‹ Encyclopédie des sciences religieuses;Chapitre 98 sur 158 · WURTEMBERG · texte numérisé non relu

WURTEMBERG

connu SOU5 len«)indo st/nodus, qu'il ne faut jias confondre avec lo synode général élocfif [Lnndussyiwdt'). syiiodus est composé de tous les niemltrrs du consistoire et des six prélats et surintendants généraux. Les [inspections d'église forment lu principale de ses fonctions. Le pays est divisé en six surintendances générales, à la téte de chacune desquelles est placé un prélal. Les prélats sont chargés de Tinspeetion des églises et des écoles de leur circonscription. Au-dessous des surintendances générales nous trouvons les 49 diaconats ou diocèses, ayant gênéralement comme doyen le premier pasteur du chef-lieu, et les ÎKKi paroisses desservies par 1,0:21 pasteurs. Les autorités électives S(»nl : 1" les conseils de paroisse, composés des pasteurs et d'un nombre variable de délégués lai(iues élus parles fidèles; i" les 'lU synodes diocésains, un par décanat, composés do déléirués des conseils de paroisse ; enlin .'i" le synode général, où siègent 56 membres, savoir : 1 délégué de chaque synode diocésain, I député de la faculté de théologie de Tubingue, et 6 membres nommés directement par le roi. Les diocèses et la faculté nomment également chacun un suppléant, qui prend la place du titulaire eu cas de vacance ou d'empêchement. Les ecdésiastiques et les laïques doivent être en nombre égal. Au.\ termes de la loi, le synode « concourt » à la législation ecclésiastique, examine les propositions qui lui sont soumise» parles autorités et peut faire au gouvernement des propositions sur 1rs matières qui intéressent la vie de l'Eglise ; mais c'est aux autorités instituées par le gouvernement que revient en dernier lieu la décision. Le synode tient une session ordinaire tous les ({uatre ans. — L'Eglise évangélique wurtcmbergeoise a sa représentation politique distincte. Six députés de son clergé siègent en cette qualité à la seconde chambre. — L'université de Tubingue a une faculté de théologie évangéliquo, avec cinq professeurs ordinaires; c'est là que font leurs études la plupart des membres du clergé wurtembergeois. — De toutes les régions de l'Allemagne protestante, le Wurtemberg e>t celle où, depuis longte(nps, les sectes de toute dénomijialion ont trouvé le plus d'éclio. Jusqu'en 1870. des lois assez sévères réprimaient leur prosélytisme. Depuis lors elles peuvent, sans (>ntr;ives. chercher à recruter des adhérents. Le nombre des personnes qui se rattachent formclienient à une secte est assez peu considérable. Mais beaucoup de chrétiens \vurtembergeois, sans cesser de foire partie de leur Eglise nationale, trouvent leur véritable centre religieux soit dans les sectes, soit plus souvent encore dans les réunions religieuses libres qui sont, dans ce pays, une vieille tradition. — Les catholiques wurtembergeois forment le diocèse do U"»ttenbourg. Les rapports <lu gouvernement ef de la cour de Rome sont réglés par la bulle de circonscription l*rovld(t solfrsf/ue, du {{ août 18:21. qui titnt lieu de concordat. L'évèclié de Uottenbourg fait partie de la province ecclésiastique du llaut-Hhin ou <b' Fribourg. L'existence d*un conseil d'li)glise catholique^ dont les membres sont uouunés par le gouvernement, limite du reste beaucoup dans toutes les affaires d'un caractère mixte le pouvoir cpiscopal. Le conseil se compose d'un président laïque, de l'évéque, de trois conseillers et d*un assesseur laïque ; ses attributions consistent à exercer les droits que laocord con-

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clu avec le saint-siêfîe conférait à l'Etat à l'égard de l'Eglise catholique et à dirifror les établissements d'instruction catholique. L'ôvi^ijue est assi?l«î (l ini vicaire général et d'un diiipitrr r(tmpo?é d'un doyen et de six cliaiioiiips. T.o di(»cèse se divise on :28 «It'canats ot G7:2 paroissps. inVt cliapelleuics rt 118 vicariats, desservis par K 'iO prMres salarias par l'Etat. Pour l'iiistrurtion du clorir»* , le dioc('?o possrdc uue laculti^ de théologie l alhohque àTuhinguo, avec (> prolrssours, rt un séminaire à Rottenbourg, avec 3 professeurs. — La religion juive est reconnue par l*Etat, et Tannuaire ofBdel lui donne même le titre shigidier à* Eglise israélite. L'autorité centrale réside dans un conseil ecdénastique supérieur composé d*ttn président, commissaire du gouvememeot (chrétien)» du rabbin de Stuttgard et de 5 autres membres. Les jui&wor- ' tembergeois sont répartis en i2rabbinets. ~ Les renseignements contenus dans cet artic le sont empruntés à des sources trop diverses pour qu'il soit possible de donner une bibliographie. Pour la composition et les attributions des autorités, nous renvoyons au Hof und Slaats Handbuch des KœmgreichsWùrtemberg,Si\xiX^ldià,i\!}à\, Ë. Yauchee.'

XAVIER (François). Voyez François-Xavier (Saint).

XIMÉNES François^ D. Franzisco (G'tnzalès) Xinu^nt»s de Cisneros, issu de la famille noble des Xifiiénf's de Gisnerop, fils de Alonso Ximénés, receveur royal de la dime concédée aux souverains par los pape? pour la ;^n.M're contre les Maures et de Marina de la Toitc, naijuit à Toriclaguna en 1130. .\pr<'s avoir terminé ses .'tndos à Alcalaet à Salamanque, il se rendit, en i 451). à Homo où il exerça les fonctions d avocat consistorial. L'àpre énergie de son caractère se révéla pour la première fois quand, à son retour en Espagne, l'archevêque de Tolède, Alonso Carillo, refusa de reconnaître la validité des lettres expectatives qu'il avait obtenues de la curie pour le premier bénéfice vacant du diocèse. IjO jeune prêtre préféra subir six longues années de captivité plutôt que' de se dé[virtir de ses droits. Sa patience finit par triompher de la mauvaise volonté du primat d'Espagne, mais, craignant le ressentiment du puissant prélat, Ximenès permuta la charge d'archiprétre de IVda avec la dignité de premier chapelain de Siguenza. Plein d'admiration pour les hautes capacités qu'il déploya dans l'exercice de ses fonction?, l'illustre et brillant évôque. Pe<lro (^lonzalèsde Men«loza, promu, en 1174. à rarchevéché de Sévillo et décoré «lu titre de cardinal d'Espairnc. lui confia radininistration de son diocèse de .Siguenza.ct devint son protecteur le plus convaincu. A cette même époijue. Ximénès. ol»éissant à une vocation irrésistible, embrassa l'état monastique et entra dans l'onlrË

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«les béni minetin de la striete observance, au couvent de San Juan de lo8 Reyes. A partir de ce moment, sa vie tout entière a été une lutte eoDStante de son inclination naturelle qui le portait aux études et à la vie solitaire contre la force irrésistible des événements qui, rarrachant à la solitude du cloître, l'entraînait nial^é lui dans l'arène ardento des laites politiques. C'est grAec à Mendoza que la reine Isabelle dr Casiille jeta les yeux sur lui pour remplacer auprès d'elle son confesseur Fer- ' nando de Talavera, <^lev»'» au sic^^e de Grenade (1402). C'est encore Mondoza qui, à sa mort (11 janv. 14U5) lo dési^^na couime lo prélat If mieux qualifié pour occuper apr«'s lui le si»'ge prinialial de Tolède. 11 fallut un ordre forujL'I du pape Alexandre VI pour décider l'hauible franciscain qui, ù cette époque, s'occupait, en sa qualité de. provincial de la Vieille et de la Nouvelle Gastille, de la lififorme de son ordre, à accepter le poste le plus élevé de TEglise d*£spagne, accordé par Isabelle au moine de pr^Êrenee' à Alonso d'Aragon, fils naturel de Ferdinand V, candidat patroané par son époux, liais, malgré les injonctions du pape, il consena le froc soiis les ornements archiépiscopaux, la couchette du cloître à côté du lit de parade, et laissant les somptuosités de sa table à seshôtes, il continua à se contenter de la nourriture des anachorètes, et ne cessa pas de soumettre son corps aux plus impitoyables macérations. CVst cet esprit rude et sévère (|ui, pendant le uioycn Ag^c, caractéris»; rE>paj.'nt' chrétieiiu»' dans sa lutt«' incessante contrt' \os ennemis de la f<'i. qui se manileste dans la *iucrre implacable que Xiiut'iiès lit aux Maures de (irenade. Appelé dans cotte ville en f il blâma, comme trop lentes, les mesures évangéliques de F. de Talavera et, ne reculant pas devant les moyens douteux, achetant les conversions au prix de &veurs extérioures ou les extorquant par la violence, brûlant sans pitié la riche littérature religieuse des Arabes dont il ne conserva que les livies de médecine, inébranlable dans le feu de l'insurrection que ses violences provoquèrent et que la présence de Talavera réussit à calmer, tirant parti de la deuxième révolte qui éclata dans les nionta^mes, pour enlever aux Maures les droits que les traités leur avaient concédés,

11 vit sa campagne terminée par les édits du 20 juillet 1501 et du

12 février 150:2, dont le premier interdit aux Morisques tout contact avec le> inlidèles, et le second ne laissa aux Maures (pie le cboix entre l'exil ou le baptême. — Kt cei»endant. à la !iiême épo([ue, il louda à Alcala de H.'narès. le C(unplutum des Romains, uue université »[ui. i)eiidaiit le cours du seizième siècle, devint un fuyer vivant de res[)ril humaniste fiV.iS-loOS . Avant lui déjà, une école supérieure existait dans la ville. £lh: avait été établie par l'ordre de Sancho IV, en 1293, à la prière de 1 archevêque don GonzalësGudiel. Plus tard, le père Roxo créa un établlssernoat scientifique dans son couvent de Sainte-Marie, et Tarchevéque de Tolède, Carillo, obtint, en 1473, de Pie II, une bulle affectant le revenu é'on certain nombre de bénéfices à Tentretien de trois chaires (Miguel

^ Portilla y Esqùivel, Hhtnria du la CiUddd dn Cnmjduli}^ 2 vol., Alcala, 1725, in*4). La célébrité de Tacadémie date de Ximénès qui fit ériger les somptueux bâtiments qui excitèrent l'admiration de Ferdinand et de François I<S et imprima à sa constitution, résumée par lui eu TU 32

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quatre-vingt-deux articles, le cachet de sa puissante individualité organisatrice (ïlist. de Coi/iplufo, p. 251 ; cf. F. Kunstnianii, Mûnchnn' G' Iehrlu Anzriffrn, 18i5, ii' ÎMI). Xm'C ses collèges <ie Saiiit-llileionse pour la théologie, de Saiiit-Kugèiie et «le Saint-lsichtre pour la philologie, de Saiute-Barhe et de SaiiiLe-Calherine pour la philosophie, de Saint- Jérôme pour les trois langues, l'hébreu, le grec et le latin et ses attire» établissemenfB pour- les étudiants pauvres, son plan d*étude qui, calqué sur le modèle de la Sorbonne, donnait à la théologie la place d'honneur, ses quarante-deux professeurs et ses innombrables élèves, l'université naissante conGroia la parole de François I*"* : « Ximénès a accompli, dans Tespiice de peu d'années, une œuvre à laquelle beaucoup do rois de Fnince ont travaillé pendant des siècles. » Au nom de Coinplutuni se rattache étroitement la Bible polyglotte à qui cet endroit servit do berceau [Biblin hebr, chuld. ijr. et lat. nnnc primiiin impress/i ni ( <nit jdutensi Universilate de mandatu et sumliù. J'r. Ximeties de Cisneros, iudustna Am, W, de Broeario, 6 vol. .in-fol., 1314-17; voyez S. Berger, art. Polygiottei 9i h Bible au seizième iiècte, Paris, 187U, p. 49). — L*a^ - chevéque qui, à Grenade, s'était opposé i la traduction de la Bible ea arabe, dans la crainte « de jeter les perles devant les pourceaux » entreprit cette œu^Te monumentale avec le concours des hommes les phll compétents « afin de faire refleurir l'étude des saintes Ecritures à pou près éteinte au sein de la cliréticnté n [Prol., vol. I'*'^]. P. de Quiritauilla \^Ar< lietijio) raconte que souvent Ximénès présidait aux réuiii'»u> et que, d'après l'avis des docteurs, c'était lui qui rés<dvait les difticultés et, bien qu'ils lussent tous versés dans les saintes Ecritures, ils s'acc^^rdaientàlui donner la palme ; car, pendant plus de quarante ans, il n'avait pas professé d'autre science et n'était pas sans connaissances philologiques. Quand Brocario lui envoya le dernier volume (le 4<>), le 10 juillet 1517, Ximénès rendit grâces à Dieu, et puis, se tournant vers son entourage : <( Il n'est pas d'œuvre, dit-41, dont j'aie à me féliciter davao* tage, car elle fait jaillir les saintes sources de notre religion à une époque qui en a partieulièrement besoin. Là, on viendra puiser une théologie plu> [Mire ({ue n esl celle qui provient des ruisseaux et canaux qui eu découlent. » D'autres ••ntreprises liltéraires témoignent de la vive îoliicitud. d( Ximénès pour l'instrucUon du clergé et l'éducation du peuple. Il chargea Juan Yergara de' publier une édition complète des œuvres d'Aristote; mais la mort de TaFcbevéque entrava la réalisation de ce plan. Par contre, les ouvrages d'Alonso Tostatus, évéque d'Avik (mort en 1 les lettres de Catherine de Sienne, les écrits édifiants de sainte Angela de Foliguo, de l abliesse Mechtilde, de saint Jean Climacus, de Vincent Ferrer, de sainte (Ilaire et du chartreux Lan«lulpli ainsi que la liiûgraphie d»; Thomus Bi ket de Canturhury parurent par ses ^luns, et c'est à lui que l'Espagne iluit la conservation de sa liturgie nalionaie. 11 lit consiruirc une j>t'lle chapelle rn/j,us C/iristi), pour y célébrer lu messe et les heures canoniques d après le rite mozarabe et ordonna au chanoine Âlonzo Ortiz de revoir et d'imprimer le texte des livres litur^ giques de l'ancienne Eglise espagnole. En 1500 ou en 1504, i'ouviage sortit des presses, sous le titre de : Miisak mixtum^ eeemdum regulm

XlAUiiNÈS 49Ï

Beati Itidori, dietum Mozarabei (voyez art. Liturgie). Cette liturgie» source précieuse de Thistoire du culte et de la vie religieuse en Espagne, pendant les premières périodes de son développement, mais dont on ne

connaîtra toute la portée que lorsque tous les anciens mànuscrîts auront été collationnés, se distingue des autres productions de ce genre par plusieurs particularités dans la manière de célébrer la iiiesso, dans l'ordre des jours de iete et les leçons l)ibli([ups. par un grand nombre d'éléments empruntés à l'église grecque et par dos variantes significatives dans l'expression de certains dogmes religieux. Elle compte entre autres six dimanches de l'Avent et huit diinanciies de l'Epiphanie et, comme la féte de la patronne de Tolède» sainte Léoeadie, figure parmi les jours fériés de premier ordre^ 0ams {£irehmg. v. Spanien, l, 47-17 ; 8Ei-85 ; II, 186-309) présume avec raison qu'elle est, dans ses éléments constitutifs, la liturgie de l'Eglise de Tolède. EUea été réimprimée par A. Leslee (Rome . 1 755), par l'archevêque Lorenzana (Rome 1804) et par Migne {Patrol. latina, Paris, 1850). — Par la puissance de son génie organisateur, Ximénès est devenu le fondateur du mouvement réformateur qui transforma l'Eglise catholique au seizième siècle. Ti'indomptable persévérance dunt il lit preuve dans la réforme de sun ordre se manifesta également dans les dispositions qu'il prit pour combattre les vices et les injustices du ekrgé, corriger les abus de Tadministration et inculquer a tous ses subordonnés des principes rigoureux d'ordre et de discipline. Il continua les traditions inaugurées par le concile de Tortosa (1429) qui prit des mesures contre les clercs indignes et par celui d'Aranda, tenu en 1473, por A. Garillo, dont les canons insistent sur la nécessité d'instruire le peuple dans les vérités <le la foi et réclament des prêtres capables et intègres pour la prédication et la cure d'àmes (.1. Saens de Aguirre, ■CoUect. max. Concil. oinn. Jlisjj., t. V, p. 3^1 et ;{42, Rome. 1755). Dans deux conciles, Ximénès prescrivit la diminution des frais de procès, Tintroduclion des registres de baptême, la célébration de certains Jours de féte, ordonna aux pasteurs de .présenter un rapport sur tous les cas graves à l'autorité centrale et fit composer un inventaire des bénéfices et des revenus ecclésiastiques. Gomme Fernando de Talavera à Grenade, il s'appliqua en outre à introduire la vie canonique au sein du chapitre, et, muni par un bref d'Alexandre VI, daté du 23 juin 1497, du droit de juridiction sur tous les membres du clervré, il coupa court à toute immixtion du saint siège dans les affaires intérieures du diocèse. Veillant avec un Soin jabui.x sur les droits de la couronne et de l'épiscopfit. il les défendit contre les empiétements de la curie avec l'autorité que donne la sincérité d'une conviction arrêtée. Eu même temps, il ouvrit des maisons d'éducation pour les jeunes filles pauvres, créa des hôpitaux et des couvents, fonda des greniers de blé et consacra une grande partie des revenus du diocàse au* soulagement des misères humaines. Si l'on excepte l'attitude réservée vis-à-vis de Rome, h'< hilhios tendances réformatrices se retrouvent les années subséquentes dans plusieurs diocèses de la chré- t tienlé catholique. Elles signalent l'œuvre entreprise par llermann de \Vio<l cl le concile de Coloune célébré en 1536 el celle <jui rendit le nuai de M. Giberti, évéque de Vérone (mort en 1543), à jamais célèbre

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et reçoivent, au concile de Trente, une consécration officielle. — U vieillesse amène d*ordinaire un affoissement graduel des forces physiques et des facultés de Tesprit. Chez Ximénès, au contraire, la dernière période de sa vie fut celle de l'épanouissement le plus complet des riches dons de sa nature extraordinairn. Appelé, à la mort d'Isahclle df Castille (1504) à géror les affaires publiques de son pays et à négocier entre Philippe le Beau et Ferdinand, placé même, à la mort de Philippe (15 septembre loO()). à la ièie du [gouvernement, il s acijuitla de ça tArhe aussi compliquée que délicate, pendant l'absence de Ferdinand en Italie et au milieu de troubles sans cesse renaissants, en homme d*Etat calme et pleinement maître de la situation. Pour lui témoigner sa reconnaissance, le roi, dont il avait gagné, la confiance la plus entière, obtint du pape Jules II le chapeau de cardinal (47 mai 1507). Bien plus, comme à la même *'{Mi({ue. les rigueurs de Diego de Deza et le fanatisme de don Diego Hodrigur z de Lucero provoquèrent en Andalousie un soulèvement redoutable, il renvoya Deza dans son diocèse et remit la charge de grand inquisiteur à Ximéuès (1 oct. l.>07 . On ne sait que peu de choses de sou administration. Les complications politiques l'empêchèrent d'accorder ù l'inquisition toute l'attention et tous les soins qu'il lui eût consacrés en des temps plus calmes. Néanmoins, après Torquemada et Den. son administration parait douce et équitable. Il s'appliqua ù apaiser les esprits, sauva de Topprobre d'un jugement la mémoire vénérable de Talavera que Diego de Deza avait osé attaquer, prit des mesures sévères contre les faux témoins et rétablit, par ses procédés mesurés, Tonire profondément troublé par le retentissant procès que Lucero avait commencé à intenter aux ciloyens les plus honorables de Cordoue. 11 | -otégea Antonio de Lehrija en levant l'interdit dont linquisifioii as:-' frappé ses livres et se montra favorable à Pierre de Lerma et à .laan Vergara qui se trouvaient sous le coup de condamnations analogues. Il veilla sur la procédure, augmenta le nombre des tribunaux et donna à ^o^ ganisationde Tinquisitilion la forte unité qui lui faisait dé&ut (Fr. J.-G. Rodrigo, Hist. verdad.àe la Inqvuieion^ II, ch. 26 et 32, Madrid, 1877). Lorente {Hist. cril. de V Inquisition d^Esp.^VW p. 255) fixe à 51,167 le nombre des victimes frappées sous le troisième inquisiteur général : 2, i53t> personnes brûlées en réalité. 1,308 brûlées en effigie et autres condamnées à des pénitences. Mais il ne donne aucune preuve de l'exactitude de ses calculs, et ne mentionne que quatre procès jugés pendant son administration U. I, p. 301 ss.). — A cette époque, l attentiou de Ximénès était absorbée par des événements plus importants. Les progrès rapides des mahométans et leur domination sur la Méditerranée étaient Tobjet de sa constante sollicitude. Il méditait une croisade gcnéiale contre les infidèles et, pour préparer Texécution de ce vaste projet, il jets les yeux sur l'Afrique dont la conquête assurait à TEspagne la suprématie sur la mer tout entière. Pierre Martyr raconte {Sp»i i, C\ep,ili) que de tout temps il prenait un plaisir particulier aux récits et aux appareils guerriers. Aussi ne faut-il pas s'étonner de le voir à la tctc des troupes s'emparer de la ville d'Oran 1 10 mai [."iGHi. N'a-t-il pas été plus tard (eu lolGj le créateur de la milice uatiouale et n'a-t-ii pas travaillé

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à améliorer Tétat de la flotte? L'expédition d'Oran devait être le point de départ d'une guerre générale contre les Turcs. Mais la situation politifjue de l'Europe centrale, rattitiido hostile de la France, la détresse de Jules II, menacé de destitution par Louis XII et le cont-ile assemblé à Pise, Sous la présidence du c^irdinul de Sainle-Groix. Bernard Carvajal, délouriièreul le roi el l'archevêque de leurs vastes et lointains projets. Ferdinand accueillit avec empressement les sollicitations que le pape lui adresaa dans 8a lettre du 18 mai 1511 et par son léguât aux Gortèa de Burgos, au mois de novembre de la même année* Heureux de donner à Ba imlitique égoïste et habile un prétexte aussi élevé, il consentit volontiers à conclure avec le pape une ligue qui facilitait îl ses troupes la con* quête de la Navarre et l'anéantissement de la domination française en Italie. Quant à Ximénès, il seconda le pape avec un zélé et un dévouement à toute •'■preuve. Il s'empressa d'introduire en Espagne les canons du concile de Latran, et avec le coup d'œil du génie qui le caractérise, il soutint les projets de réforme du calendrier Julien, préparée par Léon X et mise en exécution soixante ans plus tard par Grégoire Wil'. Mais, malgré sa dévotion, il conserva vis^-^s de Rome Tesprit d'indépendance qui a toujours caractérisé Téglise espagnole. Il blftma la vente des indalgenœs (1514-16) comme relâchant le nerf de la discipline du peuple (;^rétien. s'éleva avec force contre les exemptions que Ton avait coutume d'obtenir à Rome et, en 1517, il refusa d'accorder la dlme que le pape demandait à prélever sur les revenus ecclésiasti<jne=;. — Le 23 janvier 1516, Ferdinand mourut, et, au mois do r-eptembre 1517, Charles aborda en EIspagne. Le temps qui s'écoula entre ces deux dates l'ut l'époque la plus agitée de la vie du cardinal. Chargé de la régence <le la Castille, il s'appliqua à conserver le royaume à Charles. Surveillaut de près le jeune infiânt Ferdinand, brisant sans pitié la résistance des grands, combattant ' énergiquement toute velléité de révolte contre l'autorité reconnue, il s'appliqua à foire face aux exigences toujours croissantes de . la cour belge. Mais, tout en soulevant le mécontentement du parti national, il na réussit pas à désarmer la défiance du jeune monarque. Celui-ci ne décessa pas de le faire surveiller par son agent Adrien d'L'trecht, et, k son arrivée en Espajjnc. nli»'iss;nil aux suj.'^gestions du \rir\\ belge qui redoutait l'ascendant du cardinal sur son jeuui- es[)rit, il évita de se rencontrer avec lui et congédia par une lettre le lidèle serviteur ((ui avait cousiicré sa vie entière au service de la grandeur de sa maison. Ximénès, dont le regard, à la fin de sa vie, embrassait l'Amérique, qui soutenait Las Casas dans ses tentatives d'améliorer le sort des Indiens et dans des instructions données à une commission d'enquête, jetait les fondements d'une politique coloniale chrétienne, s'incinia sans murmure devant les dispositions prises contre lui. Toutefois François Ruys. son ami, raconte qu'il n'eut jamais connaissanee du dernier c<iup qui le frappa, La maladie, dont il souffrait depuis plusieurs mois et qu'on a, quDiijiie •à tort, attribuée au poison, ayant fait de rapides progrès, son entourage ne put plus lui communiquer la décision royale. Il mourut le 8 novembre 1517, à Tàge de quatre-vingt-deux ans. Jn te, Domine, speravit furent ses dernières paroles. — Représentant illustre d'un âge qui

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touche à sa fin, Ximénès comprit les temps nouveaux et en fut un promoteur aussi ardent que convaincu. Membre influent de la féodalité, il mit son pouvoir au service du roi pour briser la résistance et la puissance territoriale des grands d'Espagne. Ardent chevalier de la rmisade, combattant pour rivjlisr' avec le fer et le feu, il fonda un rentre d'études, foyer vivant de l'esprit iuunaniste. Propajrateur et protecteur de l'inquisition, il fit imprimer la Bible dans les langues origrinales. Il semble pres(|ue que le grand contraste <[iii doniine l'Espagne physique et qui donne à l'histoire de ce pays un cachet particulier se fonde en lui en une merveilleuse unité, sous l'empire de l'indomptable énergie qui distingue son caractère et qui met toutes ses pensées et toutes ses actiem au ser?ice d*une seule et grande idée : le triomphe de l'Eglise. D a été grand par ses actes, plus grand encore par Tesprit de renoncement qoH a déployé. Il a pleinement réalisé la parole de saint Bernard : « L*idéal le plus élevé" et le plus difficile, c'est d'agir sur le monde en renonçant à son esprit 1 » On a de lui des lettres : Cartas del Cardenal don Fmtj Francesco Jimenez de Cisneros, dirigidas a don Diego Ijypez de Ayala (vicaire général à Tolède), publicadas par. D. Pascual Gayangos y don Vie de Lfi Fuente, Madr., ISHT. — Les biographies les plus importantes sont: Alvari (îomecii de Castn», Toletaiii, De vUn i'( rrhtis ;j*'sth n Fr. Tîwe/j/o, lih. VIII, Compl., i-itiO, Francf., 1581; dans Scliott, Iltspmva il/ust., Francf.. 1003, t. I, p. 027-U56 ; Pedro de Quintaniila y Mendoza, Arclietypo dr rirfudcs^ Fapfjo de Preladas, cl venC' rable padre y siervo de Dios Fr. Ximenes de Cisneros, Palcrme. 1633; ouvrage publié & l'époque où Philippe lY était en instances auprès do saint siège pour obtenir la canonisation du cardinal, 165IK-55 ; E. Fié* chier, tiist. du card. Ximenès^ 1603, in-4«, Amst., 1603, in-12, 2 vol., et l'ouvrage classique de J. Hefele, der Card, Ximenes u, die kirchl. Zur stàndeSpaniens am Ende des 15 u. Anfange des 16 Jahrkunderts, Sédit., Tub., 18.*îl ; il en existe trois traductions françaises; cf. V.-G. Amo, Mem.dr h Real Aradctnia de Hist., Madr., 1836; Léonce de Laverçue, Itrrun drs Deux- M ondes, t. XXVI» mai, 1841 ; Havemann, Don Fr. Ximenes, (io tting., 1848; Gams, Kirchg, von Spanien^ IFI, fi. p. i9, 127, 139, Mi. Eug. Ster.\.

XISTE. Voyez Sixte (Suint).

YON (Saint), Jom'us ou .Eonius, prêtre et martyr. La légende le donne

comme compagnon à saint Denis de Paris; il eut pour centre de sa mission la petite ville de Chartres, sur l'Orge, qu*il ne faut pas confondre avec la ville «'•piscopale du mt^me nom. On pn^tend qu'il fut décapité sur une montagne distante environ d'une lieue de Chartres, le 5 aoi^t,

Digitizod by Gt)Ogl<

YON — YVES IIKLORI 503

jour auquel on célèbre sa féte. Voyez Tillemont, Mémoires, IV. — Le» f^^^es des Ecoles chrétiennes ont été appelés Frères de Saint- Kon, parce (]ii'ils avaient leur principal établissement à l'abbaye de Saint- Yon. près de Rouen.

YBIEIX (Saint). Aredins^ abbé do Limoges. n«'' vers 51 1, mort le âS août 591, jour de sa t'ôte, était issu de parents nobles el fut reçu au nombre des i^tUshommes de Théodebert, roi d*Aii8tni8ie. D'après le conseil de Nicée, évéque de Trêves, il quitta la cour pour se consacrer à la pénitence. U fonda dans le Limousin, vers 550» le couvent d*Alane, dont il fut le premier abbé ; il dressa pour ses religieux une règle em« pnintée aux institutions de Gassien et de saint Basile.

YVES iSaint), Ivo, évf^ipie <lo Chartres, né sur le territoire do Heauvais, vers 1040. mort î\ Chartres on 1115. Il tormina ses étudos à rabl)aye du Bec, où il eîit LKUifranr pour niuîlro et Anselme de Cantorhéry pour condisciple. Il était clianoine de >iosle, en Picardie, lorsqu'il futa|)pelé, vers l'an 1075, à diriger l'abbaye de Saint-Quentin-dc-Beauvais. Il y ouvrit une école, dans laquelle il enseigna lui-même la théologie. En 1081, il assista au concile dlssoudun et fut promu à l'épiscopat en 1091. n s*éleva contre Philippe I*, qui avait répudié Berthe pour épouser Bertrade de Montfort; aussi ce prince, irrité, le fit-il mettre en prison, et Yvo? support.! cottexaptivité, qui dura près de deux ans, avec autant de lernjoté (juo de douceur. Rendu à la liberté, ce prélat favorisa la fondation du monastère de Tiron. On a de lui : 1" uiio colloctinn de Canons, divisée en deux parties : la première sous lo nom de Pannormia^ Bàle, 1499, in- i*^' ; Louvain, 1557, in-H*' ; la deiixiomo sous le nom de Decretum, Louvaiu, 1501, in-foL; 2'^ des Lettres, Paris, 1584, in-^", et 1610, in-8>; 3»de8 Sermons, Col., 1568, in-fol.; 4« un Mierologue »ir ks rites ecfilénasdfjues, partie d'un ouvrage plus considérable intitulé : De officUs ecclesiastieis, Paris, 1510, in-4«»; 15t7, in-24. Uabbé Souchet a donné une édition des CEuvres complètes de saint Yvos, Paris, 1647, in-fol. — Voyez Si-obert, De vir. 4ilustr., c. CLXVllI ; (îpolTroi de Vendôme, Epist., Il; Hisl. lifter, de In France, X ; Ceillier, Hist. rfe.s aut. sacr. rt eccl., XXI. i23 ss.; le P. Fronteau, Vie de saint ) i'e,<. Par., 1G47, dans Fabricius. Hecueil des opuscules du P, Froth teau, Hamb., 1720, Vérone, 1733.

ÎYES HELORI (Saint), patron des avocats, né en 1253, à Ker-Martin, près de Tréguier, mort en 1303, étudia le droit à Paris, Orléans, Rennes, se fit partout remarquer par ses austérités et par sa charité^ fut ofifidal à Rennes et à Tréguier, reçut les ordres, devint recteur ou curé de Trédes* près de Lannion, puis de Lobanoec, et mérita le surnom à'Àcncat despnni'res, pour avoir souvent employé son talent à les défendre. On célèbre sa féte le 19 mai.

m ZAHAllKLLA — ZABULON

ZA6ÂRELLA ou de Zabarellis (François), cardinal, né à Padoue, en 1339, mort à Constance, en i4i7, canoniste célèbre, et aussi distingué par la pureté de sa vie et la loyauté de son caractère que par sa science. Il étudia le droit canon à Bologne et l'enseigna avec un grand succès à Padoue. Sa ville natale ayant été soumise par Venise, Zaïabella émigra à Florence pii il se fit tellemcut aimer et estimer par sa vertu, son éloquence et Son savoir, que, la chaire épiscopale étant devenue vacante, il fut élu pour la remplir ; mais cette élection ne put avoir lieu, lo pape rayant prévonur. Zaharolla fut ensuite appelé à Homo par Boniface IX, qui Ir cimsuita sur \o<. moyens do l'aire cesser \o scliisinc. Etant retourné à Padoue, il tut nommé areliiprètre à la ratlu'flrale et se distingua par SOS {jfraudes liliéralités à l'é-^ard des pauvres. Il refusa l'évéché de cette Tille; mais Jean WIII, ayant été élevé au siège de Rome, lui donna rarchevéché de Florence, et le créa cardinal en 1411. Il fut envoyé en ambassade par le pape, avec le cardinal deChalantet Emmanuel GlûyMh loras, auprès de l'empereur Sigismond, touchant le concilede Constance. Il y parut avec le plus grand éclat, remit au concile un Mémoire sur les réformes administratives delà cour romaine, jprit part aux délibérations relatives aux mesures qu'imposait la fuite du pape, ainsi qu'aux déclarations sur la suprématie des conciles œcuméniques, et aux négociaiions avec Jean Huss qu'il s'efTorça en vain d'amener à abjurer ses erreurs. L'activité tiévreuse qu'il déploya pour la cessation du schisme et la réforme de l'Egliso provof|ua sa mort. S'il avait vécu quelques mois de plus, il eut été n(»mmé i)a[»e à l:i pince de Martin V. Parmi ses nombreux écrits, nous si<.Mialerons : 1*' CmisiUa. Venise, 158:î ; 2'* In Vftu.< et ."Sov in/t Tf'stnim'iition rtnnuienlnrii : W'^ Coiiniu'nttirit in l)>'C7'et<il''> ('^ Clemoilinas, 6 \o\., 1()():2; -l*» JJr /loris C(^n'Hlin's : 5'* De FelicUnU libvi 111 ; G'* Variarum k>ium repeliliones, 1587 ; 7 " Acla in conriliU Fisano et Constanttemi ; 8"* Historia sui iemporis; 9* Commentam » naturalem et moralem phUosophiam ; 10*> De scAismate tractah»^ Bile, 1565. — Voyez Ugbelli, Jtalia $acra, III; Muratori, Seriptor, rer, italic, XVf, 198 ss.; Herm. v. d. Uardt, Magn. œcumen. Contient, coticU., I, 'VM ss.

ZABULON, Zeboulon, ZxCoyXJiv. — 1« sixième fils de Jacob et le premier de Lia (Gen. XXX, 10 ss.; XXXV\ ^3), frère dlssaschar (Deut. XXXIU, 18; Ezéch. XLVIII, 20), chef de l'une des dix tribus d'Israël (Gen. XLVI. 14), <iui déjà.ilans la marclie par le désert, était assez ii«'inbreuse (Nombr. 1, M) ss.; XXVI, i<i ss.. Elle reçut un territoire au ii"r<louest de lu Palestine [2 Chron. XXX, 10), à côté des tribus de Nepiilli^li)

ZÀBULON — ZAUiAlU£

an nord (Jos. XIX, 3i), et d*Aser à l'ouest (Jos. XIX, 21). Ce territoire . touchait à Test au Jac de Tibériade, à l'ouest, par le Garmel, à la mer Méditerranée (Gcn. XLIX, 13). I^s habitants de Zabulon participaient au commerce maritime des Phénicions (Jos. XIX, 10 ss.; cf. Josèphe, Antifj.^ 5, 1, 22). Poiidaïit la période des juges, ils durent tol/Tor des villes cananéennes ;iu niili»»u d'eux (Jug. I, .'iOi, et plus tard encore nous les trouvons mêlés aux Phéniciens (Es. VIII, 23 ; cf. l Rois IX, l ll. La Bible célèbre à maintes reprises leur vaillance (Jug. IV.; V, li. 48; VI, 35). Le prophète Elon était de Zabulon (Jug. XII, H). — 2** Nom d*ttne ville sur la firontiëre de la tribu d'Aser (Jos. XIX^ S7). Josëpbe [De bellojud,, 2, 18, 9) dit que c'était une forteresse de. la Galilée, si* Inée non loin de Ptolémais. Zabulon est devenu dans la suite un évécbé sofi&agant de Césarée. On trouve un de ses évéques, nommé Héliodore, parmi les Pères du premier concile de Nicée (Lequien, Oriem christ,, III, 67/0.

ZACHARIE, Za/ac^xç. — 1" roi d'Israël, fils de Jéroboam II. i[ni surcéda ?i son père en l'an 772 av. J.-C, niais fui assassiné au bout d<' six mois de règne par Schallum (2 Rois XIV, 2'J; XV, 8 as.). — 2" grand-prètre, fils de Barachie, qui, d'après Matth. XXIII, 35, fut tué dans le temple, sur les marches.de l'autel. C'est sans contredit le même qui (2 Ghron. XXrV^ 31) est appelé fils de Jolada et qui fut mis à mort par l'ordre de Joas. On peut ou bien admettre un lapsus memorim de l'évangéliste, ou mettre les mots de ût^ Bapx/i'ou, qui manquent dans Luc XI. 51, sur le compte d'une interpolation. Quelques commentateurs ont songé à Zacharie, fils de Bariirh. qui fut tué peu avant la destruction de Jérusalem par les zélotes dans le temj)lo fjosèphe. De bello jud., i, o, \ ; cf. Osiander. I)r Zachur. lif-mr/i. fUio, Tub., 1744]. — 3° prêtre juif delà classe d Abia, père de Jean-Baptiste (Luc I, 5 ss. ; III, 2^. Le Protévan" gUe de samt Jacques raconte plusieurs circonstances de sa mort (c XXIII ss.). Voyez Nicéphore, Hist eecl„ 2, A \ Thilo, Codex apoer.^

isrrss.

ZACHARIE, pape entre Grégoire III et Etienne IL de 741 à 7.^2, eut sa grande part dans la révolution qui mit Pépin sur le trône des Francs, en même temps qu'il sut obtenir du vieux roi Jes Lombards, Luilprand, les plus farauds patrimoines. L'empereur aussi lui donna des terres. Dans Home. Zacharie agrandit palais des papes au I^itran : il s'appliqua à coloniser la campagne rttmaine. Lg Livre pouti/ical loue ses vertus plus que ne le comporte un éloge ofiiciel ; sous son gouvernement, Rome fut heureuse. Zacharie traduisit en grec les Dialogues de saint Grégoire-le-Grand. 11 s'intéressa vivement au premier concile national germanique, en 742, et donna aux évéques francs ses vingt-sept Capitula en 747 ; il établit Mayence comme métropole de la Germanie, et Boni^ lace, avec lequel il entretint la correspondance la plus suivie, fut son ami et son ferme instrument. — Voyez les historiens de rK«;lise, et d'abord Baronius et Pagi : ceux de Home, en particulier la Piditik der Pn'pstp, de Baxmann, vol. I; IJi S. Zaccan'a jtdjin, Rome, 1880; Oelsner, Pippin, 1871 ; Ilefele, vol. III. 20 édition; Ilettberjr. I. Tous les monuments relatifs à Doniface sont eu dernier lieu dans les Monur

ZACllAKiE — ZANCUI

menta moguntina de Jaffé. Comparez les Regestes. V Histoire de lomt Benoîf, traduite en grec du latin, attribuée à saint Grégoire per Zachario, a ôUS publiée à Ronip, en 1880, par le P. Gozza.

ZACHARIE (Livre (lo), Le propliMe Zekaryali nous offre un curieux spécinn'U de la propiiétie post-exilienne. Son onivre se rapporteà l'époque de la restauration juive (environs de 250 avant notre ère). L inspiratiou, ^ devenue moins franche et plus pénible, a recours à des procédés littéraim douteux. Les aUégories du livre de Zacharie sont réputées pour leur obscurité, où les contemporains eux-mêmes ne voyaient sans doute pas fort clair. Nous n^avons point a£Eàîre ici à un prophète orateur, mais à un prophète écrivain. Toutefois à certains endroits les préoccupations locales se laissent reconnaître ; il y est question du grand prêtre Josué et de Zorobabel, les deux chefs, spirituel et temporel, de la colonie. Aux prophéties de Zach;irie chap. I-VllI du livre de ce nom) ont été joints d'autres morceaux, oii Wni s'accorde à reconnaître la marque d'une origine passablement plus ancienne (chap. IX-XI et XIl-XIV). Ces additions s'expli<^ucnt d'autant mieu.x (jXie les prophéties de Zacharie terminent le reeueil des douze ; les copistes ont fiieilement pris pour des parties intégrantes du livre de ce prophète des morceaux anonymes, qm lui étaient juxtaposés et avaient été relégués, faute d*un classement plus convenable, à la fin de la collection prophétique. Les chapitres IX- XI peuvent dater de la première moitié du huitième siècle avant notre ère; les chap. XII-XIV de la première moitié du septième. Ce second frajrment est particulièrement oltscur. — Voyez Reuss, Z-e* Prophètes^ t. 11. p. .TO-3(;2: t. 1, I77-ili;j et .'HT-IKIO.

ZACHEE, Zïx/ato;, clief des péa;.,aM-s romains à .léricho. Son désir ardent de connaître Jésus fut récompensé par la visite dont le Sauveur honora sa maison (Luc XIX, 2 ss.). Il était certainement juif de naissance ; son nom est hébreu et signifie le Juste (Esdras II, 9 ; Néh. YII, 14). D'après la tradition, Zachée fut le premier évéque de Gésarée [Const. apost,, 46; Reeogn, Ciement,, III, 65 ss.; ffomii. Clément,, Illf €3 ss.\

ZADOK. Vovez Saducéera,

ZAMBRI , Zimri, Za|xïpT,;, général de l'armée du roi d'Israid, Ela, «pi'il assassina lâchement dans un repas à Thirza (928 av. J.-C). Il s'enipar a du trône , extermina tous les descen<lnnls de Baasa cf. se voyant sur le point d'être pris par l'armée d'Israël t^ui avait proclamé roi Amri, il se brûla dans son palais avec toutes les richesses qui s'y trouvaient (1 Rois XVI, 9 ss.). .

. ZANCHI (Girolamo), Zanchius, célèbre théologien calviniste, né à Alzano, près de Bergame, en 1516, mort à Neustatdt, dans la Bavicre rhénane, en 1500, était (ils d*un patricien. Il entra dans l'ordre des

«rmites <le Saint-Augustin et se trouvait dans un cojivent à Lur^ies, lorsque Pierre Vertnigli lui lit lire les écrits de Luther, do Mélanrhthon et <le Calvin. Obligé d.- fuir Tltalie (1551 , Zanchi s'arrêta d'abord dans les (îrisons et à (îenrve, jMiis accepta une placede prort sscurderAncicn Testament à l'université de Strasbourg ; mais il ne tarda pas à entrer en lutte avec Marbach et ses collègues luthériens qui ne pouvaient loi

ZiVNCHl — ZANZIBAR

pardonner ses opinions calvinistes. De .part et d'autre» on dépensa beaucoup de fiel dans des controverses sans cesse renaissantes sur la dootrine de la prédestination et sur celle de l'ubiquité. Enfin, en 15^,

Zanchi, de guerre lasse, quitta Strasbourg pour se rendre d'abord à Ghiavenna d'où le chassa la peste, puis à Piuru où il composa ses MisctUanen thcoîogica, dans lesquels il expose sa querelle avec Marbach (1566). En 1508, il reçut un appel à Ileidelbcrg pour y enseigner la doginatiquo d'après l'Ecriture sainte et les Pères de l'Eglise, locos c ; Zanchi ne tarda pas à occuper le premier rang parmi les professeurs de l'université et contribua, par sou zèle et son activité prodigieuse, à introduire une discipline ecclésiastique sévère dans le Pala tioat. C'est à Heidelberg aussi qu il écrivit son ouvrage contre les anti* trinilaires : De tnbuê Èlohim sive de uno vero Beo seterno. Paire, PiUo ttSpiritu Saneto (1572), ses deux traités de philosophie religieuse : De natura Dei seu de divinis attributis (lo77) et De operibus fntra spaiium sex dierum crenfus, enfin un résumé de ses cours sur le Décalogue, J)e primi hominis lapsu, de prrrnfo et de lege Dei. Lors(praprès la mort 'le Fn''déric 111, la doctrine lutiu rienne fut introduite dans le Palatiiiat par Sun successeur Louis Yî, la plupart des professeurs durent (juitter le pays. Zanchi trouva un asile à Neusladt sur la llardt où il professa l'exégèse du Nouveau Testament (1578). Ses Œmtes ont été recueillies et publiées par Samuel Grispin. à Genève, 4619, 8 vol. ; elles sont une source indispensable pour la connaissance de la dogmatique calviniste dans le siècle de la scolastique protestante. — Voyez Gallizioli, 3/emork Isforlc/n' r liitrravir iutornn alla vila di G. Ztmehi', l'étude de M. Ch. Scbuiidl. dans les Stnd u. Krit., 1859, et son article dans la n^al l-uenkl., de Herzog, XVIII, 388 ss. ; R. Heuss, Hist, de CEglite franrmsc à Sti oshniir//.

ZANZIBAR. — L'ib> de Zanzibar, située sur la côte orientale de l'Afrique, à G degrés au sud de l'équateur, donne son uom à uu Etat musulman assez considérable, qui occupe sur cette edte une longue bande d*une largeur indéterminée. Depuis quelques années, l'attention de l'Europe C^est souvent portée sur cet Etat, moins à cause de l'intérêt qu'il présente par lui-même que parce qu'il estla voie naturelle pour pénétrer dansTintérieur jusqu'à la région des grands lacs de l'Afrique équatoriale. Zanzibar Pt les principales villes de la côte sont devenues des centres de premier ordre comme bases d'opérations pour les missionnaires, les explorateurs et les commerçants. — Lorsque les Portugais découvrirent cette côte, dans les premières années du seizième siècle, la population appartenait déjà en majeure partie à l'islamisme. Yasco de (iama et ses succesleurs prirent possession de Zanzibar, et dç quelques autres localités sur lesquelles les Portugais exercèrent leur «empire sans grand profit pour la civilisation et en pressurant horriblement les habitants. A la fin du dix-septième siècle, ces peuples appelèrent à leur secours un souverain musulman de TArabie, l'iman de Moscate, qui réussit, après de lon jues luttes, à expulser les Portugais, et annexa Zanzibar à ses Etats asiatiques. Cette province nouvelle de son empire devint peu à peu assez importante pour qu'au commencement de. ce siècle Timan jugeât à

508 ZAN/Jl'.All — ZELL

propos (l'aLandoiiner l'Aral>i«^ et de taire de Zaïizil.ar la capitale de so? Etats. Enfin, en ISriO, à la mort de l'iman Si Saïd, deux de ses lils se partagèrenl les Etats: l'un s'»*tal)lissant de nouveau à M oscate, l'autre restant à Zanzibar et conservant seulement les possessions africaines de son père. — Il n'est pas possible de déterminer exactement Tétendue et la population de ces Etats. Ils occupent la côte «ur une loDgaeur de 12 degrés environ ; mais leur firontière, du côté de l'intérieur, .n'est pas arrêtée d'une manière sûre ; de sorte qu'il n'est pas possible de dire, même d'une manière approzimathre, combien de sujets reconiiaissent l'autorité du sultan de Zanzibar. Dans l'ile seule de Zanzibar on compte environ 200,000 âmes; mais les états de terre ferme nourrissent une population dix fois plus ronsidérablf. — Les habitants sont nmsulmans. mais la proximité «les contives de l'intérieur, peuplées de païens, les rapports fréquents dr l'intérieur avocla côte, ont pour résultat qu'on trouve surtout dans les villes conmierçantes un assez grand nombre de paîenl. — Depuis le long règne de Si Saïd, de 1803 à 1856, la politique extérieure des sultans de Zanzibar suit des principes très différents de celle des autres souverains mahométans» et les autorités ne voient pas detrop mauvaisœil l'établissement de missionnaire8chrétiens,tantqueceuz-cise bornentàtravailleràla conversion des païens et nefontrien qui puisse inquiéter directement les susceptibilités musulmanes. Depuis que Zanzibar est devenue la porte d'une {grande partie de l'Afrique centrale, les missions catholiques et un grand nombre <le sociétés protestantes y ont fonde des établissements; mais le travail qui s'y accomplit directement ^l'a pas encore une grande imporlance, et les stations servent surtout de têtes de lignes au.\ missions qui s'enfoncent dans l'intérieur du continent vers la région des grands lacs. Vavchbr.

ZâËDÉE, Zi^loc, père des apôtres Jacques et Jean (MaMh. IV, 21 ; Luc V, 10 ; Jean XXI, 2). Il était pêcheur aux bords du lacdeTibériade, probablement à Gapemaam, et avait plusieurs aides (Marc T. 20) femme Salomé accompagna Jésus dans son dernier voyage à Jérusalem (Marc XV. M) ; XVI, 1 ; cf. Matth. XXYI, 56).

ZELATEURS. Voyez Zrlnfcs.

ZELL (Matthieu)* proiH«»teur de la Réforme et premier pasteur évangéliqueà Strasbourg, naquit à Kaysersberg (Ille-Alsace) le 21 sept. 1*Ï7. Il étudia successivement à Mayence et à Erfurt. Après un voyage en Italie, il suivit pendant quelque temps comme soldat les armées impériales. En 1505, il prit à Fribourg en Brisgau le grade de maître ès sHs, mais se voua bientôt exclusivement à la théologie. Vprts avoir enseigne la seolasti<iue à l'université fribourgeoise, dont il devint le recteur lo 11 oct. 1517, il fut nommé en 15 IH à la place de pénitencier épiscopal et <le curé de la paroisse de St- Laurent dans la cathédrale de Strasbourg'. Gagné aux idées nouvelles par l'étude des saintes Ecritures, par les «j"vrages de son célèbre compatriote (ieyler ainsi que par ceux de Luther, Zell connuenea, dès lannee 1521, son (Buvre réformatrice par des prédications sur répitre aux Romains. Son talent d*orateur populaire, sa grande piété et son inépuisable bienfaisance lui valurent une influence durable. Le premier, il célébra la messe en langue vulgaire et distribus

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