TATOUAGE DE LA CORNEE
Le tatouage de la cornée, déjà pratiqué autrefois par les Grecs, ainsi que Anagnostakis l'a démontré, a été réintroduit dans la pratique courante par de Wecker, dont les premiers essais remontent à 1869. A cette époque il se servit d'une simple aiguille à cataracte trempée dans de l'encre de Chine délayée dans un peu d'eau; plus tard il fit usage d'une aiguille creuse.
Actuellement, on suit généralement la manière de procéder de Taylor. On fait usage d'un faisceau d'aiguilles (fig. 1581) fixé sur un manche, avec lesquelles on pratique, en peu
Fig. 1581. — Aiguille à tatouage de Taylor avec spatule.
■Bi^ me grande quantité de piqûres à la vil leucome préalablement recouvert, à Am petite spatule d^argent que porte
otrémité de l'instrument, d'un épais I d'eDcre de Chine. On termine cette Intention par quelques frictions faites piqûres avec la spatule chargée d'encre e, dans le but d'obliger les particules de
à pénétrer dans les piqûres. On dépose qui a servi à fixer Toeil, et dont les extrémme le veut de Wecker, sont garnies de Kic (fig. 1548, p. 188) afin d'éviter toute e de la conjonctive, ce qui exposerait à ation de l'encre de Chine au-dessous membrane; et on laisse l'écartcur en ndant quelques minutes, pour que les s ne viennent pas trop vite balayer la l en chasser la matière colorante, iche cornéenne d'un blanc très marl ainsi fréquemment ôlre noircie en i séance, et lorsque Tépilhélium a rcrillanl, il est souvent impossible, même ite distance, de reconnaître qu'un ta-
touage a été pratiqué. Cette opération est absolument inoffensive, si Ton a soin de ne pas l'exécuter sur des yeux prédisposés au glaucome, complication que l'on n'a d'ailleurs pas à redouter habituellement lorsqu'il s'agit de simples taches cicatricielles de la cornée ; mais si l'on a affaire à un leucome adhérent, il sera prudent de pratiquer préalablement une pupille artificielle, dont l'établissement sera souvent indiqué également dans un but optique.
La présence de vaisseaux sur un leucome n'est nullement un obstacle à l'emploi du tatouage, qu'il sera alors nécessaire de répéter plusieurs fois pour atteindre un résultat complet, les premières séances ayant pour effet d'oblitérer les vaisseaux.
TRÉPArfATION DE LA CORNÉE.
L'opération consistant à enlever sur la cornée une rondelle d'étendue variable, comprenant toute l'épaisseur de cette membrane, a été pratiquée par Bowman et de Wecker. L'instrument
250 MASSELON. — MALADIES CHIRURGICALES DE UOEIL ET DE SES ANNEJ
employé par Bowman consiste en un emportepièce, auquel on donne un mouvement circulaire avec la main, ce qui n*est pas sans difficultés si le tranchant doit être tenu exactement dans les mêmes points. Aussi le trépan de de Wecker (fig. i582) est-il d'un maniement beaucoup plus sûr, attendu que le mouvement de ro-
tation est imprimé à Taide d'un s'échappe en pressant sur un petil porte latéralement l'instrument.
La trépanation a été employée dî de leucome complet de la cornée, ( d'obtenir par des opérations success catrice translucide permettant un ves
Fig. 1582. — Trépan de de Wecker. L'instrument est armé en remontant jusqu'à rextrémité de le bouton C, et Ton fait partir le ressort, qui met en mouvement la rondelle tranchante /i« en la pédale L. Au-dessous se voit une série de couronnes de rechange de diamètre et de forme
ce que Gradenigo avait réussi également à pratiquer avec le couteau. Cette opération a encore été appliquée au traitement du kératocône, en enlevant sur le sommet du cône une rondelle de cornée! et au staphylome partiel, dont l'ablation a été exécutée avec le trépan (Bowman). Enfin le trépan a surtout trouvé une importante application dans les opérations ayant pour but de greffer, chez des malades dont la cornée avait été détruite, une cornée animale ou humaine.