OPÉRATIONS PRATIQUÉES SUR L'IRIS
IRITOMIE.
C'est à une simple section de l'iris que l'on s'adressa tout d'abord pour obtenir une pupille artificielle, et l'iritomie fut déjà exécutée il y a un siècle et demi (1728) par Cheselden qui se servit à cet effet d'une aiguille falciforme. Bientôt après, lleuermann, en Allemagne, imagina une autre méthode consistant à inciser à la fois la cornée et l'iris en se servant d'un couteau lancéolaire. Ce procédé fut encore, quelques années après, modifié par Guérin qui, après avoir pratiqué une large ouverture & la cornée avec un couteau & cataracte, se servait d'un autre couteau pour inciser l'iris. Enfin une dernière modification dans l'exécution de l'iritomie est due à Janin qui, ayant aussi formé un large lambeau cornéen, soulevait ce dernier avec une curette et se servait pour inciser l'iris de ciseaux dont une branche pointue était dirigée à travers cette membrane.
Apres que Wenzel eut fait connaître en 1780 riridccloinic et qu'il fut établi qu'il était bien plus aisé d'exciser un lambeau de 1 iris que d'inciser ce diaphragme, il semblait que l'iritomie, en dépit de la tentative de Maunoir au commencement de ce siècle, pour lui conserver son rang, devait à jamais disparaître comme procédé pratique. C'est en vain que detjraefe, vers la fin de sa carrière, reconnaissant qu'il pouvait y avoir avantage dans quelques cas à utiliser le pouvoir de rétraction de l'iris distendu, sans exercer sur celui-ci une traction, proposa, par un retour au procédé primitif de Cheselden, de faire pénétrer une aiguille falciforme dans la cornée et d'inciser avec elle le diaphragme indien. Une pareille opération ne pouvait guère iMre exécutée sans exercer une certaine pression sur l'iris, outre qu'il était peu aisé de pratiquer ainsi avec quelque sûreté une incision de cette membrane. Aussi sa recommandation ne futelle pas entendue.
La proposition de Uo>\man, faite au congrès de lA)ndres en 1872, ne fut guère mieux accueillie. Il conseillait, dans des cas de cataracte zonulairo, de faire pénétrer, suivant une méthode qui rappelait celle de (lUérin, ù travers une sec-
tion de la cornée un petit couteau mousse jusque derrière l'iris ; l'instrument étant tourné de façon à ce que son tranchant soit dirigé en aYant, il sectionnait l'iris contre la face postérieure de la cornée.
C'est à cette même époque que de Wecker reprit la méthode de Janin, qui lui apparaissait comme la plus propre à assurer à l'iritoiiiie ses véritables avantages, en évitant avec une parfaite sûreté toute traction fâcheuse sur l'iris ou k corps ciliaire. Mais au lieu de former un large lambeau cornéen, de Wecker se servit pour inciser la cornée d'étroits couteaux, un peu plus larges que les aiguilles à paracentèse et qu'il désigne sous le nom de couteaux à arrêt (voy. fig. 1558 et 1559, p. 198). Puis les grossie» ciseaux habituels furent remplacés par das pinces-ciseaux (voy. (Ig. 15^5, p. i86) suseeptibles d'être maniés à travers une étroite pliie de la cornée et de fournir une section très nette, ménie si les branches se trouvaient dans un plan sensiblement parallèle à la membrane qu'elles devaient entamer. Ainsi remaniée, Firitomie devait reprendre son véritable rang dans la chirurgie oculaire et trouver les indications ù son emploi dans des cas où aucune autre méthode ne pouvait lui être substituée.
L'iritomie peut être exécutée exclusivement dans un but optique, et on la désigne alors sons le nom d'iritomie optique. Lorsqu'on se piopose,^ non seulement d'améliorer et de restituer la vue, mais encore de faire cesser des états irritatifs de l'œil, l'iritomie est alors en oolre antiphlogistique.
Iritomie optique.
Cette opération exécutée uniquement comnie moyen propre à améliorer la vue ne devra troover pour son application qu'un terrain très restreint. Ainsi pour la cataracte son ulaire, dans laquelle l'iritomie remplit incontestablemeotk nueux le but, en fournissant une pupille aoiii étroite que possible, on pourrait, malgré l'emploi de la cocaïne, préférer, chez des malades dont on redoute lindocilité, l'exécution d'une étroite iridectomie n'intéressant qu'une portion de Fiiis