‹ Encyclopédie élémentaire de l'Antiquité ou origine, progrès état de perfection des arts et des sciences chez les anciensChapitre 7 sur 33 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

ARTICLE PREMIER

l'excellehce et les avantages du commerce.

Le Commerce est le plus solide fondement de la société civile, et le lien le plus nécessaire pour unir entre eux tous les hommes , de quelque pays et de quelque condition qu'ils soient. Par le Commerce, le monde entier semble ne former qu'une seule ville et qu'une seule famille. Il y fait régner de toutes parts une abondance universelle. Nulle contrée n'est stérile , ou du moins ne se sent de sa stérilité. Tous ses besoins lui sont apportés d'un bout de l'univers, et chaque région est étonnée de se trouver chargée de fruits étrangers , que son propre fonds ne pouvoit lui fournir , et enrichi de mille productions qui lui étoient inconnues, et qui font toute la douceur de la vie.

Pris dans toute son étendue, cet art qui contribue au bonheur de tous, est fondé sur le droit sacré delà propriété,qui autorise tout citoyen à vendre le produit de son travail où , et comme il le veut ; il est l'enfant de la liberté , et partout où se fait un

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grand commerce, là aussi se trouve, sinon la liberté politique dans toute sa plénitude, au moins la liberté personnelle. Le Commerce adoucit les mœurs, leur ôte leur férocité , les éclaire , et empêche les vices de dégénérer en stupidité morale, comme on le voit à ia Chine et dans les Etats très peuplés , sans grand commerce au dehors ; il contribue enfin aux progrès des lumières et des sciences , car les deux états les plus commerçants de l'Europe, la France et l'Angleterre, sont ceux où elles ont le plus brillé. L'époque où Colbert a encouragé les arts et les manufactures , a été en même temps celle où tous les éléments des connoissances et des sciences morales ont acquis le plus de développement , un dévelop= pement mesuré sur les besoins de la société et sur le système de la subordination civile.

Le Commerce n'a guère moins d'ancienneté que l'Agriculture. Il a commencé , comme cela étoit naturel, entre particuliers, les hommes s'entr'aidant les uns les autres de ce qu'ils avoient d'utile et de nécessaire pour la vie. S'avançant de proche en proche , cet art s'établit entre les villes et les eontrées voisines , puis se porta au loin , passa les mers, et pénétra jusqu'aux extrémités du monde alors conuu.

ARTICLE U

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