II. — lIEHOlinilAGIE: DANS LA CAVITE DE L'ARACIIISOIDE
C'est le siège le plus ordinaire des épanchemenls sanguins traumatiques; on trouve le sang épanché à Tintérieur delà cavité de l'arachnoïde non seulement dans la majorité des traumatismes graves de la lêle, mais « encore dans des cas où le traumatisme a été insignifiant, et cela sans lésion apparente soit du cerveau, soit de ses membranes (2) ». Les sources de l'hémorrhagie sont les vaisseaux de la pie-mère, avec déchirure de l'arachnoïde viscérale ; les veines cérébrales superficielles; et les grands sinus. Celte variété d'épanchement peut même coïncider avec un épanchement de sang provenant des vaisseaux situés entre la dure-mère et le
(1) Holden, Landmarks^ Keen's éd.
(2) Hewett, op, cit., vol. I, p. 576.
crâne, le sang se frayant une voie dans la cavité arachnoïde par une déchirure de la première. Dans la plupart des cas, le siège de l'épanchement répond au cerveau, quelquefois au cervelet, et très rarement à la moelle allongée. Le sang ainsi épanché subit certaines modifications importantes, sur lesquelles j'appellerai ici l'attention (1). Aussitôt après la coagulation, le sang forme une couche mince, comme membraneuse, qui se moule exactement sur les parties entre lesquelles elle est située. Lorsqu'il est en grande quantité, il peut constituer une véritable enveloppe aux deux hémisphères cérébraux. Avec le temps, la matière colorante du sang dispandt plus ou moins ; les caillots décolorés présentent alors l'aspect de membranes de teintes variables; ce sont elles que l'on trouve dans la cavité arachnoîdienne après les traumatismes de la tête, et que l'on croyait autrefois à tort de nature inflammatoire.
c( Dans les épanchements légers » on ne trouve plus au bout de quelques jours qu'une simple pellicule, « assez délicate et assez faiblement colorée pour échapper à l'examen ». Le plus ordinairement, ces fausses membranes sont solidement fixées à Tarachnoïde pariétale, présentent une surface égale, polie, comme séreuse, et sont abondamment fournies de vaisseaux, souvent appréciables à l'œil nu. Dès le vingt-troisième jour, ces apparences caractéristiques peuvent se montrer très nettement.
0 Molles et pulpeuses » au début, ces membranes peuvent dans la suite devenir « semblables à du cuir, à du tissu fibreux, ou même à du cartilage (2) >/. En raison du revêtement d'apparence séreuse que ces épanchements présentent de bonne heure, il est très facile de croire que l'hémorrhagie s'est faite entre l'arachnoïde pariétale et lu dure-mère, en décollant la première de ces membranes. C'est seulement dans les dernières années que les anatomo-pathologistes français ont mis en lumière la réalité véritable de ces apparences. Sans doute l'organisation de ces caillots s'eifectue de la même façon que pour les caillots que ron trouve après la ligature des artères, suivant le
(1) C'oBt à rarticlo de Sir Prescott Hewot : On the Extravasation of Blood into the Cavity of the Arach' noid {Med. chir. Trans,, vol. XXVIIl) et à l'article du même auteur : On Injuries of the Head (Holmes*! System of surgery) que je suis surtout redevable poar tous ces détails ; je désire reconnaître ce fait une fois pour toutes.
(2) Cela se rapporte seulement aux caractères extérieurs et non aux caractères histologigues.