‹ Encyclopédie élémentaire de l'Antiquité ou origine, progrès état de perfection des arts et des sciences chez les anciensChapitre 20 sur 33 · DE GUIDE AU SCULPTEUR · texte numérisé non relu

DE GUIDE AU SCULPTEUR

La Sculpture est un art qui , par le moyen du dessin et d'une matière plus ou moins solide , imite avec le ciseau les objets palpables de la nature. Elle est, ainsi que l'histoire, le dépôt le plus durable des vertus des hommes et de leurs foi blesses. Si nous avons , dans la statue de Vénus , l'objet d'un culte dissolu, nous avons, dans celle de Marc Aurèle, un monument célèbre des hommages rendus à un bienfaiteur de l'humanité.

Cet art, en nous montrant les vices déifiés , rend encore plus frappantes les horreurs que nous transmet l'histoire , pendant que , d'un autre côté , les traits précieux qui nous restent de ces hommes rares , qui auroient dû vivre autant que leurs statues , raniment en nous ce sentiment d'une noble émulation , et porte l'ame aux vertus qui les ont préservés de l'oubli. César voit la statue d'Alexandre , il tombe dans une profonde rêverie , laisse

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échapper des larmes , et s'écrie : « Quel fut ton ' » bonheur î A l'âge que j'ai , tu avois déjà soumis » une partie de la terre, et moi , je n'ai encore rien » fait pour ma propre gloire. »

Lci>ut le plus digne de la Sculpture , en l'envisageant du côté moral , est donc de perpétuer la mémoire des hommes illustres , et de donner des modèles de vertu d'autant plus efficaces que ceux qui les pratiquoient ne peuvent plus être les objets de l'envie.

La Sculpture a un autre objet moins susceptible en apparence de causer de douces sensations ; c'est lorsqu'elle traite des sujets d'agrément et de simple décoration ; cependant elle pourra n'être pas moins propre à porter l'ame au bien ou au mal , selon que les sujets dont aura fait choix l'artiste seront honnêtes ou licencieux.

En se proposant l'imitation des surfaces du corps humain , la Sculpture ne doit pas s'en tenir à une simple ressemblance ; l'ame ne se sentant pas émue , cette sorte de vérité, quoique parfaitement rendue , n'exciteroit , par son exactitude , qu'une louange aussi froide que la ressemblance. C'est la nature vivante , animée , passionnée , que le sculpteur doit exprimer sur le marbre , le bronze , la pierre.

Tout ce qui est pour l'artiste un objet d'imitation , doit lui être un sujet continuel d'étude ,• cette étude , éclairée par le génie, conduite par le goût et la raison , exécutée avec précision , encouragée par

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l'attention bienfaisante des souverains, et par les conseils et les éloges des grands artistes , produira des chefs-d'œuvre semblables à ces monuments précieux qui ont triomphé de la barbarie des siècles.

Ce que le génie du sculpteur peut créer de plus noble et de plus sublime, ne doit être que l'expression des rapports possibles de la nature , de ses effets, de ses jeux , de ses hasards : c'est-à-dire que le beau , même idéal , en Sculpture comme en peinture , doit être l'ensemble résumé du beau réel de la nature. Il existe ce beau réel , mais épars dans les différentes parties de l'univers : sentir , assembler , rapprocher, choisir, en supposer même diverses parties , soit dans le caractère d'une figure, comme l'Apollon , soit dans l'ordonnance d'une composition , comme ces hardiesses de Lanfranc , du Corrége et de Rubens , c'est montrer dans l'art ce beau idéal qui a son principe dans la nature.

La Sculpture est surtout ennemie de ces attitudes forcées que la nature désavoue , et que quelques artistes ont employées sans nécessité , et seulement pour montrer qu'ils savoient se jouer du dessin ; elle t'est également de ces draperies dont toute la richesse est dans les ornements superflus d'un bizarre arrangement de plis j enfin , elle est ennemie des contrastes trop recherchés dans la composition , ainsi que dans la distribution affectée des ombres et des lumières. Plus les efforts que l'on fait pour émouvoir sont à découvert, moins on est ému ; d'où

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il faut conclure que moins l'artiste emploie de moyens à produire un effet, plus il a de mérite lorsqu'il y parvient, et plus le spectateur se livre volontiers à l'impression qu'on a cherché à foire sur lui. C'est par la simplicité de ces moyens que les chefs - d'oeuvre de la Grèce ont été créés , comme pour servir éternellement de modèles aux artistes.

La Sculpture embrasse moins d'objets que la peinture , mais ceux qu'elle se propose , et qui sont communs aux deux arts, sont des plus difficiles à représenter : savoir, l'expression, la science des contours , l'art pénible de draper et de distinguer les différentes espèces d'étoffes.

La Sculpture a encore des difficultés qui lui sont particulières. Un sculpteur n'est dispensé d'aucune partie de son étude à la faveur des ombres , des fuyants, des tournants et des raccourcis ; s'il a bien composé et bien rendu une vue de son ouvrage, il n'a satisfait qu'à une partie de son opération, puisque cet ouvrage peut avoir autant de points de vue qu'il y a de points dans l'espace qui l'environne ; on ne lui demande pas une imagination aussi abondante que celle du peintre , mais il est nécessaire qu'elle soit aussi forte ; enfin il lui faut une ténacité dans le génie, qui le mette au-dessus du dégoût causé par le mécanisme, la fatigue et la lenteur de ses opérations; le génie ne s'acquiert point , il se développe , s'étend et se fortifie par l'exercice. Un sculpteur exerce le sien moins souvent qu'un

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peintre; difficulté de plus, puisque, dans un ouvrage de Sculpture, il doit y avoir du génie comme dans un ouvrage de peinture; enfin le sculpteur étant privé du charme séduisant de la couleur, quelle intelligence ne doit-il pas y avoir dans ses moyens pour attirer l'attention ! Pour la fixer, quelle précision, quelle vérité, quel choix d'expression ne doit-il pas mettre dans ses productions !

On doit donc exiger d'un sculpteur, non -seul e= ment qu'il excite l'intérêt par l'ensemble de son ouvrage , mais encore par chacune des parties de cet ensemble ; puisque son ouvrage, n'étant le plus souvent composé que d'une seule figure , il ne lui est pas possible de réunir les différentes causes qui produisent l'intérêt dans un tableau. La peinture, indépendamment de la variété des couleurs ; intéresse par les différents groupes , les attributs , les ornements , Y expression des person= nages qui concourent au sujet ; elle intéresse , elle imposé par les fonds , par le lieu de la scène , par l'effet général. Le sculpteur n'a le plus souvent qu'un mot à dire , mais il faut que ce mot soit sublime. C'est par là qu'il excitera vivement l'ame du spectateur , et qu'il approchera de la perfection.

Si, par une erreur dont on voit heureusement peu d'exemples, un sculpteur alloit prendre pour de l'enthousiasme et du génie, cette fougue qui

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OliG encyclopédie de l'antiquité.

emportait le Borromini 1 , qu'il soit persuadé que de pareils écarts , bien loin d'embellir les objets , les éloignent du vrai , et ne servent qu'à représenter les désordres de l'imaginât ion. Quoique cet artiste ne fut pas sculpteur, il peut être cité comme un exemple dangereux , parce que le même esprit qui con« duit l'architecte , conduit aussi le peintre et le sculpteur. L'artiste dont les moyens sont simples , s'expose à être jugé avec d'autant plus de facilité qu'il n'emploie aucun vain prestige pour échapper à l'examen , et souvent masquer sa nullité. N'appelons donc point beautés, dans quelque ouvrage que ce soit, ce qui ne feroit qu'éblouir les yeux, et ten«« droit à corrompre le goût. Ce goût, si vanté avec raison dans les productions de l'esprit humain , n'est que le résultat de ce qu'opère le bon sens sur nos idées : trop vives , il sait les réduire , leur donner un frein ; trop languissantes , il sait les animer. C'est à cet heureux tempérament que la Sculpture , ainsi que tous les arts inventés pour plaire, doit ses vraies beautés, les seules durables.

Comme la Sculpture comporte la plus rigide exactitude , un dessin négligé y seroit moins supportable que dans la peinture. Ce n'est pas à dire que Raphaël et le Dominiquin n'aient été de très

» Borromini, architecte, né en 1 599, mort en 16^7, se fit une grande réputation à Rome ; toutefois, ses ouvrages et ses singularités ont fait coinnorcr son style en ard»it<*ture , au style littéraire de Sénèqueet de Lucain.

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corrects et savants dessinateurs , et que tous les grands peintres ne regardent cette partie comme essentielle à Fart ; mais à la rigueur , un tableau où elle ne domineroit pas , pourroit intéresser par d'au* très beautés. La preuve en est dans quelques femmes peintes par Rubens , qui , malgré leur caractère flamand et incorrect, séduiront toujours par le charme du coloris. Exécutez-les en Sculpture sur le même caractère de dessin , le charme sera considérablement diminué , s'il n'est entièrement détruit. L'essai seroit bien pire sur quelques figures de Rembrandt.

Pourquoi est-il encorç moins permis au sculpteur qu'au peintre de négliger quelques-unes des parties de son art? Cela tient peut-être à trois considérations : au temps que l'artiste donne à son ouvrage ; nous ne pouvons supporter qu'un homme ait employé de longues années à faire une chose commune : au prix de la matière employée ; quelle comparaison d'un morceau de toile à un bloc de marbre l à la durée de l'ouvrage ; tout ce qui est autour du marbre s'anéantit, mais le marbre reste; brisées même, ses pièces portent encore aux siècles à venir de quoi louer ou blâmer.

Après avoir indiqué l'objet et le caractère général de la Sculpture, on doit la considérer encore comme soumise à des lois particulières , qui doivent être connues de l'artiste , pour ne pas les enfreindre ni les étendre au-delà de leurs limites.

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Ce seroit donner trop d'extension à ces lois, si Ton disoit que la Sculpture ne peut se livrer à l'essor dans ses compositions, par la contrainte où elle est de se soumettre aux dimensions d'un bloc de marbre. Il ne fout que voir le gladiateur et Y Apollon : ces figures grecques prouvent assez que le marbre obéit , quand le sculpteur sait lui commander.

Mais cette liberté que le sculpteur a , pour ainsi dire , de faire croître le marbre , ne doit pas aller jusqu'à embarrasser les formes extérieures de ses figures, par des détails excédents et contraires à l'action et au mouvement représentés. Il faut que l'ouvrage, se détachant du fond s'annonce sans équivoque, du plus loin qu'il pourra se distinguer. Les lumières et les ombres , largement distribuées , concourront aussi à déterminer les principales formes et l'effet général. A quelque distance que s'aperçoivent le gladiateur et Y Apollon , leur action n'est point douteuse.

Parmi les difficultés de la Sculpture, il en est une fort connue , et qui mérite la plus grande attention de la part de l'artiste : c'est l'impossibilité de revenir sur lui-même , lorsque son marbre est dégrossi , et d'y faire quelque changement essentiel dans la composition ou dans quelqu'une de ses parties. Cette raison est bien forte pour l'obliger à réfléchir sur son modèle, et à l'arrêter, de manière qu'il puisse conduire sûrement les opérations du

marbre. Cest pour cela que, dans de grands ouvrages , la plupart des sculpteurs font leur modèle, ou bien ils l'ébauchent à l'endroit même où il doit être placé. Par là, ils s'assurent invariablement des lumières, des ombres et du juste ensemble de l'ouvrage qui , étant composé au jour de l'atelier , pourroit y faire un bon effet, et sur la place un fort mauvais.

Mais cette difficulté va plus loin encore. Le modèle bien réfléchi et bien arrêté , je suppose au sculpteur un instant d'assoupissement ou de délire ; s'il travaille alors , je lui vois estropier quelque partie importante de sa figure , en croyant suivre et même perfectionner son modèle. Le lendemain , la tête en meilleur état , il reconnoît le désordre de la veille , sans pouvoir y remédier.

Heureux avantage de la peinture ! elle n'est point assujettie à ces entraves. Le peintre change, corrige , refait à son gré sur la toile ; au pis aller , il en prend une autre. Le sculpteur peut-il ainsi disposer du marbre? S'il foïïoit qu'il recommençât son ouvrage, la perte du temps , les fatigues et les dépenses pourroient-elles se comparer?

Disons plus, si le peintre a tracé des lignes justes , établi des ombres et des lumières à propos, un aspect ou un jour différent ne lui ravira pas entièrement le fruit de son intelligence et de ses soins ; mais dans un ouvrage de Sculpture , composé pour produire des lumières et des ombres harmonieuses . faites

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venir de la droite le jour qui venoit de la gauche, ou d'en bas Celui qui venoit d'en haut , vous ne trouverez plus d'effets, ou il n'y en aura que de désagréables, si l'artiste n'a pas su en ménager pour les différents jours. Souvent aussi , en voulant accorder toutes les vues de son ouvrage , le sculpteur risque de vraies beautés, pour ne trouver qu'un accord médiocre. Heureux , si les soins pénibles ne le refroidissent pas , et parviennent à la perfection de cette partie î

Pour donner plus de force à cette réflexion , il est bon de lire celle du comte de Caylus.

« La Peinture choisit celui des trois jours qui » doit éclairer une surlace. La Sculpture est à » l'abri du choix, elle les a tous ; et cette abon- » dance n'est pour elle qu'une multiplicité d'étude » et d'embarras ; car elle est obligée de considé- » rer, de réfléchir sur toutes les parties de sa » figure, et de les travailler en conséquence ; c'est » elle - même , en quelque sorte , qui s'éclaire ; » c'est sa composition qui lui donne ses jours , et » qui distribue ses lumières. A cet égard, le sculp- » teur est plus créateur que le peintre ; mais cette » vanité n'est satisfaite qu'aux dépens de beaucoup » de réflexions et de fatigues, »

Quand un sculpteur a surmonté ces difficultés, les artistes et les vrais connaisseurs lui en savent gré sans doute ; mais combien de personnes , même de ceux à qui nos arts plaisent , qui , ne

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connoissant pas la difficulté, ne sentiront pas le prix de l'avoir surmontée.

Le nu est le principal objet de l'étude du sculpteur. La base , les fondements de cette étude sont la connoissance des os, de l'anatomie extérieure et l'imitation assidue de toutes les parties et de tous les mouvements du corps humain. L'école de Paris et celle de Rome exigent cet exercice, et facilitent aux élèves cette connoissance nécessaire. Mais comme le naturel peut avoir ses défauts, et que le jeune élève , à force de les voir et de les copier , pourroit les transmettre dans ses ouvrages , il lui faut alors un guide , pour lui faire connoître les justes proportions et les belles formes.

Les statues grecques sont k guide le plus sûr ; elles sont et seront toujours la règle de la précision, de la grâce et de la noblesse , comme étant la plus exacte représentation du corps humain. Si l'on s'en tient à un examen superficiel , ces statues ne paroi» tront peut-être pas d'un grand mérite y nL même difficiles à imiter ; mais l'artiste intelligent et attentif découvrira dans quelques-unes les plus profondes eonnoissances du dessin , et s'il est permis d'em«* ployer ici ce mot , toute l'énergie du naturel. Aussi les sculpteurs qui ont le plus étudié et avec choix , les figures antiques , ont-ils été les plus distingués»

Quelque belles que soient ces statues, elles sont des productions humaines , par conséquent susceptiblcs des foiblcsses de l'humanité : il seroit doue

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dangereux pour l'artiste d'accorder ii son admiration à tout ce qui s'appelle antique. IJ arriveroit qu'après avoir admiré dans quelquesunes de prétendues merveilles qui n'y sent pas , il feroit des efforts pour se les approprier, et il ne se=roit pas admiré.

Il fout qu'un discernement éclairé , judicieux et sans préjugés , lui fasse connoître les beautés et les défauts des anciens , et que les ayant appréciés il marche sur leurs traces avec d'autant plus de confiance , qu'alors elles le conduiront toujours au grand. C'est dans ce discernement judicieux que paroît la justesse de l'esprit; et les talents du sculpteur sont toujours en proportion de cette justesse. Une connoissance médiocre des arts chez les Grecs suffit pour voir qu'ils ont aussi leurs instants de sommeil. Le même goût régnoit, mais le savoir n'étoit certainement pas le même chez tous les artistes.

De toutes les figures antiques qui ont passé jusqu'à nous, les plus propres à donner le grand principe du nu sont : le Gladiateur , Y Apollon, le Laocoon , le Taureau Farnese , le Torse, YAn~ tinoiis , le groupe de Castor et Pollux , Y Hermaphrodite 1 et la Vénus de Médicis ; ce sont ces chefs-d'œuvre que les sculpteurs modernes doivent

* Dans la représentation des Hermaphrodites, les artistes de l'antiquité ont combiné les beautés des deux sexes. Toutes ces figures ont le

sans cesse étudier, pour en foire passer les beautés dans leurs ouvrages ; ce n'est que par l'étude la plus profonde des figures antiques , la connoissance la plus grande des muscles , la précision des traits , l'art de rendre les passages harmonieux de la peau et d'exprimer les ressorts du corps humain , qu'ils peuvent espérer atteindre à la perfection.

Mais comme la Sculpture ne se fait pas seulement pour ceux qui l'exercent , ou ceux qui y ont acquis des lumières, il fout encore que le sculpteur, pour mériter tous les suffrages , joigne à ces études un talent essentiel et rare. Ce talent, qui est à la portée de tous les artistes, est le sentiment. C'est lui qui vivifie leurs productions ; si les autres études en sont la base, le sentiment en est l'ame. Les connoissances acquises ne sont que particulières, mais le sentiment est à tous les hommes ; il est

sein d'une femme, avec les organes du sexe masculin ; du reste, elles sont femmes pour la taille et pour les traits du visage. U Hermaphrodite doit être considéré comme une fiction de l'imagination d'un peuple qui savoit tout embellir. Il est le fruit des amours de Mercure et de Vénus , ainsi que l'indique l'étymologie du nom. Vénus étoit la beauté par excellence ; Mercure, à sa beauté personnelle, joignoit l'esprit, les connoissances et tous les talents. L'IIermopbrodite est donc un Être qui possède toutes les perfections physiques et morales attachées à la nature humaine ; ce qui est indiqué par la réunion des deux sexes.

On Toit dans la galerie du Musée, une statue couchée qui représente un Hermaphrodite ; c'est une répétition antique du célèbre hermaphrodite Borghèse. Cette excellente sculpture n'est peut-être elle-même, dit Visconti , qu'une imitation en marbre d'un Hermaphrodite en bronze exécuté par Polyclès , et cité par Pline.

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universtl à cet égard ; tous sont juges des ouvrages où il règne.

Exprimer les formes du corps humain , et ne pas joindre le sentiment , c'est ne remplir son objet qu'à demi ; vouloir le répandre partout , sans égard pour la précision , c'est ne foire que des esquisses, et ne produire que des rêves dont l'impression se dissipe dès qu'on ne voit plus l'ouvrage et même en le regardant plus long-temps ; joindre ces deux parties , c'est le sublime de la Sculpture.

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