‹ Encyclopédie française d'urologie, publiée sous la direction de MM. A. Pousson,... E. DesnosChapitre 9 sur 62 · A. — LES BARBIERS-CHIRURGIENS. — LES AMBULANTS · texte numérisé non relu

A. — LES BARBIERS-CHIRURGIENS. — LES AMBULANTS

Ce serait sortir de notre sujet que refaire Phistoire de la confrérie de Saint- Côme, si bien étudiée par Malgaigne et par Nicaise qu’il est difficile d’apporter un document nouveau. Cependant elle vécut à côté des opérateurs, des inciseurs, de ceux qui ont conservé, développé, perfectionné la taille et les autres opérations sur l’appareil urinaire ; nous serons ainsi amenés à en dire quelques mots.

Nous venons de voir, dans le chapitre précédent, comment des ehirur-, giens instruits avaient obtenu de former une corporation grâce à la protection de saint Louis et de son médecin Pitard. En 1301 une première ordonnance, rendue par Philippe le Bel, restreint la pratique envahissante des barbiers : protection imparfaite tour à tour retirée, diminuée ou supprimée, puis rendue jusqu’à ce que, en 1370, Charles V eût octroyé aux chirurgiens des privilèges véritables, à charge pour eux de s’engager à soigner les pauvres gratuitement. Ils avaient le droit d’arriver à la licence, de suspendre des. bannières à leurs fenêtres et de se réunir à l’église Saint- Jacques-la-Boueherie.

Les barbiers ne se tinrent pas pour battus et deux ans plus tard ils faisaient reconnaître leurs droits par une ordonnance royale. Ils avaient d’ailleurs beau jeu, car l’usage était pour eux et leur réservait tout ce qui était manuel

sant les petites opérations aux mains des barbiers, des femmes, des chirurgiennes et des coureurs. Dans les grandes villes ils rencontraient la concurrence de personnages comme Guillaume de Salicet, Lanfranc, Guy de Chauliac, mais dans la plus grande partie du territoire il fallait bien s’adresser à eux. D’ailleurs la démarcation entre leur pratique nt celle des chirurgiens

incisions chirurgicales" tendait à entretenir cette confusion aux yeux du

Les services qu’ils rendaient expliquent donc leur faveur auprès du pouvoir royal. En 1390 une nouvelle ordonnance rendue par Charles VI marqua un nouvel échec des chirurgiens qui, pour sanctionner leur supériorité, n’acceptèrent plus que des apprentis sachant le latin et augmentèrent de deux écus d’or le droit de diplôme de bachelier. Cette mesure suffit pour

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