IRIDECTOMIE
L'iridectomie fut introduite dans la chirurgie oculaire en i780 par Wenzel qui l'employa tout d'abord comme moyen auxiliaire de l'extraction ^li cataracte. Peu de temps après elle fut érigée en méthode par Reer. Mais c'est plus récemment que, grâce à Desmarres et à de Graefe, cette méthode se répandit réellement dans la pratique et prit la place que ses heureux effets étaient lui faire occuper. Le mérite de Desmarres est d'avoir Enontré que cette opération était susceptible, sans aucun danger, d'être exécutée sur un œil que l'on fixait et dont on ouTraitles paupières avec un écarteur, et prouvé comnaent en présence de larges adhérences du celé de la surface postérieure de l'iris, cette membrane pouvait être impunément arrachée ^8 forme d'un lambeau (iridorhexis). Quant ^deGraefe, ce sera son éternelle gloire d'avoir insisté sur l'action antiphlogistique de l'iridec- (OBiie dans les cas où, par suite de synéchies, la communication est interceptée entre les deux cbambres et d'avoir fait connaître les effets an-
ki
tiglaucomateux que Ton pouvait retirer de pareille opération.
L'iridectomie, suivant qu'elle est pratiquée dans un but purement optique, ou que l'on se propose d'utiliser son action antiphlogistique ou anliglaucomateuse, s'exécute d'après des procédés différents que nous devons passer en revue.
Lorsque l'on pratique l'iridectomie dans l'intention de faire servir à la vision une portion déterminée des parties transparentes de l'œil, il y a tout intérêt à obtenir une pupille artificielle aussi étroite que possible. En réduisant la section cornéenne, on se flattait autrefois d'obtenir une pupille de dimensions proportionnelles à l'étendue de cette section, tandis qu'en réalité la largeur de l'iridectomie dépend surtout du pouvoir de rétraction des parties non entamées de l'iris. Il faudra toutefois réduire l'excision de l'iris à un minimum, tout en faisant une étroite plaie dans la cornée, lorsque l'on voudra pratiquer une pupille aussi étroite que possible. Dans ce cas même on devra s'attendre à ce que la pupille présentera toujours une certaine largeur, ce qui est à prévoir si l'on songe qu'une simple iritomie, consistant seulement dans l'incision du sphincter, donne constamment, lorsqu'il n'existe aucunes adhérences indiennes, une pupille dont les bords s'écartent très notablement.
Aussi était-il parfaitement légitime de chercher d'autres moyens propres à fournir d'étroites pupilles. Ce but ne pouvait être atteint en l'absence de toutes synéchies que de deux façons différentes: soit en attachant le sphincter iridien pour empêcher sa distension, soit en ménageant dans l'excision de l'iris ce sphincter qui s'opposerait alors à l'écart de la fente iridien ne. Ce sont ces deux méthodes qui ont été pratiquées par Gritchett et Pope.
Iridésis,
Le procédé consistant dans l'enclavement de l'iris, imaginé par Critchett, porte le nom d'tridésis. On attire dans une étroite plaie du bord de la cornée un pli de l'iris, que l'on fixe alors à l'aide d'une ligature, en obligeant de cette façon le sphincter à adhérer définitivement avec la cicatrice.
De Wecker et Stellwag de Carion ont simultanément proposé d'abandonner la ligature et de tenir simplement en place l'iris enclavé avec le bandeau, le petit prolapsus étant excisé un ou deux jours après. Ces pupilles mobiles, très
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étroites, avaieot en outre cet avantage que par Tattraction de l'iris nécessité par leur formation, on arrivait à masquer des parties de la cornée ou du cristallin défavorables k la vision et à éviter Téblouissement occasionné par lu diffusion de la lumière traversant ces parties. Malgré ces avantages, Taltraction deTiris vers le canal de Fontana, et le tiraillement incessant exercé sur les parties voisines du corps ciliaire devaient constamjnent tenir les yeux ainsi opérés sous la menace de l'irido-choroïdite et du glaucome. Il a donc fallu renoncer à cet ingénieux procédé.
Opération de Pope.
Cette opération, dans laquelle on excise une partie périphérique de Tiris attirée au dehors, en maintenant le sphincter intact, n'a pu trouver une application régulière dans la pratique courante à cause des difficultés que présente son exécution. Sur une partie herniée de l'iris, ou attirée au dehors avec les pinces, il est en effet peu aisé de pratiquer une excision qui se borne à une portion précise de la périphérie de l'iris. D'un autre côté, il a fallu reconnaître que, si on ne laissait pas une suffisante largeur de tissu iridien autour de l'ouverture pupillaire, on voyait s'atrophier peu à peu cette bandelette étroite, et disparaître la contractilité dont on voulait faire bénéficier la pupille artificielle. On peut dire que Topération de Pope ne se pratique guère aujourd'hui qu'accidentellement, c'est-àdire lorsque dans une iridectomie le sphincter échappe, sans intention, au coup de ciseaux. Notons d'ailleurs qu'au point de vue optique la formation de deux pupilles ne présente aucun inconvénient.
Iridectomie optique. — Sphincter ectomie.
Outre l'iritomie, dont les indications sont restreintes, ïiridectomie reste donc le seul moyen pour pratiquer la pupille optique, que Ton tâchera d'obtenir aussi étroite que possible et qu'on limitera dans ce but à une sphinctérectomie. Cette opération, applicable surtout pour les cataractes zonulaires et les leucomes centraux, s'exécute, suivant Critchett, eu pénétrant près du bord cornéen avec une large aiguille (broad-needle) dans la chambre antérieure. On saisit alors le bord pupillaire avec . un petit crochet mousse et on l'excise avec les ciseaux dans l'étendue que l'on désire.
Si, dans l'iritomie, l'introduction de pincesciseaux dans l'œil est regardée avec raison
comme une manœuvre délicate, on sans peine, que des mouvements e\i un crochet pour saisir l'iris sont p même reproche ; aussi de Wecker exécuter l'iridectomie optique ou h recto mie de la façon suivante :
Après avoir placé l'écarteur à ress fixé l'œil, on pénètre avec le coule coudé, car on se propose ordinai placer la pupille en bas et en deda 2 millimètres de distance du bor( en le poussant parallèlement à l'iri!
ment jusqu'au tiers ou à la moitié gueur ; après quoi on le retire rapid< conserver l'humeur aqueuse. On alors de fines pinces à pupille jusq sphincter iridien qu'on saisit et qu'oi dehors d'autant plus facilement qu€ aqueuse s'échappant à ce moment, bord pupillaire se jeter sur les exli pinces. Un aide exercé excise alors te pinces la portion du sphincter qu' tiennent, sans que l'opérateur abi pince à fixation. Enfin, on exécut frictions avec la curette en caoutcl plaie cornéenne, afin d'assurer la l'iris, et l'on instille au besoin une j collyre de salicylate d'ésérine.
Suivant l'emplacement que Ton plaie de la cornée, en faisant plus empiéter la section sur cette men peut pratiquer une simple excision d de l'iris, ou élargir davantage la s'allonge alors en poire, tout en laii le bord de la nouvelle pupille et la de l'iris une étendue encore ass Lorsque l'on est forcé d'utiliser poi les parties les plus excentriques de on fera alors tomber l'étroite sect ment sur le bord cornéen, de faço l'iris jusqu'au point correspondant On pourra ainsi arriver à réduire possible l'étendue de ces pupilles op malheureusement chez les enfants, s'agrandir progressivement avec le ment de l'œil.
Quant à l'emplacement à donner optique, on se laissera guider pour se diverses considérations. D'abord on é gneusement à l'éclairage oblique (ou trique) les diverses parties de la corn de vue de leur transparence. On port son attention sur l'état de courbure face cornéenne, en examinant quelli elle offre à l'aide des reflets fournis ]