‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 262 sur 638 · CAISSE DU TYMPAN. — OTORRHÉE. — COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

CAISSE DU TYMPAN. — OTORRHÉE. — COMPLICATIONS

Jade en tirera un bénéfice quelconque. Lorsqu'il est bien établi que le tympan artificiel donne lieu à une augmentation de la portée auditive, il faut montrer au malade à le placer lui-même dans Toreille et à le mettre en contact intime avec la cloison, condition essentielle d*un bon fonctionnement. Pour ccla^ nous prenons une rondelle de coton tassé, humectée de glycérine et munie à son centre d*un fil. Nous faisons passer le fil dans un petit tube de caoutchouc long de 4 centimètres, de façon que la rondelle vienne obturer Tune des extrémités de ce tube. Le malade introduit le tube ainsi garni jusqu'au contact du tympan, puis le retire en laissant le fil dans le conduit. 11 acquiert très rapidement Texpérience nécessaire pour reconnaître que la rondelle est bien placée. 11 la renouvelle tous les deux, trois ou quatre jours, et, avant d*en introduire une autre, il (ait un lavage de Toreille. Quand le tympan artificiel est mal supporté, il faut y habituer graduellement l'oreille du malade.

Complications de rotorrhée.

Nous avons déjà parlé des caries, nécroses, des polypes qui compliquent les suppurations de la caisse. Ce ne sont point de véritables complications, mais plutôt des phénomènes qui appartiennent à l'évolution de la maladie. 11 en est de même des altérations de la cavité mastoïdienne, qui, à cause de leur importance, seront étudiées dans un chapitre spécial. Mais il survient fréquemment des complications extra- auriculaires beaucoup plus graves et qui constituent les véritables complications de Totorrhée. Ce sont : la méningite, les phlébites, les abcès du cerveau, la pyohémie et les hémorrhagies.

La méningite et la méningo-encéphalitc sont les plus fréquentes de ces complications et se rencontrent dans les trois quarts des cas environ. Quand l'inflammation ou la carie du rocher a atteint un point de l'os tapissé par la dure-mère, il 8e forme un foyer de pachyméningite localisée, souvent associée à une hypéroslose, une ébur- Dation de l'os. C'est là une barrière protectrice <IQi favorise l'élimination duséquestre, et la guérison peut encore s'obtenir. Il est certain au nioins que cette méningite peut rester localisée pendant longtemps, jusqu'à ce qu'une cause quelconque vienne donner lieu à son extension.

Les abcès du cerveau sont moins fréquents; ils se forment, par contiguïté de tissus, au niveau de la méningite localisée^ mais assez souvent (14 fois sur 67)(Robin), ils sont éloignés de

ce foyer. On en a même observé du côté opposé à la lésion du rocher. Dans ces cas, il faut admettre que 1 inflammation s'est propagée le long des vaisseaux. On a encore observé, dans quelques cas, des trajets fistuleux faisant communiquer l'abcès du cerveau avec le point carié de l'os. Ce sont sans doute des cas de cette nature qui ont fait admettre anciennement l'existence d'une otorrhée cérébrale, c'est-à-dire d'un abcès du cerveau se faisant jour par l'oreille.

La symptomatologie de ces complications cérébrales correspond aux deux types de leur évolution : la forme lente et la forme foudroyante.

Dans la forme lente, ou prémonitoire, c'est la céphalée qui domine ; violente, paroxystique, localisée à l'oreille, à la tempe, souvent à la nuque. Elle est accompagnée de bourdonnements, de vertiges, de vomissements : quelquefois des attaques épileptiformes suivies de coma, de la manie, des hallucinations. D'autres fois, il survient une névralgie ou une paralysie faciale, des accès de fièvre, de délire. Mais les symptômes dominants sont toujours la céphalée, les vertiges et les convulsions épileptiformes.

Quand un otorrhéique est atteint de ces crises paroxystiques, môme avec de longs intervalles de rémission, il doit être l'objet d'une grande surveillance, car tôt ou tard les accidents foudroyants éclateront. Ils consistent quelquefois dans une mort subite, sans aucun phénomène prémonitoire ; d'autres fois, le malade est pris d'une crise de convulsions, suivie de coma et de mort : enfin, dans une troisième forme, on voit se dérouler le tableau d'une méningite suraiguë.

La phlébite ou thrombose des sinus est une con>plication très fréquente. Nous l'avons constatée 22 fois sur 70 observations ; Robin, 80 fois sur 200 ; Brouardel, 24 fois sur 80. Le sinus latéral est le plus fréquemment atteint, mais la maladie est rarement localisée au seul sinus ; on trouve en même temps de la méningite et des abcès du cerveau. 11 est difficile de démêler les symptômes propres à la phlébite de ceux de la méningite. C'est un ensemble symptomatique, complexe et grave, dans lequel dominent: une céphalée atroce, paroxystique, de la fièvre, une élévation de la température, du délire, de l'agitation, des vomissements, de la constipation, et qui se termine par le coma et la mort. Les accidents de la pyohémie peuvent s'y ajouter; de vastes collections purulentes se forment dans les muscles des fesses ou des mollets, dans les articulations, dans la plèvre, le foie, etc.

P. GUERDER. — BLESSURES ET MALADIES DES OREILLES

Quand le caillot se forme dans la veine jugulaire, primitivement ou secondairement, on trouve dans le sillon sterno-mastoïdien un cordon douloureux, dur; les parties sont engorgées ; quand le caillot gagne les veines du cou et de la face, ces dernières se dilatent, deviennent saillantes, dures, douloureuses et toute la face et le cou deviennent le siège d'un œdème prononcé.

Des hémorrhagies mortelles surviennent quel-

quefois, lorsque les tuniques de l'artère carotide, de la stylo-mastoïdienne, de la veine jugulaire, par exemple, ont été érodées au niveau d'une carie osseuse.

Toutes ces complications démontrent la gravité del'otorrhée, et nous terminerons ce chapitre en disant avec Wilde : Tant qu'il existe une otorrhée, nous ne pouvons savoir qtiand, ni commentj ni où elle se terminera, ni oà elle peut ootiduire.

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