‹ Encyclopédie élémentaire de l'Antiquité ou origine, progrès état de perfection des arts et des sciences chez les anciensChapitre 12 sur 33 · COMMERCE , NAVIGATION. I · texte numérisé non relu

COMMERCE , NAVIGATION. I

poissons avoient fourni les modèles des ra/n&s et des avirons ; les avirons et le gouvernail sont aux vaisseaux ce que les nageoires et la queue sont aux poissons. i

Quant aux voiles, l'action du vent, dont les effets sont si sensibles et si fréquents , aura pu en an*» prendre l'usage de fort bonne heure, mais l'art de les ajuster et de les diriger ne se sera présenté quedifficilement, et il a sûrement fallu l'expérience deplusieurs siècles pour apprendre aux navigateurs à faire servir les vents à la route des vaisseaux. Cependant, si l'on s'en rapportoit à l'ancienne tradi-* tion des Egyptiens , l'usage de s'aider du vent par le moyen dés mâts et des voiles, remonteroit à une . très haute antiquité. Ils faisoient honneur de cette découverte à Isis. Quelques monuments antiques, jat notamment des peintures d'Hcrculanum , offrit des vaisseaux avec des voiles.

Qn a du chercher de bonne heure les moyensd'arrêter les vaisseaux sur la mer, et de les tenir en état dans leur mouillage. Différents expédients auront été employés dans les commencements; mais on ignore dans quel temps, et par qui aura été inventée Y ancre 9 cette machine si simple, et en même temps si admirable. Rien de précis sur ce sujet nese trouve dans les anciens.

Quoique originairement on suivît les côtes, autant qu'il étoit possible, et qu'on évitât soigneusement de perdre la terre de vue, cependant il a<.d«

arriver, même dës les premiers temps, que dans plusieurs occasions, l'orage et la tempête auront jeté des navires en pleine mer, et les auront écartés de leur route. Alors il y a lieu de penser que Finspection du ciel étoit leur seule ressource dans de pareilles circonstances : la grande Ourse aura vraisemblablement été le premier guide que ces anciens navigateurs auront choisi. Cette constellation se fait aisément distinguer par l'éclat et l'arrangement des étoiles qui la composent. Voisine du pôle , elle ne se couche presque pas pour les lieux que les Phéniciens fréquentoient ; on ignore le temps auquel ils ont commencé à faire usage des étoiles de la grande Ourse pour se diriger dans leurs nati=» gâtions ; mais cette connoissance ne peut être que fort ancienne. ■ *

Au surplus , l'observation de ces étoiles étoit un moyen imparfait et peu sûr pour diriger la route d'un vaisseau , puisqu'elles ne peuvent indiquer le pôle que d'une manière vague et confuse ; sa tête n'en est point assez proche , et ses extrémités s'en éloignent de quarante degrés et davantage 1 .

La Navigation a donc dû être long-temps à parvenir à quelque sorte de perfection. Il n'y a point

1 Au chapitre où il est question de X Astronomie, on verra que les Phéniciens ne choisirent que fort tard une étoile placée dans la constellation , appelée la petite Ourse , pour être leur guide et leur point de

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