‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 122 sur 638 · CATARACTE TRAUMATIQUE · texte numérisé non relu

CATARACTE TRAUMATIQUE

L'opacification du cristallin peut être la conséquence d'un choc ayant déterminé un violent ébranlement de cet organe ; mais elle résulte le plus souvent d'une déchirure directe de la capsule par un corps vulnérant, ou de la pénétration dans la lentille d'un corps étranger. Le traumatisme est aussi susceptible de provoquer un déplacement ou luxation du cristallin, dont nous parlerons en même temps.

Le pronostic des blessures du cristallin se base bien moins sur l'étendue de la plaie capsolaire et sur le degré de gonflement des masses cristalliniennes cataractées, que sur la possibilité d'un déplacement, même très peu accasé (subluxation) du cristallin. On voit en effet de simples piqûres donner lieu à une très vive réaction avec symptômes glaucomateux menaçants pour la fonction de l'organe, alors que de très larges blessures de la cristalloïde n'entraînent parfois aucun accident grave autre queraphakie. C'est que dans le premier cas le cristallin a légèrement basculé sur place et a déterminé une compression d'une partie des voies de filtration de l'œil. Si, par une étude attentive de l'état de la chambre antérieure, on s'est assuré que celle-ci présente sa régularité habituelle, on en conclura qu'il n'y a pas eu subluxation, mais il en sera tout autrement, et le pronostic deviendra plus sérieux, si l'on constate que Ift chambre antérieure a été réduite dans une portion, avec effacement de l'angle iridien, tandis que dans le point opposé la chambre antérieure se montre plus profonde. On demeurera convaincu alors qu'il existe une subluxation du cristallin, que confirme parfois aussi un léger tremblotement de l'iris dans la partie élargie de la chambre antérieure.

C'est dans ce dernier cas qu'il faut s'abstenir soigneusement de l'emploi de l'atropine, dont l'action viendrait précipiter l'apparition des ae* cidents glaucomateux. Par contre, on se tiendra prêt à faire usage d'un collyre d'ésérine dès que l'élévation de la tension montrera l'imminence du glaucome. Si, en dépit de plusieurs instillations journalières du myotique, la pression augmente et les douleurs périorbitaires s'accusent, on procédera sans retard à la sclérotomie ou à l'iridectomie.

Une blessure du cristallin peut ne donner lieu, dans quelques cas heureux, qu'à une opt-

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