‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 212 sur 638 · BLESSURES ET BRULURES DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

BLESSURES ET BRULURES DES PAUPIÈRES

Les blessures ou déchirures des paupières, lorsqu'elles sont profondes, entraînent aisément une déformation définitive, si elles n'ont pu être réunies et coaptées exactement. Aussi, quelle que soit la période à laquelle le blessé se présente, faudra-t-il de toute nécessité procéder avec grand soin à la réunion de ces plaies des paupières. Si l'accident remonte à plusieurs jours, on devra sans hésitation aviver les bords des plaies, les régulariser et les rapprocher à l'aide de sutures métalliques, qui offrent l'avantage de pouvoir rester longtemps en place et de maintenir rapprochées les parties dont on n'aurait pu obtenir la réunion immédiate.

Dans le cas où la blessure est ancienne et a laissé, faute de soins, une difformité permanente, il sera souvent possible, en étudiant soigneusement la forme de la cicatrice et l'emplacement anormal pris par le bord ciliaire, de retrouver, après détachement des lambeaux autrefois formés par la blessure, la place qu'ils devaient normalement occuper pour reconstituer la paupière.

Dans les cas de brûlures des paupières il sera encore moins permis au médecin, si c'est possible, de rester inactif. Il s'agit ici d'éviter à tout prix le renversement des paupières qui survient si aisément lorsque s'opère la cicatrisation, surtout à la période on la cicatrice se rétracte. Les plaies laissées par les brûlures ne doivent jamais être abandonnées à une cicatrisation spontanée. Dès que le bourgeonnement

commence à se manifester, il sera impérieusement indiqué de recourir à la greffe dermique.

Si on peut se procurer un large lam{)eaQ de peau, comme l'opération du ptosis faite chez as autre malade en fournit parfois l'occasion, oo recouvrira la plaie avec ce lambeau que Foo tâchera de bien mouler sur la surface inégale que présentent habituellement les pl^ ties sur lesquelles on veut appliquer la greffe. Autrement, on s'adressera à la greffe en noftrique de de Wecker, en prenant de petits lambeaux de quelques millimètres carrés détachés sur l'avant-bras du malade, ou de quelque antre personne dévouée, et en en recouvrant la plaie. Ces petits lambeaux cutanés ont l'avantage, ^ cause de leur exiguité, de se coapter très exactement, et cela quelles que soient les anfractuosités de la plaie. La greffe se fera sûrement, si on a soin d'éviter l'imbibition des lambeani par le pus ; pour cela, le moyen le plus simple sera de recouvrir simplement les greffes arec un petit linge très fin imprégné de vaseline boriquée et de renouveler fréquemment ce pansement.

Grâce à la greffe, aidée au besoin de la ta^ sorrhaphie, il est très rare, dans les cas de destruction des paupières, que l'on soit obligé de recourir à l'un des nombreux procédés de blépharoplastie qui ont été successivement préconisés et qui présentent le grave inconTéDÎeot, en cas d'insuccès, de laisser les malades dans un état plus fâcheux qu'avant la tentatiTe de restauration des paupières.

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