SYPHILIS DE L'OREILLE
On peut croire à une lésion labyrinthique primitive lorsque le premier accès est survenu subitement et que Texamen de Toreille dénote Fintégrité de l'oreille moyenne. Encore cet eiamen ne doit-il pas être fait longtemps après Tinvasion; car, comme le fait observer Politzer, une otite peut avoir disparu au bout de quelques semaines en laissant des traces incurables (synéchies, ankyloses).
La lésion labyrinthique est probablement secondaire^ quand les symptômes ont été précédés d'une affection prolongée de la caisse, catarrhe chronique, otorrhée.
D*une manière générale, on peut dire que le diagnostic est difficile et que jusqu'ici nous ne possédons aucun moyen d'investigation qui puisse nous donner une certitude.
Traitement des affections du labyrinthe.
Le traitement doit avoir en vue trois objectifs : I* l'état général du malade; 2^ les lésions de l'appareil de transmission du labyrinthe.
La première indication résultera d'un examen général approfondi du malade.
Les moyens destinés à remplir la seconde ont été exposés dans le cours de ce travail.
La troisième indication est la plus difficile et nous ne possédons encore aucun traitement rationnel des afi'ections labyrinthiques. Nous n'avons donc qu'à énumérer les médicaments qui, employés d'une façon empirique, ont quelquefois donné de bons résultats.
M. Charcot emploie le sulfate de quinine^ (K^,60 à 09',80 par jour, pendant huit jours, par
prises de Os%10 à Ob',20. Dans la seconde huitaine la dose est augmentée, 0^^,60 à i gramme. Cette période est suivie d'un repos de quinze jours après lequel le traitement est repris.
Le sulfate de quinine, en décongestionnant toute la tête, en anesthésiant le centre sensoriel, produit quelquefois une amélioration marquée en diminuant les vertiges et les grands accès.
Le salicylate de soude, 2 à 3 grammes par jour avec intervalles de repos, réussit quelquefois quand le quinine a échoué. 11 parait plus particulièrement avantageux contre l'état vertigineux sans grands accès.
Le seigle ergoté a été associé avec avantage au sulfate de quinine.
Le nitrate de strychnine, en injections souscutanées, à la dose de 2 ou 3 milligrammes, trois fois par semaine, a été recommandé par Hayem.
Urbantschitsch a obtenu un succès complet dans un cas de surdité quinique avec le nitrite d'amyle, en inhalations.
Contre les bourdonnements particulièrement on conseille le bromure de potassium à haute dose, 8 à 10 grammes; la teinture d'arnica, 3 à 15 gouttes, trois fois par jour ; les injections souscutanées de morphine; l'application à l'apophyse mastoïde de la ventouse Heurteloup et les pointes de feu.
Electricité. — Malgré des travaux très remarquables de Wreden, Brenner, Benedick, l'électricité n'a pas encore trouvé d'indications précises dans les affections nerveuses de l'oreille ; son emploi, tout empirique, a néanmoins donné quelques résultats heureux.