‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 198 sur 638 · ORBITE · texte numérisé non relu

ORBITE

Anatomie.

Bien que, comparativement aux dimensions du crâne, l'orbite occupe chez la femme un espace plus étendu que chez l'homme, la cavité orbitaire de la femme est cependant quelque peu plus petite que celle de l'homme, les divers diamètres mesurant 2 à 3 millimètres de moins chez la première. Si l'on considère l'orbite de l'homme, sa largeur est de 40 millimètres et demi et sa hauteur de 35 millimètres et demi. Quant à la profondeur, elle mesure, du milieu de rouvcrture orbitaire au trou optique, 43 millimètres. Pour ce qui regarde les axes des orbites, ils forment entre eux un angle de 42°. Enfin les bords internes des orbites sont séparés par une distance de 22 millimètres, représentant la largeur du nez. Ces chiffres peuvent, bien entendu, varier quelque peu suivant les sujets.

Nous devons maintenant dire quelques mots des parois de l'orbite. La paroi supérieure, presque horizontalcmentsituée, forme une concavité qui s'accuse le long du rebord orbitaire et des parois latérales, principalement du côté externe où se loge la glande lacrymale. Il faut se rappeler, lorsqu'on procède à des manœuvres chirurgicales, que cette paroi, surtout dans ses deux tiers post«^rieurs, est très peu épaisse. Si Ton fait passer un plan horizontal par le rebord orbitaire supérieur, le trou optique occupe un point situé un peu plus bas que ce plan. La paroi inférieure, ou plancher de l'orbite, s'éloigne de l'horizontale et remonte du côté du nez. La piroi temporale est excavée du côté de la tempe

dans sa portion antérieure. Au contraire la paroi interne, tout en s'éloignant peu d'une surface plane, est légèrement convexe du côté <1« l'orbite, excepté cependant au voisinage de son bord antérieur, où cette paroi se porte vers le nez pour former une rainure dans laquelle 3C place le sac lacrymal. La paroi orbitaire intero^ est la plus mince, mais de ce côté nous n'avoua pas à craindre, comme pour la paroi supérieure* un voisinage dangereux.

Le globe oculaire occupe dans l'orbite iii> emplacement qui peut varier suivant la plusoii moins grande quantité de tissu graisseux accumulée dans la cavité orbitaire. Toutefois le glob^ de l'œil ne peut être porté en avant au del^ d'une certaine mesure et est retenu par le n^ optique, les muscles et la capsule de Tenoa* Les attaches que celle-ci prend sur les paroi' orbitaires s'opposent d'un autre côté à ce qM dans le cas où la graisse vient à diminuer, l'œil ne s'enfonce trop profondément dans l'orbite' Les différences de propulsion et d'enfoncemeoi du globe oculaire peuvent atteindre 2 centimètres, le sommet de la cornée étant suscep' tible de se trouver à un centimètre en arrière ou en avant d'un plan passant par rouvertoitf orbitaire. Notons que, dans cette position extrême du globe oculaire en avant, le nerf optique se trouve absolument tendu.

Pour ce qui regarde les parois latérales àô l'orbite, on observe que le globe de l'œil tô trouve un peu plus rapproché de la paroi temporale, environ de 2 millimètres et demi Itî^ I quant aux parois supérieure et inférieure, eU^

TUItEURS DE L'ORBITE.

dislanles de l'œil. Si on observe ipluichsrdercirbile s'incline notablement dehors, on comprendra pourlé doigt peut de ce edlè pénétrer plus dans la onté orbllatre lorsqu'il s'atafiorer celle-ci. Bien que, du cdté de interne, l'écart entre celle paroi et

le globe oculaire soit plus accusé, la présence du ligament palpébral s'oppose auK explorslioiis. La concavité du rebord orbitaire supérieur rend 1res diriicile l'accès des parties qui envïrouucnl l'œil dans ce point. Lu même dilBculté s'observe pour le milieu de la paroi externe dont su riipproche diivunlagele globe.

288 MASSELON. — MALADIES CHIRURGICALES DE L'ŒIL ET DE SES ANNEXES, [m

le plus souveut n^est établi qu'avec le secours du microscope. Nous ne ferons que citer, parmi les tumeurs qui peuvent se développer dans Torbite, lesexostoses, le fibrome, le lipome, le sarcome, Tenchondrom e et le carcinome ; mais nous nous arrêterons u n instant sur les épanchemen ts de Torbite, les kystes et les tumeurs vasculaires qui se distinguent par des caractères particuliers.

ÉPANCHEMBNTS SANGUIN!).

La formation d'un épanchement de sang dans Torbite, en dehors d'un traumatisme, est un acciden t qui ne se présente que bien rarement. Toutefois on pourra reconnaître assez facilement ces épanchements, en considérant la brusque apparition de l'exophtbalmie, l'absence de sensibilité marquée en repoussant le globe de l'œil, et en tenant compte des circonstances dans lesquelles l'affection est apparue, efforts, vomissements, séjour dans un milieu très chauffé, suppression brusque des règles, etc. La leucémie et l'anémie pernicieuse peuvent aussi provoquer un pareil accident. Le traitement consistera dans l'emploi du bandeau compressif et dans l'usage des révulsifs, purgatifs, injections sous-cutanées de pilocarpine.

KYSTES UYDATIQUES.

Une forme de tumeur dont la nature peut, dans un certain nombre de cas, être préalablement reconnue, consiste dans la présence d'un kyste hydaliquc occupant la cavité orbitaire. On devra songer à la possibilité d'une pareille tumeur lorsque, chez un sujet encore jeune et présentanttoutes les apparences de la santé, une exophthulmie se sera assez promptement développée. Une ponction exploratrice pratiquée du côté opposé où l'œil a été repoussé, avec la précaution d'incliner l'aiguille dans plusieurs sens et à diverses profondeurs, donnera lieu à Técoulement d'un liquide transparent. La nature kystique de la tumeur reconnue, on pourra, après l'avoir vidée, en faire l'extirpation tout en conservant le globe oculaire.

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