FONGUS DE LA DURE-.MÈRE
On désigne ainsi certaines tumeurs qui, disiant de la dure -mère, finissent par perforer fe crâne et par apparaître à l'extérieur au-des- ^ du cuir chevelu.
Anatomie pathologique.
^ tumeurs d'espèces très diverses peuvent ^leur origine de la dure-mère, mais il n'en |<tjainai8 qu'un petit nombre qui se fassent 1*9 à travers les os du crâne. Il existe, par ^onple, des tumeurs fibreuses, graisseuses et ^tiensesdela dure-mère (2). Elles ne perforent
(1) Gtynud, DieU eneycl. de% se. méd,^ art. Crâne, >i»,lS19.
(^)Votr, poar des exemples, Paik. Soe, Tram.,
jamais le crâne. D'autre part, des tumeurs nées, dans la cavité du crâne, d'organes autres que la dure-mère, peuvent dans certaines circonstances traverser l'os et devenir superficielles. C'est ainsi que des sarcomes de l'arachnoïde peuvent perforer le crâne. Lancereaux (2) cite encore un fait de « lipome » de la pie- mère,
vol. VU, p. 1 ; vol. VIII, p. 13; vol. X, p. 10. Lancêt, vol. I, 1872, p. 174 ; vol. II, 1873, pp. 660, 837, etc.
(1) Dans quelqaes-uns de ces faits, la dure- mère fut largement mise à nu ; dans d'autres cas, le chirurgien frappa avec le marteau sur le crâne de son malade pendant trois ou quatre heures de suite, et appliqua le trépan six ou huit fois.
(2) Lancereaux, Traité d'anatomie pathologique, t. II, \^ partie, p. 448. Paris, 1879.
FREDERICK TREVES. — MALFORBIATIONS ET IIALADIES DE LA TÊTE
dans lequel la tumeur intra-crftnienne se continuait par une solution de continuité du crâne avec une tumeur analogue, située sous le cuir chevelu . Il est probable que cette tumeur bizarre était congénitale. Un carcinome du cerveau peut aussi faire saillie à Textérieur, après avoir troué les os qui le recouvrent (i). U en est probablement de même des sarcomes du cerveau et des tumeurs malignes et sarcomateuses de la pie-mère. Toutefois, ces exemples de tumeurs perforantes sont extrêmement rares. 11 est même absolument exceptionnel pour les tumeurs du cerveau et des méninges molles de traverser les os, et, dans presque tous les cas où cette perforation a lieu, la tumeur a pris naissance sur la dure-mère.
Le fongus de la dure-mère peut s'observer à Tétat de tumeur primitive ou de tumeur secon^ daire. Dans ce dernier cas, il résulte d'une métastase et coïncide avec une ou plusieurs tumeurs analogues dans d'autres régions. Dans quelques cas fort rares, la néoplasie peut envahir la dure-mère, après avoir eu son point de départ dans les parties voisines, par exemple dans l'orbite.
Les tumeurs primitives sont presque toujours uniques, les tumeurs secondaires asses fréquemment multiples. Ii!n outre le développement des néoplasies secondaires est ordinairement plus rapide que celui des formes primitives.
Structure.
Au point de vue de la structure, ces tumeurs de la dure-mère doivent être rangées parmi les garcomes. Pour ce qui est des tumeurs primitives, je crois que cette assertion peut être acceptée dans son entier, mais certains faits semblent témoigner, d'ailleurs faiblement et d'une façon peu concluante, en faveur de l'opinion formulée par quelques auteurs, à savoir, que les tumeurs secondaires peuvent être quelquefois carcinomateuses. Les observateurs anciens parlent presque invariablement de ces tumeurs comme étant de nature cancéreuse, mais il ne saurait être douteux, d'après les descriptions qu'ils en donnent, qu'ils ont eu affaire à des néoplasies sarcomateuses. Même les tumeurs dont je parle présentent à un degré marqué les caractères cliniques et physiques qui distinguent les sarcomes des carcinomes.
(1) Bail et Krishaber, Dict. encyd. des se, méd,, art. Cebveau (pathologie), p. 439, 1879; Malespine, thèse de Paris, n» 14, 1846.
En général, elles sont bien capsulées; elles refoulent plutôt qu'elles n'envahissent les parties voisines (il est souvent fait mention de la facilité avec laquelle on les énuclée à l'autopsie); elles atteignent d'ordinaire un volume considérable avant de s'ulcérer ; leur développement est habituellement moins rapide que dans la plupart des carcinomes ; elles retentissent rarement sur les ganglions ; enfin elles sont souvent suivies de métastases. Tous ces caractères appartiennent au sarcome et non au carcinome. Lancereaux (1) affirme, avec d'autres observateurs, que le carcinome métastatique ne s'observe jamais dans la dure-mère, et je croîs qoe dans toutes les observations récentes où a été fait l'examen microscopique de ces productioiu fongueuses, elles ont été trouvées de naluie sarcomateuse. Je résumerai ici deux obserrt» tiens qui peuvent être données comme exem* pies des faits qui paraissent témoigner en faveur de la possibilité d'un carcinome métastatique de la dure-mère.
Le docteur Williams (^) rapporte le fait suivant:
Une femme. Agée de 26 ans, présentait depuis dii ans on squirrhe du sein. Depuis cinq ans elle ifiit un « cancer de Tabdomen ». Des tubercules lqBi^ rheux apparurent ensuite sur la peau de la poitrine tt du ventre. Elle succomba après avoir présenté dai accidents cérébraux. La dure-mère présentait pladeasi noyaux « cancéreux » arrondis et durs.
Cette observation manque un peu de détails,' et la longue durée de la tumeur du sein ai s'accorde gvère avec le diagnostic de squirrlML
Le docteur Habershon (3) a publié une ob86^ vation analogue :
Une femme, âgée de vingt-neuf ans, était atteint! d'un squirrhe du sein qui avait récidivé après TexUrpltion. Elle présenta un fongus de la dure-mère, à rn* topsie, on trouva des noyaux nombreux sur la dv^, mère; il existait en outre des tumeurs « cancëreiiiei* de la clavicule, des côtes, de Thumérus, des ganglMl bronchiques, du foie et de la plèvre. L*auteur a dosai ; un dessin de la structure microscopique do fongiii?| on y voit des cellules irrégulières dans des alvéoles* fj
Ici r&ge de la malade milite fortement conli ridée d'un squirrhe, mais en revanche il esltfè en faveur du diagnostic de sarcome mammaîN Ce diagnostic peut aussi s'appuyer sur l'étendii ^
(1) Lancereaux, op, cit,, t. II, p. 393.
(2) Williams, Path. Soc. Tram,, voL II, p. 163. .,. (8) Habershon, Path. Soc. TVans^ toL VI, p. SU»