‹ Encyclopédie élémentaire de l'Antiquité ou origine, progrès état de perfection des arts et des sciences chez les anciensChapitre 11 sur 33 · OBJETS DE COMMERCE CHEZ LES ANCIENS. DÉCOUVERTE DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

OBJETS DE COMMERCE CHEZ LES ANCIENS. DÉCOUVERTE DES MÉTAUX

L'or, l'argent, l'étaiii, le fer, le cuivre, le plomb, les toiles, l'ivoire, l'ébène, le bois de cèdre, les esclaves, les chevaux, les mulets, le froment, le vin , les bestiaux et d'autres marchandises étoient avec les aromates , les pierres précieuses et la soie, les objets de Commerce chez les anciens.

La découverte des métaux est probablement due au hasard : mais c'est aux besoins et à l'industrie des peuples qui se sont adonnés à la culture de la terre , que nous devons la métallurgie, c'est-à-dire, l'art de travailler les métaux, et celui de les faire servir à tous les usages auxquels ils sont propres ». Sans cette connoissance , dont les différentes branches sont d'un intérêt si majeur , l'agriculture

* Métallurgie. C'est l'art de travailler les métaux, de les tirer de la mine , de les séparer des substances arec lesquelles ils sont mêlés dans le sein de lu terre , afin de leur donner l'état de pureté qui les rend propres aux différents usages auxquels nous le* employons.

n'auroit fiait aucun progrès, et on ne l'eût jamais portée au point où nous avons vu qu'elle Fa été dès les premiers temps chez certains peuples. On en doit dire autant de presque tous les arts mécaniques, qui n'ont commencé à acquérir une sorte de perfection que depuis l'usage des métaux.

Il est difBcile de pouvoir déterminer comment f où , quand, et par qui s'est fait cette découverte. Il u'est pas plus aisé d'expliquer de quelle manière l'homme a trouvé l'ait de les préparer, et d'en tirer les secours qui lui sont nécessaires.

Les peuples de la haute antiquité ont regardé l'invention de la métallurgie comme quelque chose de si merveilleux et de si extraordinaire , qu'ils ont cru en être redevables aux intelligences célestes ; mais sans nous arrêter à une origine aussi illustre , disons qu'il est présumable que les métaux ont dû être connus d'abord des peuples cultivateurs , qui auront été forcés par la nécessité de chercher promp= tement des matières propres à fabriquer les outils dont ils avoient besoin. Les Egyptiens, un peu moins enthousiastes, faisoient honneur de cette découverte à leurs premiers souverains ; les Phéniciens , à leurs anciens héros.

Quels que soient les premiers inventeurs de la métallurgie, la découverte des métaux ne leur aura pas coûté de grandes recherches : les pluies , les inondations , les torrents auront mis les métaux entre les mains des premiers hommes; mais

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il n'en est pas de même de l'art de les travailler ; il est assez difficile de comprendre , et plus encore d'expliquer comment on y est parvenu. Ce n'est que par le moyen du feu , que nous pouvons rendre les métaux propres à nos besoins et à nos usages ; et avant de pouvoir les forger, il faut les fondre et les affiner. Ces opérations sont assez difficiles , et exigent des procédés très raisonnes et assez délicats : la fusion est le premier moyen que l'on emploie pour y parvenir.

On peut croire que les volcans auront contribué à donner quelques notions de la métallurgie. Le dégorgement des minéraux qui sortent de temps en temps de ces fourneaux naturels, auront été, avec assez de vraisemblance, une des premières causes des recherches qu'on aura faites sur l'art de travail- 1er les métaux par le feu.

Les anciens écrivains se sont cependant assez généralement accordés à reporter cette découverte , à l'embrasement des forêts plantées sur des terres qui renfermoicnt des métaux : la violence du feu ayant selon leurs récits , fait fondre le métal , on le vit couler et se répandre sur la surface de la terre.

Néanmoins quelques idées que Ton se fasse de ces sortes d'accidents, l'esprit ne seroit pas entièrement satisfait, et il resteroit bien des difficultés à résoudre, si l'on jugeoit des anciennes mines par l'état et la qualité de celles que l'on exploite de nos jours. La fonte des mines exige communément de grands

travaux et de grandes précautions; mais il faut faire remarquer que dans le temps dont nous parlons, la fonte des métaux et des minéraux ne devoit pas à beaucoup près être aussi difficile qu'elle Test devenue présentement. Dans les premiers siècles après le déluge, on devoit trouver ordinairement les métaux à la surface de la terre , ou du moins à une médiocre profondeur, soit qu'ils y eussent été déposés par les torrents , soit que quelque incendie les eût fait couler des montagnes. Dans cet état ils ne sont point mélangés de corps étrangers; et alors ils sont beaucoup plus aisés à fondre et à affiner que les minerais tirés du sein de la terre. lies anciens parlent de plusieurs pays ou Ton ramassoit beaucoup d'or qui n'avoit pas besoin d'être purifié : nous connoissons des contrées qui jouissent encore de cet avantage. On trouve dans plusieurs cantons de l'Afrique de l'or vierge si pur, que sans le secours d'aucun dissolvant et avec le feu seul , on le convertit en lingots d'une excellente qualité. Plusieurs écrivains font mention de grains d'or naturel d'une grosseur prodigieuse : on en a vu qui passoient cent marcs. Un voyageur moderne (Gyrard) dit avoir vu une branche d'or massif longue d'une coudée. Ce lingot qui étoit très pur, avoit été trouvé dans la rivière de Couesme au royaume de Mozambique. On rencontre fréquemment au Pérou des morceaux d'or vierge de plus de huit et dix marcs, et quan« tité qui pèsent plus d'une once ; cet or n'a pas

ioG encyclopédie de l'antiquité.

besoin d'être fondu ni affiné. L'or enfin que Ton recueille abondamment dans quantité de rivières et de ruisseaux , est du plus haut aloi , et il ne faut pas beaucoup d'apprêt ni de feu pour le fondre ; on en trouve même dans certaines rivières (celle des Amazones) de tellement purifié, qu'au sortir de l'eau il est ductile et malléable.

Les premiers hommes auront éprouvé la même facilité dans la fonte de l'argent et du cuivre. Us ont du, dans les commencements, rencontrer également ces métaux naturellement purifiés et dégagés îles corps étrangers qui retardent aujourd'hui les opérations de la fonte. On connoîssoit autrefois, et Ion connoît encore aujourd'hui des rivières qui roulent de l'argent et du cuivre; souvent aussi ces métaux sont entraînés par les torrents , et déposés à la surface de la terre. Alors on le* trouve purs et sans aucun mélange, et même en masses considérables. On découvre assez fréquemment des (ils d'argent pur , entortillés en pelotons comme du galon brûlé. Dans certaines contrées du Pérou , il suffit de creuser légèrement dans le sable pour en tirer des morceaux d'argent vierge. Il y eu a qui pèsent jusqu'à soixante et même cent cinquante marcs. Cet argent vierge est malléable , et n'a besoin d'aucune préparation pour élre travaillé.

Il en est de même du cuivre. Le? anciens parlent de pays où Ton en trou voit de naturellement

purifié. En divers endroits de la Louisiane et du Canada, on ramasse du cuivre rouge fort pur.

Plusieurs fois il s'est présenté des morceaux de ce métal du poids de cent cinquante quintaux dans une condition si parfaite de purification , et propres à être mis en oeuvre. Souvent on en trouve en filets ramifiés.

Au surplus, de quelque manière qu'on ait découvert le secret de fondre et de purifier les métaux, la connoissance en remonte à une très haute antiquité. Job parle de la manière d'éprouver l'or par le feu. La quantité d'or et d'argent que nous voyons répandue dès les premiers siècles chez plusieurs peuples doit nous faire juger que l'art de tirer les métaux des mines , et celui de les fondre et de les purifier, a été connu de très bonne heure dans bien des contrées.

Il a dû se passer quelque temps avant qu'on ait trouvé l'art de forger les métaux, et de les travailler convenablement à l'usage auquel on les destine. Toutefois les anciens plaçoient à des temps très reculés l'invention du marteau, de l'enclume et des tenailles. Les Egyptiens attribuoient ces découvertes à Vulcain , un de leurs premiers souverains. Pline en faisoit honneur à Cynire , roi d'Assyrie , père d'Adonis , époque qui remonte également à la plus haute antiquité. Enfin il est parlé dans Job de l'enclume et du marteau.

On ne peut douter en effet que l'art de forger les

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métaux n'ait été connu très anciennement dans quelques contrées de PAsie et de l'Egypte.

Les métaux que les hommes auront travaillés les premiers auront été ceux qu'ils pou voient se procurer le plus facilement > et dont la manipulation est la plus aisée : l'or, l'argent et le cuivre réunissent toutes ces qualîtés. On aura même employé dans les commencements l'or et l'argent à bien des usages auxquels la nature ne semble pas les avoir destinés. L'ancienne tradition des Egyptiens portait que , du temps d'Osiris , l'art de fabriquer le cuivre et l'or ayant été trouvé dans la Thébaïde, on avoit commencé par en foire des armes pour exterminer les bêtes féroces , et ensuite des outils pour cultiver la terre. Les Egyptiens étoient alors dans le même état où l'on sait qu'ont été bien des peuples qui autrefois ont fait servir à presque tous, leurs besoins l'or et l'argent. Lorsque les Carthaginois abordèrent pour la première fois dans la Bétique (le Portugal) , les habitants de cette contrée employ oient l'argent aux usages les plus vils et les plus communs. L'histoire de la découverte de l'Amérique confirme la vérit^ de ces anciennes traditions.

La connoissance et la fabrication des métaux dont nous venons de parler, a été d'une grande utilité au genre humain. Ces découvertes néanmoins ne peuvent point entrer en comparaison avec celle du fer; il n'y en a point qui ait rejailli davantage sur tous les arts , ni qui ait plus contribué à leur

avancement. Mais la découverte du fer et l'art de le mettre en œuvre a dû se présenter très difficilement et assez tard.

La nature a répandu le fer dans tous les climats : il n'y a cependant point de métal plus difficile à reconnoître et à découvrir. Rien ne le décèle. Le fer est presque toujours caché sous des enveloppes qui n'indiquent point du métal aux yeux du vulgaire. On ne le trouve pour l'ordinaire qu'en forme de roc , et enfoui profondément sous terre. Dans les pays mêmes où ce métal abonde , et où il est le plus à découvert, on le foule aux pieds sans le connbître : ce n'est qu'une espèce de gravier ou de sable noirâtre 5 il n'est distingué des autres matières par aucun signe, qui , sans être fer, se présentent avec les mêmes apparences. Il faut être naturaliste pour voir ce métal dans la mine , ou pour le reconnoître dans les terres et dans les sables qui en contiennent. Qu'aura-ce donc été pour des hommes qui , n'ayant jamais vu de fer, et n'en ayant par conséquent nulle idée , n'en cherehoient certainement pas? Comment auront-ils tiré du fer de cette terre et de ce gravier, par des opérations qui se montraient aussi pèu à leur esprit, que le fer se montroit à leurs yeux ? y,

Un des obstacles , . qui a dû retarder le plus long - temps l'usage du fer , c'est sa manipulation. Ce métal est de tous le» métaux le plus difficile à mettre en fusion. Une seule fonte suffit

pour rendre l'or, l'argent et le cuivre, ductiles et malléables. Il n'en est pas ainsi du fer : un morceau de fer fondu sort intraitable du moule dans lequel il a été jeté , et n'est pas plus ductile qu'un caillou. Toujours dur et cassant dans cet état , il ne sauroit souffrir le marteau ni à chaud ni à froid ; les limes , les ciseaux et les burins n'ont aucune prise sur ces sortes de masses. Il a donc fallu , avant qu'on ait pu forger le fer , trouver le moyen d'adoucir et de rendre ductile la première fonte. Pour mettre le fer fondu en état d'être forgé , il faut commencer par le fondre une seconde fois , le porter ensuite et le battre sous un marteau très pesant , retirer cette masse , et la chauffer encore jusqu'au point de fusion , et la reporter brûlante sous le marteau à diverses reprises. Cette matière cassante, à force d'avoir été chauffée et battue , se change en barres fbrgeables. Toutes ces préparations bien plus compliquées que celles des autres métaux , ont dû nécessairement retarder l'usage du fer. En effet tous les écrivains conviennent que ce métal est le dernier q»e Ton ait su; travailler, «t suivant nombre d'antiquaires, il ne devint commun que vers les siècles d'Hésiode et d'Homère. .

Anciennement on employoit le cuivre à tous les usages auxquels nous faisons servir aujourd'hui le fer. Les armes , les outils du labourage et des arts n.éca niques étoient de cuivre , pratique qui même

a subsisté fovt long-temps. Les écrits d'Homère ne permettent pas d'en douter. On y voit que du temps de la guerre de Troie , on faisoit très peu usage du fer ; le cuivre en tenoit lieu , et ce métal étoit employé tant à la fabrication des armes, qu'à celle des outils. Le fer étoit alors si estimé , qu'Achille , dans les jeux qu'il fit célébrer en l'honneur de Patrocle, propose comme un prix considérable une boule de ce métal. Il en a été de même pendant bien des siècles chez les Romains ; presque tout ce qui nous reste des armes et des outils de ce peuple est de cuivre.

Ce n'étoit pas au reste un usage particulier aux Grecs et aux Romains que celui qu'il faisoit du cuivre au lieu du fer , il a été commun à toutes les nations de l'antiquité. Chez les Egyptiens les armes ordinairement étoient d'airain. Du temps d'Agatarchide , on troùvoit encore dans la fouille des anciennes mines des ciseaux et des marteaux de cuivre., Job parle d'arcs d'airain ; l'Écriture dit que les Philistins s'étant rendus maître^ de Samson > le» chargèrent de chaînes d'airain. ^Hérodote assuré que chez «les Messagètes , les cognées , les piques ^' lés tearqtlôis, les haches , et jusqu'aux harnôis des chevaux , étoient de cuivre. En Angleterre, dans l'Allemagne et surtout dans les pays du Nord, on trouve fréquemment dans les anciens tombeaux des armes , des anneaux et d'autres instruments dû même métal. 11 -en étoit

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de même çn Amérique , au Japon , au Pérou.

Enfin tout nous prouve que. dans l'antiquité il n'y a point de métal qui ait été plus généralement employé. Plusieurs raisons ont déterminé à s'en servir : le cuivre se tire facilement de la mine , on l'y trouve en parties fort étendues ; il se met aisément en fusion , et c'est , après l'or et l'argent , le plus ductile de tous les métaux.

Cependant le cuivre est un métal mou qui s'émousse très facilement; il ne seroit donc pas en état par lui-même de résister aux efforts que demandent plusieurs des travaux auxquels on l'employoit. Pour exécuter avec le cuivre tout ce que nous exécutons à présent avec le fer , il a donc fallu chercher et trouver le secret de le durcir. La trempe est le moyen que les anciens paroissent avoir le plus généralement employée. Les premiers écrivains de l'antiquité l'assurent , et leur témoignage est confirmé par l'examen que des gens de l'art; ont fait de plusieurs monuments de cuivre grecs et romains que l'on a recouvrés.

En soutenant au surplus qu'originairement le cuistre à tenu lieu du fer, nous ne prétendons pas dire que ce dernier métal ait été; entièrement inconnu dans les siècles qui r fixent présentement notre attention ; mais en convenant que .quelques peuples ont su travailler le feri très anciennement, il faut reconnofrre en même temps que l'usage n'en étoit alors ni fart cooimun ni fort répapda,

Il n'y a qu'une voix dans l'antiquité sur l'emploi que tous les peuples connus ont fait du cuivre à la place du fer, usage que l'on sait avoir subsisté pendant bien des siècles, chez des nations fort éclairées , et dans des pays très policés.

C'est aux Gaulois que Pline attribue l'invention de l'art d'étamer le cuivre.

L'Or a été préféré à tous les autres métaux , parce qu'il est le seul qui ne perde rien ou presque rien par le feu , même le plus violent ; parce que, et c'est une chose bien digne de notre admiration , il est de toutes les substances, celle qui se conserve le mieux, et en son entier, sans rouille , sans crasse, dans l'eau, dans la terre , dans l'ordure, dans les sépulcres , et cela à travers tous les siècles. L'or résiste aux impressions et aux morsures du sel et du vinaigre, qui résolventet qui domptent toutes les matières; sa pesanteur surpasse non-seulement celle de tous les autres métaux, mais encore celle de tous les autres corps de la nature : un pouce cube d'or, pèse la onces a gros 5a grains . Il n'y a point de métal dont la ténacité soit plus grande : un fil d'or d'un io° de pouce de diamètre, sou = tient un poids de 600 livres , sans se rompre. 11 n'y en a point aussi qui ait plus de ductilité et de malléabilité ; il s'étend sous le marteau 159,09a fois plus que son volume, et quand il passe par la filière des tireurs d'or, il devient 65i,59o fois plus long qu'il n'étoit j de sorte qu'use once d'or, donne un fil de plus de iao lieues de longueur; mise en feuilles, elle peut couvrir plus de deux arpents de terre.

UArgente&t lemétal le plus précieux, lepluSpur après l'or. Sa densité est bien différente de celle de l'or, puisqu'un pouce cube d'argent ne pèse que 6 onces 5 gros 38 TOME. I. 8

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grains, mais la substance de ce métal est, comme l'or, parc, fixe au feu et presque indestructible. L'un et l'autre peuvent subir l'action de tous les éléments sans en être altérés, tous deux se fondent et se subliment au même degré de feu j ils n'y perdent guère plus l'un que l'autre, et résistent à toute sa violence sans se convertir en chaux. Ces deux métaux ont aussi plus de ductilité que les autres , seulement, l'argent plus foible en densité, et moins compact que l'or, a beaucoup moins de ténacité, puisqu'un fil d'argent d'un io« de pouce de diamètre , ne peut soutenir qu'un poids de livres. De même, il oppose moins de résistance à l'action des acides, et n'exige pas comme l'or la réunion de deux puissances actives (l'acide nitreux, mêlé à l'acide marin ) pour entrer en dissolution.

Les anciens employoient l'argent à beaucoup d'usages et principalement à des ustensiles de ménage : le luxe des Romains étoit excessif surtout pour les plats et leur poids énorme :Sylla en avoitqui pesoientaoo marcs; et si l'on en croit Pline, il y enavoit à Rome plus de cinq cents de ce poids. Du temps de l'empereur Claude, un de ses esclaves, Drusillanus Rotundus, possédoit un plat, appelé Promut' sis, de mille marcs pesant, que Ton servoit sur la table", au milieu de huit petits plats de cent marcs chacun : ces neuf plats, étoient rangés sur une machine qui les soutenoit.

Le Cuivre est de tous les métaux celui qui approche le plus de l'or et de l'argent , par ses attributs généraux ; cependant, il en diffère par plusieurs propriétés essentielles : sa nature n'est pas aussi parfaite , sa substance est moins pure , sa d lire té et sa ductilité moins grandes j et ce qui démontre le plus ^imperfection de son essence, c'est qu'il ne résiste pas comme l'or et l'argent à l'impres* sion de l'air^ de l'eau, des huiles, des acides végétaux. En général , il est de tous les métaux celui qui se laisse entamer et dissoudre le plus facilement. Un fil de cuivre

d'un io € de pouce de diamètre peut soutenir un poids d'environ 3oo livres , sans se rompre. Ce métal a la propriété de s'unir très facilement par la fusion avec plusieurs substances métalliques ; ainsi, du cuivre mélangé avec de l'é tain et du zinc, forme le bronze; mais ce métal est d'autant plus dur, plus aigre et plus sonore que la quantité d'étain est plus grande.

Du Cuivre rouge fondu avec du zinc, forme ce qu'où appelle le similor.

La Fonte est aussi une espèce de cuivre mélangé, qui nediffere du bronze, que par le plus ou le moins d'alliage.

Le Laiton est un mélange de cuivre fondu avec la calamine , ou l'oxyde de zinc : on se sert de ce métal pour ' faire les épingles; invention qui ne remonte pas au-delà du xvi e siècle.

Le Cuivre , ou plutôt Y Airain le plus célèbre et le plus estimé de tous les métaux chez les Grecs, étoit celui de Co» rinthe.Cétqït un mélange de cuivre, d'argent et d'or, dont ilsnenous ont point indiqué les proportions, mais qui faisoit un alliage plus beau que l'or pour la couleur, plus sonore, plus élastique que ce précieux métal, mais en même temps aussi peu susceptible débrouille et d'altération.

Le Fer , quoique le feu le rende rarement , ou ne le rende presque jamais aussi liquide qu'il rend l'or, l'argent, le cuivre, l'étain elle plomb, est cependant de tous les métaux celui qui s'insinue le mieux dans les plus petits creux des moules, et qui en prend le plus exactement les formes. C'est celui de tous dont l'état varie Je plus; tous les fluides , à l'exception du mercure, l'air sec, l'air humide, et même les substances salines, l'atteignent et le rongent; quoique très dur, il n'est pas fort dense; c'est après l'étain, le plus léger de tous. Si l'on excepte l'or, c'est aussi celui dont la ténacité est la plus grande : un fil de fer d'un 10 e

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de pouce de dramètre , peut soulever un poids de 45o livres sans se rompre. L'acide nitreux , l'acide vitriolique , l'acide marin , ainsi que Peau régale peuvent chacun séparément dissoudre le fer. Ce métal s'allie avec tous les autres métaux , à l'exception du plomb et du mercure. Quand il est soudé avec du cuivre , on a de la peine à le séparer.

ARTICLE VIL

DE LA HATIGA.UOK.

§ T. Son utilité.

De tous les spectacles que l'industrie de l'homme a donnés au monde, il n'en est peut-être aucun de plus admirable que la Navigation. Un être fbible et mortel, attaché à la terre, a osé se transporter sur un élément inconnu et terrible , suspendre des édifices sur les eaux, donner des lois aux vents, et voler aux extrémités de l'univers , sous un ciel qui n'étoit pas fait pour lui. Cet art, dont les premiers essais ont été si simples, et que l'industrie de l'homme a porté à un si haut degré de perfection , est devenu un besoin nécessaire, indispensable pour les peuples policés.

L'histoire nous apprend en effet que toutes les nations qui ont cultivé l'art de la Navigation sont devenues puissantes. Tyr, reine des mers, s'est enrichie des dépouilles du monde, et l'a peuplé de ses colonies ; Athènes a eu la supériorité sur cette république d'états qui composoient la Grèce ; Car= thage a disputé l'empire de l'univers; Rome n'a

COMMERCE , N AV IGATION . I 1 7

étendu ses conquêtes que lorsqu'ellé a commencé à équipper des flottes ; Venise , sortie des fanges d'un marais, a fait trembler l'Orient par sa puissance, et enrichi l'Occident par son industrie; l'Espagne a presque obtenu la monarchie universelle , dans le temps que ses flottes découvroient un nouveau monde ; l'Angleterre , du sein dé ses rochers , et parmi les orages de son gouvernement, a souvent fait pencher la balance de l'Europe ; la Hollande , pauvre et esclave, a trouvé dans ses vaisseaux la richesse et la grandeur; ses flottes ont arboré l'étendard de la liberté; la Turquie a été au plus haut point de gloire et de puissance , lorsque Dragut et Barberousse commandoient les flottes immenses de Soliman. Si nous tournons les yeux sur la France, nous y verrons la marine peu connue sous la première race de nos rois , ranimée sous Charlemagne , servir de barrière aux inondations des barbares du Nord, négligée sous ses successeurs, qui négligèrent tout, rétablie sous le premier des Philippe , porter des conquérants dans l'Asie , s'élever par des progrès lents jusqu'à François I er , retomber pendant les orages funestes des guerres civiles, reparoître sous Louis XIV, toujours liée à de grands événements, et recevant l'impulsion des grands hommes d'Étal;.

§ II. Origine de la Navigation et Je ses progrès.

La découverte de la Navigation n'a pas du se faire attendre long-temps : mille hasards, mille occasions

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sions auront offert aux yeux des premiers hommes des morceaux de bois flottants sur l'eau. Il a été facile, d'après cette connoissance , d'imaginer d'eu rassembler un certain nombre, de les réunir par des liens et d'en construire un radeau. L'expérience aura appris l'art de diriger ces espèces de bâtiments.

Aux radeaux auront probablement succédé les py rognes, c'est-à-dire des troncs d'arbres creusés par le moyen du feu, comme le pratiquent encore les sauvages. Cette seconde sorte de bâtiments étoit plus commode et plus sûre que les radeaux. Dans l'antiquité , on a fait un grand usage des pyrogues ou canots , construits d'un seul tronc d'arbre.

De simples perches et un aviron suffi soient pour la manœuvra de ces bâtiments. C'est ainsi que , même dès les premiers temps, les hommes auront pu naviguer sur les rivières , conduire et transporter facilement leurs marchandises d'une contrée dans une autre.

Mais l'expérience leur aura bientôt appris qu'on devoit mettre de la différence entre la construction des bâtiments propres à voguer sur les rivières , et celle des bâtiments destinés à aller sur mer. Il a donc fallu étudier la forme qu'on devoit leur donner pour les rendre en état de résistera l'impétuosité des flots. Il a fallu ensuite chercher la manière de les conduire et de les diriger en tout sens avec facilité et sûreté.

Les anciens pensoient que les nageoires des

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