‹ Encyclopédie élémentaire de l'Antiquité ou origine, progrès état de perfection des arts et des sciences chez les anciensChapitre 27 sur 33 · TOME 1. a · texte numérisé non relu

TOME 1. a

poésie, et il montroit ainsi à composer régulièremen t des vers de toute sorte dç pieds.

Nous venons de dire que , par rapport à l'exécution , la Musique se divisoit en trois arts : l'art de jouer des instruments , Fart du chant et l'art du geste.

On devine bien quelles leçons pouvoient donner et la Musique organique , qui enseignoit à jouer des instruments, et la Musique qui se nommoit l'art du chant. Quant à la Musique hjpocritique ou contrefaiseuse, et qui se nommoit ainsi , parce qu'elle ctoit proprement la Musique des comédiens^, que les Grecs appeloient communément hypocrites ou contrefaiseurs , elle enseignoit l'art du geste, et montroit ainsi à exécuter , suivant les règles d'une méthode établie sur des principes certain* , ce que nous ne faisons plus aujourd'hui que guidés par l'instinct, ou tout au plus par une routine aidée et soutenue de quelques observations. Les Grecs nommoient cet art musical orchesis , et les Romains saltatio.

Dès que la Musique des anciens donnoit des leçons méthodiques sur tant de choses, dès qu'elle donnoit des préceptes utiles au grammairien, et nécessaires au poète, ainsi qu'à tous ceux qui avoient à parler en public , on ne doit plus être surpris que les Grecs et les Romains l'aient crue un art néces« saire, et qu'ils lui aient donné tant d'éloges qui ne conviennent pas à la nôtre. On ne doit pas non

plus s'étonner qu'Aristide Quintilien 1 ait dit que la Musique étoit un art indispensable à tous les âges de la vie , puisqu'il enseignent également ce que les enfants doivent apprendre , et ce que les personnes faites doivent savoir.

Le même écrivain nous apprend que non-seulement il falloit savoir la Musique pour être orateur, mais qu'on ne sauroit même être bon grammairien sans l'avoir apprise , puisqu'on ne pouvoit pas bien enseigner la grammaire sans montrer l'usage dont y étoit le mètre et le rhythme. Cet écrivain judicieux fait observer encore en un autre endroit que, dans les temps précédents, la profession d'enseigner la Musique et celle d'enseigner la grammaire a voient été unies , et qu'elles étoient alors exercées par le même maître.

Enfin A. Quintilien dit , dans le chapitre où il veut prouver que l'orateur est obligé d'appreudre quelque chose de la Musique : « On ne me refu- » sera point d'avouer que ceux qui prétendent faire » la profession d'orafcçur doivent lire et enten- » dre les poètes; et si quelqu'un est assez dé= » raisonnable pour dire qu'en général les règles » que suit un poète dans la composition, des vers » qui sont faite pour être récités avec un accom» » pagnement, n'appartiennent pas à la Musi- » que, j'ajouterai que ce bel art préside à la

* Arirtide Quintilien : son lirre sur la Musique étoit écrit en gnic.

» composition des poèmes, de quelque nature » qu'ils soient. >>

En un mot, tous les écrits des anciens font foi , que la Musique passoit de leur temps pour un art nécessaire aux personnes polies, et que Ton regardoit alors comme des gens sans éducation , les personnes qui ignoroient la Musique , autrement dit les arts , qui , parmi les anciens , lui étoient subordonnés.

Dans un instant nous parlerons du rhjrthme ou mesure des sons, des intervalles, des accords, des modes, delà mélopée, etc.

ARTICLE II

Page 1