‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 156 sur 638 · CORNÉE ET SCLÉROTIQUE · texte numérisé non relu

CORNÉE ET SCLÉROTIQUE

Anatomie .

l^e tissu propre de la cornée^ c'est-à-dire le parenchyme cornéen, est composé de fines ^MUeSy formant par leur réunion les faisceaux fbrillaireSy d'un ciment soudant les fibrilles et H faisceaux de fibres, d'un système de canaux <iui constitue les vaisseaux et espaces lympha- ^ues, enfin de cellules occupant ces lacunes et canaux lymphatiques ou parcourant ceux-ci. La cornée est tapissée sur ses deux faces d'un rêvéiment épithélial,ei cette membrane se continue oralement avec la sclérotique (voy. fig. 1567, P-204). Celle-ci présente dans ce point un tissu caTemeux circonscrivant de larges espaces lymphatiques qui communiquent avec la chambre antérieure, mise ainsi, indirectement, en continuité avec le système lymphatique cornéen.

1^8 fibrilles et les faisceaux qu'elles forment i)c peuvent être mis en évidence qu'à l'aide de réactifs et de forts grossissements. 11 importe ^^ remarquer que les faisceaux afl'ectent une <iisposition par couches superposées, montrant ^^08 ce sens une cohésion beaucoup plus accusa que dans la direction perpendiculaire. De là, ^ structure lamellaire particulière de la cornée, s'accasant d'autant plus qu'il s'agit de points plus rapprochés de la face interne de cette niembranc.

Le ciment cornéen est constitué par une masse homogène ayant pour efi*et de souder intimement les fibrilles et les faisceaux fibrillaires, de façon à constituer, dans le sens des faisceaux, une succession de couches parfaitement parallèles. Sur chacune des faces de la cornée, le ciment par son accumulation donne lieu à une membrane anhiste.

Le système des voies lymphatiques de la cornée siège dans la masse que forme le ciment réunissant les faisceaux fibrillaires disposés en lamelles, et se trouve en quelque sorte creusé dans ce ciment cornéen. Ce sont de nombreux espaces lenticulaires aplatis, communiquant entreeuxpar des prolongements ou canaux, qui, de même que ces espaces, suivent plus particulièrement les couches de ciment séparant les faisceaux. Cependant certains canalicules communiquent également avec les espaces et leurs prolongements occupant des lamelles voisines, de telle manière que nombre de prolongements prennent une direction plus ou moins angulaire, la cornée étantainsi traversée en teus sens par les canaux lymphatiques. Le ciment voisin des lacunes et de leurs embranchements montre bien une résistance plus grande que sur les points moins proches des espaces lymphatiques, mais sans donner lieu à des parois qu'on puisse isoler.

Quant au contenu de ce système canaliculaire, il se compose de lymphe ou de^liquide nourricier, dont la pression toujours égale assure l'homogénéité et la transparence parfaite du tissu cornéen. On rencontre en outre dans les espaces lymphatiques des cellules, dont les unes sont fixes et représentent les éléments cellulaires propres de la cornée, et les autres mobiles pour constituer les éléments migrateurs.

Les cellules propres de la cornée sont formées par des plaques qui garnissent les espaces lymphatiques et qui présentent un noyau enveloppé d'une masse de protoplasma finement granulé, celle-ci étant entourée à son tour d'une zone limitante homogène. Cette zone transparente doit être considérée comme une transformation du protoplasma, qui, après avoir envahi toute la cellule, s'y substitue et se confond avec la substance fondamentale de la cornée. Ces cellules en plaques présentent des prolongements se portant dans les canalicules sous forme d'appendices très déliés ou d'ailettes qui quittent parfois à angle droit la cellule pour gagner les canalicules affectant cette direction. Ces appendices formés, comme la zone enveloppant le protoplusma, d'une masse homogène et transparente, donnent aux cellules les formes les plus variées et les plus bizarres.

Les cellules, ou corpuscules migrateurs, se distinguent des cellules fixes par un volume moindre et qui varie constamment; en outre, elles offrent un éclat très accusé et présentent la propriété de se mouvoir.

Pour ce qui regarde le rôle et la relation de ces deux ordres de cellules, il résulte des idées émises par Waldeyer que les cellules fixes en plaques forment un revêtement endothélial du système canaliculaire de la cornée. Les prolongements en plaques diaphanes de ces cellules seraient en voie de se transformer en substance propre de la cornée, alors que le protoplasma grumeleux qui enveloppe le noyau révélerait encore par sa conlraclilité sa provenance des cellules mobiles. Les corpuscules migrateurs, après s'être fixés et avoir subi une transformation graduelle de leur protoplasma en masse diaphane, passent d'abord à l'état de cellules eiidothéliales pour devenir enfin substance propre de la cornée, de façon à assurer le renouvellement du tissu cornéen.

La cornée est recouverte d'un épithélium formé d'une première rangée superficielle de cellules plates, reposant sur une couche moyenne de cellules dentelées ; celle-ci recouvre à son tour une dernière couche composée de cellules

cylindriques en massue. Il existe donc trois rangées de cellules épithéliales au-dessous desquelles on rencontre une membrane anhiste qui forme la membrane basilaire antérieure ou de Bowinan, Cette portion superficielle de la cornée ne pouvant être séparée des parties plus profondément situées, il en résulte que la désignation de membrane ne saurait à proprement parler lui être appliquée. Cette prétendue membrane n'est autre chose qu'une couche déciment, munie de fibrilles, mais dépourvue d'espaces lymphatiques, cette couche se perdant insensiblement dans le tissu cornéen, dont elle se distingue par une réfringence un peu plus accusée.

La cornée est aussi limitée, du côté de la chambre antérieure, par une couche anhiste, d'une minime épaisseur et s'accusant par un refiet brillant. Cette bande, qui réfracte vive- I ment la lumière, tranche sur les parties voisines de la cornée et constitue une lame élastique, présentant la propriété de s'enrouler quand oo la détache de la cornée. Ce détachement ne s'opère d'ailleurs qu'avec difficulté, attendu que celte lame, désignée sous le nom de membrane de Lescemety est constituée par une condensation du ciment. Cette membrane est garnie d'une unique rangée de cellules épithéliales que l'on peut envisager comme l'endothélium de la chambre antérieure. Ces cellules épithélialei sont aplaties et présentent un noyau très distinct.

Des vaisseaux sanguins n'existent que sur li limite, les bords et la surface contiguë au b(M^ cornéen ; à aucune époque de la vie, il ne s'en rencontre dans le milieu de la substance propre de celte membrane. Pendant la vie fœtale, les artères ciliaires antérieures fournissent no réseau sous-épithélial qui, couché immédiatement sous le revêtement épilhélial, couvre tonte la surface de cette membrane. Les vaisseaoi qui le composent s'oblitèrent uitérieuremeol jusque vers la limite périphérique de la membrane. Dans ce point, l'anneau conjonctiTsl* ils persistent ainsi pendant la vie et forment le réseau à anses vasculaires péricornéenes, constitué par de petits troncs artériels sous-coqjonC' tivaux ou episcléraux qui s'avancent directemeol vers le bord cornéen pour se diviser dicfaotomiquement; là, ils forment, tournés vers U cornée, une série d'élégantes arcades poor passer ensuite dans un réseau bien ramifié de petites veines.

Pour ce qui regarde les nerfs de la cornée, d^ petits troncs nerveux au nombre de quarante ^

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