‹ Encyclopédie élémentaire de l'Antiquité ou origine, progrès état de perfection des arts et des sciences chez les anciensChapitre 10 sur 33 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

prendre la couleur et la forme. Cet art de les contrefaire, cou ou des Egyptien s, ainsi que des Grecs , qui le tenoient à la vérité de ces grands maîtres , comme nous l'appren» nent Pline, Théophraste , Senèque , Diodore de Sicile et Strabon ; cet art , dans lequel ils excelloient , surtoutpour l'imitation des rubis , des hyacinthes , des émeraudes et des saphirs , a été retrouvé dans le xv e siècle , par Hom* lerg f de l'Académie des sciences, et Ton est -rentré en possession de faire de ces pâtes ou pierres factices , qno quelques-uns appellent des compositions. Leurs couleurs sont dues à des oxides métalliques , et c'est de leur pré» paration que dépend leur vivacité. •

Une Perle est une concrétion contre nature, produite par la surabondance de l'humeur destinée à la forma» lion de la coquille et à la nutrition de l'animal qu'elle Contient ; cette surabondance d'humeur , après avoir clé stagnante dan s quelque partie, acquiert de la dureté avec le temps, et augmente de volume par des couches successives.

Les perles les plus estimées sont sphériques > mois il s'en fout bien qu'elles prennent toutes cette forme régulière j le plus grand nombre se présente en' forme un peli aplatie d'un côté, et convexe de l'autre j il y eu a môme dè longues, Leur couleur varie autant quêteur figuré, èt daus les perles blanches 1 , qui son; t les plus belles de toutes , le reflet apparent qu'on appelle eau est plus ou moins brilla nt.

Onditqu'une a une bel le eau, quand elle est claire et sans couleur. Celles de l'Orient ont une eau qui tiré sur l'incarnat j celles de l'Amérique tirent sur le vert, et celles du Nord aur le gris-de-lin) mais ces couleurs posseqtquand elles ont été portées, comme font toutes les autres perles > qui jaunissent , qui se détruisent au bout de quatre-vingts à cent ans.

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Cesl dans les huîtres, c'est dans les patelles et dans les oreilles de mer que se forment les perles , et encore n'y a-t-il ordinairement que les grands individus qui nous offrent cette production. Les perles les plus belles et les plus précieuses sont celles que l'on tire des mers chaudes de l'Asie. On en trouve aussi dans l'Amérique méridionale, mais elles sont moins régulières et moins estimées que les perles orientales '.

Le père Bouhours fait observer que les perles ont un avantage sur les pierres précieuses, en ce que ces dernières doivent leur lustre à l'industrie des hommes , la nature ne faisant, pour ainsi dire , que les ébaucher , et laissant à l'art le soin de les finir; au lieu que les perles ont d'elles-mêmes cette eau charmante qui en fait tout le prix : elles se trouvent parfaitement polies dans les abîmes de la mer, el la nature elle même y amisla[dernièremaiu>

lia flèche des perles chez les anciens , se rai soit princi» paiement dans la mer des Indes , entre le cap deOomoriri et le canal de la Croux. Cette pêche avoit lieu et a lieu encore à présent dan* une certaine saison de l'année. On met ordinairement les huîtres , les patelles ou les oreilles de mer dans de petites fosses de quatre à cinq pieds en carré, creusées dans le sable , où on les laisse jusqu'à ce que la pluie, le vent et le soleil les obligent de» s'entre ouvrir d'elles-mêmes , ce qui les fait bientôt mourir* Alors la chair se pourrit et se dessèche , de sorte que l'on en retire plus facilement les perles, qu'il suffit de nettoyer et de faire sécher. » v

• Une découverte intéressante est celle que Lihnée , premier médecin du roi de Suède , fit sur les perles en 1 760. Ce grand naturaliste eut l'idée de faire produire des perles aux simples moules de rivière, moyennant une nourriture convenable qu'il leur fit donner, et que Von soupçonne être oV Veau chargée de molécules pierreuses.

La Soie est une de ces choses dont on s'est servi pendant plusieurs siècles chez les Asiatiques, les Africains , et chez plusieurs peuples de l'Europe , sans que ces derniers sussent d'où elle provenoit, soit que ceux chez qui elle se trouvoit donnassent peu d'accès aux étrangers, soit que jaloux d'un avantage qui leur étoit particulier , ils appréhendassent de se le voir ravi par d'autres.

Aristote ( 384 ans avant l'ère chrétienne ) est de tous les naturalistes celui qui a donné la description d'un in- ■ secte le plus approchant du ver à soie, et, 4oo ans après, Pline a répété , dans son Histoire naturelle , exactement le même fait. Pausanias , qui a écrit quelques années après Pline, est le premier a nous apprendre que ce ver nous vient de l'Inde.

Personne n'ignore maintenant que c'est de la coque* ou du cocon que file ce petit ver, qu'on tire les différentes qualités de soie qui servent au luxe et à la magnificence des riches; mais ce dont beaucoup de personnes ne se doutent pas, tant cela est étonnant et merveilleux , c'est que l'on trouve dans chaque cocon plus de 900 pieds Je fil , et que ce fil est doublé, et Collé l'un sur l'autre dans toute sa longueur, ce qui revient à près de deux mille pieds de fil; c'est qu'encore on peut d'une matière si fine, si déliée , et qui échappe presque à l'œil , composer des étoffes aussi fermes, aussi durables, et d'un éclat, d'une beauté si merveilleuse, que le sont celles que l'on fabrique avec la soie.

Ce n'est que bien tard que l'usage de la soie a été connu en Europe, l'empereur Héliogabale, a 18 ans avant l'ère chrétienne, est le premier qui en ait porté des habits; Aurélien ( l'an 230 ) refusa à l'impératrice sa femme un vêtement de soie , qu'elle lui demandoit avec instance : aux dieux ne plaise , lui dit-il , que f achète du JU au poids

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de Cor. Cependant comme l'usage de cette précieuse matière- pour les habits et pour les ameublements devint , malgré son prix exorbitant , de plus en plus général à la cour des empereurs grecs , qui imitoient et même surpassoient les souverains de l'Asie, en splendeur et en rnagni« ficence, l'empereur Justin ien (l'an 627 de l'ère chrétienne) essaya , par le moyen de son allié le roi chrétien d'Abyssinie, d'enlever aux Perses une partie du Commerce de la soie; ses efforts furent inutiles , mais au moment où il s'y attendoit le moins, un événement imprévu lui procura la satisfaction qu'il désiroit.

Deux moines persans employés en qualité de missionnaires , dans quelques-unes des églises chrétiennes , qui étoient établies en différents endroits de l'Inde , s'étoient ouvert un chemin dans le grand et le petit Thibet, et les contrées voisines, telles que Cachemire et quelques autres vallées des pays montagneux, où naissent l'Indus et le Gange. Là , ils observèrent les travaux du ver à soie , et s'instruisirent de tous les procédés , par lesquels on parvenoit à faire de ces pro= ductions cette quantité d'étoffes dont on admiroit la beauté. La perspective du gain , ou peut-être une sainte indignation de voir des nations infidèles, seules en possession d'une branche de Commerce aussi lucrative , leur fit prendre sur le champ la route de Constautinople, emportant avec eux des œufs de ces étonnants insectes, dont ils avoient eu soin de remplir des cannes , creusées en dedans. Us les firent éclore dans la chaleur d'un fumier , les nourrirent des feuilles d'un mûrier sauvage, et ces vers multiplièrent et travaillèrent comme dans le climat où ils avoient attiré , pour la première fois , l'attention et les soins de l'homme.

Bientôt on éleva un grand nombre de ces insectes, et on établit des manufactures considérables dans les

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différentes parties de la Grèce, à Athènes , à Thèbes , à Corinthe, et surtout dans le Péloponèse. Mais ce ne fut qu'environ l'an n3o, que danaJa Sicile , gouvernée alors par le roi Roger, on éleva, avec le même succès, des vers à sole , et que ce pays fut imité de loin en loin par les différentes villes d'Italie; dès lors il se fit un grand changement dans la nature des rapports commerciaux de l'Europe et de l'Inde.

ARTICLE VI

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