 vol,
WIZENMAIIH (Thomas), apolcj^^iste chrétien du dix-huitième siècle. Né à Ludwigsbourgen 1759,dans une &mille depauvres tisserands, il futplaeft par des protecteurs bienveillants en qualité de famulus au séminaire de Tubingue. Cette vénérable institution créée par le duc Ulrich de Wurtemberg, dans le but de faciliter les études tbéologiques aux jeunes gens privés de fortune qui se sentiraient la vocation et les aptitudes pour la carrière pastorale, avait, ù cette époque, outre les boursiers, des famuli ou surveillants. Les règlements K-ur imposaient une rude tâche. Indcpendainnient d'un contrôle tri's minutieux qu'ils devaient exercer . sur les étudiants, ils élait-nt astreints à leur rendre certains strvices matériels, comme de brosser leurs habits ( t de cirer leurs chaussures. En retour ils étaient logés et nourris, et pouvaient suivre graluiteiuent les cours préparatoires : une modeste place d'instituteur les atteodait généralement comme récompense, après un stage plus ou moins long. L'&me sensible et délicate du jeune Wisenmann fut vivement froissée du dur régime auquel on le condamnait^ et après deux ans de luttes et de prières, il prit, avec Tassentiment de son père, la résolutioa de quitter le séminaire. Sa sortie, motivée par les raisons les plus planflibles, fut vue de mauvais œil par les administrateurs et apporta de sérieuses entraves à la carrière future de l'infortuné famulus. Il se logea en ville à ses frais et continua ,\ suivre les cours publics de philosophie et de tliéologie, avec le secret espuir de réaliser le vœu de sa mère muuraute et entrer dans le saint ministère. Wizenmann s'était lié d'uue étroite amitié avec un noble jeune homme, Hausleutner. précepteur dans une famille considérable et plus tard professeur de littérature ancienne à l'Académie de Stuttgard. Une correspondance active et intéressante s'engagea entre les deu.\ amis qu'unissait un amour ardent de la vérité, malgré des dissentiments assez profonds sur les questions religieuses. Ils abordèrent et creusèrent ensemble les problèmes les plus redoutables» comme l'immatérialité de T&me et le péché originel. L'âme naïve et passionnée de Wisenmann se révèle dans ces lettres oùi les protestations les plus vives de Tamitié s'unissent à des aspirations religieuses ardentes, dans le langage un peu cmphathique de Tépoque. Ce n'est pas que Wisenmann fût possédé de la maladie régnante du sentimentalisme : son esprit était trop clair, trop net, sa volonté était trop énergi(jne pour y tomber. Bien qu'il ait senti le besoin d'épancher son àmc dans d^s odes religieuses imitées de celles de Klopst»>ck, la philosophie, d'après son propre aveu, refoula la poé>ie. Il sentait eu lui une force productive puissante : des pensées sourdeut eu fouie daas
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son esprit: p11»s montent à flots pressés et débordent; elles liii donnent une sorte de vertige ; il éprouve le besoin d'écrire, mais ne sait quel sujet aborder ; il décliire les paj^es eommencées. faute de trouver la formé convenable : toujours l'expression, ou trop faible on trop forte, tnbitsa pensée. — Ce n'est que dans la religion qu'il trouve un apaiiement et une direetion ferme. Il sent que le christianisme seul peut donner la forée à sa vie, et, tout en nourissant Taspiration vers l'éternité, comme le plus beau privilège de rhomme, il s applique humblement chaque jour à sacrifier sa volonté à Jésus-Christ et à pratiquer Tesprit de soumission filiale. La Bible devient l'objet de son étude de prédilection. Il suit les réunions piétistes, mais son esprit, trop libre, s'y trouve bientôt à letroit. Il ne peut souffrir l'abus que Ton fait du patois de Canaan. Les écrits des théologiens wurtembergois l'attirent davantage. Il voue la plus profonde vénération à Benzol, « dont le nom est plus irrand dans lo riol que sur la terre, » et à OEtinger, « dont les idées les plus paradoxales lui ont été plus utiles que dix ujanuels do logique.» Son esprit s'aiguise aux idées du théosophe sans en partager aucune ; il lui doit, dit-il, toute sa philosophie et toute sa théologie, parce qu'il J'a conduit jusqu'aux limites où il a appris à penser par lui-môme. — Wiz'enmann fut obligé de quitter Tubingue avant d'avoir terminé ses études et subi ses examens. Placé en qualité de précepteur cbes le pasteur Uahn dont nous avons parlé plus haut, il admira la noble simplicité, la grandeur modeste et la piété patriarcale de ce théologien, qui unissait à un littéralisme souvent mesquin les vues les plus libres et les plus hétérodoxes. Nommé, grâce à sa recommandation, vicaire à Essîn-' gen, Wiienmann se livra à un travail accablant pour sa santé délicate, et commença à se faire connaître par d'excellents articles publiés dans des revues théologiques. Nous citerons surtout ses Pensées vt/r la révélation humaine de la Divinité (dans l^fenninger, Chrisi lirhrs Mafjnzin, III. II. 2). La révélation, d'après Wizenmann, est pour les houunes un besoin, pour Dieu une preuve de sagesse. Dieu dut parler et agir à la façon des hommes, alin de leur donner des idées et des motifs qu'ils fussent capables de saisir. Cependant, accablé sous le poids du travail, en butte à d'incessantes vexations de la part des autorités ecclésias» tiqaes, n'ayant point les moyens pour se mettre en règle vis-à-vis d'elles, Wixenmann quitta le saint ministère et accepta les fonctions de précepteur dans la fkroille Siebel à Barmen. Il y fit la connaissance du philosophe Jacobi qui prit en vive affection ce jeune homme à la pensée ardente et originale et aux sentiments élevés et délicats; il lui fit
HadierrA'M<7'iff de Spinoza et la Cr<//Y^'^' '^^ ^ raison pure de Kant, lui communiqua sa correspondance avec Hamann et Uerder, et l'attira
dans sa campagne de Pempelfort où il put soigner sa santé gravement compromise- Mais la mort l'avait déjà désigné: elle l'enleva en 1782, à l'Aire de vingt-huit ans. — C'est dans la dernière période de sa vie que placent les ouvrages les plus remanjuables de Wizenmann : un traité sur /<? Dévelojtjieincnt divin de Satan i>ar le f/cnre /lui/iain (1782), dans leipiel, s'appuyjint sur l'idée du rétablissement final, il veut montrer <jue,de même que les païens pour avoir précédé les juifs dans le royaume
VVIZËNiVlANN — VVCKLLNËli
de Dieu, selon la pensée de saint Paul, n'empêcheront pas ces demien d'y entrer, mais deviendront, dans le plan de Dieu, les instrumenti de leur salut, de même Satan et ses anges, après avoir précipité le g«ure humain dans leur chute, seront relovi^s et convertis par lui. La vue du douleurs et des éprouves de l'humanité leur causera frindicil)lps remords et brisera leur résistance, do sorte que, finalement, ils accoptrront, eux aussi, cet Evaiijrilo par ItMjiiol cmix ffu'ils avaient d'aiionl perdus ont été saiiVf''S. Dans une IJisfoirc fie Jésus ddprf's saint Matl/iien [flic ('i>schiclite Ji sH nac/i di'in Mal thu'us, cils Sf'lhstbcu'eis ihrer ZurerLi Ssigkett hctrachUU; ntbst einem Vorùereilungsaufsatze ûber das V'erhu'ltniss der israelUUehen Gttekiehle sur chrUt lichen ^ f789; 9^ édit. stcg une importante préface d*Auberlen, Basai, 1854), publiée après sa mort, Wizenmann bit preuve d*un tact exégétique et historique remarquable, uni au sentiment religieux le plus profond. D mODtre ' le plan que s'était proposé l'auteur du premier Evangile et en rsmène toutes les parties à l'idée du développement du royaume de Dieu; il relève en particulif^r ce «pie l'on peut appeler les éléments jolianniques contenus dans saint Mattliieu. c'est à dire les «j^ernies d'une idée du Christ et d'une doctrine du salut plus avancées que la critiipic modernp n'est généralement disposée à voir dans l'enseignement des Syno[>tiques. — Nous devons citer encore de notre auteur un Examen critique. des résultait de la philosophie de Jacobi et de Jfendelssokn (1786), et une Lettre à Kant (1787). Dans son Examen critique , ramenant à leurs principes fondamentaux deux systèmes de pliilosophie absolument opposés, il s'applique à dévoiler la vanité et rioipnissance du sens comnmn invoqué par Meu<l('lss()hn, comme principe de toute plnlo?o|»liio. Il so propose de ruiner le déisme par l'athéisme et l'athéisme par h* di'ismf. en taisant voir que l'on ne ptuit (léiiiontrcr ni rexi?trncc ni la non-existence de Dieu et de ses rapport,^ avec le monde ; il cliprche ensuite à déterminer exactement l'idée de. lu raison, qui ne peut pas connaître la nature intime des faits mais seulement leurs rap[)oris, et à en déduire la nécessité rationnelle d'une révélation, en tant qu'elle s*appuie sur des témoignages historiques dignes de foi. Dans sa Lettre i Kanty qui avait cru devoir prendre le parti de Mendelssohn,Wi2entnaon se défend contre le reproche de subjectivisme mystique et le retourne contre l'auteur de la ^ rlfiqm' do la raison pure. — Voyez von der Golti, Tli(ima'< ]]"iz*'iiiiiniiu , {\^)\\\;\, IS.")!). :2 vol. F. Li(.HTF.\iu".in'.Kn.
WŒLLNER Chrislupiio 17;ii>-ISI)0 , céh'lire théoh.iiien. né à ScIkiiidau, dans la Suisse saxonne, d'ahord pasteur, puis préce[)tenr dans une famille noble. Aimable, habile, insinuant, doué de beaux talents, il épousa la soeur de son élève et ne s^occupait de théologie qu'en amateur. Esprit éclairé et tolérant, il collaborait à la Bibliothèque allemande universelle, pour laquelle il rédigeait des articles sur Téconomie domesli([ue et l'art du jardinage. Il aidait son beau-frère d;uis l'administration de ses biens, et entra en 1776 dan<* le nouvel ordre des templiers, créé à Wiesbaden dans le but d'initier ses adeptes aux secrets les plus cachés de la science de la nature. Il commen(;a alors à préilirc la ûn du siècle des lumières dans un article sur le perfcctionuemenl de la
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culture des saules et*Bur les règles de beauté des œillets. Ennobli en i78i, W<eUner donna au prinro royal des leçons d'économie politique, et lorsque son élève fut monté sur le trône, il fut successivement nommé conseiller dés finances, intendant des bâtiments royaux, ministre des cuites.— Dès son avènement, Frédéric-Guillanme II annonça son dessein d'opposer une digue aux progrès de la n«Silogie. « Je liais toute tyrannie des Consciences, disait-il, mais je ne souflrirai jamais que l'on mine la reliiiion de Jésus dans mes Ktats, que l'on rende la Bible méprisable au peuple et que l'on arbore publiquement la bannière de l'incrédulité, da déisme et du naturalisme. » Le 3 Juillet 17H8, Wœlluer succéda à Zedlits au ministère des cultes, et six jours après parut un édit qui tyait pour but de protéger les sujets de Sa Majesté contre les attaques auxquelles était exposée la foi de leurs pères. Chacun doit profésser libiement ses opinions religieuses, mais non pas publiquement. Ijès confessions réformée, lûthérienne et catholique conservent les garanties qae TEtat leur a accordées, mais aucun changement ne doit (Hrc apporté aux anciens dogmes. Les pasteurs et instituteurs auxquels leur conscience ne permet plus de prêcher et d'enseigner conformément aux symboles de leur Eglise doivent déposer leurs fonctions : libre à chacun' d'avoir des opinions privées, mais il n'est permis de manifester en public que celles qui sont officiellement reçues. — La pul)lication de cet édit causa une grande sensation dans toutes les classes de la société en .\IIeii)agne. La Prusse, après cinquante ans de libéralisme, relouriiuit à l'urtiiodoxie. Ce qui ne frappait pas moins, c'était le contraste choquant entre le relâchement des mœurs du roi et de son ministre et la sévérité de leur édit. Plus de cent brochures parurent, dont un tiers seulement favorables à l'édit, parmi lesquelles on regrette de trouver celle de Semier. Deux questions formaient le principal objet du débat : la doctrine des livres symboliques doit-elle être regardée comme immuable, et jusqu'où s'étend le droit des princes en matière de réglementation doctrinale ? Parmi les opposants , nous remarquons presque ton* les membrés du consistoire supérieur : Spalding, Biisching, Dielerich, Sack, Teller. — Pendant un séjour (fue le roi fit dans l'au-» tOMuie de I7U0 à Hreslau, son attention se dirigea sur le prédicateur très »'stimé de cette ville. Hennés, connue pouvant le mieux servir ses desseins; il s'entretint avec lui des m«)yens de fîure exécuter l'édit de religion. Une conunission d'enquête fut nommée, composée de Wœllner, de Hermès, de Ililnnu', professeur au gynmase de Breslau, du prédicateur. Woltersdorf de Berlin et du surintendant des bâtiments Sitberschlag. Le roi lui-même rédigea les instructions de cette commis- «ioQ qui devait, à Taide de douze sous-commissions, dresser deux listes, rane comprenant les pasteurs méritants, c*est»à-dire orthodoxes, que l'on se proposait de (àvoriser de toutes les manières, Tautre renfermant leinéologues 4ont les uns n'encourraient qu'une admonestation, tandis •|ue ir-s autres étaient menacés de destitution. La commission était aussi chargée d'examiner les candidats en théologie au sujet de leur foi. IMverses'autres mesures furent décrétées, telles que l'introduction d'un aoa^eau catéchisme, l'examen des pasteurs lors des mutations de cure,
WŒLLNER — WOLF
la i)ul)li('ii(ioii (111110 instruction pastorale tri's sév#re, la (l»^feii?«^ de la vente tic la /Jiùliothèyuc allemande sous peiiXi de 10 ducats d'anieude, etc. Mais toutes ces mesures furent impuissantes à arrêter le courant : elles échouèrent contre l'hostilité ou l'indifiérence du public» et presque aucune ne put être exécutée. — Deux pasteurs seulement furent destitués, le prédicateur Storck, de Berlin, célèbre par son radicalisme, et son collègue Schulz, de Giehdorf, que Ton surnommait le prédicateur à queue, parce qu'il portait la queue comme les laïques. Ce dernier confessa son dissentiment avec les doctrine^, même fondamentales, de TEglise, telles que la divinité de Jésus-Clinsl, sa résurrection, etc.; mais le vote du eonsistoire supérieur, à la voix de Sack près, lui fut favorable. Tellcr déclara qu'on ne pouvait savoir s'il avait oui ou non dévit' (les principes du clirislianisuie. vu que l'on n'avait jamais [tu toniluT d'accord pour les délinir. La manière dont Teller avait motivé son vote lui valut une suspension de trois mois et l'ordre de verser son traitement à riiospice des aliénés. Des avertissements sévères lureul adressés aux professeurs Nœsselt et Niemeyer, de Halle, mais une enquête faite à cette université par Hermès et Hilmer n'aboutit qu'à uo charivari épouvantable de la part des étudiants, devant lequel les commissaires du rbi jugèrent prudent de battre en retraite. Kant aussi reçut une notiGcation d'avoir à changer son enseignement , qu'il accueillit comme elle le méritait. A l'avènement de Frédéric-Guillaume III, en 1797, toutes ces mesures furent révoquées, la commission d*enquéte fui dissoute, et l'auteur de tout ce bruit, Wœlner, conserva encore pendant quelque temps le ministère, puis donna sa démission et mourut (1800). — Voyez l'article de Sack, dans la Home hislnr. de Niedner. 18(33. N** 3, et celui de Thuiuck, dans la lital h'nycl, de 1I< rzo^r, XVIII, ii4 ss.
F. I.ii;nTi;M{KRi.i:Fi.
WOLF ( Jean-Glirélien ) , clfl.re iiliilositplic , na(juit à Breslau le 24 janvier 1G7U. Son père était tanneur. 11 re< nt une éducatiim sévère et, par suite d'un vœu fait par ses parents, il l'ut desiiné, dés sou berceau, à la carrière ecclésiastique. Saturé de lectures et d'exercices religieux, rassasié d'orthodoxie à la maison paternelle et au gymnase, Wolf n'osait faire voir sa prédilection pour la philosophie et les' mathémathiques que son maître Gryphius se plaisait à couvrir de ridicule. A l'université d'Iéna, où il termina ses études (1609-1703), les cours de physique et de ^^'^ométrie l'attiraient plus que ceu.\ de théologie. Spectateur assez désintéressé des déhats qui divisaient les catholiques et les luthériens à Breslau , Wolf s'était demandé s'il ne serait pas possible de diMuontrer les vt'rités religieuses si clairement qu'elles ne souffrissent plus aucune conlradictiou. 11 nous dit, dans son autobiographie, (jue, s'il a étudié les mathémati(jues . c'était dans l espuir de faire pénétrer par elles une invincible ci rtitude dans la tlié«.lt»L'it\ — De léna, Wolf se rendit à Leipzig et y acquit le droit de proh-SM r par une dissertation intitulée : Philosophia practica' uuiva salis maihetnatiea methodo eonscripia^ 1703, dans laquelle l'auteur cherche à donner i li preuve ontologique de Dieu une forme mathématique, et qui fut fort Jouée par Lcibnitz. Wolf enseigna à Leipzig les mathématiques, la phi*
Digitizcû by CjOO
WOLF
losophic et la théologie. Il prêchait aussi avec un grand succès, parce qu'il s'appliquait à expliquer toutos les parties do son sujet au moyen de définitioas clairrs et de déductions lorriques. On lui reconnaissait le don dVxposer d'une manii re iucidi' les vérités philosup]iiques les plus abstraites et do les faire comprondro inéuie à des esprits peu doués. 11 vivait d'ailleurs dans la géne, attendant vainement qu'une chaire, soit de professeur, soit de pasteur, s*oflHt à lui. Sa principale ressource consistait dans des articles de critique qu il fournissait aux Acia eruâitorum et qui, au surplus, étaient fort mal rétribués. — Grâce à la pro* tection de Leibnîtz, Wolf fut appelé en 1706 & Tuniversité de Halle, où . régnait alors sans partage la tendance piétiste. 11 y débuta par des cours de mathémathiques, mais, dès 1701), il on?oî|?na la métaphysique, la lo«rique et la nioralo. Les étudiants que la < uriosité mémo n'avait pas eu, dès l'abord, lo pouvoir d'attirer aux leçons du nouveau professeur, ne tardèreui pas i\ y affluer en nouïbre toujours plus considérable. Wolf parlait simplement, d une manière naturelle et coulante, suivait un ordre méthodique et illustrait son enseignement par des exemples, des anecdoctes, à la vérité fort triviales parfois. Ses manuels de mathématiques étaient très goûtés. En 17iS, il publia un manuel de philosophie en allemand, d'abord peu lu, puis recherché et dévoré avidement {Vernûnftif/e Gedanki'u von dcn Krivflen des mensrh/irhen Ferstandes u. ihres r'irht'ujt'n (ii'hraucln's in dcr Erkenntnîss der Watirheit^ Halle, 1712). Il y développe principalement les deux axiomes suivants : Est possible, c'est-à-dire peut être pensé, tout ce qui ne renferme pas une contradiction intérieure; est réel, ce qui repose sur une raison suffisante. — En 1711), parut une sorte de théodicée [Vernùnf't'uje Gedait" ken von Gott^ der Welt und der Seele det Mentehen, attek alien Dingen ûàerhauptt Halle, 1719) qui peut être considérée comme le principal ouvrage de Wolf et qui eut rapidement un grand nombre d'éditions. La préface est curieuse. T.a raison, la vertu et lo bonheur sont, d'après notre auteur^ les trois plus grauds biens que l'humanité puisse rechercher; maïs, en thèse générale, rien n'est moins estimé dans ce monde. Tout observateur impartial devra convenir que le malheur du temps présent vii-nt d'un mamiue de raisiui et de vertu. Or, l'auteur qui, des sa jeunesse, s'est senti épris d'un vif amour pour le genre humain, a fuit vœu d'appliquer tous ses etlorts au progrès de la raison et de la vertu parmi les hommes. A cet effet, il s'engage à ne leur enseigner que ce dont il a ln,i-méme une notion par&itement claire. U veut tout tirer de sa propre réQezion , n'ayant souci que de la vérité, Bans se demander si elle est ancieime ou moderne. La forme du livre est celle <run manuel de mathémathiques; quant au fond, c'est du Leibnitz vulgarisé. — Le but de Wolf est de simplifier la religion en combattant l'idée du suriKilurel. Il essaie de prouver (|u'il faut à Dieu moins de puissance pour aecoinplir des miracles que pour produire des événements naturels. Caries ujiracles n'exigent de Dieu, iiub'pendamment de sa puissance, que la connaissance d'un objet déterminé, taudis que les événements naturels impliquent sa toute-science , au moyen de liaquelle il lie les uns aux autres tous les phénomènes de l'univers. Us
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pensaient juste cos doctoiirs do TEglisp ((iii ont affirmé que les miracles quotidiens de la nature étaient pliH grands que les »'*véneincnls surnaturels. Dieu étant la raison suprénif ne peut jamais agir sans motifs; il n'est donc pas possible qu'il produise miraculeusi nient un phénomène . qui pourrait se produire naturellement. Il doit toujours préférer la voie naturelle, comme la plus simple^ à la voie surnaturelle. Nous possédons dfts lors un critère au moyen duquel nous pouvons discerner les vrais miracles des faux. Lorsque la nature suffit à produire ce que Ton attribue à un miracle, celui-ci doit être tenu pour apocryphe. Wolf soumet à une critique semblable l'idée de la révélation, l'ne vérité prétendue révélée ne saurait se contredire elle-même. Si donc notre raison y découvre des contradictions, on peut en c(mclure que la révélation n'est pas véritable. De même, la révélation ne i)eul pas contredire les vérités nécessaires de la raison, par e\einj)le. b's lois des mathématiques ;elle ne peut pas non plus obliger rhumnic à des actions qui sont en opposition avec Tessence de son âme ou avec les lois de la nature. • Enfin, l'on doit toujours examiner si la prétendue vérité révélée n*a pas pu parvenir par une voie naturelle à la connaissance de ceux qui l'annoncent. Tout en cherchant ainsi, par une voie indirecte, à enlever à la religion sa base et son caractère surnaturels, Wolf s'élève avec force contre les athées dont l'erreur consiste à regarder le monde comme un être autonome, indépemlant et nécessaire. — Après la théiMlicée vint le lonr de la inorale. Wolf |)ublia en 17:20 et 1721 deux manuels ; Vrrtithiftlr/r Crfdankt'u voH di r Mi nsrhm Thun u. Lasst'n zur Befœvdermuj ihrer GlftckseliffkeU y Halle, 17:2(); Venii'tuftùje Gcdanken von dem geselUeAaftliehen Lftben dèr Mensdien u. in Sonder heit dent gemeinm Wesen zwr Befœderrumj der menscMichm 0Hiekseiigkeit, Halle, 1721). dont chacun eut en peu de temps cinq éditions. Les jurisconsultes de Halle étaient furieux de voir Wolf déduire .de la raison ce qu'ils n'admettaient que comme résultat de l'observation et de l'étude histori<iue. Ce que poursuit notre auteur, c'est un idéal de morale bourgeoise. 11 polémise ronlrr le nOAchement des mœurs du temps et défend la pureté du foyer (lumc>tiqiie. 11 recommande récononiie, comnio l'une des vertus i>rincipali'S. Chaque action doit découler d'un acte de rélle.xion accompli de sang-froid. La recherche de la perfection ne peut être elTicace sans l'émulation réciproque : le bien commua est la loi suprême. Les actions des hommes sont bonnes ou mauvaises en elles-mêmes ; elles ne le deviennent pas seulement par la volonté de Dieu. Si Dieu n*existait pas ou si Tunivers pouvait exister sans lui, les actions libres des hommes n'en seraient [y.\> moins bonnes ou mauvaises. La corruption morale d'un athée découle non de son incrédulité» mais de son ignorance des vraies lois du bien et du mal. Widf sépare ainsi la morale do la religion. Lfs Chinois, sans religioii naturelle et révélée, ont eu, par la seule force di^ leur conscience naturelle, une nvorale si parfaite qu'elle peut servir de modèle au.\ autres peuples. Dans son zèle pédant de réformateur des mœurs, Wolf ne craint pas d'entrer dans les détails les plus minutieux. Il veut tout dériver des lois de la pensée, même les règles de la politesse sociale et les arrange-
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mente pratiques du ménage; o'est ainsi qu*il consacre un chapitre étendu à l'organisation rationnelle des cabinets d^aisanees. On voit que l'esprit du temps, rassasié de scolastique et de surnaturel, se détourne (li's choses célestes pour arranger la vie terrestre d'une manière confortable.— Dès que les écrits de Wolf commencèrent à répandre dans lr>s cercles éclairés de la bourgeoisie des idéos qui. jusque-là, n'avaient guère pénétré en dohors «l'un petit j^roupo d'initiés, l'aniniosité qui existait entre les piétistes et les orthodoxes cessa comme par enchantement, et ils se tournèrent ensemble contre l'ennemi commun. On avait, eu&cilement raison de Spinosa, en sa qualité de juif, d'étranger et de panthéiste déclaré. Leibnitz n'avait écrit que pour les intelligences privilégiées, mais les disciples de Wolf remplirent bientôt les chaires des universités et des églises, enseignant que ce monde-ci est le meilleur possible, que tout se fait d'après une raison suffisante, que Dieu n'agit que d'après les lois de sa nature, qui ne sont autres que la loi naturelio universelle, que la vraie source de la morale doit être cherchée dans la nature humaine bien comj)rise. Toutes ces hérésies se répandaient en allemand, avec prudence, il est vrai, et en s'accommudant à la terminologie ecclésiastique reçue. — Les professeurs de théologie de Halle ne tardèrent pas à se plaindre. Leurs étudiants , séduits par les cours de Wolf, prenaient en dégoût la théologie ou, ce qui était plus embarrassant parfois, réclamaient de meilleures explications et des preuves plus solides. En vain Joachim Lange multiplia-t-il ses avertissements , menaçant les étudiants insoumis de les priver de leurs bourses; en vain le pieux Francke priait-il le ciel de détourner de l'Eglise le nouveau fléau qui se déchaînait contre elle : l'hérésie fit des progrès. Les adversaires de WoH" eurent le tort de lancer contre lui les accusations inconsidérées de fatalisme et d'athéisme: ils soutenaient que la théorie de l'harmonie préétablie renversait la doctrine biblique de la création du monde et de la liberté de l'homme. L'orage éclata en 1721, à propos d'un discours que Wolf prononça en remettant le rectorat entre les mains de Lange. Il avait soutenu que la morale do Gonfudtts était supérieure à toutes les autres. Les théologiens virent dans cette assertion un dénigrement du christianisme. Le doyen Breitbaupt porta la lutte en chaire dès le lendemain, et Francke, au nom de la faculté de théologie, demanda à Wolf son manuscrit. Gelui-ci refusa de le livrer, et les étudiants prirent bruyamment son parti. La polémique seprolon^M'a pendant près de deux ans, au l>out des([uels la faculté de théologie adressa des remonlrauces au roi. Dans ce document, Wolf était accusé d'affaiblir les arguments les plus importants en fiiveur de l'existence de Dieu , de donner de Dieu lui-même une explication qui pourrait être admise par un athée, de nier la liberté humaine, de bire de Dieu l'auteur du péché, de répandre une doctrine erronée du miracle, de nier que l'on puisse démontrer par la raison que le monde . t le ^onre humain aient eu un commencement. Le roi, jusquelà, avait protéixé Wolf, parce (juo ses cours procuraient de l'argent au fisc; mais un memlire de la célèbre tabagie ayant déimuitré à Frédéric- Guillaume que la doctrine de l'harmonie préétablie favorisait la déser-
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tion de ses grenadiers, il rendit le 8 novembre 1723 un ordre de dbinpt par lequel Wolft t iif destitué et proscrit comme enseignant des doctrines contraires à la religion révélée (voyez Zeiler, Wolf's Vertmbung aus Halle; der Knmpf des Pietismus mitder Philosophie. Premlsche Jahrhiirher, iSfii.N" 7). Il devait quitter le territoiro prussien dans les ([uaraiitt^-huit licures souspeinedo la rnrdo. C'en était trop, môme pour les adver?;iiros <lo Wolf. Lari^^e assure on avoir pordu le sommeil et l'appétit durant trois jours. Ils coutinuiTcut néanmoins leur polémique. Francke prêcha une série de sermons sur la délivrance de l'Eglise. Lange dans une brochure où le ridicule se mêle à IV dieux ( Bescheidene n, ausfûhrliehe Fntdeckunff der falscken h. schœdlichen Philosophie in'Wotfe System), -se plaint des jeunei docteurs qui se permettent d'enseigner la nouvelle doctrine sous ses yeux. Les étudiants doivent suivre les cours des professeurs ordinaires, nommés par Sa Majesté» expérimentés dans Tart de bien penser, et 'prêts d'ailleurs à exposer toutes les liranrhes de la philosophie en nn seul semestre. — Ëxilé de la Prusse, Wolf fut appelé à Marbourg. La persécution ne fit qu'augmenter le nombre de ses disciples que les autres princes allenuinds s'empressèrent de protéi^rer par opposition au roi de Prusso. léna et Tnliin«j;ue devinrent les principaux foyers du wollianisiiie. Déjà Wolf ambitionna la gloire d'élro le précepteur non de rAlleinagnti seulement, mais de toute l'F^urope. Il publia en latin tout un système de pbilosopbie en vingt-quatre épais volumes in-4". qui se répandirent en France, en Italie, en Hollande, en Pologne, en Hongrie, en Russie, et contribuèrent à rendre son nom ridicule aux yeux de la postérité. En attendant, sa réputation allait en grandissant, quoique lui-nièn»e ne fit plus grand'chose pour hâter les progrès de laphilosophie. On ne l'appelait* plus que Nova lux Germamxj professor generis humemû — En Prusse, les persécutions continuèrent. Un édit du 13 mai 1727 défendit aox laïques de lire des écrits athées, sous peine de galères, et aux professeurs, • d'enseigner la philosophie de Wolf sous peine de destitution et d une •amende de cent ducats. Le vieux Valentin I>»iischer, de Dresde, l** champion le plus éprouvé de l'orthodoxie luthérienne, prémunit 1*^? fidèles contre la nouvelle doctrine dans ses sermf)ns et dans le journal qu'il publiait sous le titre de : l'nschuldiqf .Xachrichfrn. Il écrivit. Je plus, coiitic elle douze traités, réunis sous le titre de Qno niifh'* Lœsclicr v(»it dans la philosophie de \\o\ï le quatrième orage qui loutl sur l'Kglise protestante, après celui des philippistes i disciples de Mélancbtbonj, des naturalistes et des piétistes. Recherchant la cause du mal, il remonte non seulement jusqu'à Descartes, mais même jusqu'à Copernic et Galilée. Depuis qa'on a commencé à établir k doctrine, pour le moins très incertaine, que la terre tourne autour ds soleil, le mépris de la Bible et de la foi chrétienne a notablement aog* menté. La vérité révélée ne saurait souffrir à côté d'elle une philosophie indépendante, ni s accommoder 'et encore moins ;se soumettre à ses principes ; elle ne peut subsister sans des mystères qui ne sauraient être scrutés dans celte vie ni s'accorder avec une philosophie qui veut tout démontrer mathématiquement. La philosophie cartésienne es^
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cause que Ton est devenu tfop curieux, téméraire et sceptique. Quant à Lœscher, la raison et l'histoire lui ont appris qu*il était impossible
d'étâblir un système de philosopliie sans tomber dans toute espèce de MHséquences fAcheusos. Il vaut mieux, h tout prendre, combiner tant bi»^ii que mal los systèmes philosophiques reçus et travailler h leur perfectionnement, en se résignant à ne jamais atteindre la perfection ici-bas. Quelles que soient d'ailleurs les aptitudes scientiliques de l'homme, dès qu'il oublie que ses connaissances ne sont que fragmentaires, il se punit lui-même en s*égarattt dans ses pensées et ses inventions propres. Ceux-là surtout y sont exposés, qui veulent tout dériver d'un principe unique. L'expérience du genre humain, les écrits et les traditions des peuples sont la source de la vraie philosophie qui vient non du ciel, mais de la terre, pour monter vers le ciel*. Lœscher reproche en particulier à Wolf sa th«^orie de la raison suffisante. Elle peut, sur beaucoup de points, favoriser la connaissance, mais si, pour toutes choses, il est nécessaire de montrer une raison suffisante, la raison se trouve placée sur le trône, et elle usurpera bientôt la (lir(>ction des affaires humaines. Wolf aCûrme que la recherche de la raison sufti- •ante est un instinct naturel de notre raison, mais il oublie que cet instinct peut devenir une convoitise funeste, témbin la tentation d*Âdam et d'Eve dans le paradis. De plus, la philosophie de Wolf aboutit à un mécanisme dangereux. Si tout doit se passer mécaniquement. Dieu reste inactif vis-à-vis du monde. La liberté du gouvernement divin est anéantie : aussi quelques philosophes ont-ils déjà logiquement affirmé la nécessité du péché, conséquence naturelle de' la hniitation, ce qui conduit au fatalisme. Lœscher atta<|ue aussi la «loetrine du meilleur des mondes. Gomment peut-il y avoir un autre uionJe, si celui-ci est déjà le meilleur? Enfin, d'après la nouvelle doctrine, la prière est inutile, tout étant déterminé à Tavance. La piété se trouve ainsi privée de ce qui fait sa vie et sa joie. Gomment le chrétien s'adresserait^il à Dieu, et au besoin lutterait-il avec lui, s*il ne peut rien obtenir qui ne soit déjà décidé avant qu'il prie? Il faut le reconnaître, les adversaires de la philosophie de Wolf ne se tirent point illa- «ion sur le danger dont elle menaçait l'Eglise ; mais ils étaient impuissants à le détourner. Plus ils incriminaient la nouvelle doctrine, et plus • on étiiit porté à l'étudier. Di'S 1738, Ludovici. dans son //is/oin» df la phUonophie de Wolf^ compte cent sept écrivains qui se rattachent à cette tendance, parmi lesquels des théologiens, des jurisconsultes, des médecins, des professeurs d'esthétique. Ce fut un engouement général. La connaissance de la philosophie de Wolf toi considérée comme nécessaire à la culture intellectuelle; on publia des dictionnaires pour en rendre Taccès plus facile; en divers lieux des sociétés se formèrent pour s'exercer dans rintclligence du nouveau système, et des prédicateurs en portèrent les résultats en chaire. Formey, dans un ouvrage intitulé : La Mie Wolftetinr ITiO), mit même la doctrine Je Wolf à la portée du beau sexe, et un autre écrivain publia une grammaire héliraïque, écrite d'après la nouvelle méthode. Le scandale fut au comble, lorsque parut la traduction biblique dite de Wertheim (1735-37) dans laquelle l'auteur
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anonyme Lorenz Schmidt avait remplacé par des termes empruntés sa langage d.e Wolf toutes les expressions figurées ou dogmatiques de l'Ecriture. Wolf lui-même avait déconseillé la publication de ce livre qui, après avoir été roiijot d'une vive polé]iii([uo, fut brûlé, et son auteur incarcéré et condamné au silencp. — A Berlin, sous la pression de l'opinion publique, le vent tourna également en faveur de Wolf. Le roi. influencé par le prélat Reinbeck, reconnut que le fisc avait beaucoup piTilii par suite du départ de Wolf de Halle ; il blAma Lan).'e de lui avoir arraclié celte mesure, et une commission, mmimée ad hoc, ayant déclaré ({uo la philosophie «le Wolf était iiioH'i nsive ^1730). lo roi lui lit offrir divers»'s chaires, ho général (îrumkow lui-même, le conseiller le plus autoritaire de Frédéric-Guillaume I""", avait été gagûé en sa faveur; mais le plus chaud partisan de Wolf était le comte de Manteuffel, ancien ministre d'Etat, dont la maison, depuis 1733, était devenue le centre des adhérents du philosophe. Manteuffel fontla en 1736 la société des aîithophUe$ qui étendit ses ramifications dans les principales villes de rÂllemagne. D'après les conseils de son noble protecteur, ^\'olf dédia au roi le second volume de sa Pkilasopkia practica. Frédéric-Guillaume répondit à cette gracieuseté par un ordre de cabinet, enjoignant aux candidats d'étudier la logique de Wolf. Mais une conquête plus importante encore fut celle du prince royal qui tenait alors à Reinsber*^ une cour mi-joyeiise, mi-philosophique, et amjuel Sulim dédia une traduetiou lraiu;aise des œuvres de Wolf. « Kniiii, écrit Fréib'ric à Sulim, le '21 mars tT.'lG. je conunence à apercevoir l'auidre d'un jour ([ui ne brille pas encore tout à fait à mes yeux, et je vois «|u'il est dans la possibilité des «Hros qno. j'aie une àiue. et que môme elle soit immortelle... Pourvu que Woll me prouve que mon être indivisible est immortel, je serai coulent et tranquille. > « Les nouvelles du jour, éorit-il le 14 octobre 1739, sont que le roi lit pendant trois heures par jour la philosophie de Wolf. Ainsi j'espère que les bigots ne pourront plus opprimer le bon sens et la raison. Mais que dira ce philosophe? Car avec toutes ses règles de probabilités, je sois sûr qu'il ne se serait jamais douté de ce qui vient d'arriver. » A. partir de ce temps aussi l'on entendait le vieux roi parler de la raison suffisante et d'autres énormités du môme genre. — Lors de son avènement au trône, Frédéric II chercha d'abord à gagner Wolf pour l'Académie de Berlin, mais celui-ci refusa eetti' offre, et obtint enfin le décret si longtemps attendu et sollieité (|ui le rappelait à Halle. Il y lit. le M septembre 1710. une entrée véritablement trioiupiiale. Les étudiants allèrent à sa rencontre à cheval et lui tirent une nuignilique sérénade aux llambeaux. L'université lui rendit visite en corps, et les thé<>logieus, avec Lange en tète, se joignirent à leurs collègues. Aucun honneur ne manqua à la vieillesse de Wolf. Il fut nommé chancelier de Tuniversité en 1743, s*acfaeta de grandes propriétés et reçut des lettrai ^ de noblesse. H continua à enseigner jusqu'à, sa mort (1754), mais ssns retrouver ses succès d'autrefois. Isolé, aigri, abandonné de tous, il eut la ^douleur de voir, de son vivant même, l'oubli se faire autour de son nom. — Dans sa lutte contre une orthodoxie étroite et intolérante, Is
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philosophie de Wolf était une revendication des droits de la raison, eomme le piétisme Tavait été de ceux du sentiment. Elle habitua les esprits à une méthode plus rigoureuse, en «'efforçant de tout ramener à des principes rationnels; mais, comme le piétisnW, elle ne produisit d'ibord que l'effet d'un dissolvant. Wolf fo^me la transition entre la philosophie de Leibnitz et le rationalisme. Esprit systématique mais borné, il réduit en corps do doctrine les idéos de son maître. Conime hii, il prétend concilier la philosophie et le christianisme, mais il n'a pa? la fraîcheur et la puissance de son soufQe. Il procède avec lenteur, avpc méthode et avec une réflexion laborieuse qui n'est pas exempte de p^dantisme. Son but a été de transformer la philosophie allemande d'après le modèle de la philosophie an^rlaiso et française; il a su réunir, en apparence du moins, le caractère scienlilique et la forme populaire. Wolf a donné à la prose allemande la clarté, la précision, la solidité qui lui manquaient, mais son lani^ai^e est abstrait, dépourvu de couleur et de vie. Pendant trente ans, il a été le maître d'école de la bourgeoisie allemande, lui imposant le joug de sa rude discipline. En matière religieuse, la méthode de Wolf a produit un grand mal. Appliquée à la démonstration des vérités chrétiennes, elle n'est préoccupée que d'en montrer la justesse logique, sans pénétrer dans leur essence intime; elle occupe la raison d'une manière purement formelle, en laissant rintelligenee vide et le cœur froid ; elle accoutume l'esprit à n'eavisager les choses religieuses qu'au point de vue de leur accord avec la raison. Wolf entendait pourtant nettement distinj^uer le domaine de la théologie ou de la religion révélée de celui de la philosophie ou de la reli- }:ioM naturelle. D'après lui, on en saisirait mieux la différence, si la théolojiif, au lieu de se borner à reproduire ce que la Bible ensei'^nie, ne i»r.'t<'ndiut pas y ajouter ce qu'elle n'enseij^ne pas, et si la pliilo- Suphie s'en tenait à ce (jui peut se trouver par la raison. La confusion fiebeuse entre les vérités naturelles et les vérités surnaturelles résulte des empiétements incessants que se permettent ces deux sciences. Mais on ne peut pas dire que Wolf ait réussi à tracer les limites qui les séparent. Il ne parvient pas à distinguer le point de vue de l'expérience de celui de la raison. Les droits de l'expérience, qui assurent ceux de la religion, sont absolument méconnus. Tout est sacrifié à la raison. La clarté est l'unifjue mesure de la vérité. Ce princiiir formel de la philos<jpliie moderne depuis Descjirtes devient chez Wolf le principe matériel, et, comme on l'a dit spirituellement, la clarté chez lui dévore la vérité. — Voyez Antohiograpln'e do Chr. Wolf y puldiée par Wuttke, Leipz.. I8i0; Hitter, (irsr/i. <ler Philosophie, XIT, 515: Ludovici, Htslnvie (U'r wolf. Philoso/jhir, Leipz.. 1737, li vol. ; Hartmann, Hist.
Leihniz-jrolf. Philos., Leipz., i7.'{7, Biedermann, Deutschl. im 18 kn Jahrh., 2° édit., Leipz., 1880, H, 30.'] ss. ; llettner, Litirmt. gesch, de% 18 ten, Jahrh, Brunsvv., 185ti-(ji, 111, 2ii ss.; Tholuck, Gcsch, det Ratwnaliimus , Berl., 1865, I, 119 ss., et l'article de Franck dtns la Real Encycl, de Herzog, XXI, 519 ss.
F. LiCBTENBERGER.
WOLF (Jean-Christophe), savant hébralsant, né à Wemigerode, en