‹ Encyclopédie française d'urologie, publiée sous la direction de MM. A. Pousson,... E. DesnosChapitre 7 sur 62 · L’UROLOGIE EN GRÈCE ET A ROME · texte numérisé non relu

L’UROLOGIE EN GRÈCE ET A ROME

A. — PÉRIODE PRÉHIPPOCRATIQÜE

Si les recherches des archéologues et la découverte de documents indiscutables ont établi l’existence en Grèce d’une civilisation précoce, ces travaux ne nous apprennent rien de précis sur les pratiques médicales aux temps les plus anciens. Mais ils nous montrent que la médecine a été exercée à cette époque et qu’elle avait même atteint un certain développement.

On a voulu contester la priorité de la Grèce et démontrer que les premières notions médicales lui venaient de l’Inde et de l’Egypte. Pour le premier de ces pays, les dates que nous avons données détruisent cette hypothèse ; l’antériorité de l’Egypte, en matière médicale, ressort jusqu’à l’évidence des documents que nous avons reproduits. Le papyrus d’Ebers date de 4 ou 500 ans avant la guerre de Troie ; les poèmes homériques où Daremberg a trouvé les indications médicales les plus anciennes de la Grèce, n’ont été composés que 300 ans plus tard -, l’écart est donc considérable entre la Grèce et l’Egypte qui a dû lui donner des leçons.

Comme celle d’Egypte, la médecine grecque reconnaît une origine sacrée. Le culte d’Esculape en Grèce est très ancien et on vit de bonne heure se multiplier les temples du dieu, dits Asclepeia-, dont les uns, comme celui d’Bpidaure, étaient construits avec un luxe inouï de statues et de colonnades ; un boite sacré les entourait généralement. D’autres, plus simples consistaient en constructions modestes, véritables sanatoria, où les malades pouvaient être gardés en traitement. Autour d’eux on a trouvé des inscriptions, des ex-voto, parmi lesquels on remarque d’assez nombreux spécimens des maladies génitales, mais aucun d’eux n’a trait à l’urologie.

La médecine consistait d’une part en incantations et en cérémonies religieuses et d’autre part en une thérapeutique véritable. Le malade, avant

femme s’assoira sur la courge et fera entrer très avant dans les parties génitales le bout de la courge, afin que les parties reçoivent le plus possible de vapeur. On lui fera prendre des boissons diurétiques. D convient d’assouplir le corps en dehors par des bains cbauds et la vessie par des boissons qui procureront la plus grande quantité d’urine. La saignée dissipe ordinairement

Puis viennent, comme souvent dans Hippocrate, des observations à l’appui : la première paraît se rapporter à une infeetion purulente plutôt qn’urineuse.

« Bion, à la suite d’un état hydropique longtemps prolongé, perdit l’appétit pendant plusieurs jours et fut pris de strangurie: un apostème

à la fois rouges et purulentes ne sont-elles pas celles de la tuberculose ou

A trois reprises il est fait appel à l’intervention chirurgicale et l’on se demande si Hippocrate pratiquait la néphrotomie. « Si l’on aperçoit une tumeur ou une élévation à la région rénale, pratiquez une incision », dit-il, mais il ajoute : « débarrassez l’organe des graviers par des diurétiques ». Ce qui semble indiquer qu’il ne retire pas les calculs; rsavs-.v -/.a-a xçv vsçooy, voudrait - dire « incisez jusqu’au rein et non pas le rein » et de même plus loin : « quand il y a du pus dans le rein, faites une incision à la partie

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régions, elle est brûlée par la chaleur naturelle, et il se forme une pierre ou du sable. Il importe de la briser ou de la diminuer par des médicaments appropriés qui augmentent la chaleur et la dessèchent. » On reconnaît là une pathogénie empruntée à Hippocrate.

Oribase pratiqua la chirurgie et nous a laissé des techniques qui paraissent dues surtout à Anthvllus et à Héliodore. Bien de nouveau sur la taille : c’est le manuel opératoire de Celse ; il signale seulement la gravité des blessures du col vésical qui laissent une fistule incurable. Sons le nom d’induration du col il désigne une affection qui ressemble à l’hypertrophie prostatique. Quand le cathétérisme est impossible, il propose d’inciser le périnée vers le

un nuage tenu en suspension indique que la nature n’a pas encore achevé la eoetion des humeurs ou qu’elle livre un combat contre la maladie. Plusieurs

de ces détails sont empreints, d’un certain sens clinique: mais à côté subsistent des enfantillages et des superstitions. Pour éviter les redites nous passons vite sur l’étude- d’Aetius, car nous retrouverons ses idées plus développées dans Actuarius et les Salemitains. Nous supprimons de même une longue liste de médicaments lithontriptiques.

A la même époque vivait Alexandre de Tralles, né en Lydie un peu après Aetius dont il prononce le nom plusieurs fois ; il exerçait à Rome où il acquit une brillante réputation. Dans ses ouvrages et dans l’histoire de sa

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