DE L'ART DE TEIWDRE
La plupart des matières propres à faire des tissus sont naturellement d'une couleur terne et sombre.
Les vêtements seroient en conséquence d'une uniformité ennuyeuse , si Fart n'avoit pas trouvé le moyen d'y remédier et d'en varier les nuances. Les premières plantes, les premiers fruits que l'on aura écrasés, l'effet des pluies sur certaines terres et sur certains minéraux , ont dû donner des notions de l'art de teindre, et l'idée des différentes matières propres à la teinture. Dans tous les climats, l'homme a sous sa main des terres ferrugineuses , des terres bolaires de toute nuance, des matières végétales et salines ; la difficulté a été de trouver l'art de les employer. Combien de tentatives n'aura-t-on pas faites avant que de parvenir au point d'appliquer convenablement les couleurs sur les étoffes , et de leur donner cette adhérence et ce lustre qui fait le principal mérite de l'art du teinturier, un des plus agréables, mais en même temps un des plus difficiles que l'on connoisse !
On parvient à colorier les étoffes par le moyen de la chaux, des sels, des lessives, des fermentations, des macérations, etc. L'art de teindre étoit connu très anciennement : les Chinois prétendent être redevables de cette découverte à Hoang-Ti, un de leurs premiers souverains. Le plus grand nombre des auteurs s'accorde pour en faire honneur à l'Hercule tyrien ; néanmoins il a fallu du temps pour porter la teinture à son degré de perfection , on n'a dû y parvenir qu'après plusieurs essais.
Homère, ce grand poète, observateur exact du tome I. 4
costume, donne des ornements de couleur pourpre à des héros qui vivoient vers les siècles où nous plaçons la découverte de cette teinture. On pourroit citer encore d'autres témoignages.
Les Tyriens ont été , de l'aveu de toute l'antiquité, ceux qui ont le mieux réussi à teindre les étoffes en pourpre. Celles qui avoient été mises deux fois à la teinture étoient les plus estimées. Pline nous apprend que la pourpre de Tyr se vendoità Rome mille deniers la livre, ce qui revient à près de cinq cents francs de notre monnoie. Ainsi cette précieuse couleur disputoit de prix avec l'or même ».
Toutefois, il paroît, d'après le témoignage des auteurs anciens, confirmé par les découvertes mo= dénies, que les étoffes teintes en pourpre, avoient une odeur forte et désagréable. D'ailleurs, à juger de l'effet de la pourpre par les descriptions qui nous en sont restées , cette couleur ne nous paroîtroit pas fort agréable à l'œil. Quelques réflexions suffisent pour s'en convaincre.
• C'est une particularité, aujourd'hui bien connue, que sur la côte de Cxuayaquil (au Pérou) , aussi bien que sur celle de Gnatimala , se trouvent les limaçons qui donnent la pourpre si célébrée par les anciens , et que les modernes avoient crue perdue. La coquille qui les renferme est attachée à des rochers que la mer baigne ; elle a le volume d'une grosse noix : la couleur d'abord blanc de lait , devient ensuite verte , et n'est pourpre que lorsqu'elle est séchée : elle réussit mieux avec le coton qu'avec le lin et la soie. •
AGRICULTURE. 5l
On distinguent plusieurs sortes de couleur pour» pre. L'une étoit extrêmement foncée , d'un rouge tirant sur le violet ; l'autre étoit f>lus déchargée , approchant de notre écarlate; celle enfin que l'on appeloit la pourpre de Tyr, étoit d'un xouge de sang de boeuf. Cette couleur triste étoit ce que l'on recherchoit principalement dans ces sortes d'étoffes «.
Les anciens a voient une si grande estime pour la couleur pourpre , qu'elle ctoit spécialement consacrée au service de la divinité. Elle étoit aussi la marque distinctive des plus grandes dignités. Le roi de Phénicie, auquel on avoit présenté les premiers essais de cette couleur, l'avoit réservée pour le sou» verain et pour l'héritier présomptif de la couronne.
ARTICLE IX
DE L'ART DE NETTOTER ET DE BlAHCAlR LES ÉTOFFES.
Cet art a beaucoup de rapport avec celui de la teinture : l'eau toute simple ne suffit pas. Les an» ciens ne connoissoîent pas le savon ; ils y sup= pléoient par différents moyens. Pour nettoyer les
* Nous avons trouvé le moyeu de faire une leiature écarlate plu* belle et à moins de frais , avec la cocbeoille. Avant les découvertes chimiques , l'art de teindre devoit être très imparfait : sans les préparations que nous fournil la chimie , nous ne pourrions , en effet , teindre les étoffes en écarlate line: C'est la plus belle et la plus éclatante couleur de la teinture , mais c'est aussi une des plus difficiles à porter à son point de perfection
étoffes, la méthode étoit alors de les jeter dans une fosse pleine d'éau , dens laquelle on avait mis quelque* cendres, méthode qui paroît avoir été le plus universellement employée dans les premiers temps. Homère en effet nous dépeint Nausicaa et ses compagnes, foulant aux pieds dans des fosses leurs vêtements pour les blanchir.
Les Grecs et les Romains suppléoient au savon par le moyen de différentes sortes de terres et de plantes. Les Sauvages de l'Amérique font, avec certains fruits, une espèce d'eau de savon , qui leur sert à blanchir les lits de coton , et toutes les étoffes dont ils font usafte. Dans l'Islande , les femmes font la lessive avec de la ceindre et de l'urine. En Perse, on se sert de terres bolaires etunameuses. Dans plusieurs pays, on trouve quantité de terres , qui, dissoutes dans de l'eau , ont la propriété de nettoyer et de blanchir les étoffes et le linge. Toutes ces différentes pratiques ont sûrement; été en usage dès les premiers temps, , t .. .. ;j .
NtvrlCÉ tiES Ll"EOX b'ûtJ SONT YE\US PLUSIEURS vici.Tk.VX ET
-'• \ ■ PI-CSJELRS FRUITS. '
L'Abrirolirr, originaire dt t'Arminit. j L'Amandier, originaire dt la Mauritan't.
L'Aocia L'Acaci» roM L'Acanthe
ire dtl'Atmintt. j L'Amandier, originaire de la Mouritan «.
delaBartc.ru. L'Amaranlbe dt t'Amtriaué.Septtntrion.
duCandda. L'Amlroijie dï i'AmériqutSept. tt Mi.
dê la Cardtint , dt l'JtiéU i •> ridùmatt.
dt l' Afrique tt de» pro'L'Ayantt dt/Amiir qat StpU
. ttwtt méridionale» dé
L'Ail du Levant.
L'Alisier dt rdmiriqttt ■ StpHtnfrt*.
L'Aloèa dt l'Inde.
^ oan ** dtfAenirqut StpU
L'Anémone det montagne» froidtt dt
.. i. • C&aiùpt. : )•■
L'Aogelique d.» p*jt hemide, , t fnidt
• del Europe.
L'Aoia . r. de l'Bgypit.
t'Arbouaier dt COritnt.
L'Are* , originaire -
L'Armoise
L'Artichaut
L'A»p«rge
L'Aveline
Le Baguenaudiez
La Balsamine
Le It.imlxju
La Banane
La Bardane
Le B.iMlic
La Bcttemt*
La Bourrache Le Cacao Le Cachou Le Caft La Calebaste Le Bois de Campèche La Canne à Sucre La Cannelle La Capucine La Carde La Carotte Le Catalpa Le Céleri La Centaurée :
Le Cerfeuil Le Cerisier La Cerise | Le ChanTre Le Châtaignier Le Chêne Le Chou blanc Le Chou-fleur
l e Chou rouge et le Chou
deflneWel de F Amérique, de CAtit. .
d* la Sicile, ds l'Atie.
d* CA*ie.
du Levant et de- l'Ethiopie.
dt la Jamaïque.
de CInde.
de l'Inde.
d» f Europe.
de l'Inde.
de% partie» mérid. de i'Eu
tope, de le Syrie.
de la Guyane tl du Mexique de» Inde*.
d* l'Arabie et dei.Antille*
du S*n<'gel et de l'Amir.
de la Baie de Campiche.
de St. Domingue.
de l'ile deCeylan.
du Pérou.
de rilalit.
de la France.
de l'Amérique.
de la Traître.
de la Turquie.
de l'Aêie.
de- Pfnt.
de CAêie-Mineure.
de CAtit. de la Lydie, de l'Europe, du Nord, de Chypre.
La Praiie ananas, origin.
Le Framboisier Le Froment
Le Géranium de* Jardin* Le Giroflier
Le Grenadier Le Groteiller
La Guimauve • Le Haricot L'Héliotrope
Le Hêtre
L'Hortensiar L'Ipécaeuanha La Jacinthe L'Iris.
Le Jasmin Ln Jonquille Le» Jujubes La Laitue Le Laurier Le Laurier rose Les Lentille* Le Lirge
Le LilM La Luterne L< - Lys
La Marguerite La Marjolaine Le Maronnier
vert
de» Remain* qui le* avaient reçut de l'ÉgypIe.
Le Citron-
de la Médie.
La Citrouille
eTAttreran.
La Clématite
du Levant, de l'Eipegne et
de l'Italie.
Le Coco
de» Inde» , de l'Afrique e t
d* l'Amérique.
Le Coing
de rAtie.
La Coloquinte
du Levant.
Le Colon
de l'Aiit-Mineure.
Le Cresson
de Crète.
Le Cyprès
de Levant.
Les Dattes
d» l'Inde et de l'Arable.
L'Échalote
d'Airalon en Phénicie.
L'Elabore noir
de flléliron.
Le» Épinards
de l' A tie -Mineure.
I, 'Erable
de C Amérique-Septentrion.
Le Fenouil
de* Canari**,
Le Figuier
de la Méeopotamie.
Le FraUier
de* Inde*.
de la Louhian».
du Canada, de CAele.
du Cap de Benne Etpéranrt • arbre de* Moluqne».
plante d'Europe, d* l'Afrique.
eroit naturellement dan* le*
bai*, de l'Europe, de l'Inde, du Pérou.
d» l'Amérique-Sept. et de la
Terre de Peu.
d* la Chine et du Japon, du Bréeil.
d» l'Orient, de la Perte, de* Inde» Orientale:
d» la Guad. et de CEtpagne.
de l'Arabi».
de Co».
de la Crète, de l'A tie.
de là Médie.
dot payt méridien. : Italie .
Provence , Etpaçno.
de* Indet-Oritntalet.
d» l'Atie.
d» la Syrie et d» la PattU:
de la Sicile.
de* pay* chaud» de la Fr.
de* Grande* Inde*.
Le Maronnier à fleurs roug.a** la Caroline.
Le Melon Le Millet Le Mûrier Les Myrobolar Le Narcisse Le Navet
de l'Orient.
de l'Afrique.
de la Chine.
dt* Indee-Orientale*.
de rinde et d» Centlanti».
de la France.
Le Noisetier
du Pont.
Le Noyer
de l'Atie.
La Noii de Galle*
eTAiep, de Tripoli et d*
Motel.
La Noix narcotique
de» Inde».
La Noix muscade
de» Moluque».
L'Œillet
d* l'Italie.
Le* Oignons
de l'Égypte.
L'Olivier
de la Criée.
L'OrauK*-r
de l'Inde, de la Chine et de
l'Amirique-Septenlrion.
L'Oreille d'Our*
de* A lpt1.
Le Pain Je Pourceau
de l'V» de Ctyian.
La Patate
de CI»de.
Le Pécher
de la Perte.
La Persicaire
du Levant.
Le Perail , originaire
do la Sardaigm*.
La Rhubarbe, originaire
da la Ckmt.
Le Peuplier blane
, do la Virginie.
Le Ri«
d* l'OrUmt.
Le Peuplier noir
do la Caroline.
La Rom 1 ré mi ère
da la Chine.
Le Phloi
dé l'Amérique Septont.
Le Saliiflf
d* FRepagn*.
d* rj$i*.
Le Pistachier
de» lnd M .
Le Sarrasin (bled)
Le Platane
du Louant, do ta Virginia.
La Scabietije
dlM Inda».
Le Poirier 1
du itont Ida.
Le Scorsonère
d* V Afrique.
LePoif
do la Franc*.
Le Seigle
de la Tartaria.
Le Pommier
do la Neuetrio.
La Sentitire
da Bréeil.
La Pomme de terre
dê l'Amérique»
Le Soleil
da Pérou.
Le Pourpier
de CAve.
Le Tabac
do» Inde» Orient., du Brêu
Le Prunier
d» la Sjrio.
et do la Floride.
Le Quinquina
du Pérou.
Le The
de la Ckine et du Japon. .
La Régli M e
d* Pllalie, da laPranconùt
La Tomate ou Pomme
La Reine Marguerite
et d* CEtpagno.
d'Amour
do VAttjrio.
do la Chine.
La Tubercule
dolaPorte.
La Reinette
d* la Syrie.
Le Tulipier
do la Virginia.
La Renoncule
du Lovant.
Le Topinambour
do l'Amérique.
LeRè.éda
é'I'ÉgjpU.
Laieeco
do ta Virginia.
Cette notice n'est pas complète, mais il nous semble que telle qu'elle est , elle - de quelque utilité.
» U* poire* le* ptu* deliealei «ont »• Grtce.
d'Aleiandrie , de la Nomidie et de différente* parties de