‹ EncyClopedie internationale de chirurgie v. 7, 1888 (volume 2)Chapitre 274 sur 638 · INFLAMMATION DES CELLULES MASTOÏDIENNES. — TRAITEMENT · texte numérisé non relu

INFLAMMATION DES CELLULES MASTOÏDIENNES. — TRAITEMENT

sabictérique de la peau, une diarrhée abondante, délire, Yéritable état typhoïde provoqué par une infection générale. A Tautopsie on trouTe des abcès métaatatiques dans différents Yiscères.

Le pronostic est grave; abandonnée à ellemême, la suppuration des cellules est mortelle dans plus des neuf dixièmes des cas. Ce pronostic est un peu plus favorable chez les jeunes sujets; Buck sur soixante-sept malades relève trois guérisons par les seules forces de la nature, toutes trois chez des sujets âgés de moins de seiie ans. Heureusement la thérapeutique est efficace et peut renverser complètement les proportions.

Traitement.

Dès que la présence du pus est constatée, il faut lui créer une issue le plus tôt possible ; que le tympan soit perforé, que le pus s'écoule facilement au dehors de la caisse, il est certain qu*il y a rétention dans les cellules et qu'il faut évacuer. A plus forte raison faut-il intervenir quand on constate une imperforation du tympan ou un obstacle quelconque à l'issue du pus parle conduit.

On n'est pas toujours certain du diagnostic et c'est précisément l'incision qui seule permettra de lever les doutes qui peuvent exister. Si, l'incision faite, il ne se produit pas une détente immédiate ou que l'on ne trouve pas de suppuration, il faut recourir à la trépanation. Quelquefois on trouvera l'os dénudé, ramolli et facile à perforer.

La trépanation de l'apophyse n'est pas une opération très difficile ni dangereuse par ellernênne. Buck sur une série de 39 cas, où la trépanation n'a pas été faite, a constaté 34 décès; tandis que d'après un relevé de Poinsot (1), sur 98 opérés il n'y a pas eu plus de 25 décès ; et encore ces décès ne sont pas attribuables à l'opération, mais aux complications cérébrales dues à des lésions antérieures à l'intervention chirurgicale. Les statistiques plus récentes de Schwartze et de Kessler sont encore plus favorables. L'opération doit être exécutée dès que l'on a, non pas la certitude même, mais seulement de fortes présomptions qu'il existe une collection purulente dans les cellules. On ne peut compter sur une issue suffisante parle conduit, si favorables que soient les conditions, sans quoi la suppura-

(1) Poinsot, Dict, de méd. et de chir, pratiques, Paris, 1S75, tome XXI, p. 713. Article mastoïdienne (Région).

Encycl. de chirurgie.

tion ne chercherait pas spontanément une autre voie. Tarder, c'est permettre la formation de caries et de nécroses sur la paroi interne.

Opération. — On divise les parties molles par une incision en T, dont la ligne verticale se trouve à un centimètre en arrière du pavillon et la ligne horizontale au niveau de la paroi supérieure du conduit. Après avoir dénudé l'os sur une surface de 4 à 5 centimètres, on examine sa dureté. S'il est ramolli, un fort bistouri suffit à le perforer ou à agrandir la perforation existante. S'il est dur, résistant, on se sert du petit trépan de Garrigou-Desarènes avec lequel on enlève une rondelle de 5 à 6 millimètres de diamètre sur une profondeur de 5 à 10 millimètres.

Le lieu d'élection pour l'application du trépan est encore la fistule ou son voisinage immédiat, quand elle existe. Mais quand la table osseuse est saine, il faut choisir son point d'attaque. Chez l'enfant il faut, d'après le conseil de M. Garrigou, se rapprocher le plus possible de la base de l'apophyse, seul point correspondant aux cellules qui ne sont pas encore développées dans la pointe de l'apophyse. Ce point se trouve précisément à l'intersection des deux incisions quand elles ont été pratiquées ainsi que nous venons de l'indiquer, et -consiste en une petite dépression qui se trouve à la racine postérieurede l'apophyse zygomatique. Ce point est encore celui qui convient le mieux pour l'opération pratiquée sur l'adulte.

On peut employer d'autres instruments que du trépan. Buck se sert d'une sorte de vrille (fig. 1661), d'autres de la gouge circulaire et du maillet, mais le trépan est d'une application beaucoup plus facile et plus sûre .

n faudra procéder avec beaucoup de précautions dès que l'os est entamé ; on ne peut savoir ce que l'on rencontrera derrière la table osseuse; il peut y exister des séquestres mobiles ; les cellules peuvent être transformées en une cavité unique, et il est à craindre de heurter la paroi postérieure.

Dès que les cellules sont mises à découvert il s'écoule en général un flot de pus. On déterge le foyer à l'aide d'injections antiseptiques toujours pratiquées avec précaution, surtout si le reflux du liquide par le conduit auditif y rencontre quelque obstacle. Il va de soi que si le tympan était intact, il faudrait préalablement l'inciser.

On maintiendra dans l'ouverture une mèche, un tube à drainage, ou mieux, une canule courbe (Péan) qui sera dirigée obliquement d'arrière en avant, et qui permettra aux injec-

P. GUERDER. — BLESSURES ET MALADIES DES OREILLES

lions d'arriver direclement dans la caisse sans frapper la paroi postérieure des cellules.

Le malade gardera le décubitus latéral sur Toreille malade pour faciliter Tissue du pus.

En même temps, on aura recours à un traite-

Fig. 1G61. —Vrille de Buck.

ment interne destiné à soutenir et à rétablir les forces du malade.

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